Note de l'auteur : Bonjour à tous ! :) C'est étrange d'être de retour après ces quelques mois d'absence, mais ça fait extrêmement plaisir également.

Pour commencer :

- Pour ceux qui tombent par hasard sur cette fic : comme l'indiquent le titre et le résumé, il s'agit d'un deuxième tome, d'une suite d'un tome déjà publié. Je vous conseille d'aller lire ce premier avant de continuer ici, parce que j'enchaîne directement, et que vous ne comprendrez rien du tout sans avoir lu le premier...

- Pour tout le monde : le rappel obligatoire sur ce site, qui ne figurera que sur ce chapitre mais est valable pour toute la fic : je suis un auteur non professionnel, j'utilise un univers qui ne m'appartient pas et avec lequel l'auteur et les ayant-droits divers et variés acceptent gentimment qu'on s'amuse tant qu'on n'en retire pas de profit. Ça tombe bien, c'est mon cas, à part les chouettes échanges que j'ai avec vous.

Sur ce, bonne lecture, la suite du blabla plus tard ;)


Dimanche 1er septembre 1996

Chère Marie,

Nous sommes à Hogwarts. Et ha ! Évidement, on ne pouvait pas ne pas se faire remarquer à notre retour, ça n'aurait pas été marrant sinon... Pff...

Donc voilà... Ta professionnelle de la mise des pieds dans le plat a une nouvelle fois fait ses preuves... À vot' service, ma bonne dame.

La journée a bien commencé pourtant. Nous sommes arrivés en avance sur le quai de départ du Hogwarts Express. Nous sommes venus en nombre, parce que nous accompagnaient tous ceux qui étaient hébergés dans la maison secondaire de Lions' Rock pour échapper aux Deatheaters. Et pour encadrer tout ce petit monde, les parents et adultes fréquentant fréquemment Lions' Rock, évidemment, mais aussi des Aurors dépêchés par Amelia Bones, et qui resteront jusqu'au départ du train pour rassurer tous ces bons sorciers sur la sécurité de leurs enfants. D'ailleurs, un petit groupe d'Aurors ainsi que des professeurs seront également à bord du train pendant le voyage. Ça a apparemment choqué quelques étudiants : à part la petite dame du trolley, il n'y a jamais eu d'adultes à bord du Hogwarts Express, c'est aussi ce qui rend le voyage aussi intéressant.

Ben pas cette fois. Il y a un psychopathe maniaque du pouvoir qui rôde, et qui n'hésitera pas à attaquer un groupe d'enfants constitué à parts égales de Sangs Purs et de Sangs-Mêlés et Nés-Moldus, et c'est à présent de notoriété publique que si un enfant est scolarisé à Hogwarts, école ouvertement propriété de Harry Potter, c'est que cet enfant (et sans doute sa famille) ne soutient pas Voldemort. Donc beaucoup de tension et d'inquiétude sur le quai de départ, et la présence visible des Aurors et des professeurs était nécessaire pour rassurer tout ce petit monde.

Nous nous sommes trouvé un compartiment où poser nos affaires, et Draco et Hermione sont partis pour remplir leurs devoirs de préfets. Sont bien partis pour devenir préfets en chef, ces deux-là. Neville, Harry et moi sommes restés sur le quai pour dire au revoir aux adultes qui ne nous accompagneront pas à Hogwarts (les différents parents, surtout). Harry devait aussi accueillir le Prince Henry, qui fait sa première année à Hogwarts. En tant que Prince, il a droit d'être personnellement accueilli par le propriétaire de l'école, haha.

Le Prince est arrivé un quart d'heure avant le départ du train, avec sa tante la Princesse Anne et son frère, le Prince William, qui n'a aucune magie, mais veut voir le train qui emmènera son frère dans une école de magie. Durant le voyage, Henry a avoué que William était frustré de ne pas pouvoir voir l'école elle-même. Mais avec toutes les protections dont elle est entourée, il faut vraiment être sorcier pour pouvoir ne serait-ce que la voir, sans même parler d'y accéder. Mais William a pu accéder au quai de départ, voir les élèves qui avaient pour certains déjà enfilé leur uniformes, pour d'autres étaient clairement issus de familles sorcières. Il a vu les différents animaux, les chouettes et hiboux, les chats, les familiers un peu plus étranges (naaan, je ne suis pas la seule à avoir un animal hors de la liste officiellement autorisée... Draco aussi... Et... euh... c'est tout...).

