En Angleterre, il existe une organisation qui n'emploie que des mineurs. Son nom ? CHERUB. Son objectif ? Prendre les criminels à leur propre piège. Sa particularité ? Les enfants qui en sont membres font partis des services secrets britanniques, ce sont des agents secrets. À la mort de leur mère, les jumeaux Williams atterrissent dans un orphelinat. Ils sont rapidement recrutés par CHERUB, une mystérieuse organisation composée majoritairement d'enfants âgés de 10 à 17 ans. Pour obtenir le statut d'agents opérationnels, ils doivent passer et réussir un programme d'entraînement en 100 jours appelé Programme d'entraînement initial.

POUR RAISON D'ÉTAT, CES AGENTS N'EXISTENT PAS

Cherub, ses personnages et son univers appartiennent à Robert Muchamore. L'histoire est à moi, ainsi que les Jumeaux Evans, Nora, Spencer, Arthur, Theo et quelques autres personnages qui apparaîtront plus tard.

Chapitre 1 : Le début d'une nouvelle vie

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La vie de Thea et Angus Williams bascula en 2008. Les deux enfants étaient jumeaux et avaient fêté leur dixième anniversaire deux mois plus tôt. Un soir, en rentrant de l'école, ils trouvèrent la porte d'entrée de la maison grande ouverte. Ce détail apparemment sans importance les inquiéta pourtant immédiatement, car leur mère, Hannah, fermait toujours la porte en allant travailler. Ils entrèrent et le silence pesant qui régnait les inquiéta d'autant plus que la maison n'était silencieuse que quand elle était vide. Ils avancèrent en essayant de faire le moins de bruit possible.

Lorsqu'ils entrèrent dans le salon, Angus attrapa la main de sa sœur et appuya sur l'interrupteur. La scène qui les attendait devait rester à jamais graver dans leur mémoire. Leur mère gisais sans vie, baignant dans une marre de sang.

Les jumeaux, sous le choc, reculèrent d'un pas en trébuchant. Ils étaient en état de choc devant la scène qu'ils avaient sous les yeux et aucun des deux n'eut le réflexe d'appeler la police. Ils avaient les jambes tremblantes.

Angus tomba à genoux, les bras ballants, rapidement suivi par sa sœur. Il l'entendit fondre en larmes et essaya de la réconforter, tout en s'efforçant de ne pas l'imiter. Quand il voulut se lever, les larmes aux yeux, pour prévenir la police, elle s'agrippa à lui et il repris sa position initiale. Il attendit que sa sœur se soit calmée, puis alla jusqu'au téléphone. Il composa le numéro d'urgence et répondit aux questions qu'on lui posait:

- A… Allô ?

- Allô ?

- Je… Je crois que… que ma… ma mère est… est m… morte. Angus fondit en larmes.

Une voix douce lui répondit:

- Calme toi, petit. Tu t'appelle comment ?

- An… Angus.

- D'accord Angus. Tu as quel âge ?

- 10 ans.

- Tu es seul ?

L'enfant secoua la tête, avant de se rappeler qu'il était au téléphone et répondit:

- N… Non. Ma sœur est avec moi.

- D'accord. Nous allons envoyer quelqu'un sur place, mais il me faut votre adresse.

- 1 325 prescott street, à Londres.

- D'accord. Merci Angus. Tu peux raccrocher.

Il s'exécuta et se tourna vers sa sœur:

- Quelqu'un va venir.

Thea sécha ses larmes et hocha la tête. Elle se réfugia alors dans les bras de son frère et tous deux attendirent.

Ce fut dans cette position que les trouva l'homme qui arriva quelques minutes plus tard.

Les heures qui suivirent leur parurent se dérouler comme dans un épais brouillard. Lorsqu'ils reprirent conscience de leur environnement, ils se trouvaient dans une petite chambre comportant, en tout et pour tout, un bureau, une armoire et deux lits : un lit simple, visiblement déjà occupé, et un lit superposé.

Un adulte vint les voir et leur apprit qu'ils se trouvaient a l'orphelinat St Thomas, à Londres. On leur fit visiter les lieux. Ils rencontrèrent certains pensionnaires mais celui qui retint leur attention fut un certain Jacob Morrow. Il avait de courts cheveux bruns coiffés en brosse, des yeux marrons et un air de fauteur de troubles. A la fin de la visite, ils furent emmenés au self ou on les mit à côté de Jacob. Leur repas fut silencieux. Ils n'osaient rien dire et leur voisin semblait perdu dans ses pensées. Ils regagnèrent leur chambre et eurent la surprise de découvrir qu'ils étaient dans la même chambre que leur voisin de repas. Ils se couchèrent en silence, encore sous le choc des événements de la journée.

Une routine s'installa rapidement. Ils se levaient, déjeunaient, puis allaient à l'école. Pour le coup, ils avaient eu de la chance : l'orphelinat étant proche de leur lieu d'instruction, ils n'eurent donc pas besoin d'en changer.

