Rédemption

Bonjour/Bonsoir ami-e-s lecteurs-rices !

Il y a quelques années, j'avais entamé une fanfiction dans l'univers d'Assassin's Creed, avec les personnages, mais placé dans un nouveau contexte, de nos jours.

Depuis le temps, la fanfic est terminée, mais l'histoire a continué d'évoluer dans ma tête. Aussi, il y a quelques temps, je me suis dit : « pourquoi ne pas la réadapté en roman ? ». Puisque l'histoire m'appartenait et que j'avais juste à retravailler les personnages afin qu'ils soient désormais démarqués de ceux d'origine, je me suis lancé dans une réécriture plus approfondie.

C'est ainsi que je vous présente ce projet : Rédemption.

Je sais que normalement, les fics originales doivent être publiée sur FictionPress, le site jumelé, et il le sera. Sauf que mon ancien lectorat se trouve ici et je souhaite renouer avec la communauté, car j'avoue que cela fait un long moment que je ne suis pas revenu.

Enfin, bref, assez de blabla. Je vous laisse tout à la lecture et espère que cela vous plaira ! N'hésitez pas à me laisser des commentaires, des avis, des critiques (constructives) afin que nous puissions échangés.

Bonne lecture à toutes et tous !


REDEMPTION


Prologue : dix ans plus tard

Une fois de plus, le cauchemar se forma dans son subconscient tandis qu'il dormait profondément. Pour dire vrai, il s'agissait davantage d'un souvenir, douloureux, remontant à la surface. Cette réminiscence, qu'il aurait préféré enfouir au plus profond de lui et oublier, retraçait avec un terrifiant réalisme le jour où sa vie avait basculé.

Il revoyait la scène avec netteté, entendant les cris comme s'ils étaient émis juste à côté de ses oreilles, lui faisant ressentir l'effroi, puis la douleur avec tant de précision qu'il crut sombrer dans la folie pour la seconde fois.

Il y avait le hangar, le bruit de la lame, de la chair que l'on entaille, des os qui cèdent. Puis les coups de feu, les cris, l'effroyable souffrance qui le traversait de part en part, le bruit le claquement sinistre des flammes mordant le bois et l'acier, celui des sirènes hurlantes, ce visage trop bien connu penché au-dessus de lui.

Venaient ensuite l'intérieur d'un bloc opératoire, sa lumière si blanche et aveuglante, qui finissait par s'évanouir dans les ténèbres brumeuses d'une narcose injectée en toute hâte. Le noir, le vide et le silence qui s'imposaient.

A nouveau…

David Moore se redressa en hurlant dans son lit, trempé de sueur, tremblant de terreur. Reprenant son souffle, fouillant la pénombre de la pièce d'un regard affolé, le jeune homme de vingt-huit ans se calma peu à peu en constatant qu'il étant dans sa chambre dans son appartement. Seul et en sécurité.

Lentement, son cœur se clama, sa respiration revint à la normale, ses tremblements s'estompèrent et il se laissa retomber sur le matelas confortable, le duvet jeté à ses pieds. Il ferma les yeux un instant pour finir de reprendre contenance, se faisant de l'auto persuasion pour se convaincre que tout ceci était derrière lui, qu'il était passé à autre chose désormais.

Vraiment ?

Lorsqu'il rouvrit les paupières, il jeta un regard à son radio-réveil et constata qu'il ne restait plus qu'une heure avant qu'il sonne. Soupirant, car il savait pertinemment qu'il ne parviendrait pas à se rendormir pour si peu de temps, il se leva.

David s'étira en grand, avança vers la porte vitrée donnant sur le balcon et écarta les épais rideaux qui l'obstruaient. Au dehors, le soleil ne s'était pas levé depuis bien longtemps et nimbait le quartier de ses doux rayons matinaux. C'était une radieuse journée d'avril qui s'annonçait. Du moins, pour la plupart des gens.

Pour David, en revanche, il s'agissait d'un jour ordinaire, un jour en tout point semblable aux autres depuis qu'était survenu le drame. Une de plus, morne et sans importance, qu'il traverserait comme un somnambule, revêtant son habituel masque de sourires factices.