Nous avons assuré à la princesse Anne que si Henry était à Gryffindor ou Slytherin, il aurait le « parrainage » direct de Harry ou Draco, et que les deux autres maisons sont beaucoup moins sujettes à conflit. Henry veut aller à Gryffindor juste parce que leur blason est un griffon. Bien tenté, petit, mais ça ne suffira pas. Écoute celle qui a un Animagus, un Patronus et un familier félins, fiancée à un héritier direct de Gryffindor, lui-même archétype de cette maison, et quand même Slytherin pure et dure...

Pendant le voyage, il a insisté pour ne pas rester avec nous, pour faire lui-même connaissance avec d'autres, de son âge, et pas de nos seize ans. Grand bien lui fasse, nous n'avons pas franchement résisté. Harry a simplement placé un sort discret sur lui pour savoir s'il se retrouve en danger, sans même avertir Henry, et libre au garçon de vadrouiller à sa guise dans les couloirs du train, comme n'importe quel autre élève.

Le voyage s'est bien passé. Neville, Harry et moi sommes beaucoup restés dans notre compartiment, mais surtout parce que ça s'est rapidement su à travers le train que nous étions installés là et que nous avons reçu beaucoup de visite. Des vrais amis qui voulaient simplement échanger des nouvelles de cet été, des connaissances, des personnes qui voulaient voir si certaines rumeurs étaient vraies (oui, j'ai bel et bien un bébé léopard avec moi, et alors ?), d'autres qui voulaient avoir la chance de parler à trois des cinq mages qui font si souvent parler d'eux ces derniers temps (et oublient que quatre d'entre eux sont des élèves de Hogwarts depuis plus de cinq ans...)... Nous avons eu droit en sept petites heures à tout ce que Hogwarts peut compter comme différents profils d'élèves.

Hermione et Draco nous ont rejoint au milieu du voyage. Hermione était un peu énervée : les nouveaux Préfets-en-Chef les ont informés que tous les deux étaient hors de l'emploi du temps normal des préfets, avec les rondes et tout, parce qu'ils auraient déjà suffisamment de pression comme ça. En revanche, leur autorité serait apparemment équivalente à celle de Préfets-en-Chef, justement. Ce qui énerve Hermione, c'est que c'est un traitement de faveur, et elle estime qu'on est déjà suffisamment mis à part comme ça, tous les cinq, pour qu'en plus Draco et elle se voient modifier leurs responsabilités de préfets. Draco, lui, justement, est beaucoup plus satisfait de cet arrangement : il n'a jamais eu aucun scrupule à utiliser son titre ou sa position pour obtenir ce qu'il veut, et même si être préfet est un privilège, tous les préfets seraient ravis de ne pas avoir à patrouiller deux soirs par semaine dans les couloirs après le couvre-feu.

Honnêtement, je suis d'accord avec Hermione. L'ancienne Manon gentille et respectueuse qui ressort. Mais en effet, on a déjà plein d'aspects de notre vie à Hogwarts qui nous différencient des autres élèves : Harry a sa Suite, dans laquelle, en toute honnêteté, je vais certainement passer plus de temps que dans le dortoir des Slytherins..., il y a ces postes d'assistants, qui même s'ils sont ouverts aux autres bons élèves, ont été vraiment créés parce que nous en avons affiché le besoin, il y a ces NEWTs, qu'on ne va pas passer du tout dans les mêmes conditions que les autres élèves de notre année... Sans compter tout ce qui nous différencie en tant que magiciens, notre pouvoir, magique, politique, économique... Ça fait beaucoup, et je comprends le besoin de Hermione qu'au moins un aspect de notre vie étudiante soit conforme aux attentes. Et voilà qu'on la prive de ça.

Neville et Harry sont aussi d'accord. Pour le coup, Draco est tout seul avec son profit des privilèges. Il a grandi comme ça, je peux comprendre, mais ni Harry, ni Hermione, ni Neville, ni moi n'avons l'habitude d'être autant en... supériorité par rapport à d'autres de notre âge, voire même beaucoup plus vieux. Et ça a beau faire plusieurs années qu'on vit avec notre magie, nos titres et les responsabilités qui vont avec, c'est toujours super étrange, dans une journée comme aujourd'hui, où on prend le train comme tout le monde pour aller dans notre pensionnat d'école, de constater la distance que ça met entre nous et... le reste du monde, et combien on aimerait la réduire.

Bon, honnêtement, en ce qui concerne la réduction de la distance, je ne sais pas si j'ai particulièrement brillé en la matière, aujourd'hui.

