- Allez allez posez le là !

Tentant de faire le moins de bruit possible, le groupe d'agents pénétra dans un hangar en partie épargné par la guerre et s'afféra dans un coin. Jordan et Jenny enfermèrent le Grand JD dans une pièce adjacente, ce dernier bâillonné ne cessait de remuer dans tous les sens, la rage faisant briller ses yeux jaunâtres.

Valentin lui repoussa Cyril, les mains liées dans le dos, d'un coup de pied et aida Maxime à se poser au sol. Le brun grimaça de douleur et se libéra enfin du baudrier qui retenait ses armes. D'une main tremblante il effleura la blessure qui suintait le long de son flanc. La lame de hyène n'avait heureusement pas fait trop de dégâts mais le perte de sang était impressionnante. Et sans soin il risquait l'infection.

- C'est bon on a enfermé le fada ! Annonça Jordan en tombant à genoux à côté du poids lourd de son escouade. Ca va Max ?

- Ouai...ça ira mieux quand on sera de retour dans le bureau ovale de Washington.

Derrière eux Valentin entrepris d'installer Cyril sur une chaise trouvée au hasard. Il lui attacha les jambes aux pieds du fauteuil, les mains toujours dans le dos et les épaules enserrées du reste de corde. A quelques mètres reposait le gilet par balle floqué Police.

- Maintenant qu'on en a deux on va pouvoir leur poser quelques questions sur la Dark Zone !

- Vous feriez mieux de soigner votre pote bande de naze !

Le visage de pâle de Maxime n'annonçait effectivement rien de bon mais le brun se redressa assez pour croiser le regard vert de la hyène. Jamais il ne montrait de signe de faiblesse devant son équipe, il n'allait pas commencer cette nuit-là.

Le duel de regard fut interrompu par des échanges de tirs à quelques mètres du hangar. Dehors d'autres agents de la Division tentaient de gagner du terrain sur les hyènes, en vain.

- Jordan, Jenny, allez montrer la garde autour du bâtiment. Ordonna le blessé. Il faut sécuriser notre emplacement jusqu'au lever du soleil, là on pourra appeler du renfort.

Jordan interrogea du regard Valentin, s'assurant qu'il arriverait à gérer les deux ennemis et Maxime ; mais ce dernier hocha la tête et le duo arma leur fusil avant de filer dans la nuit.

- Bon maintenant tu vas nous en dire un peu plus... il est où votre QG ? Questionna le grand, son pistolet effleurant la tempe du roux.

- Tu crois me faire peur... j'ai vu plus de choses horribles en quelques mois que toi dans toute ta vie. Je n'ai pas peur de la mort ! Hahahaha !

Le rire cynique de la bête glaça le sang de Maxime, la tête lui tournait de plus en plus, son regard se troublant dès qu'il tentait de bouger de sa position inconfortable.

- Vous savez on a beaucoup avancé dans la science... on a décuplé nos sens et notre force. Quelques gouttes et on peut sauver un homme au bord de la mort...

Ces derniers mots laissèrent un silence pesant entre les trois hommes. Maxime savait très bien à quoi jouait son ennemi mais il était trop faible pour riposter. Fermant les yeux quelques secondes il repensait à sa vie d'avant, sa secrétaire et ses cafés brûlants, son bureau de comptable avec la climatisation, il avait tout pour lui. Et maintenant il était là à se vider de son sang sur un sol en béton.

- Commence pas à dire n'import...

Mais Valentin ne put terminer sa phrase, de l'autre côté le Grand JD semblait avoir décuplé sa force pour tenter de défoncer la porte de sa prison. En signe d'avertissement le grand brun tira trois coups de chevrotine dans le mur avant de pénétrer dans la pièce d'un air menaçant.

