Bonjour/bonsoir à toutes et tous !

J'ai adoré le roman "Pourquoi pas nous ?" [What if it's us] de Becky Albertalli (Love, Simon) et Adam Silvera (Et ils meurent tous les deux à la fin). C'est un roman qui m'aura profondément marqué tant par son histoire que par ses personnages, mais en arrivant au bout, il m'est venu un petit goût de "non, on ne peut pas nous abandonne là-dessus !". Du coup, comme cette fin ouverte me bouleversait trop, j'ai décidé d'écrire une petite suite pour Arthur et Ben qui, je l'espère, sera le plus respectueux possible du travail et des personnages des auteurs.

Bonne lecture!


Résumé (plus complet) :

Cela fait bientôt deux ans depuis cet été fabuleux où Arthur et Ben se sont rencontrés à New-York. Mais aussi près de deux ans qu'ils ne se sont pas revus physiquement.

Toujours profondément attachés l'un à l'autres, aucun ne veut cesser de croire que l'univers les a fait se rencontrer pour une bonne raison. Seulement, Arthur commence à ne plus supporter cette distance et s'agace de se voir bloquer parce qu'il s'interdit toutes autres options.

Frustration renforcée le jour où Ben se voit proposer un contrat d'édition pour son roman et qu'il comprend que ce dernier sera d'autant moins présent pour lui avec les obligations que cela entrainera.

Mais Ben y voit quant à lui un moyen de se rapprocher d'Arthur. Y parviendra-t-il avant que celui-ci ne tourne la page et s'engage avec un autre ?

Arriveront-ils à se retrouver avant que l'univers n'écrive une nouvelle page pour eux ? Ou était-ce là le plan depuis le début ?


Chapitre un

Deux mois après la fin


Arthur

Décidément, je crois que je ne m'y habituerai jamais. Cela a beau faire presque deux ans, je ne parviens toujours pas à réaliser. C'est pareil tous les maudits matins de ma vie depuis cet été qui a été le plus beau et le pire de ma vie.

Chaque nuit ou presque, je m'endors en m'imaginant ses bras, sa peau, son odeur, le son de sa voix, son souffle dans mes cheveux. Et chaque matin je me réveille pour réaliser que ce n'était rien d'autre que mon imagination, mes souvenirs qui me tourmentent. Je suis seul dans mon lit, dans mon dortoir de Middletown.

Avec lenteur et en grognant un peu, je me redresse en cherchant mes lunettes tout en tâchant de désarmer mon réveil sur mon téléphone. D'un œil encore brumeux, je constate que je suis seul dans la chambre. Mon colocataire est plutôt du genre lève-tôt pour aller faire un foutu jogging matinal, tandis que moi, depuis quelque temps, je ne me sens plus d'énergie.

Ouais, moi, Arthur Seuss qui n'ai plus d'énergie, je sais, ça a de quoi paraître étonnant, mais je ne sais pas… c'est comme si toutes mes forces s'épuisaient dans un combat qui pourtant, je le sais, est vain.

Je sors du lit et me glisse jusqu'à mon bureau tout en commençant sérieusement à me dire que je ne me facilite décidément pas la tâche. Là, mes yeux tombent directement sur cet aimant touristique qui porte son nom. Trois lettres superposées devant une image de la Statue de la Liberté.

BEN.

Je soupire et repousse le pincement qui tiraille mon cœur. Respire, aller, respire.

Sérieusement, je me trouve pathétique. Ça fait maintenant presque deux ans qu'on ne s'est plus revus physiquement. Je sais que notre histoire était puissante, que je l'ai aimé à crever, que c'était mon premier amour, mon premier amant, mais à un moment il faudrait tout de même que je me fasse une putain de raison non ?