Le trajet s'est donc bien passé, entre mondanités et amitiés retrouvées, et nous nous sommes installés pour le festin de la rentrée. Avec moi à Gryffindor, aux couleurs de Gryffindor. Non, je n'avais pas oublié que le Choixpeau veut que je sois dès aujourd'hui à Slytherin, mais hors de question, alors que seul un cercle restreint le sait, que je me pointe à leur table et me pose comme si de rien n'était.

Le professeur Flitwick, en tant que nouveau directeur adjoint, a fait la Répartition. Il y avait beaucoup plus de monde que d'habitude à Répartir : les premières années habituelles, plus tous ceux qui ont bénéficié de la protection contre les Deatheaters cet été, et qui sont donc scolarisés à présent à Hogwarts, quelle que soit leur année. Il y a même des nouveaux en sixième et septième année.

Le prince Henry a fait sensation, lors de sa Répartition, et Neville a fait la comparaison avec la Répartition de Harry, il y a déjà quelques années. Apparemment, c'était sensiblement la même chose : le silence qui tombe soudain sur la Grande Salle, comme si chacun était complètement suspendu à la décision du Choixpeau. Et je suis sûre que ce foutu chapeau pointu a le sens du spectacle : il a pris son temps, pour Répartir Henry. Et finalement, après moult délibérations, il a lancé :

« Slytherin ! »

Pas étonnant. Ils ont de l'ambition, les petits princes, et le sens du prestige qui plaît à cette maison. Henry a posé le Choixpeau sur le tabouret et a marché très droit vers la bonne table, qui l'a accueilli sans la joie exubérante qu'avait reçue Harry à l'époque, mais chaleureusement quand même : il y a pas mal d'Héritiers dans cette maison, et ils savent parfaitement ce que le prince représente, surtout après le rappel cinglant de la Reine cette semaine.

Le Choixpeau a terminé sa Répartition, et le professeur Flitwick a commencé à le remmener avec lui quand le Choixpeau s'est exclamé :

« Une personne n'est pas à sa place ! »

Grand silence à nouveau dans la salle, et le professeur McGonagall a demandé :

« Qui donc, Choixpeau ?

–La voyageuse, Manon dite Nestral, n'est pas à sa place ! »

Murmures et chuchotements, et je me redresse, bien décidée à faire en sorte que tout le monde comprenne que mon « erreur » de répartition est un choix du Choixpeau et non le mien :

« J'ai été Répartie à Gryffindor !

–Et je t'ai dit, voyageuse, que ce ne serait que le temps de ta cinquième année ! À présent que tu as fais ce que nous attendions de toi, il est temps que tu rejoignes ta vraie maison. »

Je refuse de croire qu'un artefact magique vieux d'un millénaire et qui lit depuis tout ce temps dans l'esprit de tous les gamins qui se pressent à chaque rentrée à Hogwarts soit stupide. Il a fait exprès de formuler à voix haute ce que je voulais que tout le monde sache, j'en suis certaine. Et... je lui en suis reconnaissante... Reconnaissante envers un bout de tissu intelligent... Nous sommes bien dans un monde magique, pour sûr...

Je me suis levée, et j'ai compris que beaucoup se demandaient quelle est donc ma vraie maison. Encore plus se demandaient tout simplement ce qui se passait. C'est tellement inhabituel que le Choixpeau décide de faire changer comme ça quelqu'un de maison !

Harry m'a retenue le temps de m'embrasser suffisamment longtemps pour qu'on soit à la limite du publiquement acceptable, et m'a demandé à voix haute :

« Tu me rejoins ce soir ?

–Non, j'ai répondu facilement. J'ai des Serpents à apprivoiser. »

Et j'ai changé ma robe et ma cravate d'uniforme en vert et argent avant de me diriger vers la table des Slytherins pour m'asseoir à côté de Draco, qui m'a accueillie avec un sourire clairement sardonique : le spectacle l'amusait franchement, et il éprouvait un mépris certain pour les exclamations outrées qui commençaient à retentir, notamment en provenance des Gryffindors.

