to tickle the dragon's tail : expression anglaise signifiant littéralement "faire quelque chose qui rend une situation catastrophique".

note de l'auteur : Bonjour ! (: Bienvenue sur ce recueil Shin Soukoku, rédigé à l'occasion de la Shin Soukoku Week, qui se déroule du 05 au 11 mai ! J'espère que vous apprécierez ces quelques one-shots sur ce couple, un peu trop sous-representé à mon goût sur les fandoms français :(

disclaimer : Bungô Stray Dogs est complètement à Asagiri Kafuka ; tous les prompts de cette week ont été choisis par les modérateurs du tumblr officiel de la week que je tiens à remercier pour leur travail :')

Et joyeux anniversaire à Atsushi, le pauvre personnage principal éclipsé par Dazai et malmené par Akutagawa !


O1 – TICKLE THE DRAGON'S TAIL


Affalé sur une table de l'Agence, deux jours après être rentré d'une mission, Atsushi ressemblait plus à un cadavre empaillé qu'à un jeune homme de dix-huit ans.

« Et bien et bien, Atsushi, résonna la voix taquine de Dazai, tu tires au flanc ?

...

Laisse tomber, Dazai, intervint Kunikida. Il ne parle pas depuis ce matin. Quand je suis arrivé, il était déjà dans cet état. » Le brun eut un sourire moqueur.

« La nuit a été fatigante ? »

Curieusement, alors qu'il espérait voir les joues du gris se colorer d'un joli rouge, le seul spectacle qu'il put admirer vu celui d'un Atsushi qui tentait de plus en plus de se fondre avec la table en bois en murmurant quelque chose d'incompréhensible.

« Au contraire ? C'est le manque qui te met dans cet état ? » Nouveaux murmures incompréhensibles.

« Je ne pense pas que tes sous-entendus douteux améliorent la chose, commenta Kunikida.

Il semble que non... Mais au moins je sais où est le problème !

Vraiment ?

Regarde. » Le brun se pencha vers son subordonné. « Je parie que tout ça à un lien avec ce cher Akutagawa non ? »

La confirmation ne se fit pas attendre : le gris se liquéfia instantanément.

« Tu vois ! Et si ce n'est pas un problème lié à leurs activités nocturnes, c'est qu'il s'agit d'une dispute ! Alors dis-moi, Atsushi, qu'est-ce qu'il a encore fait ? »

Le susnommé se releva pour la première fois depuis le début de la conversation et protesta :

« Rien du tout ! » La vitesse à laquelle il défendit son petit ami eut pour effet de faire sourire le brun qui tenta quand même de rester sérieux.

« Alors c'est toi le fautif ? »

Atsushi se laissa retomber sur la table en marmonant de nouveaux mots inintelligibles.

« Je prends ça pour un oui !

Tu devrais rester en dehors de tout ça, Dazai, intervint Kunikida. C'est personnel.

Maiiiiis Kunikida... On n'a pas de travail, il faut bien qu'on s'occupe ! Et je suis très curieux de savoir ce que ce cher Atsushi a bien pu faire pour fâcher Akutagawa. »

Le principal concerné releva la tête avec une moue boudeuse.

« Ce n'est pas de ma faute directement...

Ah oui ?

Comment j'étais supposé deviner qu'elle allait m'embrasser ? »

L'argenté avait élevé la voix, si bien que Akiko et Fukuzawa passèrent la tête hors de leurs bureaux respectifs avec curiosité. Dazai et Kunikida fixèrent le jeune homme avec intérêt.

« Hoho, nous avons là un adultère ? demanda Dazai avec un grand sourire amusé.

Non ! C'est elle qui m'a embrassé !

Qui est « elle » ? intervint Kunikida.

La fille de notre précédent client qu'Atsushi a dû protéger, répondit le brun comme s'il était concerné. Je dois avouer que je ne suis pas surpris, ricana-t-il ensuite. C'était prévisible.

Ça ne l'était pas !

Bien sûr que si ! Comment une jeune fille pure de dix-sept ans aurait pû résister au charme d'un jeune détective de dix-huit ans ? Tu aurais dû t'en douter ! »

Atsushi soupira d'agacement tandis que Kunikida assénait un coup de poing sur la tête de Dazai pour le calmer un petit pei.

« La seule chose dont je pouvais me douter, c'était que Ryunosuke allait être jaloux ! se défendit le gris. C'est la raison pour laquelle je ne lui ai pas dit la nature de ma mission !

Tu as vraiment joué avec le feu donc, résuma Kunikida. Accepter une mission de protection d'une jeune femme sans en informer son partenaire, c'est risqué.

Comment je pouvais deviner que la mafia se trouverait dans le coin ?

La mafia est forcément non loin de son territoire. Le bâtiment en est en dehors mais ils devaient vérifier les alentours. »

Atsushi soupira devant la logique implacable de Dazai. Il savait qu'il avait lui-même provoqué la situation catastrophique dans laquelle il se trouvait mais il estimait quand même avoir joui d'une exceptionnelle malchance. Et maintenant, son petit ami refusait cordialement de lui adresser la parole. Il n'avait pas rompu – heureusement – mais le jeune détective savait qu'il allait devoir assurer pour se rattraper.

.::.

C'était la raison pour laquelle il était actuellement planté devant l'appartement d'Akutagawa, attendant que ce dernier daigne lui ouvrir. Il avait sonné approximativement six fois à la porte et retentait toutes les minutes environ. Selon ses calculs, cela prendrait encore quelques minutes avant que son petit ami ne cède et ne lui ouvre la porte. Il n'avait aucune patience, et même s'il essayait de tout son cœur de ne pas craquer, il finirait par laisser parler son exaspération.

Finalement, Akutagawa céda au bout de neuf minutes et treize secondes d'après sa montre. Il ouvrit la porte brutalement et jeta un regard noir à son petit ami qui lui faisait face avec un sourire angélique. Avec l'aide de Rashômon, il agrippa le détective et le ramena en bas de l'immeuble où il résidait, sans violence cependant (ce qui était une bonne chose, il ne devait pas être si énervé que ça).

Atsushi revint cependant à la charge et il ne lui fallut cette fois que trois minutes pour le refaire craquer.

« Arrête de sonner à ma porte ! râla le mafieux avec son habituel air agacé.

Tu n'a qu'à m'ouvrir la porte pour que j'arrête, ce n'est pas une grande épreuve ! » Le noir roula des yeux.

« Qu'est-ce que tu veux ? finit-il par lâcher.

Je viens m'excuser ! » Le jeune homme eut un petit sourire contrit. « Je n'aurais pas dû te cacher la nature de la mission que je devais effectuer. Mais je savais que tu serais jaloux.

...

Et je t'assure que ce baiser ne voulait rien dire. Elle m'a embrassé mais je l'ai repoussée. »

Akutagawa le fixait toujours d'un air blasé mais Atsushi savait que ses mots arrivaient jusqu'à son cerveau et son cœur. De toute façon, il avait encore sa technique infaillible en réserve

« Tu sais que je n'aime que toi en plus. » asséna-t-il avec un grand sourire angélique.

Avec ça, il était sûr que son petit ami ne bouderait pas plus longtemps. Il évitait au maximum d'utiliser cette technique (lâche) et la gardait en réserve pour les cas de haute importance. Comme celui-ci. Ryunosuke soupira, roula à nouveau les yeux mais ouvrit un peu plus largement la porte de son appartement pour le laisser rentrer.

Atsushi s'exécuta avec un léger rire, et déposa en passant un baiser sur les lèvres de son petit ami. Le malentendu était dissipé, pour cette fois.