Deux mois s'écoulèrent, jusqu'au jour où ils furent convoqués par la psychologue de l'orphelinat, une certaine Jennifer Mitchum.

Ils patientèrent des heures dans un couloir sombre. Ils ne virent pas la psychologue arriver derrière eux dans le couloir, pas plus qu'ils ne la sentirent leur planter à chacun une seringue dans un bras, ni ne se rendirent compte qu'ils sombraient dans l'inconscience.

Lorsqu'ils se réveillèrent, sans savoir comment ils étaient arrivés là, ils étaient dans des chambres séparées, mais identiques. Chacune ne comportait que des murs sombres, un lit et une petite table de nuit sur laquelle reposaient des vêtement : un t-shirt orange imprimé d'un logo représentant un angelot coiffé d'un casque militaire, un arc à la main et des munitions autour de la taille, assis sur un globe terrestre portant l'inscription CHERUB, un pantalon de treillis comme ceux des militaires, des sous vêtements et une paire de rangers flambants neuves.

Ils s'engagèrent dans le couloir et virent, à travers une fenêtre, des jeunes qui pratiquaient différentes activités. Leur attention fut attirée par le fait qu'à part la couleur de leur T-shirt, leur tenue était identique à la leur.

Après avoir descendu un escalier, ils arrivèrent dans un parc, qu'ils traversèrent rapidement. Ils demandèrent plusieurs fois leur chemin mais obtinrent à chaque fois la même réponse - « Je ne dois pas parler aux oranges » - et on leur montrait du doigt l'endroit où ils devaient aller.

Ils finirent par arriver devant un grand bâtiment tout en pierres. Une fois à l'intérieur, ils arrivèrent devant un bureau, derrière lequel une jeune femme leur sourit. Angus, qui commençait à en avoir plus que marre qu'on leur disent toujours la même chose, implora:

- S'il vous plaît, ne nous dites pas que vous ne devez pas « parler aux oranges ».

Ce à quoi son interlocutrice répondit:

- Bonjour. Thea et Angus, c'est bien ça ?

- Euh… oui. Fut la réponse des jumeaux

- Allez dans la salle d'attente, Mme Asker devrait bientôt vous recevoir »

Ils s'installèrent sur deux sièges et n'eurent que quelques minutes à attendre avant qu'une jeune femme d'une trentaine d'années ne vienne les chercher. Ils la suivirent dans un bureau spacieux. Une fois qu'elle se fut assise, elle les invita à faire de même puis pris la parole :

- Vous devez vous demander où vous êtes ?

Les deux enfants acquiesçèrent. La jeune femme reprit la parole:

- Tout d'abord, bienvenue sur le Campus de CHERUB. Je m'appelle Zara Asker, je suis la directrice de cet établissement.

Thea intervint:

- Désolée de vous interrompre, mais cet endroit à l'air génial !

L'adulte reprit la parole:

- La particularité de cette organisation, c'est qu'elle n'emploie que des enfants. Et vous savez pourquoi ?

- Non

- Parce que les enfants sont des enfants et donc, des espions insoupçonnables. Pour que vous compreniez plus facilement, je vais vous raconter ce que mon prédécesseur disait aux recrues : Imaginez qu'un homme frappe à la porte d'une vieille dame et dise « aidez moi, je suis blessé ». La dame appelle une ambulance, mais reste méfiante et n'ouvre pas. Maintenant, imaginez que cette même vieille dame trouve devant sa porte un enfant en larmes et désespéré qui lui dise « c'est mon père, on à eu un accident, il ne bouge plus, je vous en supplie, aidez moi ». Cette fois, la femme ouvre grand sa porte et le père de l'enfant l'assomme et lui dérobe toute ses économies. C'est la qu'intervient CHERUB. Notre but, c'est de prendre les criminels à leur propre piège. Nos missions ne vous seront confiée que si nous jugeons qu'elles ne peuvent être accomplies par un adulte.

Elle se leva et ajouta:

- Maintenant, suivez moi, je vais vous faire visiter le campus.

Ils la suivirent et elle les fit monter dans une petite voiture qui ressemblait à une voiture de golf. Elle profita de la visite pour leur expliquer le fonctionnement de l'organisation et conclut par :

- Si vous réussissez les tests d'aptitude, vous serez totalement libres d'accepter ou non notre proposition. De même que vous serez libre de quitter l'organisation à tout moment. Êtes vous prêts à passer à la suite ? leur demanda-t-elle

- La suite ?

- Tests d'aptitude et examen médical.

Ils hochèrent simultanément la tête.

- Bien.

Ainsi, elle les conduisit au centre médical du campus. Un médecin Allemand aux cheveux grisonnants du nom de Kessler leur demanda de ne conserver que leurs sous vêtements, puis leur fit passer une radio complète et fit des prélèvements sanguins. Il leur assura que la biopsie était indolore et leur appliqua un tube pointu équipé d'un ressort qui leur préleva un minuscule fragment de muscle. Ils s'y plièrent sans rechigner.

