Bonjour à tous et toutes
Je vous souhaite un agréable week-end.
Voici le nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira.
Je voulais remercier infiniment, tant mes lecteurs que mes revieweurs, vous êtes d'une motivation sans égal.
Bonne lecture !


Chapitre 28

Severus et Harry s'étaient lancés dans des échanges légers, divers et variés, une discussion, en somme à propos de tout et de rien, au début, pour laisser le temps à Draco de se détendre, de se préparer aux sujets lourds qu'ils allaient aborder, mais quand Severus le pensa prêt, il ramena le sujet sur la raison principale de sa venue. Harry le regardait, avec cette pointe de nervosité qui transpirait chez lui, étonnant l'homme d'âge mûr, le rendant encore plus certain qu'un évènement grave s'était joué et qu'il devait maintenant réussir à réconcilier le vampire et le calice, à remettre ce lien de confiance qui avait fondu, la veille.

- Draco, tu comprends qu'Harry s'inquiète pour toi ? demanda-t-il finalement, après qu'Harry ait resservi tout le monde en boisson.

Un silence tendu s'installa, et le calice avait les yeux fermés, il semblait si loin d'eux en ce moment précis, que Severus se demanda s'il ne devait pas répéter sa question. Mais bientôt, Draco se tortilla sur sa chaise, puis finalement, il répondit :

- Je comprends, puis au bout d'un instant il ajouta, je comprenais plus facilement avant que tout ça n'arrive.

- Tu as tout initié entre nous, Draco, tu es venu t'assoir sur moi, sans gêne, sans honte, tu m'as présenté ton cou, et on s'est embrassés quand tu en as eu envie, je ne t'ai forcé à rien, intervint Harry qui remarquait que les joues de son calice rougissaient doucement à ses mots, alors, si on a pu avoir des actes, aussi intimes, comment cela se fait que tu ne pouvais pas t'ouvrir à moi pour les choses les plus importantes qui te touchent ? Ne penses-tu pas que j'aurais été ravi de t'aider et que c'est dans ce sens que je t'y ai poussé ?

Harry eut le plaisir de voir les joues de son calice revêtir un teint tomate trop mûre et laissa échapper un petit rire.

- Enfin, s'amusa-t-il, tu n'as pas à rougir de ce que nous avons vécu, de ce que nous avons construit, bien au contraire.

- Facile à dire pour toi… Tu as le beau rôle là-dedans, grogna Draco qui n'avait toujours pas ouvert les yeux.

Harry l'étudia, d'un regard rubis intense. Il était vrai qu'ils n'étaient pas encore revenus sur certains sujets, mais ce que venait de dire Draco l'interpella. Peut-être devait-il laisser ça de côté, le temps que Draco comprenne plus facilement les fameux rôles dont il parlait sans savoir.

- Justement, puisque c'est toi qui parles de ça, Draco, j'ai peut-être quelque chose qui pourrait t'aider à y voir plus clair. J'ai pensé que tu pourrais t'en passer, que nous apprendrions ensemble, mais au vu de ce que nous venons de vivre, je pense que c'est désormais plus que nécessaire, parla la voix rauque qui se tourna vers l'expert en potions, Severus, auriez-vous amené ce que je vous ai demandé dans mon courrier ?

L'homme fit oui de la tête et se leva, avec sa prestance dont il était naturellement doté, il retourna dans le salon, sous l'œil intrigué de Draco qui ne le quitta pas du regard. Il revint à peine quelques secondes plus tard, après s'être penché sur sa sacoche en cuir. Sous le bras, un large livre, à la reliure en cuir foncé, abîmée. Quand il contourna la chaise de Draco, il le glissa devant lui. La couverture ne contenait pas de titre, elle était juste craquelée, comme si le cuir n'avait pas souvent vu la lumière du jour.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Draco en n'osant pas toucher l'ouvrage.

