Voici le tout premier écrit du recueil :') Le titre est une référence totalement voulue à la comédie musicale Be More Chill, que je vous conseille vraiment. J'espère qu'il te plaira, et que tu retrouveras vite le sommeil :') Bye !


Le vidéaste ferma doucement la porte de la salle de bains, avant de s'enfermer à clé, et de s'asseoir sur le bord de la baignoire. Il se mordit violemment la lèvre, ne parvenant pas à calmer le tremblement de ses mains. L'anxieté relançait son vieux tic à la paupière, qui se baissait et remontait depuis cinq bonnes minutes, sans s'arrêter.

Il n'aurait jamais dû se rendre à cette fête. Pas en sachant qu'Antoine allait y célebrer son enterrement de vie de garçon, non. C'était con. Très con. Il songea quelques secondes que ses personnalités allaient sans doute le chercher dans toute la maison, mais il avait d'autres problèmes, pour l'instant.

Sentant son rhythme cardiaque s'accélerer, et sa respiration venir se couper, Mathieu écarquilla les yeux. Il ouvrit la bouche dans une tentative desespérée d'obtenir un minimum d'oxygène. Il n'aurait jamais dû venir...

Il allait mourir, ici, dans cette foutue salle de bains. Il fondit en larmes, tentant de se calmer. Il tapotait machinalement sa jambe droite contre le sol, faisant courir sa main dans ses courts cheveux chatains. Heureusement, la vieille éléctro pourrie diffusée dans les autres pièces de la maison cachaient très bien ses sanglots.

Mathieu ne pensait pas obtenir autant d'attention en se rendant à cette fête. D'abord, il y avait eu Antoine qui avait absolument tenu à porter un toast à son meilleur ami. Foutu Antoine. Puis, les gens avaient commencé à le reconnaitre. Hé, mais c'est le mec qui fait Salut les Geeks ! On peut prendre une photo ? Je suis une de tes plus grandes fans, Mathieu ! Et lui, comme un con, il avait accepté. Il avait parlé avec la plupart des invités, ignorant les signes qui ne trompent pas. Comme les sueurs froides et la boule commençant à se former dans sa gorge.

Il se força à se lever, parvenant peu à peu à retrouver une respiration normale. Il aggripa le lavabo, se passant un peu d'eau sur le visage. Le chatain tenta de se concentrer sur les choses l'entourant. C'était l'un des conseils du Panda.

La blancheur éclatante de la salle de bains n'aidait pas. Loin de là.

Il ne remarqua pas tout de suite qu'on toquait à la porte. Il se laissa tomber au sol, et continua de pleurer de tout son soul, oubliant qu'on pouvait l'entendre. De toute façon, ils étaient tous si alcoolisés qu'ils ne le remarqueraient même pas.

- Gamin ? Ouvre moi !

Le schizophrène se remit debout, passant un peu d'eau sur ses yeux rougis en entendant la voix de sa personnalité la plus perverse.

- On ne te voyait plus, on se demandait comment tu allais...

Le Patron détailla le visage de Mathieu. Ses joues rougies et ses yeux embués de larmes. Et surtout, son tic à la paupière. Il poussa un petit soupir.

- C'est le mariage qui te met dans cet état ?

Les jambes tremblantes, Mathieu se rassit sur le bord de la baignoire, sans répondre, rouge de honte.

- Tu es jaloux d'Antoine ?

Il secoua faiblement la tête de droite à gauche, yeux baissés vers le sol.

- Alors quoi, gamin ? Tu peux m'expliquer pourquoi je t'ai entendu chialer ?

Le fan de café rougit violemment, luttant contre son envie de refondre en larmes. Le Patron s'assit à ses côtés, sur la baignoire, le regardant fixement. Pour la première fois de sa vie, il ne comprenait pas son créateur.

- J-je...

Il se mordit la lèvre, aggripant fermement la baignoire, les jointures de ses doigts blanchissant. Il détestait se sentir aussi faible.

- Comme tu le sais, je ne suis p-pas très... A l'aise. En public.

Le Patron éclata d'un rire bref.

- Tu peux le dire ! On a cru que tu allais nous faire une attaque, tout à l'heure !

Mathieu poussa un soupir fatigué.

- Et bien, justement... Je... Quand y'a beaucoup de monde, c'est comme si mon cerveau criait DANGER, et le faisait comprendre à mon corps...

Le Patron leva un sourcil.

- Comment ça ?

- Est-ce-que te rappelles de notre toute première convention ?

Le criminel secoua la tête de droite à gauche.

- J'ai passé environ deux heures caché dans un coin de la salle, et j'ai dû me retenir de pleurer pendant toute la durée des interviews.

La voix du vidéaste tremblait légèrement, mais il s'en foutait. Après tout, il avait vu le criminel dans ses pires moments... Et il savait qu'il pouvait lui faire confiance. Malgré ses passe-temps pour le moins douteux, le Patron était bonne patte avec ceux qu'il aimait.

- Ah, ça y est, je me souviens !

Mathieu se concentra sur ses jambes toujours tremblantes, tapotant du pied par terre pour tenter de les calmer. Elles faisaient toujours partie des dernières parties de son corps à reprendre leur état normal.

- Tu avais tout mis sur le compte de l'alcool.

Le ton prit par le criminel n'était pas accusateur, ni empli de jugement. Il était juste curieux.

- Oui, je... J'ai du mal à avouer avoir ce type de problème...

Le pervers fronça les sourcils.

- Pourquoi ?

- Tu trouves pas ça ridicule ? De ne pas supporter la foule, alors que c'est moi qui ai choisi ça en faisant des vidéos... C'est ridicule, non ?

Le moins innocent sourit, amusé.

- Non, ça ne l'est pas. C'est même presque normal.

- Hein ?

- Et bien... Tu as choisi les vidéos car tu pouvais t'exprimer, mais sans voir personne. Les fans étaient derrière leur écran. Alors, inconsciemment, tu as dû te dire, que... Tu as du oublier de penser aux conventions et aux autres trucs liés à la célébrité...

Mathieu esquissa un petit sourire.

- T'as raison. Merci d'être venu, mec.

Le Patron répondit au sourire par un rictus amusé, la main sur l'épaule de son créateur, qui avait réussi à se calmer.

- Toujours là pour toi, gamin. Toujours là.