Le jeune homme soupira, puis sortit de sa chambre pour pénétrer dans la pièce de vie, vaste espace lumineux qui comprenait la cuisine et le salon. Tout était décoré dans un style moderne et épuré, ce qu'il appréciait par-dessus tout, et tout était rangé au point que l'on se serait cru dans l'agencement utilisé pour les photos d'un catalogue.

Il contourna le bloc central marquant la limite entre le salon et la cuisine agencée, alluma la machine à café, puis alla se prendre une douche en attendant qu'elle chauffe. Il longea un simulacre de couloir bordé de placards encastrés et pénétra dans une salle d'eau chaleureuse. Sans perdre de temps, il se dévêtit et se glissa dans la douche italienne.

L'eau qui ruisselait sur son corps lui fit un bien fou, comme si elle chassait les tourments nocturnes, mais David savait que cela ne durerait qu'un instant. Toujours sous le flux constant, il tendit le bras gauche devant lui et regarda sa main ouverte. Après quelques secondes, elle se mit à trembler, prise de spasmes. Il fit une grimace et ramena le bras le long de son corps, soupirant d'agacement.

Lorsqu'était survenu le drame, il avait subi une profonde blessure, et les nerfs de son bras avaient été gravement endommagés. En dépit des efforts des chirurgiens et de nombreuses heures de rééducations, il n'avait pu retrouver l'intégralité de ses facultés. Depuis, il lui arrivait fréquemment de manquer de force ou d'être pris de violentes douleurs ou de tremblements. Quand ce n'était pas les trois à la fois.

Enfin, il ne pouvait pas se plaindre, au moins il était en vie. Mais c'était tout de même bien handicapant dans certain cas.

Après quelques minutes, il éteignit l'eau, attrapant un linge qu'il s'attacha autour de la taille après s'être séché. Il s'approcha ensuite du miroir, essuya la buée qui s'y était formée d'un revers de main, et contempla son propre reflet.

David Moore était un jeune homme assez ordinaire. Taille moyenne, poids moyen, musculature moyenne qu'il tentait de conserver par des séries d'abdos et de pompes sporadiques.

Son visage était encadré d'un fin collier de barbe qui encadrait sa mâchoire, et surmonté de courts cheveux noirs. Ses yeux, bruns, s'incrustaient au milieu de cernes marquées. Il fallait avouer que depuis quelques temps, il avait un sommeil peu reposant, souvent habité et agité par les cauchemars.

En repensant à tous les évènements qui l'avaient conduit à cela, il se sentit à nouveau mal, pris d'une vague de tristesse, de regrets et de colère. Mais depuis le temps, il avait appris à gérer ses instants de vide et ferma les yeux, repoussant de toutes ses forces ce mélange indigeste de sentiments.

Lorsqu'il fut certain de s'être calmé, il sortit de la pièce, regagnant la chambre pour enfiler ses vêtements de semaine. Un jeans, une chemise blanche et, touche finale, un gilet qu'il adorait porter car cela lui donnait une contenance et un air sérieux.

Après un rapide retour par la case salle d'eau pour se parfumer – avec un Hugo Boss classic – et se coiffer proprement, il retourna à la salle de vie pour se faire son café, attrapant une pomme dans la panière de fruits au passage.

Il déjeuna rapidement en consultant les nouvelles du jour sur sa tablette tactile, puis la glissa dans sa serviette de travail, enfila ses chaussures, et sortit de l'appartement, fermant à clé derrière lui.

Dans le couloir, des cartons s'amoncelait contre le mur du palier d'en face. Un nouveau locataire devait emménager dans la journée, et David priait pour que ce soit une personne discrète et respectueuse. Il verrait bien dans les prochains jours.

En montant dans l'ascenseur, après avoir slalomé entre les cartons, il se répéta qu'aujourd'hui, il allait faire comme chaque fois qu'il se réveillait trop tôt à cause d'un cauchemar. C'est-à-dire, arriver en avance au boulot et se noyer sous une montagne de travail pour oublier. Et ne plus penser à ce maudit drame, à son bras, à sa vie pathétique, aux erreurs commises.

Il l'ignorait à cet instant, mais la Roue du Destin venait de se remettre en marche, débutant pour lui un nouveau cycle de son existence. Et elle lui réservait une surprise de taille.