Notre mort artificielle

Résumé :

Le jour où Harry fait une descente dans le dernier repère de Mangemorts, en quête du Prince des Serpentards, Draco Malfoy, il ne s'attend pas à découvrir le destin terrible qui a touché sa némésis qui est aux portes de la mort. Quel secret cache-t-il qu'il va devoir affronter pour sauver ce garçon déchu ? Relation vampire-calice/abus. Se passe deux ans après la dernière guerre.

Dessinatrice :

L'incroyable auteure EpsilonSnape qui a eu l'incroyable gentillesse de bien vouloir passer sur ma fic pour dessiner ce chef d'œuvre qui illustre Notre Mort Artificielle.

Message de LessaWatberg : Ça faisait un moment que passionnée d'histoires de calices, j'hésitais à me lancer dans l'écriture d'une fic liant Draco et Harry. Mais qui dit nouvelle fic dit nouvelle peur de décevoir mon cher public, alors c'est avec beaucoup d'impatience que j'attends de vous lire, de recueillir vos avis, remarques, suggestions en reviews

Au plaisir de vous lire, enjoy ! Lessa pour vous servir !

Petit disclaimer habituel : Les personnages ne nous appartiennent pas, mais sont l'oeuvre de notre Déesse J.K.R. On ne touche aucune rémunération ou quelconque bénéfice que ce soit pour cette fic, juste le plaisir de vous faire plaisir !

Warning : scènes de viol et violence, dans cette fic ! Que les âmes sensibles ou les mineurs passent leur chemin, je vous rappelle que cette fic est de rating M et ce n'est pas pour rien !


Chapitre 1 : Etrangers.

Comme depuis deux ans maintenant, Harry Potter commençait sa journée par sa traditionnelle potion qui lui servait de petit-déjeuner.

Celle qu'il devait avaler quotidiennement sous peine de… non il préféra ne même pas y penser.

Le soleil n'était pas encore assez haut dans le ciel pour se remplir la tête d'idées noires et y remplacer le travail les joncheruines.

Il l'avala sans plus de grimaces, vu il y a longtemps maintenant avec celui qui lui la préparait comment faire pour lui donner un goût moins prononcé.

Celui-ci avait travaillé sur ce problème et lui prévoyait maintenant des doses quotidiennes qu'il lui amenait une fois par semaine.

Qui mettait au point cette potion ? Mais évidemment celui qui fut durant sa scolarité son terrible maître de potion. Il était devenu au fil du temps, non pas un ami, mais au moins une bonne connaissance d'Harry.

La fin de la guerre, les conséquences de celle-ci, le véritable rôle de Severus Rogue, tout avait permis un rapprochement entre ces deux-là.

Leurs rapports s'étaient assez améliorés de sorte que le maître des potions ait accepté de mettre au point, contre rémunération pour le travail, une potion venant améliorer la vie du Golden Boy, en la rendant la plus normale possible étant donné le changement qui s'était opéré en lui.

En effet, en plus de cicatrices et de traumatismes la dernière guerre avait laissé une trace indélébile chez Harry Potter qui pouvait maintenant se revendiquer comme créature magique, en ayant été transformé en vampire lors d'une morsure de l'un d'eux du côté de feu-Voldemort.

Heureusement, peu de personnes de son entourage connaissaient son secret, et cela lui avait évité d'être sous le feu des projecteurs et à la une des journaux, lui qui n'aspirait qu'à retrouver une vie banale et simple après avoir débarrassé le monde sorcier du plus grand mage noir de tous les temps.

Cette transformation avait bouleversé son quotidien, chasse après des bêtes sauvages pour se nourrir, pupilles rouges et autres désagréments jusqu'à ce qu'un talentueux maître de potion, Severus Rogue, établisse une potion permettant à l'élu de vivre de la façon sorcière la plus traditionnelle possible.

Depuis plus d'un an maintenant, Harry Potter, devenu Auror, pouvait à nouveau manger, dormir, ressentir le chaud et le froid, en avalant deux fois par jour ce qui ressemblait à de l'hémoglobine fraîche sans en contenir une seule molécule.

