Et voici le dernier! Enfin je crois! :-p

Bonne lecture!

Au petit matin, Bingley entra dans le salon pour y déjeuner. Darcy était déjà installé à table, habillé avec soin avec la même tenue d'équitation que celle qu'il portait un certain petit matin à Lambton. Il voulait faire plaisir à Elisabeth en lui rappelant que rien n'avait changé depuis ce jour-là.

- Darcy! Déjà debout? Avez-vous suffisamment dormi?

- Ma foi, surement pas assez mais je ne trouvais plus le sommeil.

- J'imagine aisément, je suis moi-même passé par là il y a peu! Fit Bingley le regard perdu dans ses souvenirs.

- Charles, je vous prierai de garder le secret tant que je n'ai pas fait ma demande à Mr Bennet.

- Naturellement, mais ne craignez rien, cela c'est bien passé pour moi.

Darcy le regarda dans les yeux, sourire en coin.

- Évidement! Vous êtes le gendre idéal! Beau, riche, souriant... et très accommodant!

- Quant à vous, Darcy, vous êtes le Maître de Pemberley! Qui oserait s'opposer à votre volonté? Taquina Bingley

- J'en connais au moins une!

- Ah, oui en effet! Ria Bingley

- Charles, vous avez certes ravi le "joyau" de Mrs Bennet, moi je suis sur le point de demander à Mr Bennet de me confier son trésor!

- Vu sur cet angle, cher ami, je vous souhaite bon courage!

Et il prirent le déjeuner dans le même état d'esprit, légers et souriants.

- Dire que nous allons devenir frères, constata soudainement Bingley. Auriez-vous imaginé cela un instant?

- J'y ai bien songé une fois dans le passé, Charles!

- Ah bon, quand cela?

- Et bien... Vous et Georgiana...

- Oh! Oui, je vois. M'en voulez-vous de ne pas...?

- Oh que non. Georgiana est encore si jeune et il suffit de vous voir aux côtés de Miss Jane pour comprendre où est votre coeur. Que j'ai pu être stupide, Charles!

- N'en parlons plus.

- Nous aurions aussi pu être frères si j'avais cédé aux avances de votre très chère sœur! Ironisa Darcy.

- Oh mon dieu, Caroline! Comment va t'elle prendre cette double nouvelle?

- Double défaite, vous voulez dire? Ricana Darcy. Vous ne lui avez encore rien dit pour Jane et vous?

- J'ai eu l'esprit tellement ailleurs ces temps-ci et puis vous savez comment je suis peu à jour avec ma correspondance...

- Surtout avec vos sœurs, j'imagine?

- Heu... Oui, je l'avoue. Je préfère ne pas trop me rappeler à leur bons souvenirs lorsqu'elles sont loin de moi.

- Loin des yeux loin du coeur... Voilà qui est bien différent entre nous. Ma sœur me manque dès que je quitte le Derbyshire.

- Je sais et vous avez bien de la chance.

Arrivé à Longbourn, Mrs Bennet les accueillit l'air maussade. Visiblement elle n'était pas très enchanté qu'ils soient venus à deux.

Bingley, en entrant, regarda Elisabeth d'un air expressif et lui serra la main avec une chaleur qui montrait bien qu'il savait tout. Puis, presque aussitôt :

- Mistress Bennet, dit-il, n'avez-vous pas d'autres chemins dans lesquels Miss Elisabeth pourrait recommencer à se perdre aujourd'hui ?

- Je conseillerai à Mr. Darcy, à Lizzy et à Kitty, dit Mrs. Bennet, d'aller à pied ce matin jusqu'à Oaklam Mount. C'est une jolie promenade et Mr Darcy ne doit pas connaître ce point de vue.

Kitty avoua qu'elle préférait ne pas sortir. Darcy professa une grande curiosité pour la vue de Oaklam Mount, et Elizabeth donna son assentiment sans rien dire.