C'est quand Ronald s'est écrié :

« Je vous l'avais dit qu'elle n'était qu'un serpent fourbe et vicieux ! »

que McGonagall est intervenue :

« Silence ! Miss Nestral a été Répartie à Gryffindor sur décision du Choixpeau uniquement, et retourne à Slytherin, qui a toujours été considérée comme la maison la plus adaptée à sa personnalité, également sur seule décision du Choixpeau. Ni Miss Nestral, ni aucun élève ou professeur n'a eu d'influence dans ces décisions. La Répartition du Choixpeau est incontestable et irrévocable, Miss Nestral sera donc dès à présent Slytherin, et je suis certaine qu'elle fera autant honneur à cette maison qu'elle en a apporté à Gryffindor. »

Alors soit McGonagall a été avertie par le Choixpeau, soit elle a un véritable don pour improviser un désamorçage de situation. En tout cas, elle a certainement évité à Ronald de terminer son festin à l'infirmerie, cadeau de rentrée de mon cher et tendre, qui n'aime pas trop quand je me fais insulter. D'habitude, il me laisse me défendre toute seule, parce qu'il sait que je déteste quand il joue les chevaliers défendant les blanches innocentes (je ne suis pas une blanche innocente...). Mais là, je crois qu'il aurait aimé profiter du fait que je ne sois pas suffisamment proche pour prendre moi-même les choses en main.

McGonagall a donc ramené le calme, mais a donc laissé pauvre Harry terriblement frustré...

À la table des Slytherins, l'accueil était nettement moins cordial que pour Henry. Néanmoins, il ne s'est absolument rien produit dans la Grande Salle : les Slytherins maintiennent toujours les apparences, et les apparences, à Hogwarts, c'est que la maison est fermement unie. Donc j'ai passé un bon dîner, à discuter avec Draco, Daphne, Tracy, Blaise et Theo.

Ils ont bien ri quand à un moment, Draco a porté son regard sur la table des Gryffindors, brusquement pensif, et j'ai ricané :

« Dis à cet abruti que j'ai aussi peu besoin de ta protection que Hermione a besoin de la sienne. S'il le faut, rappelle-lui ce que Lancelot disait de moi. »

J'ai vu Draco afficher une moue penaude, montrant que j'avais bien compris ce qui se passait : Harry et lui étaient en train de s'échanger de très viriles promesses de protéger la belle de l'autre. Pff... Quels idiots.

Je parie que tu es curieuse, maintenant : qu'est-ce que Lancelot pouvait bien dire de moi ? Simplement que je suis un feu mordant sous une jolie fourrure dorée. Rapport avec ma forme de panthère, évidemment. Je suis celle qui a le plus de rondeurs, parmi nous cinq, aussi relatif que ce soit, et aussi celle qui a le rire le plus facile. Donc du coup, à Avalon, ils s'étaient imaginé que j'étais la plus calme, la moins prompte à l'emportement... Ils ont vite réalisé leur erreur.

Et Harry et Draco feraient mieux de se rappeler que je suis aussi capable qu'eux. Ma fierté ne supporte toujours pas d'être rabaissée.

Le dîner s'est passé relativement bien. C'est quand nous sommes arrivés en territoire Slytherin que ça s'est gâté : Pansy Parkinson et un groupe d'amies à elle se sont approchées de moi, menaçantes :

« Tu n'es pas la bienvenue ici, lionne ! »

Tiens, la reine des abeilles et sa ruche... Comment réagir ? M'écraser et la laisser à sa place pour ne pas m'en faire une ennemie, ou lui montrer qu'elle ne me fait pas peur, la petite abeille ?

Le temps de prendre une décision, j'ai répondu avec un sourire moqueur :

« Heureusement que tu me le précises, j'ai failli croire le contraire ! »

Blaise a ricané, et Draco lui a lancé un regard noir. Il veut me voir réagir : c'est mon premier test en tant que Slytherin, et il veut savoir comment je me débrouille. Au moins, ça a le mérite d'être clair : je n'aurai aucune aide de sa part.

Pansy, elle, ne s'est pas démontée :

« Tu te crois forte parce que tu es la petite amie de Potter, mais tu n'es personne, sale Sang-de-Bourbe ! Ici, au moins, tu découvriras vite ta vraie place. »

Nouveaux ricanements, de ses amies, cette fois, et de certains Slytherins. Je me suis rendue compte qu'on avait l'attention de toute la salle commune. Ma réaction va dicter ma place dans cette Maison pour un long moment.

Alors comment réagir ? Sortir les griffes et montrer à cette petite abeille qu'elle ne me fait pas peur ? Ou respecter la hiérarchie implicite de Slytherin et m'écraser ?

Tu me vois m'écraser, franchement ?

Surtout depuis que je suis ici, et que j'ai pris en assurance...

« Je suis Manon Descosses-Nestral, Grande Prêtresse d'Avalon, Héritière de sang et de magie de Morgane la Fée, Héritière de magie de Viviane, Nimue et Galaad, Mage Élémental et Empathe, Fiancée de Lord Potter, Duc de Hogwarts, Grand Druide d'Avalon et Archimage. Qui es-tu, Pansy Parkinson, pour contester ma place et mon héritage ? »

Pansy a pâli. Cette réponse était particulièrement cruelle de ma part, et j'en étais parfaitement consciente en la prononçant. Je viens de détruire la place de Pansy. Et elle ne peut plus se réfugier derrière son statut de potentielle fiancée de Draco, puisqu'il est à présent tout à fait officiellement fiancé à Hermione.