- Quand je me suis réveillé de ma malédiction, c'est Severus qui m'a aidé, j'ai longtemps refusé, lutté contre ma condition. Pour m'aider à comprendre ce qui m'arrivait, Severus m'a confié cet ouvrage, il était dans la maison d'un ancien Mangemort, arrêté depuis et tout a été perquisitionné, mais pendant l'attaque, Severus m'a vu être mordu, il est allé le récupérer avant que le Ministère ne mette la main dessus. Il y a tout un passage sur les calices et leur lien qui les unit à leur vampire. Quand j'ai écrit à Severus tout à l'heure, je lui ai demandé s'il pouvait le ramener, j'ai pensé que tu aimerais peut-être y jeter un œil, expliqua Harry avec douceur.

- Et si tu as des questions, j'imagine que je pourrai y répondre, même si c'est maintenant Harry le véritable spécialiste, n'hésite pas à te tourner vers nous, d'accord ? compléta Severus

- Tu comprendras vite si tu lis ce livre, que la relation vampire-calice ne se résume pas à la morsure, mais encore moins à cette relation où tu me servirais simplement de nourriture, tu comprendras qu'il n'y a pas de bon ou de mauvais rôle… expliqua avec toute la douceur dont il était capable Harry.

- Si tu veux, proposa Severus, tu peux aller lire dans le salon, je dois parler à Harry, tu trouveras le sommaire dans la page de garde, je crois que le passage qui aborde les calices se situe…

- Au chapitre douze, compléta Harry, il l'avait tellement lu, qu'il le connaissait par cœur. Tu y trouveras je pense la plupart de tes réponses.

En douceur, Draco se leva, le livre entre ses mains tremblantes. Bienheureux d'échapper à un questionnaire auquel il n'avait pas spécialement envie de poser des réponses dessus, et intrigué par le contenu d'un livre qui semblait si sacré aux yeux de son vampire.

- Et referme la baie vitrée, s'il te plaît, Draco, lui demanda son parrain.

Le jeune homme s'exécuta après un bref mouvement de tête et quelques secondes plus tard, Harry et lui se retrouvèrent seuls. Severus avait hâte de percer les mystères et secrets de son filleul, mais les premières révélations qui lui avaient été faites lui donnaient prioritairement l'envie de remettre à sa place un vampire un peu trop impulsif.

- Je peux savoir ce qu'il vous a pris ? s'énerva-t-il aussitôt.

- Oh s'il vous plaît ! Ne me jouez pas cette carte ! Vous avez entendu ce qu'il s'est passé !

- Ce que j'ai surtout entendu, c'est que vous, le dominant, le vampire, vous avez perdu le contrôle ! et vous avez mordu votre calice de force. Vous auriez sérieusement pu le blesser !

- Jcroaistropactetheori, marmonna Harry

- Quoi ? voulez-vous bien être audible s'il vous plaît ? demanda Severus en croisant les bras sur sa poitrine.

- J'ai dit que je ne croyais pas trop en cette théorie ! répéta Harry un peu plus fort.

- Ho, souffla Severus qui s'exhortait à rester calme, vous ne croyiez pas en une théorie, et c'est pour ça que vous avez souhaitez la tester, demanda-t-il sur un ton plein de cynisme.

- Oh voyons, s'emporta Harry, vous savez que ce n'est pas ça du tout. J'ai perdu le contrôle à cause des mots de Draco, et croyez-bien que je le regrette.

- J'espère bien ! Vous êtes son dominant, vous êtes là pour le protéger !

- Je sais !

- Non, apparemment vous ne savez pas, en prenant Draco comme calice vous avez lié vos âmes. Si vous le faites souffrir, il souffrira à la hauteur de la force de votre lien. C'est-à-dire beaucoup trop. Un vampire en colère qui utilise la morsure comme punition doit le faire avec parcimonie, pour une bonne raison, pas pour un simple coup de tête.