- Bien. Vous avez été très courageux. Ces fibres seront examinées au microscope et les résultats nous permettront d'adapter votre formation en fonction de la composition de votre organisme. Nous aurons une idée de vos capacités physiques et pourrons ainsi doser la difficulté.

Il les invita à pénétrer dans une salle comportant deux tapis roulants ainsi que divers appareils permettant de mesurer l'acuité visuelle, les réflexes et la coordination. Ils passèrent toute une batterie de tests et finirent par une demi heure de course, masques à oxygène sur le visage et des électrodes sur le corps. Les machines étaient programmées pour s'adapter au niveau d'épuisement des recrues. Le Dr Kessler exigea d'eux qu'ils repoussent les limites de la douleur et n'actionnent le bouton d'arrêt d'urgence qu'en cas d'évanouissement imminent. Les tapis roulants ralentirent progressivement, au grand soulagement des jumeaux. Ils étaient essoufflés et en sueur. Ils eurent ensuite un examen dentaire, qui leur permit de se reposer. Leurs dents étaient parfait état. Après cela, ils retrouvèrent Zara dans la salle d'attente.

Une vingtaine de minutes plus tard, Kessler apporta les résultats.

- Vous êtes tous les deux en pleine forme et en parfaite santé.

Le médecin leur donna les résultats détaillés, puis Zara les emmena dans une salle de classe inoccupée du bâtiment principal afin de les soumettre à des tests d'évaluation scolaire. Pendant plus d'une heure et demi, ils firent des exercices en tout genre - mathématiques, anglais… -, répondirent à des questions de culture générale, passèrent des tests psychotechniques, puis eurent à faire une rédaction pour expliquer en quoi leurs qualités et défauts pourraient impacter leur travail en tant qu'agent. Le niveau était élevé, plus que ce dont ils avaient l'habitude et l'épuisement résultant des tests précédents n'aidait pas à leur concentration. Ensuite, Zara les ramena au réfectoire avant de s'enfermer dans son bureau pour étudier leurs copies.

L'après midi était déjà bien avancé et le réfectoire était presque vide, si ce n'étaient quelques retardataires vêtus d'un t-shirt rouge. les jumeaux discutèrent des événements récents. Ils pensaient tous deux avoir réussi les tests écrits, mais ne pouvaient être sûrs de rien avant d'avoir les résultats.

Zara vint finalement les voir et les accompagna dans son bureau. Elle s'assit et les invita à faire de même. Ils obéirent, légèrement inquiets à l'idée que seul l'un d'eux soit accepté. Ils avaient déjà pris leur décision. S'il s'avérait que l'un des deux avait échoué, l'autre refuserait la place qui lui serait proposée. Ils n'eurent heureusement pas à attendre longtemps, car la directrice prit rapidement la parole.

- Angus, Thea. Au vu des résultats de vos examens médicaux et de vos tests d'aptitude respectifs, je voudrais vous poser une question. Acceptez vous, oui où non, d'intégrer CHERUB ? Conclut-elle en souriant.

Les jumeaux se regardèrent et répondirent d'une même voix enthousiasmée:

- Oui !

La jeune femme s'absenta et revint quelques minutes plus tard avec deux t-shirt rouges emballés dans du plastique. Les jumeaux s'empressèrent de déchirer l'emballage et de remplacer leurs tee-shirt oranges par ceux que l'on venait de leur donner.

Zara repris ensuite la parole:

- Bien. Maintenant, comme vous n'avez plus d'existence officielle, il va vous falloir de nouveaux noms, mais il vous faudra garder un minimum de cohérence. Vous êtes tous deux blonds et vous avez les yeux bleus. Vous ne pouvez pas choisir un nom d'origine arabe. Vous pouvez garder vos prénoms, mais vous devez changer de nom de famille.

Angus demanda:

- On peut prendre le nom de nos grands parents ?

Après avoir réfléchi quelques secondes, Zara hocha la tête et ajouta:

- Vous pouvez. Mais c'est risqué, quelqu'un risquerait de vous reconnaître. En revanche, vous pouvez utiliser vos deuxièmes prénoms, si vous en avez.

- Et moi Thomas.

- Bien. Donc ce sera Hannah et Thomas. Et pour le nom de famille ?

Les jumeaux réfléchirent un moment puis Angus proposa:

- Pourquoi pas Evans ?

- Hannah et Thomas Evans. Ça vous va ?

Ils hochèrent la tête. Thea ajouta :

- Et on pourrait garder nos anciens prénoms comme deuxième prénoms.

Zara approuva et dit:

- Donc ce sera Hannah Thea et Thomas Angus Evans.

Les jumeaux acquiescèrent et Zara conclut l'entretien par:

- Bienvenue à CHERUB, Hannah et Thomas Evans.

Les jumeaux eurent un sourire éclatant. A la fin de cet entretien, Zara les emmena jusqu'au bâtiment junior et leur montra leur chambre, puis les laissa s'installer.

Avant de partir, elle ajouta:

- La prochaine session du programme d'entraînement initial commence dans 3 semaines.

Puis elle quitta la chambre.