C'est méchant, mais Pansy est effectivement... rien, dans la bonne société magique britannique. Une jeune fille qui perdra le nom de sa famille à son mariage, et coûtera à ses parents certainement une forte dot pour compenser le manque de prestige magique.

Et Slytherin est le berceau de ce que sera la future génération de Lords et de Ladies de la communauté magique britannique. Évidemment, il y a également des Hufflepuffs, des Ravenclaws et des Gryffindors, mais tous ceux qui comptent viennent de Slytherin, à quelques notables exceptions près (Neville ou Harry, par exemple, ou même encore Susan ou Hannah). Si la réputation de Pansy est ruinée alors qu'elle n'est même pas sortie de Hogwarts, elle aura du mal à s'en remettre par la suite.

C'est un vrai coup de poignard que je viens de lui donner.

Mais je préfère attaquer la première, honnêtement. Je n'ai aucune intention de me laisser faire par une fille que je ne verrai certainement plus à ma sortie de l'école, à part dans des réceptions mondaines extrêmement policées. Pansy aboie, mais ne mord pas. N'a même pas la capacité de mordre.

Seul le flou total entretenu au sujet d'éventuelles fiançailles avec Draco lui a permis de monter aussi haut dans la hiérarchie de Slytherin. Fiançailles qui n'auront jamais lieu. Pansy, malgré toute sa pureté de sang, n'est qu'un insecte pour moi. Je n'ai aucune intention de perdre mon temps avec elle.

C'est cruel, je sais. Elle n'a rien demandé, la pauvre. Elle s'est battue dur pour construire sa réputation, et je comprends qu'elle se soit sentie menacée par une étrangère qui surgit de nulle part avec quelques titres et de vraies fiançailles. Je comprends aussi qu'elle ait voulu me confronter, en espérant que je me montre plus Gryffindor que Slytherin, et que je m'écrase pour ne pas lui faire de mal, lui permettant ainsi d'asseoir son pouvoir.

Mais je suis Slytherin, et j'ai bien autre chose en tête que gérer les problèmes d'image d'une fille qui ne sera jamais rien de plus qu'une camarade de classe pour moi.

Elle a parié, elle a perdu.

Et elle a perdu beaucoup, si j'en crois les murmures qui filent dans la salle commune, et le petit sourire satisfait de Draco. J'ai réussi mon test, ce qui veut aussi dire que la reine des abeilles vient d'être mise à mort.

Est-ce que ça fait de moi la nouvelle reine des abeilles, tu penses ? J'espère que non... Je n'ai aucune envie de ressembler à ces filles qui ne se sentent exister qu'avec des faire-valoir à côté d'elles.

En tout cas, depuis ce soir, je suis la Princesse de Slytherin, égale du Prince, Draco. Draco l'a clairement montré toute la soirée avec ses commentaires et son attitude. Et tout le monde s'est plié à ce bouleversement de la hiérarchie sans mot dire, même les abeilles ouvrières de Pansy, même Pansy elle-même une fois que Draco a clairement marqué son soutien envers moi.

C'est étrange...

Mais ça ne me fait pas aussi peur que je le pensais. Il y a quelques années... que dis-je... quelques mois, j'aurais catégoriquement refusé une telle place. Mais plus aujourd'hui. Avalon, mes amitiés, l'urgence de la guerre... m'auront au moins appris à assumer ce genre de place. Après tout, Princesse de Slytherin, ce n'est rien à côté de Grande Prêtresse ou de Lady Potter, et ça me permet de mettre en pratique tout ce qui n'a été que théorie jusqu'à maintenant, créant une sorte d'entraînement avant que je sois effectivement Lady Potter.

Alors c'est parti, on assume...