Mais Severus s'interrompit dans son discours. Ses mots avaient affecté son ancien élève. Les yeux baissés, sévères et fermés prouvaient combien sa culpabilité. Il avait changé, Severus l'observa un instant, même dans sa posture, comme si le vampire et sa fierté avaient peu à peu imprégné l'être humain, comme s'ils étaient entrés en phase.

- Je regrette, sincèrement, articula peu après Harry, croyez-bien que je m'en veux.

Il baissa la tête, étrange, se dit Severus.

- Un vampire ne se soumet pas, releva-t-il, un sourcil haussé, témoignant de son étonnement.

- Hé bien peut-être que je ne suis pas un vampire ordinaire, hein, après tout ! Je sais juste que je n'ai pas voulu blesser Draco par mon geste, j'ai juste essayé de le ramener à la réalité par le seul geste fort que je connaisse, à savoir la morsure. Et je n'ai pas à me justifier auprès de vous. Même si les conséquences ont été fâcheuses, je faisais ça pour son bien. Il fallait qu'il cesse de dire ces atrocités sur lui et il ne m'écoutait plus. Il avait perdu le contrôle de lui. Je regrette ce qu'il s'est passé, amèrement, croyez-moi ou pas, c'est pareil pour moi.

Severus sursauta, il venait de se confronter directement au vampire, qui avait revêtu des yeux couleur rubis pendant qu'il parlait. Aussi, il se tranquillisa. Il avait vu juste.

- Il ne vous en voudra pas bien longtemps, tempéra finalement Severus qui constatait bien l'honnêteté non seulement d'Harry mais aussi et surtout du vampire, ce qui fit fondre sa colère, et si vous avez eu accès à ses souvenirs, c'est que vous partiez bien dans une volonté de morsure nutritive, pas de punition. Quand il aura fini sa lecture, il comprendra mieux j'en suis certain.

Harry hocha vaguement la tête.

- Mais je vous préviens, ne vous amusez pas à punir Draco pour un oui ou pour un non, déjà à cause de la douleur que cela inflige au calice, et deuxièmement, parce qu'il vous faudra affronter par la suite ma colère, si j'estime que votre réaction n'était pas légitime.

- Severus, articula d'une voix lente le vampire en posant ses deux coudes sur la table avant de poser son menton dans ses mains, que vous vouliez protéger Draco, je le comprends, mais n'allez pas trop loin dans vos paroles, qui sonnent étrangement à mes oreilles comme une menace. La créature que je suis pourrait… disons, ne pas l'apprécier, si c'était le cas.

Sur un ton tout aussi mielleux, Severus lui répondit :

- Je parle à Harry là, assurez-vous de faire comprendre au vampire qu'il ne s'agit pas de menace, mais d'une simple recommandation.

Allongé dans le canapé, une jambe croisée sur l'autre, Draco savourait sa chance d'échapper, pour le moment à son interrogatoire. Il était heureux de voir Severus, même s'il redoutait les réponses que son parrain allait être en droit de demander.

Il avait commencé à étudier le livre, la plupart des chapitres contenait uniquement des récits, certaines pages, rares, étaient illustrées, de schémas et autres dessins représentant notamment le mode de vie du vampire. Des cadavres d'animaux jonchaient le chapitre consacré à l'alimentation du vampire. L'ouvrage était gros, contenant pas moins de cinq cents pages, et le chapitre consacré au calice, le douzième, était l'avant-dernier. Le dernier, Draco avait eut la curiosité d'aller lire le sommaire, abordait quelque chose qu'il n'était pas sûr de vouloir lire, à savoir « comment un vampire peut-il mourir ».

Il n'avait pas manqué de voir, au fil de sa lecture rapide, que certaines pages avaient été cornées, comme si son vampire avait désiré en marquer certaines comme pour y revenir. Peut-être qu'un jour il lui demanderait plus d'explications quant à celles-ci. Quand leur relation sera revenue au beau fixe. Draco soupira. Comme il souhaitait que ces dernières vingt-quatre heures n'aient pas existées… Il ne se souvenait pas de tout, mais la fureur de son vampire, il n'avait pas pu l'oublier.