Harry était donc plutôt content de son sort, qui n'avait plus rien d'une malédiction grâce à, il l'admettait désormais facilement, Severus Rogue.

Alors qu'il allait quitter son appartement dans Londres, proche du ministère de la magie qu'il s'était vu offrir par le Ministre de la Magie pour service rendu à l'humanité en transformant le terrible mage noir en cendres, il se dit qu'une deuxième potion ne lui ferait pas de mal.

Il rentrerait certainement tard ce soir.

Les Aurors travaillaient sur la traque des derniers partisans de "Vold-est-mort" comme l'aimait l'appeler maintenant Harry, non sans son humour noir typique, et il voulait être au top de sa forme pour la rafle à laquelle lui et son meilleur ami Ronald Weasley allaient participer, lui en tant que chef des Aurors et son ami comme équipier.

Il avala donc une seconde potion, ressentant avec plaisir les effets de celle-ci et quitta son appartement, appréciant de parcourir à pied les 300 mètres qui le séparaient de son lieu de travail.

Début juillet offrait de merveilleuses températures, et rendait les gens moins tendus, profitant d'une chaleur douce relative à la saison.

Arrivé sur place, il trouva dans son bureau Ron et deux collègues relisant les documents pour l'action de ce soir.

Il regarda un instant son ami, remarquant les traits matures qui formaient désormais son visage, sa carrure sportive acquise par ses diverses formations d'Auror mais surtout par sa pratique à titre amateur dans une équipe de Quidditch locale, et ses cernes qui trahissaient son manque certain de sommeil, la faute au temps qu'il passait sur cette mission, délaissant épouse et loisirs depuis trop longtemps maintenant.

Ce n'était guère étonnant...

Ils étaient tous à cran, à la recherche DU plus grand Mangemort encore en fuite et espéraient tous faire bonne pêche enfin ce soir après deux ans de recherches infructueuses.

Depuis la fin de la guerre, Draco Malefoy, fils du bras droit de tas-de-cendres était introuvable...

Et ils étaient loin de se douter du véritable destin que la vie avait réservé à celui qui aimait se prétendre, du temps de Poudlard, Prince des Serpentards...

Quand ils arrivèrent ce soir-là, il était dix-neuf heures, dans ce quartier miteux où leurs recherches les avaient menés, bien loin de Londres, dans un petit village dans le Nord de l'Ecosse.

Les trois Aurors étaient à cran, Harry, Ron, et Lucas, l'une des dernières recrues engagées mais le plus doué, qu'Harry avait désigné pour participer à la mission car il avait toute confiance en lui pour la réussite de cette rafle.

Il faisait bon, c'était l'été, et tous étouffaient dans leur tenue d'assaut, composée de protections et de gilets pare-sorts, imaginés d'après les meilleurs tenues militaires moldues et ensorcelées pour résister aux trois impardonnables.

Harry et Hermione qui avaient travaillé sur ces tenues en étaient particulièrement fiers. Cela rendait le travail d'Auror bien moins dangereux, trop de morts avaient dû être comptés pendant la dernière guerre, et il était pour tous hors de question de mettre la vie de sorciers encore en danger. C'est pourquoi le Ministère avait accepté sans sourciller cette proposition d'uniformes, finançant de ses deniers les tenues de tous les Aurors qui auparavant devaient s'habiller de leur propre pécule.

Ils s'approchèrent en silence, leurs indics leurs avaient confirmé que les ex-Mangemorts et toujours partisans de Feu-Voldy devaient être dans cette cachette, établie depuis le règne du Mage Noir dans ses débuts, comme ultime repli.

La brigade la surveillait depuis un moment déjà, depuis qu'il y a trois mois ils avaient enfin situé leur cachette.

La maison située du côté sorcier du village abritait cinq Mangemorts qui allaient et venaient au gré de leurs délits.

A cette idée, un frisson s'empara d'Harry, il le savait, deux ans après, il touchait enfin au but.

