Bonjour à tous,

Je viens publier pour la première fois sur ce fandom car je viens de lire ce magnifique roman, qui m'a beaucoup plu. Il m'a inspiré ces deux textes que j'ai écrit dans le cadre de la 105ème nuit du Fof. L'objectif était d'écrire un texte en une heure, sur le thème "Vision". Si vous voulez plus d'informations, vous pouvez me contacter par MP.

J'espère qu'ils vous plairont,

Bonne lecture !


Vision céleste

Je hante les tours de la cathédrale depuis des jours et des nuits. Celui que j'étais n'est plus, remplacé par un être hagard et vide. Moi qui avais la prétention de me croire plus savant étais en réalité bien plus ignorant que le plus idiot des vauriens.

J'ai cru mourir mille fois lorsque tu as été envoyée à la potence et que tu m'as rejeté alors que j'étais ton dernier recours. Je n'ai pas voulu voir le bourreau faire son œuvre. Encore une fois j'ai été faible. Mais lorsque j'ai vu ton fantôme, diaphane entre les murs de la cathédrale, j'ai cru mourir à nouveau.

Tu ne m'as pas vu. Comme toujours, j'étais dans l'ombre, sans importance. Que dois-je faire pour devenir autre chose qu'un objet de haine ? Et dois-je vraiment me faire aimer de toi ? Ou es-tu une nouvelle épreuve envoyée par Dieu pour me tester ? Es-tu un ange envoyé pour moi, ou un démon qui précipitera ma chute ?

Depuis que je t'ai vue, je ne suis plus que l'ombre de moi-même. Je ne réfléchis plus, je pense à toi. Je ne marche plus, j'erre en pensant à toi. Si j'étudie, les lettres se mettent à danser devant mes yeux comme tes charmants pieds voltigaient sur le parvis de Notre-Dame. Est-ce de la sorcellerie ?

J'ai tout essayé pour t'oublier. Te faire disparaitre ou te faire condamner, mon dos porte encore les morsures douloureuse du fouet que j'ai utilisé pour me délivrer ma chair de toi. Rien n'y a fait. Tu es toujours là, quelques étages au-dessus de moi, si proche et en même temps si loin. Je ne peux pas te toucher. Je ne dois pas te regarder. Et pourtant tu hantes mes pensées et mes nuits. Que dois-je faire ?

Mille fois, je suis sorti sur les toits de la cathédrale, je me suis fait mordre par le froid ou la pluie. J'espérais être distrait de cette pensée obsédante et violente de ton corps qui se tord quand tu danse. Mais je n'y voyais plus qu'une place silencieuse et vide. Comme mon cœur.

Esméralda, pourquoi me fais-tu cela ? J'étais heureux avant que tu ne viennes me tourmenter.

Ombre diaphane qui marche silencieusement sur la galerie des rois. Tu portes cette robe blanche que Quasimodo t'a donnée, et qui te fait ressembler à un ange. Chaque nuit je m'endors en espérant t'oublier, et chaque matin je pense à toi. Ton pied, ta bouche, tes yeux.

Tu es mon supplice de Tantale, je te vois, mais je ne peux te gouter. Même Quasimodo a eu l'heur de te plaire. Il a le droit de te voir, de t'approcher, de bénéficier de ta charmante présence. Qu'a-t-il de plus que moi ? Je ne suis pas beau, pas riche ou ni d'une compagnie agréable, mais lui est cent fois, mille fois pire que moi ! Il est plus laid qu'une gargouille, plus sauvage qu'un loup ! Et pourtant tu l'acceptes. Pourquoi ? Pourquoi me repousses-tu ?

Alors seul le mensonge me permet de te voir. Lorsque je me glisse dans la nuit et que je vais silencieusement jusqu'à ta logette. Etre l'archidiacre me donne accès à tous les recoins de cette bâtisse. Si je le voulais, je pourrais entrer, mais je ne le veux pas. Je ne veux pas te faire peur. Je ne veux pas te blesser. Alors je reste là, à regarder les rayons de la lune qui caressent ta joue. Tu es si paisible, tu dors.