Ses doigts tournèrent les pages, plus ou moins intéressé par ce qu'il lisait, il faisait défiler les chapitres, jusqu'à tomber sur une grande page, vide de tout mot sauf un seul, en son milieu, écrit en lettre rouge, brillante, peut-être trop pour l'état de ce livre. Le mot « Calice » trônait au milieu d'un halo qui imitait une auréole blanche, tirant sur le doré aux abords des coins. Faisant déglutir Draco. Il y était, enfin.

Sa lecture lui prit plus d'une heure de temps, qu'il ne vit pas passer. Contrairement à ce qu'il pensait y lire, il fut surpris de noter avec quel respect est abordée la personne du calice. L'ouvrage encouragerait presque tout vampire à en prendre un, insistant sur l'équilibre de la relation qu'ils devaient trouver, dans cette vie d'éternité. Décrit comme un être précieux, chéri du vampire qui peut y voir à travers lui une notion de couple et d'amour que nul autre sorcier ou moldu ne pourrait lui apporter. Rien qu'à cause de leur mortalité, contrairement au vampire. Le lien qui les unit était décrit en des termes si touchants qu'ils firent tressaillir le cœur du calice. C'était lui, en l'occurrence, l'être précieux dont il était question. L'être que le vampire allait protéger et aimer tout le restant de son éternité.

Il frémit lorsque le livre aborda la question des punitions que pouvait faire subir le vampire et se promit d'éclairer cela avec Harry plus tard. Ce passage était suffisamment court pour être rapidement occulté par le reste, où il n'était question que d'amour, de protection, de bienveillance et de lien unique. D'ailleurs, un terme attira son attention, en tête de paragraphe. Reconnaissance du lien. C'était souligné et mis bien en avant, pour être ensuite longuement décrit. Draco lut et relut plusieurs fois ce paragraphe qui l'interpellait.

Epuisé à la fin de sa lecture, il s'étonna d'avoir lui-même marqué le livre à divers endroits, et soupira. Jetant un œil à la baie vitrée sur lequel un sort avait fait tomber les rideaux pour l'isoler de son vampire et de son parrain, il espéra que le premier ne soit pas en train de passer un trop mauvais quart d'heure.

Draco avait beaucoup réfléchi au fil de sa lecture. En premier lieu, savoir que son vampire savait déjà tous les éléments que lui-même était en train de découvrir l'ébranlait, et puis, il y avait ce chapitre. Qui décrivait si bien, même mieux que son vampire, ce fameux lien, dont il ne cessait de le bassiner avec. Il avait frémi lorsqu'il avait appris la capacité de punition que pouvait revêtir la morsure, il avait rougi, lorsque le côté charnel du lien avait été exposé noir sur blanc, mais là où il avait été assommé, c'est quand il avait appris que la mort du calice pouvait entraîner celle irrémédiable de son vampire.

Peu à peu, cela fit sens dans l'esprit de Draco. Il n'était pas qu'un partenaire de vie du vampire, il était sa raison d'exister. Comprenant mieux maintenant la colère qui avait animé hier le vampire face à sa crise de nerfs. Le vampire détestait de le voir souffrir. Parce qu'il était sa petite créature à lui, qu'il défendrait bec et ongle, qu'il protégerait de tout, qu'il aimerait par-dessus-tout. Parce que c'était ce qu'il était pour son vampire. Tout.

Quand Draco ouvrit la baie vitrée qui menait à la terrasse maintenant ombragée, le silence entre Severus et Harry se fit.

Draco observa son vampire, debout, contre la rambarde de la terrasse, la discussion semblait houleuse, au vu des visages fermés qu'il avait devant lui.

- Tout va bien, Draco ? demanda Severus en se levant. Tu as l'air épuisé.

- Tout va bien, chuchota Draco.