On a rompu à la fin de ce merveilleux été. C'était la rupture la plus belle est épique qu'on pouvait s'imaginer, et dans le fond on savait tous les deux, lui comme moi, que ça ne pourrait probablement jamais marcher au-delà de ce petit mois que j'ai passé auprès de lui à New-York. On le savait et on a quand même pris le risque de tomber en amour si fort. Mais je ne sais pas, je crois qu'au fond de moi je pensais que ce serait plus facile. Je pense que j'imaginais que ce serait comme dans les films où on finirait par se poursuivre à l'autre bout du pays.

Soit lui venant me chercher devant chez moi à Milton, soit moi craquant et sautant dans le premier avion venu, lui préparant un jeu d'enveloppes comme il m'avait fait pour mon départ qui l'aurait conduit là où notre histoire s'était interrompue – devant son lycée de rattrapage – pour reprendre à ce moment. On se regarde, on s'embrasse et les violons démarrent sur histoire éternelle de la Belle et la Bête et on termine sur un gros texte « et ils vécurent heureux pour toujours….

Je crois vraiment que je regarde beaucoup trop de comédie romantique, ça altère mon imagination.

Malheureusement la vie n'est pas une foutue comédie romantique, je l'ai appris à mes dépend. De manière plus réaliste, j'avoue que j'ai eu souhaité durant mon année de terminale que ma mère soit transférée définitivement dans les bureaux newyorkais de l'agence où elle bosse. Mais ça n'aurait rien changé au problème que je visais une université loin de cette ville (même si finalement je n'ai pas réussi à entrer à Yale et que je suis toujours sur leur liste d'attente).

Ainsi, finalement, on n'a jamais eu l'occasion de se revoir avec Ben. Et c'est une torture, j'avoue. Surtout qu'on a été assez bête pour décider de rester en contact via message et facetime. On s'appelle plusieurs fois par mois et revoir son visage, entendre sa voix, discuter avec lui est toujours un bonheur, mais qui est toujours suivi d'un vide immense.

J'ai eu songé à tout laisser tomber, j'avoue. À arrêter de l'appeler, lui dire que c'était terminé, que je ne supportais plus qu'on continue comme ça, que d'être simplement son ami – son meilleur ami – tout savoir de sa vie sans plus en faire réellement partie était trop dur, une véritable torture. Mais je n'ai jamais réussi à m'y résoudre. J'ai peur que la douleur de ne plus jamais le voir soit pire encore que celle de le voir de loin, qu'il ne fasse plus jamais partie de ma vie.

Pourtant, j'ai essayé. J'ai vraiment essayé de toutes mes forces de me contenter de cette situation. De me dire que, ok, voilà, c'était une passe, la rencontre qu'il fallait au moment où il fallait. Que l'univers – cet enfoiré – nous avait fait nous rencontrer pour que l'on appartienne au monde de l'autre mais nous avait séparés par ce qu'il avait un meilleur plan pour nos fins heureuses.

Pour ça, j'ai tenté de vivre à fond, de continuer d'avancer. Je me suis pleinement concentré sur mes études, je me suis lancé à fond dans la vie étudiante avec des soirées, des activités de groupe (la chorale c'est vraiment le top et ça me permets d'oublier quelques heures mes tourments, j'avoue), de rencontrer de nouvelles personnes. J'ai même flirté avec quelques mecs, échanger des baisers avec eux, j'ai même couché une fois avec un gars super sympa et sexy… mais je ne sais pas pourquoi je m'en suis senti terriblement coupable le lendemain, même si c'était bon.

Enfin, pas aussi bon que ma première fois. Il faut dire que Ben avait mis la barre très haute ce jour-là (et je ne parle pas de la sienne, de barre… enfin si, un peu… rhaaa, excusez-moi je me sens perdu dans mes pensées !), je crois que je l'en remercie infiniment mais que je lui en veux aussi pour ça, parce que du coup j'ai peur que plus jamais personne ne me fasse me sentir si comblé. Mais bref.

Et le pire, c'est que malgré tout cela, malgré tous ces efforts que j'essaie de déployer pour aller de l'avant, pour vivre dans « l'après-Ben », pour poursuivre ma route et tenter de tout de même être heureux… bein je n'y arrive pas.