Cyril et Maxime se retrouvèrent seuls, à quelques mètres l'un de l'autre. Ils pouvaient percevoir leur regard, se jugeant. Ils étaient tous les deux chefs, ils étaient là depuis le début de la guerre, ils savaient comment cela allait se terminer, mais étonnement Cyril aurait été déçu de voir son ennemi mourir sans que ce ne soit lui qui lui porte le dernier coup de grâce.

- Quel dommage que vous n'ayez pas réussi à vous échapper assez vite pour rentrer dans votre faction. Un blessé ralenti le groupe...

- Ce n'est pas la première nuit que l'on passe dans votre zone de fou, je ne m'inquiète pas.

- Même pas de mourir ? Susurra Cyril tel un serpent.

- Jamais devant toi.

Pourtant Maxime souffrait le martyr, il sentait ses chairs se putréfier sous sa chemise. Il n'osait même plus y apposer ses mains sales. Le bandage de fortune de Valentin était imbibé de sang, coulant le long de sa ceinture. Il lui fallait de l'aide et au plus vite.

- Tu sais dans la poche de mon gilet il y a une petite fiole, un liquide lumineux, sauveur. Il ne te suffirait de rien pour survivre. Devenir ma chienne...

Le chef de la Division lâcha un grognement de mécontentement, mais son regard ne put se retenir de glisser jusqu'au gilet abandonné à quelques mètres de lui. Son état ne lui permettait pas de se trainer jusque-là, mais avant un peu de force il y arriverait peut être, s'il était sûr d'y survire.

- On est bien chez nous... entre hyènes. Tuer pour le plaisir. Pas d'ordre, juste le chaos, la destruction total.

- J'ai prêté serment pour la Nation, tu ne me feras pas changer d'avis.

- Même pour vivre ?

Le souffle court Maxime ne répondit pas. Tout son corps le brûlait, il ne savait même plus où il était. Heureusement Valentin revint à ce moment-là, comprenant aisément que quelque chose n'allait pas. Rageusement il tira Cyril en arrière, l'éloignant du champ de vision de son camarde. La hyène se mis à rire.

- Tu ne pourras rien faire pour ton chef, il va crever dans ce hangar et ce sera de ta faute !

- Ta gueule ! Ta gueule où je te fais sauter la cervelle...ou du moins ce qu'il te reste.

Valentin à son tour fit tomber ses armes, il retira son sweat bleu marine et le roula en boule pour en faire un oreiller plus ou moins confortable. D'un geste doux mais autoritaire il amena Maxime à s'allonger, et souleva sa chemise pour voir l'étendue des dégâts. Contrairement à ce que ressentait le blessé les choses n'étaient si horribles. Il lui fallait des médicaments et des bandages propres mais les pores étaient encore beaux.

- Allez tiens le coup Max le soleil se lève bientôt.

- Mais peut-être qu'il ne va pas le voir ! Hahahaha !

Valentin failli se redresser pour faire taire une bonne fois pour toute la hyène de malheur, mais Maxime utilisa ses dernières forces pour l'en empêcher. Ils avaient besoin de Cyril pour obtenir des informations.

- Un chef n'abandonne jamais son équipe, ça ira...

Le blessé tentait de se convaincre, mais il sombra quelques secondes plus tard dans une inconscience réparatrice. Au moins il ne souffrait plus.

- Drone ! Drone !

Les cris de Jenny résonnèrent d'un coup dans le lieu vide, son duo arrivant en courant, largement distancé par un petit appareil volant. Ce dernier au logo de la Division analysa la situation, passant de Cyril à Maxime, défiant de son objectif le regard sombre de Valentin, redressé de toute sa hauteur.

- On détient deux hyènes importantes. On a besoin d'une aide médicale au plus vite.

Pour toute réponse le drone clignota et reparti de là où il venait.

Encerclant leur chef à terre, les trois agents rechargèrent leurs armes. Les renforts allaient arriver, mais de toute évidence cela allait aussi rameuter quelques hyènes, ils devaient être unis pour protéger Maxime.