Il ne reconnaissait pas sa voix. Il savait juste qu'il était mué par un instinct qu'il n'avait jamais ressenti avant. Une petite voix parlait dans sa tête, une petite voix qui était celle du calice à l'intérieur de lui. Qui le poussait à aller vers son vampire. Il inspira, avant d'être pris d'un vertige et vacilla.

Il n'eut pas le temps de sentir ses genoux heurter le sol que son vampire avait déjà accouru, l'attrapant dans ses bras fermes.

- Je suis là, lui murmura-t-il, inquiet, mais ayant à cœur de rassurer son calice.

- Je sais, répondit simplement Draco, en fermant les yeux, se laisser border par la voix de son calice.

- Tu te sens de marcher ? demanda Harry d'une voix inquiète.

- Mais oui, ce n'est qu'un petit vertige de rien du tout. Le vampire s'inquiète trop vite si tu veux mon avis, plaisanta-t-il.

- Tu joues avec moi, calice ? rétorqua le vampire de sa voix rauque, allons, appuies-toi sur moi, tu n'as rien mangé depuis ce matin, ça n'aide pas, grimaça-t-il

- Et toi, tu n'as rien bu depuis hier…

Les yeux d'Harry louchèrent, il n'était pas sûr de comprendre, était-ce une proposition ?

- Qu'est-ce-que tu veux dire ?

- Je veux dire que maintenant, je sais. C'est tout.

Severus les regarda, amusé, il avait envie de se moquer de cette jeunesse qui pensait toujours tout savoir, rit de cette inconscience. Des jeunes tourtereaux qui apprenaient que la vie de couple n'était pas de tout repos. Merlin merci pour lui, il avait échappé à cela …

- Je vais aller préparer le dîner, annonça-t-il. Je vous laisse, à vos occupations…

Le ton était clairement narquois.

- Je crois que ton parrain se moque de nous, commenta Harry en aidant Draco à s'assoir près de lui.

- De qui parrain ne se moquerait pas ? répondit, légèrement essoufflé Draco.

Quand la baie vitrée fut refermée derrière eux, Draco murmura, alors qu'Harry venait de l'aider à s'assoir sur le banc :

- Je suis désolé, pour les choses que j'ai pu te dire, concernant nous, notre lien. Maintenant que j'ai lu… pourquoi ne pas m'avoir proposé ce livre avant ?

- Y aurais-été tu prêt ? Draco ?

Le calice baissa les yeux.

Harry l'étudia longuement. Il ne comprenait plus rien en l'attitude de son calice, complètement soumis à lui, ses mains enfermées dans les siennes. Et son trouble s'amplifia lorsqu'il l'entendit lui dire :

- Mords-moi.

- Draco.. je….

- Non, plus de paroles, mords-moi, insista Draco. Tu en as besoin, et j'en ai besoin. Pour oublier, pour avancer, ensemble, et si Severus nous a laissé, c'est parce que lui l'avait déjà compris.

Alors, encouragé par les mots qu'il venait d'entendre, Harry céda à sa soif et à son envie.

Assis, près de son calice, il soupira devant toutes les émotions qui l'avaient balayé depuis vingt quatre heures. Les yeux couleur d'or l'observaient avec douceur et révérence, le cou était là, offert, la carotide pulsait doucement sous la peau tendre et fine. Mais il se détourna d'elle, caressant le bras tendre de son calice. Et finit par attraper son poignet qu'il porta à sa bouche. Il entendit le hoquet de surprise, peut-être d'appréhension de son calice. Avait-il tout lu du livre que lui avait donné Severus ? Il allait vérifier cela immédiatement.

- Moi, vampire, je te reconnais Draco comme mon seul et unique calice, murmura-t-il avant de mordre dans ce poignet tentateur, où les veines étaient fines, visibles à travers la peau, même pour un œil humain.