Enchantés du tour de force de Bingley, les deux couples prirent ensemble le chemin conseillé. Les regards en coin en disaient long mais leurs démarches étaient tout ce que la bienséance exigeait.

- Miss Elisabeth, dit Bingley une fois hors de portée de voix de la maison, permettez-moi de vous féliciter de la surprenante nouvelle. Je n'ai pas de mot pour vous exprimer la joie de vous voir épouser l'homme le plus couru de toute l'Angleterre!

- Charles! Rouspéta Darcy

Il continua comme s'il n'avait pas été interrompu:

-...et d'avoir transformé mon meilleur ami taciturne et en un homme si aimable et souriant!

Les demoiselles tentaient de cacher leurs rires derrière une main polie.

- Merci Mr Bingley, fit Elisabeth dans une sage révérence.

- Charles, vous pouvez m'appeler Charles maintenant!

- Merci... Charles, fit-elle avec un petit sourire malicieux. Et appelez-moi Elisabeth.

Les trois comparses se tournèrent vers Darcy et semblaient attendre une réaction de sa part.

Darcy réalisa qu'il n'avait jamais proposé à son ami et à quiconque d'ailleurs de l'appeler par son prénom. Seuls sa famille proche avait jusqu'à présent eu ce privilège.

C'est Jane qui décida de rompre le silence:

- Mr Darcy, je suis extrêmement heureuse de vous accueillir dans notre famille et charmée de pouvoir vous considérer bientôt comme... un frère. À ses derniers mots elle rougit légèrement en baissant la tête.

- Merci Miss Bennet, c'est tout aussi réciproque. À la surprise générale il continua: Et appelez-moi Fitzwilliam je vous prie.

- Je suis flattée... Fitzwilliam ! Vous pouvez également m'appeler Jane, tout simplement.

- Fitzwilliam ? Je pourrais également vous appeler ainsi dorénavant ? Demanda Bingley, les sourcils relevés d'étonnement.

- Bien sûr Charles, lui répondit Darcy en lui administrant une tape sur l'épaule, mais uniquement entre nous évidemment!

- C'est que... Je suis surpris. Vous ne me l'avez jamais proposé...

- Et si je l'avait fait, auriez-vous alors osé m'appeler par mon prénom?

- Heu, non probablement pas avoua Bingley. Pas jusqu'à aujourd'hui !

Tous souriaient de la tournure des choses. Darcy était heureux, les chaînes de son éducation trop stricte se déliaient doucement.

Elisabeth n'avait rien manqué de cet échange pour le moins étonnant. En quelques secondes, les barrières de condition, de genre et de distanciation étaient tombées, les rendant tous les quatre plus proches qu'ils n'avaient jamais été. Elles qui n'avaient pas eus ni frères ni d'amis masculins, elles gagnaient chacune un frère et chacun d'eux gagnaient une nouvelle sœur de coeur.

Les couples se reformèrent naturellement et à l'embranchement de deux sentiers distincts, ils convinrent de l'heure à laquelle il était préférable de se retrouver.

Elisabeth et son compagnon prirent alors la route de Oaklam Mount afin d'y découvrir la fameuse vue. Elle rompit le silence la première en glissant sa petite main à son coude. Qu'est-ce qu'il aimait déjà ce simple contact!

- Dois-je moi aussi vous appeler par votre prénom? Ou puis-je avoir droit un traitement de faveur?

Darcy tourna des yeux étonnés vers les siens, magnifiques et pétillants de vie.

- Tout ce que vous voudrez ma douce Elisabeth! Tout sauf Mr Darcy ! Enfin.. Pas entre nous, se reprît-il en caressant la petite main. Comment préfériez-vous m'appeler?

- Je pensais à William, je trouve le diminutif plus... doux à l'oreille. Nous avons pris cette habitude dans notre famille: Lizzy, Kitty,...

- Peut importe le sobriquet que vous souhaitez me donner... dans l'intimité, dit-il plus timidement, de votre bouche il sera toujours doux pour moi. William me convient très bien et vous serez la seule à m'appeler ainsi. Il lui fit un baiser sur le front.

