Disclaimer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Voir souffrir un ennemi est la jouissance des jouissances ».

-Friedrich Nietzsche, Aurore (1881).


Chapitre 100 : Percival Graves, ou une rose noire.

Une rose noire. Une fleur de deuil. Pas le genre de chose que l'on fait parvenir à une femme pour son anniversaire. Même si elle était née un 21 mars, le jour où magie blanche et magie noire sont en parfait équilibre. Une simple carte l'accompagnait. Même des ennemis peuvent se respecter. Six mots qui avaient convaincu Mercy de quelque chose impossible.

-Je ne suis pas folle ! D'une façon ou d'une autre, Grindelwald a réussi à communiquer avec l'un de ses disciples ! Et à partir de là, il peut communiquer avec l'extérieur.

-Mercy, les aurors qui gardent sa cellule…

-« Même des ennemis peuvent se respecter »… C'est moi qui lui ait lancé cette phrase au visage. Perce… Crois-moi, elle vient de Grindelwald.

Et il était enfermé dans une cellule de haute sécurité du MACUSA. C'est à peine s'il avait un contact avec ses geôliers pendant les vingt minutes de repas auxquels il avait droit trois fois par jour… Et ils avaient déjà dû changer deux fois l'équipe chargée de la surveillance des cellules de très haute sécurité.

-Cela fait plus de trois mois qu'il est enfermé sans contact avec l'extérieur, comment veux-tu qu'il puisse…

-Je ne sais pas ! Mais lui le sait et il le fait, tu peux en être certain.

Elle faisait les cent pas et à cet instant, il comprenait ce que Reed pensait, quand il lui avait dit que Mercy avait bien plus souffert que ce qu'elle ne voulait bien l'avouer. Comme lui, elle avait des plaies béantes qu'elle refusait de voir. Il avait changé d'habitation, abandonnant sa maison dans l'un des meilleurs quartiers sorciers de la ville, pour une autre dans un charmant coin non-maj', jeté, brûlé ou donné sa garde-robe au choix… Mais, malgré tout leurs efforts, Grindelwald avait laissé une trace dans sa vie. Leur vie.

Lui même au milieu de la nuit revenait sur ces longs mois de réclusion, les rêves ne se commandent pas, ce sont eux qui s'imposent aux humains. S'il prenait le temps de réfléchir, il devait admettre que sa vie était soumise à ses souvenirs depuis sa sortie de l'hôpital. Il avait réintégré son poste au MACUSA et officiellement, il avait récupéré ses pleines capacités et assumait sa charge avec efficacité et conscience. Dans les faits, il était las et fatigué… il dormait mal, n'arrivait plus à se concentrer même sur des tâches simples. Tout lui semblait futile. Tout sauf leur nouvelle maison au fond des bois et sa vie avec Mercy. S'il n'avait tenu qu'à lui, il n'aurait plus franchit la barrière des arbres et serait resté toute la journée en pyjama, à siroter un thé en regardant Mercy, en parlant avec Mercy, en couchant avec Mercy, en mangeant avec Mercy, en dormant avec Mercy, etc... Bref, seule Mercy l'intéressait suffisamment pour chasser ses démons. Cerise sur le gâteau, il avait trouvé le moyen d'être débarrassé de sa mère qui boudait depuis leur aménagement ensemble, sans être marié, dans ce quartier éloigné, sans aucun standing et quasiment hors des limites de New-York. Une horreur !

Et il savait que Mercy n'avait pas, elle non plus, totalement récupéré de l'épreuve. Plus énervée, absente parfois, préoccupée par les affaires du MACUSA, toujours sur le qui-vive… Elle pressentait une riposte, une vengeance de ces extrémistes. Alors recevoir cette fleur et cette carte...

-Je ne sais pas, et ça me rend dingue, Perce. Il a forcément trouvé le moyen d'établir des contacts avec l'extérieur.