En dehors de tout cela, j'ai même essayé des trucs plus chelou pour passer à autre choses. J'ai tenté de trouver sur Google comment faire taire ses sentiments. J'ai tenté des formules et des potions bizarre proposées par le groupe de pseudo magiciens que forme l'une des fraternités du collège, j'ai voulu essayer l'hypnose (mais je suis parti en courant parce que j'ai flippé que le thérapeute spécialisé ne soit un charlatan qui m'aurait fait les poche durant la séance).

Y a plus que le vaudou, la trépanation, ou devenir un foutu vampire de Vampire Diaries pour faire taire mes sentiments que je n'ai pas essayé. Et j'ai franchement de sérieux doutes sur les trois techniques.

Enfin voilà quoi. Tout ça pour dire que ouais, ces temps je suis épuisé parce que je passe 99% de mon temps de repos à imaginer comment m'empêcher 99% de mon temps à penser à Ben et au fait que j'ai le sentiment d'avoir été lésé par l'univers.

Si je l'attrape celui-là, je lui tords le cou. J'ai le sentiment que ces derniers temps j'ai perdu une partie de moi en chemin. Mon optimisme et ma fois en tout ça. Parce que sérieux, si le plan s'était de me faire vivre le grand amour pour me le reprendre et me dire « tu l'as vécu, t'y a goutter, maintenant c'est fini », bein merci quoi, mais je m'en serais presque passé à ce tarif-là.

Tandis que je ressasse tout cela en continuant de fixer l'aimant – je regarderais bien volontiers la photo de notre dernier baiser aussi, mais je l'ai confinée dans le tiroir depuis quelque temps car elle m'est devenue un peu douloureuse, une notification apparait sur mon téléphone, et mon cœur rate un bond.

Ben : Salut Arthur, j'ai une putain de super grande nouvelle à t'annoncer. Je sais que tu es en cours aujourd'hui, mais FaceTime moi quand tu as un moment, c'est important et je voulais le partager avec toi en priorité. Smiley heureux, smiley qui rougi.

Je regarde cela et mon cœur se serre. Sérieux, pourquoi chaque fois que je pense le plus à lui, il m'écrit. Est-ce que c'est un signe ? Ou encore une foutue farce de l'univers ? Je ne sais pas, mais j'espère vraiment que bientôt je pourrais passer à autre chose.

Bien que l'envie de lui répondre tout de suite me brûle de l'intérieur et que contenir cette envie soit douloureux (j'ai l'impression que tout en moi brûle et que je ne respire plus), je tente de me tenir à mes bonnes résolutions d'il y a quelques semaines… petit à petit, moins l'appeler et ne plus avoir l'air d'attendre chacun de ses appels comme un junkie en manque.

Prenant une profonde respiration, je repose le téléphone sur le bureau, prend ma trousse de toilettes dans le placard, et décide d'aller d'abord me laver avant de lui donner signe de vie.

Et vu l'heure, je crois que j'aurais meilleurs temps d'aller en cours avant également.

C'est terrible, mais je crois que je n'ai pas trop le choix si je veux un jour guérir. Ben est ma drogue, et je dois essayer de décrocher, absolument.

oOoOoOo

Ben

Je suis chez moi assis à mon bureau devant mon PC et je n'arrête pas de regarder mon téléphone toutes les dix secondes. Mon cœur bat trop vite. J'alterne entre joie, stress, jubilation, terreur.

Sérieux, je pourrais crever en cet instant je pense tellement je ressens d'émotion. J'ai l'impression d'être en apnée, de ne pas respirer depuis au moins dix minutes tellement ce qui est en train de m'arriver est dingue.

Je relis encore et encore les mots qui s'étalent devant moi sur l'écran de mon ordinateur et je retiens un rire nerveux, mon pied tapotant à un rythme effréné sur le sol. Il faut absolument que je me calme.

Nouveau regard à mon téléphone. Pas de réponses. Enfer.