Pour détendre l'ambiance après la capitulation hâtive de Pansy, je me suis tournée vers tout le monde, surtout les nouveaux, et j'ai eu un grand sourire :

« Je suis nouvelle à Slytherin, je ne suis pas depuis longtemps non plus à Hogwarts, mais je suis fiancée au Duc de Hogwarts, et je sais que Harry aimerait vous souhaiter à tous ceux qui vont passer leur première nuit ici ce soir la bienvenue. Que vous soyez en première année ou plus âgés, nous espérons que vous vous sentirez rapidement chez vous ici, et que cette Maison sera comme votre deuxième famille. Vous découvrirez dans un instant avec Pucey, qui est notre Préfet-en-Chef cette année, toute la hiérarchie et les règles officielles de l'école, et vous découvrirez dans les prochains jours les règles de cette Maison. Mais sachez que Harry et de nombreuses personnes ont travaillé dur cet été pour vous garantir sécurité et qualité de l'enseignement. C'est un nouveau système qui se met progressivement en place, et en toute franchise, on va tous un peu essuyer les plâtres. Alors n'hésitez pas à venir nous voir, Draco, Harry, Neville, Hermione ou moi-même, ou n'importe quel professeur, préfet ou encadrant, si vous avez la moindre question ou la moindre suggestion au sujet de la qualité de vie à Hogwarts, ou de l'enseignement que vous y recevez. OK ? »

Il y a eu des assentiments polis, que j'ai accepté comme tels, et j'ai laissé la place à Adrian Pucey, un septième année qui est le nouveau Préfet-en-Chef, avec une Ravenclaw.

Il a présenté les différents préfets, expliqué les règles du couvre-feu, quelques règles propres à Slytherin (ils ont un système de tutorat assez poussé, par exemple, qui n'existe absolument pas à Gryffindor), puis il a dispersé tout le monde pour qu'on s'installe pour notre première soirée.

J'ai découvert mon nouveau dortoir. Ou plutôt, ma chambre. Ces petits veinards de Slytherins, à partir de la sixième année, disposent de chambres individuelles. Leurs parents paient une petite fortune apparemment pour ce privilège. L'avantage, c'est que je n'aurai pas à partager ma chambre avec Pansy et Millicent Bullstrode, une de ses plus fidèles suivantes. Daphne et Tracy sont apparemment également soulagées de ne plus avoir à faire chambre commune avec elles.

J'ai vite découvert mon nouvel espace avant de retourner dans la salle commune. Je ne m'y suis pas attardée, parce que je sais que je vais plus souvent dormir dans la Suite des Fondateurs avec Harry qu'ici. Alors autant faire ce pour quoi j'ai justement renoncé à une nuit avec mon fiancé : me familiariser avec les Serpents.

En retournant dans la salle commune, j'ai vu que tout le monde s'était installé, certains dans des endroits qui leurs étaient visiblement « réservés » par l'habitude, comme Draco, Theo et Blaise dans un petit cercle de fauteuils près d'une des deux grandes cheminées. Il était facile de repérer les nouveaux, ceux qui n'avaient encore jamais mis les pieds dans cette salle, comme moi : ils regardaient avec ébahissement le luxe évident de la grande pièce, bien plus grande que la salle commune de Gryffindor, et ne parlaient pas à grand monde.

Je me suis approchée des premières années, qui étaient restés pelotonnés ensemble :

« Bonsoir ! Vous avez envie de faire connaissance d'une manière plus amusante que se présenter de manière officielle ? »

Ils m'ont regardée avec curiosité et je dois le reconnaître, un peu de crainte. Je viens d'être placée comme Princesse de Slytherin après tout, c'est compréhensible. Mais ce que j'avais en tête avait justement pour but de faire tomber ces barrières. L'un d'eux a hoché la tête :

« Oui, Milady. »

Oh la vache !

Ça, je dois le reconnaître, je ne m'y attendais pas. J'ai secoué la tête :

« Pitié, pas de titre ! Je m'appelle Manon, et je suis une sixième année, et ça s'arrête là dans cette Maison. Bon, venez, on va s'installer près du feu. »

J'ai désigné la cheminée vers laquelle étaient installés Draco et ses amis, curieusement désertée. J'ai senti la surprise et la confusion des garçons, et j'ai compris : personne ne s'approche du Prince. Mais on vient de décréter que je suis la Princesse, alors j'ai bien ce droit, non ?

Je me suis assise par terre, sur un tapis moelleux, et j'ai invité les autres à le faire. Tous les premières années ont obéi, et j'ai senti que de nouveau, j'avais l'attention de pas mal de monde dans la salle commune. Peu importe. Ce que je voulais faire était léger, mais absolument pas scandaleux.

« Bon. Quand j'ai fait du théâtre, petite, on avait un jeu, lors du premier cours de l'année, pour faire connaissance avec les autres : chacun devait raconter une petite histoire, en mimant des personnages, changeant des voix, bougeant, montrant des émotions... bref, tout ce qui pouvait avoir un lien avec le jeu d'acteur. Ce soir, on va faire quelque chose d'un peu différent : on va construire une histoire ensemble.

