Tout vient de la très grande JK Rowling.

J'espère que mon histoire vous plaira.


Chapitre 1

Clara Davies avait grandi avec ses livres et deux parents aimants dans le Lancashire, au Nord de l'Angleterre, pas très loin de Preston. Bien que, pas très loin, il fallait le dire vite. Chez elle, c'était la campagne profonde. Ses voisins ? Des vaches et quelques brebis. Autant dire qu'elle avait hâte de sortir de là, de découvrir la ville et toute la vie qui l'accompagnait.

Clara avait terminé le lycée depuis une semaine à peine et elle s'ennuyait déjà, trop impatiente de connaître la liberté universitaire. À la rentrée, elle allait commencer une licence de droit. À dire vrai, elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle voulait faire de sa vie. Elle avait toujours eu d'excellentes notes à l'école : première de sa classe chaque année. Ses parents lui avaient dit qu'ils la verraient bien en droit, alors voilà, maman l'avait inscrite, elle partait dans deux mois. Bien sûr, ils allaient lui manquer, mais ce n'était pas comme si elle partait pour toujours, pas vrai ?

Quoi qu'il en soit, il lui restait deux mois à tenir, deux mois qu'elle allait probablement occuper comme tous les ans : bouquiner au soleil, bouquiner dans le jardin, bouquiner dans sa chambre, bouquiner dans le salon ou bouquiner près de la rivière. Sa vie était tout à fait palpitante !

Un après-midi particulièrement ensoleillé, Clara décida de lâcher ses livres le temps d'une petite promenade dans les chemins qu'elle connaissait par cœur. Il n'y avait pas un pré, pas un arbre, pas un buisson qui n'avait de secret pour elle. Elle avait même ses préférés, comme cet arbre noueux et immense qu'elle escaladait facilement depuis qu'elle était enfant.

Clara marchait d'un pas léger, une douce brise emportant ses longs cheveux châtains et bouclés dans les airs. Elle respirait le parfum de l'été. Elle décida d'emprunter le chemin du moulin qui longeait la rivière et donnait sur une vieille bâtisse abandonnée et son moulin à eau.

Une fois arrivée, Clara poussa délicatement la vieille porte d'entrée en bois qui grinça bruyamment. La végétation avait commencé à envahir l'intérieur. Du lierre courrait le long des murs en pierre. Un tapis de mousse recouvrait le plancher. Dans le salon, une vieille armoire en bois regorgeait de vieilleries que Clara avait minutieusement analysées avant de les reposer là où elles étaient, telles des reliques d'un passé figé qu'il ne fallait pas déranger. Une longue table rustique était au milieu de la pièce, deux bancs branlants placés de part et d'autre de la table. Une petite pièce adjacente portait les vestiges d'une grande bibliothèque, vide, qu'elle imaginait regorgeant de livres. Il y avait aussi un simple bureau effrité et un piano droit rongé par le temps. De nombreuses touches manquaient à l'appel. Clara osait à peine le frôler du bout des doigts, de peur de le casser un peu plus. Puis il y avait la pièce où le grain devait être moulu autrefois, et qui devait servir accessoirement de cuisine. Aujourd'hui, les immenses rouages ne tournaient plus : l'une des pièces était cassée. Le rez-de-chaussée se résumait en ces trois pièces spartiates.

Dans l'entrée, un escalier menait à un étage que Clara n'avait jamais osé explorer, de peur de traverser les lattes du vieux plancher. De tous les environs, c'était le seul lieu qu'elle n'avait jamais vu. Elle regardait ces escaliers avec envie chaque fois qu'elle venait. Des ronces s'enroulaient autour de la rambarde de l'escalier et devenaient plus denses en haut des marches. Et si elle osait, juste une fois...

Poussée par la tentation de découvrir enfin ce dernier secret, Clara posa un pied sur la première marche, hésitante. Elle n'avait jamais était au-delà de la troisième marche. Le bois sous son pied grinça terriblement. Elle fit basculer son poids sur ce pied, la marche ne se brisa pas. Clara retenait son souffle. Elle leva la seconde jambe, prête à la poser sur la deuxième marche. Elle appuya dessus, et relâcha l'air de ses poumons lorsque le bois ne céda pas. Et elle recommença sur la troisième marche. Jusque là, ce n'était rien d'inconnu. Mais lorsqu'elle effleura du bout du pied la quatrième marche, son cœur commença à s'emballer. Elle allait prendre appui sur ce pied quand elle remarqua que sa robe d'été blanche à fleurs violette s'était accroché à des ronces, l'empêchant d'avancer. Peut-être était-ce là le signe qu'elle ne devrait gravir ces marches. Elle essaya délicatement de détacher sa robe sans abîmer le tissu. C'est alors que le vent s'engouffra dans la maison, passant par les fenêtres qui n'étaient plus que des trous béants dans la pierre. Un courant d'air ferma d'un coup sec la porte d'entrée dans un claquement lugubre qui fit sursauter Clara qui perdit l'équilibre et tomba au pied de l'escalier. Le tissu de sa robe se déchira en même temps. Elle pesta intérieurement sur sa robe et sur ces ronces machiavéliques. Le vent s'intensifia et bientôt, des trombes de pluies accompagnèrent les rafales de vent. Un gros orage s'installait. Aucun nuage dans le ciel n'avait laissé présager telle tempête. Tout s'était assombri aussitôt et l'averse rentrait entre les murs de la maison. Clara était coincée là jusqu'à ce que le vent et la pluie décideraient de se calmer. Elle se réfugia précipitamment sous la grande table de la salle à manger car elle commençait à être trempée malgré le toit qui, il faut bien le dire, était béant par endroits.

Un vif éclair de lumière et un grondement sourd lui indiquèrent que l'orage était proche d'elle. Elle espérait seulement qu'il ne durerait pas trop longtemps car elle devait impérativement rentrer chez ses parents avant la tombée de la nuit.

Un coup de tonnerre plus violent que les autres fit trembler les murs du moulin et Clara se recroquevilla un peu plus sous la table, les paupières fermées autant que possible. Elle qui aimait d'ordinaire les orages était pour une fois effrayée par cette tempête d'une rare férocité.

Puis le calme revint tout à coup, aussi soudainement que la tempête avait surgie. La mélodie du chant des oiseaux revint, se mêlant au bruissement calme des feuilles au dehors, comme si l'orage n'avait jamais eu lieu.

Clara se hissa de sous la table. Sa vision était encore un peu trouble d'avoir tant fermé les yeux, mais elle s'aperçut tout de suite que ce lieu qu'elle connaissait comme sa poche n'était pas comme d'habitude. Ses pieds ne reposaient pas sur un tapis de mousse, mais sur un tapis tout court. Le courant d'air était bien plus faible que d'habitude et une odeur de pain chaud vint lui chatouiller les narines.

Lorsque sa vision se fit aussi claire que possible, Clara fut tétanisée par le choc. Une pendule au mur indiquait cinq heures vingt, et elle fonctionnait. Il y avait des rideaux aux fenêtres, fenêtres qui avaient des vitres. Une nappe brodée recouvrait la table et des petits coussins verts élégants reposaient sur le banc.

« Bordel de merde ! C'est quoi ça ? », fut la seule phrase qu'elle put dire avant de recevoir une violente décharge dans le ventre, qui la fit s'effondrer sur le sol de surprise.


Et voilà pour le premier chapitre. N'hésitez pas à me faire des retours sur vos impressions !