Ils avaient réuni assez de preuves pour les faire enfermer.

Il n'y avait plus qu'à les cueillir.

Qui sont les indics, me demandez-vous ? Oh trois fois rien que des Mangemorts condamnés à vie à Azkaban espérant que leur collaboration avec le ministère de la magie leur octroie sinon la liberté au moins de meilleures conditions de vie dans leur détention.

Vu de l'extérieur la maison ressemblait à ce qu'elle était : un trou à rat, un taudis.

Celle-ci se trouvait dans un piteux état…

A un point tel que les trois hommes se demandaient comment ne s'était déjà-t-elle pas écroulée ?

Les murs de la résidence avaient été noircis par un incendie et des déchets en tout genre jonchaient le sol sur ce qui devait autrefois être une terrasse agréable à vivre.

Le corps collé contre le mur de la maison, Harry regarda par la fenêtre si l'entrée était dégagée : R.A.S.

Le silence qui régnait était inquiétant, et il était pressé d'intégrer les lieux pour vérifier la présence de ces derniers suppôts de Satan.

Il fit signe à ses deux collègues d'entrer.

Ron murmura doucement "Alohomora" tandis que Lucas et Harry, leurs baguettes tirées et tous leurs muscles tendus, retenaient leurs souffles.

La porte s'ouvrit dans un grincement lugubre, sur lequel par réflexe Ron jeta instantanément un « Silencio » pour ne rien révéler de leur présence.

Elle révéla un couloir sombre et insalubre, des bouteilles d'alcool vides éparpillées sur le sol tenaient lieu de décoration.

Un relent d'odeur de vieille urine leurs monta immédiatement au nez leur tirant une grimace de dégoût. Mais ce n'était pas une simple odeur qui allait empêcher trois Aurors brillants de ne pas mener à bien leur mission.

Ron, tenant fermement sa baguette devant lui, entra en éclaireur suivi de près par les deux autres Aurors.

Sur la gauche, une pièce qui devait être une cuisine avant, était transformée en laboratoire de potion sommaire.

De dos un homme remuait un chaudron d'où émanait une fumée épaisse de couleur bordeaux.

L'odeur de l'anis emplissait la pièce, potion de confusion d'un niveau avancé, comprit rapidement Harry…

Bon sang mais que fabriquaient-ils ici ?

Heureusement pour eux, l'homme ne semblait pas les avoir entendus. Ron se précipita derrière lui dans un silence de félin, acquis par des années d'expérience au Quidditch et par sa formation d'Auror.

Il colla sa baguette sur le dos de l'homme et murmura :« Stupefix » et il attira l'homme contre lui pour accompagner sa chute.

Et déjà d'un, facile, il lança en signe victorieux un clin d'œil encourageant à son meilleur ami, qui lui répondit par un rapide sourire avant de reprendre son air fermé et concentré.

Le mangemort tomba sans un bruit et Ron fit signe à Harry et Lucas pour leur dire de continuer.

Ils lui répondirent d'un hochement de tête et ils allèrent examiner la pièce d'en face qui se trouvait être un salon.

Dans le canapé deux hommes, tous les deux semblaient saouls ou défoncés, l'un d'eux avaient les manches relevés et sur son bras gauche apparaissait une marque en forme de crâne d'où sortait par la bouche un serpent, elle paraissait décolorée, comme si ce qui l'animait auparavant, était mort, et pour cause pensa avec férocité Harry.

Décidément ils leur rendaient la tâche très simple.

Lucas et Harry les stupéfixèrent sans problème.

Ok plus que deux si leurs informations étaient bonnes, peut-être trois si leur espoir de fou leur donnait le Prince des Serpents…

De tous leurs indics personne n'avait su dire ce qu'il avait pu devenir, mais tous s'accordaient sur un point, s'il n'était pas là, ils ne voyaient pas où il pourrait être d'autre, commandant certainement à distance de Londres les quelques attaques dirigées encore contre les moldus et enfants de moldus élèves à Poudlard…

Harry le voulait, Malefoy devait forcément être là, à l'étage…

Cette idée excita le survivant qui prit la tête du groupe pour monter l'escalier qui se trouvait au fond de l'entrée. Mais avant, il jeta dessus un sort de silence, pour prévenir les éventuels grincements de bois sous leurs pas.