- Et vous? Préférez-vous m'appeler Elisabeth, Lizzy ou par autre petit nom?

- Je l'ignore... Il y a tant de chose que j'ignore encore sur ce que nous allons faire dans l'intimité...

Ils se mirent tous deux à rougir violemment en pensant aux sens de ces paroles.

- Excusez-moi, je ne voulais pas...

Ils continuèrent, gênés de leurs propres pensées, leurs regards chacun de leur côté.

Arrivés à destination, la vue était effectivement des plus agréables. Il retira la petite main de son bras et posa une main prudente sur épaule de sa compagne, son grand bras cerclant le dos frêle d'un geste protecteur. Elle bascula sa tête contre lui. Ils admirèrent ainsi le panorama en silence, profitant de chaque seconde passée ensemble.

Ensuite sur le trajet du retour, ils conversèrent sur leur avenir futur à Pemberley, la douceur de Geogiana qui les y attendrait sûrement avec impatience lorsqu'elle sera informée de la nouvelle... Ils décidèrent également qu'il fallait, le soir même, demander le consentement de Mr. Bennet.

Á l'embranchement les attendaient Jane et Charles, complices.

Charles tendit fièrement son bras à Elisabeth, qui se résolut un peu à contre coeur à quitter celui de William. Darcy, perplexe, proposa donc courtoisement le sien à Jane qui lui souriait.

Charles profita de ne pas avoir les enjambées de son ami pour les laisser passer devant.

- Elisabeth, je voulais vous poser une question, dit-il prudemment.

Elle lui fit signe de continuer

- Je souhaiterais offrir un cadeau de mariage digne de ma tendre Jane et vous seule pouvez me conseiller. Un bijou, un voyage, un cheval, une volière?

- Laissez-moi réfléchir un instant lui répondit-elle.

Puis elle sourit et lui dit:

- Je connais l'amour que vous portez à ma chère sœur. Et vous connaissez sa générosité et sa douceur. Jamais elle n'osera vous demander de bijoux ou de tenues onéreuses. Mais je sais qu'elle rêve depuis toujours d'un très beau mariage. Malheureusement nos parents n'ont pas les moyens d'offrir une telle fête à chacune de leurs filles et il serait injuste de priver les cadettes pour en faire bénéficier les aînées.

- Que me proposez-vous ?

- Que vous organisiez votre mariage à Netherfield! Je sais qu'il est de coutume de le fêter dans la maison de la mariée mais Longbourn est petit et n'a pas le prestige de votre demeure qui deviendra la sienne.

- Quelle excellente idée! Croyez-vous que vos parents accepteront?

- Croyez-moi, ma mère en serait fière et enchantée et si vous précisez à mon père qu'il s'agit de votre cadeau de mariage il ne s'y opposera pas (trop content de ne pas l'organiser chez lui, pensa t-elle tout bas). De plus, j'imagine que vos sœurs ne pourront que vous remercier de ne pas le faire chez nous!

- Vous êtes maligne, Elisabeth! Je comprend mieux qu'un homme intelligent comme Dar... Fitzwilliam se soit battu autant pour vous conquérir!

- Je vois qu'il vous a raconté nos... péripéties, dit-elle en baissant les yeux.

- N'en soyez pas gênée Elisabeth, c'est tout à votre honneur! Vous seule l'avez changé et en bien! Il lui fallait une femme de votre envergure pour contrecarrer un caractère comme le sien. Et soyez rassurée, votre secret sera bien gardé avec moi.

- Merci Charles.

L'autre couple improvisé avait aussi engagé la conversation.

- Fitzwilliam, je voulais vous redire combien je suis contente que vous ayez demandé à ma sœur de l'épouser. Je connais ses qualités et ses quelques petits défauts. Elle est fidèle et généreuse, parfois un peu trop franche mais toujours sincère. Avec elle, vous n'aurez point à craindre de duperie, de mensonge et de cupidité.