–Pour quoi faire ? demanda Henry, visiblement intéressé.

—Déjà, pour apprendre à se connaître de façon détendue. Ensuite, c'est un excellent jeu pour des petits Serpents comme nous : ça oblige à écouter, à anticiper, à réagir rapidement, pour participer à la construction de l'histoire. Ça oblige aussi à découvrir ou connaître ce qui compose un caractère, cause des émotions, pour créer des personnages et des intrigues cohérents. En créant l'histoire tous ensemble, sans que chacun se fixe à un personnage particulier, ça nous oblige à faire attention à tout ce qui peut faire partie de la nature humaine, à faire preuve d'une certaine empathie. Et si vous voulez que l'histoire aille dans votre sens, il va vous falloir être fins stratèges et communicants. Bref, un jeu amusant qui cache plein de choses qui peuvent vous être utiles plus tard. Qui est partant ? »

Plus de monde que les premières années se sont manifestés. Bon, ben... C'est parti !

J'ai expliqué quelques règles de base : pas de personnage réel, des histoires imaginées uniquement, possibilité d'inventer tout ce qu'on veut, rien ne sera noté, donc il faudra faire fonctionner la mémoire... Je me suis placée en maître du jeu, pour canaliser les participations, souligner les plus grosses incohérences pour qu'elles soient corrigées collectivement...

C'était marrant, franchement. J'ai passé une bonne soirée. Ils ont de l'imagination, ces gamins. Ils ont mélangé ce qu'ils connaissaient du monde magique, avec quelques idées non-magiques (une navette spatiale, notamment, et je sais que Henry a glissé des références à Star Trek, même si je ne connais pas suffisamment cette saga pour en être certaine). Une histoire d'aventure abracadabrantesque, qui n'avait pas grand sens mais qui a quand même eu un début, un développement, une fin satisfaisante.

Certains ont même demandé si on pouvait refaire ça, et j'ai dit oui. Je viens de leur expliquer qu'y participer est dans leur intérêt, ce n'est pas pour en faire une édition unique...

En plus d'aider les petits nouveaux à se détendre et s'intégrer, ça a permis à tout le monde de plus ou moins oublier mon « assassinat » de Pansy. Assise par terre, à rigoler avec tout le monde, je parais moins dangereuse que dressée de toute ma (pas si grande) hauteur pour dominer physiquement, psychologiquement et magiquement une fille qui régnait jusque là sans contestation sur la Maison.

Curieusement, tous les Serpents sont tombés d'accord sur le fait que ce genre de jeu doit rester un secret de la Maison. En fait, ils ont l'habitude de garder pour eux toute marque d'entraide. Leur système de tutorat est poussé et abouti, les plus jeunes ont le soutien inconditionnel des plus âgés, leur protection également, mais rien de tout ça ne se sait en dehors de la Maison. Pas étonnant qu'après sept années passées à se serrer les coudes, ils continuent à s'échanger beaucoup plus de faveurs qu'envers les autres, une fois dans la vie active !

C'est amusant à voir, d'ailleurs. Quand l'heure du coucher est arrivée pour les plus jeunes (les premières et deuxièmes années doivent être dans leurs dortoirs au plus tard à dix heures du soir, règle interne et officieuse à Slytherin), les préfets les ont rassemblés et les ont emmenés, fermement mais gentiment, un peu comme des grands frères et des grandes sœurs. Et ils ne sont revenus dans la salle commune que bien plus tard, et je suppose qu'ils ont accompagné chacun de ces gamins au lit, quitte à les rassurer, surtout pour ceux qui passent leur première nuit ici.

Et quand plus tard dans la soirée, une des petites premières années est revenue dans la salle commune en larmes parce qu'elle voulait être dans sa chambre à elle à la maison, la préfète de septième année, Lisa Cromwell, a pris le temps de la consoler et la raccompagner dans son dortoir.

Je ne sais pas si ça existe à Hufflepuff ou à Ravenclaw, mais c'est quelque chose que je n'ai jamais vu à Gryffindor, où les plus jeunes sont dès le début plus ou moins livrés à eux-mêmes...

Voilà pour aujourd'hui ! Là, je suis en train de faire découvrir aux Serpents qu'il ne faut pas me déranger pendant que j'écris dans mon journal. Gentiment. Encore et toujours cette histoire de ne pas les effrayer plus que de raison. Tout en me protégeant des indésirables...

Pff...

Je sens que l'équilibre va être sympa à trouver.