Il but quelque longues gorgées, les cheveux de Draco mêlés aux siens, joue contre joue, une main de Draco enserrant l'une des siennes, l'autre enserrait l'accoudoir de la chaise, comme pour ne pas perdre contact avec la réalité.

Par ce geste, par cette reconnaissance du lien, il voulait prouver à son calice combien il tenait à lui.

Alors quand enfin il se détacha, il donna sans hésiter un coup de dent dans son propre poignet, qu'il présenta à son calice, dont les yeux brillaient de la couleur de l'or.

- Reconnaissance du lien ? murmura doucement Draco.

- Je veux avancer avec toi, Draco.

Le rouge qui monta aux joues de son calice l'attendrit.

- Si tu es d'accord pour achever ce lien, il te faut juste

- Boire quelques gorgées du sang de mon protecteur vampire. J'ai lu le chapitre sur les calices, déclara Draco, je ne pensais juste pas qu'un jour…

- J'aurais l'honneur d'officialiser cela avec toi ? Tu te trompes, je suis fier de t'avoir pour calice.

Il voyait bien l'hésitation sur les traits de son calice.

- Je te force à rien, Draco, l'informa-t-il.

- Non, c'est juste, … hésita Draco, rapidement encouragé du regard de son vampire à aller au bout de sa phrase, le goût du sang.

- Je trouve ça fameux moi, plaisanta doucement le vampire.

Encouragé par le regard qui couvait sur lui, Draco s'éclaircit doucement la gorge, avant de prononcer d'une voix solennelle :

- Je serai honoré par échange de nos sangs de devenir ton calice d'éternité, répondit simplement Draco avant de porter à son tour, le poignet de son vampire auquel il but par succion légère.

Le vampire en Harry tressaillit de joie. Ce lien, si fort, qu'il attendait tant, qu'il pensait ne jamais réussir à avoir… lui était enfin accordé. Il venait de marquer, officiellement, son calice comme sien. Les protégeant de tout, même du Ministère se faisant. Et cela le soulageait. Son calice avait vraiment tout lu, il avait même su quoi répondre. Mais trop rapidement pour qu'il ait vraiment le temps d'en profiter, il sentit les lèvres chaudes relâcher son poignet.

- Je ne suis pas à ton goût, ricana-t-il.

- C'est le sang qui n'est pas à mon goût tout court, murmura Draco, presqu'honteux de ce qu'il venait de faire.

Mais il oublia vite ce sentiment. Il se sentait si plein en ce moment. Plein d'amour, de force… Son vampire venait, malgré ce qu'ils venaient de vivre, de le reconnaître comme son calice. Et les phrases du livre revinrent aussitôt dans sa mémoire. Il regarda alors sa main, où, au niveau de son annulaire, un fin tatouage venait de naître. Fait d'entrelacs de lignes dorées, sobre, discret, mais qui témoignait bien que leur union était désormais officielle.

- J'en ai un aussi, murmura Harry.

- Montre !

Le vampire tendit sa main au calice qui l'attrapa et fit jouer les doigts entre les siens. La marque était composée de courbes plus larges que la sienne, de couleur rouge cette fois-ci. Un calice pour un vampire.

Unis dans leur mort artificielle.

Severus avait assisté, caché derrière le rideau à leur petit manège et rit en son for intérieur. Ces deux gamins n'avaient pas vraiment eu besoin de sa présence. Mais ça lui faisait plaisir que Draco ait pensé à lui, pour venir à son secours. La longue discussion qu'il avait eu avec Harry l'avait aussi rassuré. Des décisions avaient été prises, restait à en parler avec le principal concerné. Mais pour le moment, il devait les laisser à leur douce félicité, ils l'avaient bien mérité. Enlacés, il voyait que leurs mains ne se détachaient plus, emportés dans une longue étreinte douce et bienfaisante. Le repas pouvait attendre encore un peu.


Reconnaissance du lien, qu'en pensez-vous ? j'espère que la douceur de ce chapitre vous aura plu ! j'attends impatiemment de vous lire !
Bien à vous