- Je sais déjà tout cela, Jane, rassurez-vous. Et c'est d'ailleurs en découvrant sa vraie valeur que j'ai eu si peur de la perdre. Elle est pour moi comme un diamant brut, pur, brillant et... parfois un peu tranchant! Dit-il avec le sourire.

Jane sourit à son tour à cette évocation flatteuse de sa sœur.

- Mais je suis également heureuse de savoir que ma Lizzy aura maintenant à ses côtés un homme intègre, digne d'elle, qui a fait preuve de droiture et de discernement, d'une grandeur d'âme auprès de notre famille, et d'une patience incroyable envers elle. Vous la méritez Fitwilliam, et plus que quiconque.

Darcy fut touché par ces mots dits si naturellement et sans arrières pensées. Oui il avait beaucoup de chance. Et il découvrait en Jane une femme et une sœur douce et aimante, bien loin de ce qu'il s'était imaginé d'elle il y a un an.

- WillIam! Darcy sursauta en entendant Elisabeth, troublant les pensées dans lesquelles il s'était plongé.

Jane et lui se retournèrent et la virent, visiblement aussi surprise qu'eux de l'avoir nommé naturellement ainsi.

- Est-ce vrai ce que vient de me dire Charles? Celui-ci était hilare à ses côtés.

- Qu'est-ce que Charles a bien pu vous raconter?

- Qu'il était de mon devoir d'envoyer personnellement un faire-part à Caroline!

- Ah. Oui, je vois ce dont il est question.

- Expliquez-vous!

- Oui Fitzwilliam, expliquez-vous! Raillait Charles.

Tous les regards se tournaient vers Darcy et Charles, espiègle, se demandait comment son ami allait s'en sortir.

Il prit une inspiration.

- Le jour avant son départ de Pemberley, Miss Bingley me faisait remarquer qu'il ne manquait au domaine qu'une maîtresse pour que celui-ci soit considéré comme parfait.

Elisabeth imaginait très bien la scène et ce que cela sous entendait. Elle frissonna.

- Je lui ai rétorqué que Georgiana pouvait parfaitement remplir ce rôle.

- Tout à fait. Songea tout haut Elisabeth à qui cette idée n'avait alors jamais effleuré.

- Mais ma réponse n'a pas eu l'air de plaire à Miss Bingley, jugeant qu'il n'était pas concevable qu'une personne...de ma condition... ne prenne pas épouse.

- Que lui avez-vous répondu? S'impatienta Elisabeth.

- Vous la connaissez assez pour savoir que je n'aurai eu de repos tant qu'elle avait matière à espérer. Et afin de mettre définitivement un terme à toutes ses minauderies, je lui ai promis que le jour où je demanderai la main à l'élue de mon coeur, je chargerai celle-ci de lui envoyer un faire-part!

- Pauvre Caroline! s'exclama Jane.

Elisabeth était sans voix. Ainsi, alors qu'ils avaient rompu et qu'il était libre, il écartait toute possibilité de mariage. Voyant son trouble, Darcy lui proposa son bras et ils reprirent lentement la route de Longbourn.

- Pensiez-vous à moi lorsque vous lui aviez répondu cela? Fit-elle d'une petite voix.

- Indéniablement, même si je n'avait plus beaucoup d'espoir. Pendant tout ce temps, vous n'avez jamais quitté mon coeur et mes pensées Elisabeth.

- Et vous de même, William!

Vvoilàààà! J'espère que cela vous a plu.

N'hésitez pas à m'envoyer vos messages et critiques.

Cela m'a tellement amusé que que j'ai, depuis, récidivé!

Sur ce profil j'ai imaginé nos personnages préférés de Austen en inversant les genres (Darcy est une femme) et sa suite est en cours.

J'ai écris aussi deux fanfictions sur wattpad sous le nom de dorloteelasouris (une longue et une courte) de La Passe-Miroir de la talentueuse Christelle Dabos. Romans que je vous recommande chaudement!

Merci pour vos views et vos reviews.

Bien à vous et soyez heureux!