Enfin, on verra bien ce que ça donne.

Au programme de demain lundi ? Pas de cours, exceptionnellement : demain après-midi, McGonagall a prévu une grande réunion d'information dans la Grande Salle pour expliquer à tout le monde le nouveau système. Et comme on a la matinée de libre, Snape veut en profiter pour s'introduire officiellement en tant que Directeur de Maison aux Slytherins et poser quelques règles de vie propres à notre Maison.

Je te raconterai ça demain soir !

Bisous ma belle.


Note de l'auteur (bis) :

Voilà le premier chapitre de la deuxième partie, avec une Manon extrêmement en forme, comme vous pouvez le voir ! :)

C'est parti pour un nouveau tome, donc, riche en aventures !

Il va y avoir des changements assez importants par rapport au premier : contrairement au premier que j'avais entièrement écrit avant la publication, et sans avoir idée de le publier, celui-ci a été commencé alors que je réfléchissais à la publication.

Les chapitres seront donc, à quelques rares exceptions près, généralement fournis (le plus petit fait 1200 mots, pour l'instant).

Ensuite, la rédaction n'est pas terminée. Loin de là... Pour être tout à fait honnête, je n'ai écrit que 4 chapitres en 6 mois... Sans étaler ma vie privée, j'ai eu quelques soucis de santé, qui font que j'avais autre chose en tête qu'écrire. Même si j'en avais techniquement le temps, je n'ai pas réussi à m'isoler suffisamment de la vie réelle assez... demandeuse que j'avais à ce moment-là pour écrire de façon prolifique.

J'ai du avoir du nez quand j'ai annoncé cette pause (ou alors je me doutais déjà du résultat que semblaient annoncer les examens que je passais depuis quelques temps...)

Hasard du calendrier, si j'ai appris quelques jours après la publication du dernier chapitre de la première partie que j'allais avoir quelques mois chaotiques, j'ai également appris il y a quelques jours la date des examens qui permettront, si tout va bien, de conclure définitivement cette page :)

Conséquence de cette quasi-absence d'écriture sur une période où je devais en profiter pour bien avancer dans le tome 2, le rythme de publication va être différent : tant que le tome 2 ne sera pas terminé en écriture, je vais publier un chapitre toutes les 2 semaines et non un par semaine. C'est le rythme de la plupart des auteurs au long cours, donc je n'ai pas trop de scrupules à l'appliquer tant que ce tome 2 sera en cours d'écriture.

Autre conséquence : vu que le tome 2 n'est donc pas terminé, toutes vos remontées, réactions, suggestions, remarques, questions... (rayez la/les mention(s) inutile(s)) peuvent être prises en compte beaucoup plus rapidement.

J'ai une trame, évidemment, et je sais ce qui va se passer pour l'arc narratif principal, et quelques arcs secondaires, mais vos idées peuvent également enrichir cette histoire. Certaines d'entre elles, faites lors de la publication du tome 1, vont apparaître dans les tomes 2 et 3, alors n'hésitez pas :)

Enfin, dernière conséquence : contrairement au premier tome qui avait relu, re-relu, et encore une fois relu, pour peaufiner certains passages, dialogues, traits de caractères, pour enlever certaines idées en l'air qui n'ont rien donné par la suite, pour rajouter en amont des idées nécessaires pour la suite... ben forcément, ce tome 2 sera plus brut...

Vos reviews seront donc d'autant plus importantes pour moi...

Enfin, un petit jeu : chaque grande partie utilise un ou deux grands clichés comme fil directeur (la première, c'était évidemment : Dumbledore est le grand méchant qui manipule tout le monde, et Harry la pauvre victime à qui on a caché son précieux héritage, ainsi que super!Harry et supers!copains). Quels vont être les clichés fil directeur de cette partie ? (ils ne sont pas encore annoncés, alors chapeau si vous trouvez dès maintenant... Vraiment... Si vous trouvez avant leur apparition, je vais devoir réfléchir à une récompense ! :) )
Question subsidiaire : une idée de quand vont apparaître ces clichés (plus facile, donc pas de récompense pour celui-là, juste le plaisir du jeu :) ) ?

Réponse aux guest reviews :

Comme elles concernent la première partie, elles seront publiées dans un dernier chapitre sur la première partie, servant à annoncer le début de celle-là pour ceux qui ne sont pas abonnés à mon profil. Si vous avez laissé une review anonyme sur la première partie et que vous n'en avez pas vu la réponse, allez vérifier ce dernier chapitre, elle y sera certainement :)

Prochain chapitre : le 3 février ! :) A bientôt !