Arrivé en haut de l'escalier Harry sentit quelque chose de mou sous son pied.

Une capote usagée, et ce n'était pas la seule. Il se retourna pour faire une grimace à Ron qui la lui rendit.

« Dégueu » articula-t-il sans un bruit.

Décidément, en plus de point de ralliement, cet endroit devait être une véritable garçonnière, pensèrent-ils tous, en découvrant les immondices jonchant le sol.

L'escalier finissait sur un couloir partant sur la droite, toujours décoré dans une charmante ambiance "squatte de toxicomanes".

Trois pièces, parfait.

Harry fit signe à Lucas et Ron de prendre chacun une pièce.

Ils acquiescèrent en silence, et renforcèrent la prise sur leur baguette respective.

Lui se dirigea vers la dernière, celle la plus au fond du couloir.

Des gémissements étouffés lui parvinrent à travers la porte, lui tirant un froncement intrigué de sourcils.

Un énorme cadenas décorait celle-ci et une trappe avait était aménagé sur sa base, probablement pour passer quelque chose à travers, peut-être de la nourriture, bien qu'il n'en vît pas véritablement l'intérêt.

Il posa doucement une main sur la porte, elle n'était pas verrouillée. Il la poussa doucement essayant de faire le moins de bruit possible.

La pièce était une chambre miteuse dégoulinante de saleté, elle était seulement meublée d'une commode et d'un vieux matelas jeté par terre, dessus deux personnes étaient en train de s'activer, nus.

Choqué, Harry réalisa doucement que les anciens Mangemorts s'adonnaient à une séance de baise, intense...

Harry, de là où il était, ne pouvait voir que l'homme du dessus qui poussait des gémissements rauques, son pantalon sur les chevilles.

Il s'approcha doucement et murmura :

-"Stupefix."

L'homme tomba sur son partenaire dans un bruit sourd, sans que le deuxième homme ne réagisse.

Comme Harry ne pouvait pas stupéfixer l'autre personne, il déclina son identité :

-"Auror Potter ! Levez les mains, mettez-les en vue, tout de suite ! »

Aucune réponse. Aucune réaction.

Il s'agaça, et répéta son ordre.

Toujours rien, et merde...

Harry s'approcha le plus lentement possible sa baguette tendue.

Il poussa d'un coup de pied l'homme stupéfixé qui roula sans peine de l'autre côté du matelas, vif, prêt à maîtriser le deuxième individu.

La personne en dessous était allongé sur le ventre, c'était un homme nu, maigre, aux cheveux blond, longs et sales, ensanglantés par endroits, et noirs de saletés par d'autres, son corps était couvert de blessures plus ou moins anciennes, de bleus de toute les nuances possibles, et d'entailles infectées.

Il paraissait mort.

Harry préféra ignorer son instinct de vampire attiré par le sang, et plissant les yeux, essaya de repérer un piège éventuel, en observant bien, la respiration lente lui indiqua que très probablement, la personne semblait inconsciente.

Il s'accroupit, sa baguette pointée sur ce qui paraissait être une victime, ses mains abandonnées le long de son corps ne tenaient pas de baguette :

-"Monsieur est-ce que vous m'entendez ?" tenta-t-il d'une voix peu assurée, pas préparé à ce genre de spectacle.

Il secoua son épaule.

Rien.

Il prit alors avec précaution le poignet fin entre ses doigts :

Le pouls très faible.

-"Merde." jura-t-il entre ses dents, et il retourna avec précaution le corps meurtri.

Rien n'aurait pu le préparer à ce qu'il allait voir. Jamais. Ni les formations d'Auror, ni l'expérience, ni la vie, pas même le plus fou des espoirs.

Le garçon violenté était Draco Malfoy, ou du moins ce qu'il en restait.