Mercy piquait une crise, et avec raison si elle voyait juste. Les ennuis s'amoncelaient. Queenie Goldstein commençait à tourner autour de la boulangerie de Jacob Kowalski, le non-maj' qui avait tant aidé Norbert Dragonneau. Il était partant pour ne rien remarquer, l'influence des quelques mois de captivité qu'il venait de vivre, sans doute. Avant, il n'aurait pas fermé les yeux sur l'infraction d'une loi, surtout aussi sensible que celle-là. Maintenant, il comprenait les désirs de liberté de Mercy et d'amour de la seconde demoiselle Goldstein.

En tous cas, Grindelwald avait bien choisi son moment.

Dès ce matin, il se rendrait au bureau et demanderait audience à le Présidente Picquery, elle devait être informée de cet envoi qui en effet pouvait donner des doutes sur la qualité de l'isolement de Grindelwald. On avait pris la précaution de changer régulièrement ses gardiens depuis qu'on s'était aperçu qu'il parlait beaucoup, essayant de les rallier à sa cause. Certes beaucoup d'aurors avaient fait des rapports à ce sujet, signalant ainsi ces tentatives mais pouvait-on être sûrs de leur loyauté à tous ? L'expérience prouvait que non. D'autant plus qu'il avait eu tout le temps nécessaire, sous ses traits, pour lier des liens puissants avec les autres employés du MACUSA…

Il y avait sans doute encore une ou plusieurs taupes. Esposito, un bon auror, avait été blessé lors de l'évasion. Mais, c'était trop facile, trop cousu de fil blanc... Dire cela sonnait comme de la paranoïa, c'est certain, mais ils avaient affaire à Grindelwald et avec cet homme, rien n'était simple. Il n'avait pas envoyé cette fleur parce qu'il appréciait Mercy. Il l'avait envoyé pour la blesser, pour lui prouver qu'elle était impuissante contre lui malgré tout… Et il y avait une dizaine d'autres raisons possibles. Pour en revenir à Esposito… Il avait été blessé, mais aucune de ses blessures ne mettaient réellement sa vie en danger. Percival avait demandé à sa belle-mère de lire le rapport sur les blessures de l'auror, et d'après elle, vue leur nature, il y avait peu de chances pour qu'il en meure ou en garde des séquelles. Cela pouvait être un hasard… Mais comme tout bon auror, Percival ne croyait pas aux coïncidences. D'ores et déjà, Esposito était sur la sellette, même s'il ne le savait pas encore ! Il avait une bonne tête de bout de fil de pelote de laine… on lui avait mis une laisse et on le laissait agir à sa guise. S'il ne se trompait pas, ils pourraient bientôt démanteler une nouvelle branche de l'organisation ennemie.

L'évasion d'Higgins, que l'on savait maintenant être le véritable bras droit de Grindelwald, devenait une priorité depuis les derniers développements… Ils ne l'avaient toujours pas attrapé et c'était un homme trop dangereux pour être laissé en liberté. Le fait que cela ne ressemblait pas véritablement à un plan de Grindelwald, leur indiquait qu'Higgins avait une certaine autonomie, agissant sans réelles consignes. Il avait lancé une recherche sur l'homme. Tout savoir sur ses ennemis était la base du métier, et le problème était que cet homme était un fantôme, pas de traces de son passé : d'où venait-il, qui était-il, quelles étaient ses motivations ? Deux de ses aurors creusaient, mais jusqu'à maintenant rien ! Il devait réfléchir à une nouvelle approche.

Que penser de l'attaque du mariage ? Une idiotie, dix-sept c'était trop pour passer inaperçus et s'infiltrer dans la noce pour tuer quelques invités ou trop peu pour attaquer en force et avoir des chances de réussite… Cela ne ressemblait pas aux manières d'Higgins, trop brutal, aucune chance de réussite, un échec retentissant, mais une chance pour eux. Deux cellules démantelées : Baltimore et Memphis, mais combien d'autres encore ? Le travail s'annonçait titanesque, surtout quand on n'avait que quelques pelotes de laines comme fil conducteur...