Ce qui m'arrive en cet instant et assez horrible, autant que génial. J'ai reçu un mail ce matin qui a mon avis pourrait bien chambouler toute mon existence et je n'ai qu'une seule envie c'est de pouvoir le partager avec Arthur. J'aimerais vraiment pouvoir lui téléphoner en FaceTime, là, maintenant tout de suite, mais je sais qu'à cette heure-ci il doit déjà être en train d'aller en cours à Middletown.

Pour dire vrai, je devrais moi aussi normalement déjà être dans le métro pour aller à la fac, mais en toute honnêteté, je crois que même si j'y allais, je n'arriverais juste pas à suivre les cours aujourd'hui. Vu ce qui m'arrive.

Mes yeux glissent de mon écran de téléphone à celui de l'ordinateur, puis remonte sur la paroi de mon bureau. J'y vois en tout premier lieu le petit amant attrape touriste qui porte le nom d'Arthur, jumeau de celui que je lui ai offert et qui montre l'Empire State Building en arrière-plan, ainsi que la photo qu'on avait prise le jour de son anniversaire, cet été-là.

Voir son visage me fout un frisson. Pas un mauvais, un d'attendrissement. Son visage tout enfantin, ses yeux d'un bleu si particulier qu'il est unique, ses lèvres fines qui me donneraient juste envie de traverser le miroir du papier pour pouvoir les embrasser, l'envie de pouvoir le prendre dans mes bras.

Soupir. C'est une torture de le savoir si loin. J'ai tellement prié l'univers au début pour qu'un miracle se produise, que sa mère soit mutée définitivement ici, à New York. J'ai même odieusement espéré qu'il foire sa dernière année de lycée pour qu'il soit obligé de se rabattre sur une fac moins prestigieuse et décide de venir ici. Et je m'en suis terriblement voulu, alors j'ai été soulagé quand j'ai su qu'il avait réussi son année.

Voyant ses deux seules vraies grandes possibilités pour qu'il revienne ne pas se concrétiser, petit à petit j'ai dû revoir mes espoirs à la baisse et ne plus compter que sur l'idée qu'il viendrait peut-être à nouveau pour l'été, ou les vacances scolaire ou…

Mais rien n'y a fait, il était beaucoup trop débordé, et je pense que d'une certaine manière, même si on reste sans cesse en contact et qu'on s'est plusieurs fois avoué penser encore fort à l'autre, Arthur essaie d'éviter de souffrir en me revoyant.

Je suis certain qu'il en meurt d'envie (moi aussi), mais c'est vrai que ce serait une torture plus qu'autre chose de se revoir juste pour quelques jours ou quelques semaines. Seulement, même si nous avons tous les deux consciences de cela – au point que, même s'il m'arrive d'avoir un crush rapide sur un mec mignon, je n'ai encore jamais ré-embrassé ou accepté de sortir avec personne depuis ce jour où nos mains se sont séparées.

Pourquoi ? Je sais pourtant qu'Arthur lui ne se prive pas de son côté. Est-ce que ça me blesse ? Oui un peu, mais je ne veux rien lui interdire, nous ne sommes plus ensemble concrètement. Je ne voudrais surtout pas l'empêcher de vivre sa vie, faire ses expériences. Et je veux le soutenir.

C'est pour ça que j'accepte sans broncher quand il me raconte chaque détail de ses rencontres avec cet air de petit garçon coupable qui le rend si craquant et me donne envie de le prendre dans mes bras pour le réconforter, le protéger (et le garder pour moi un peu aussi, j'avoue).

En pensant à tout cela, je soupire profondément en me laissant aller en arrière dans mon siège. Il me manque, c'est un fait. J'aimerais vraiment continuer à croire indéfiniment que l'univers nous réserve le meilleur. Mais c'est dur de ne pas douter lorsque l'absence est si pesante et les questions sur l'avenir si nombreuses.

Je regarde à nouveau mon téléphone avec un espoir stupide et retombe dans la réalité. Je SAIS qu'il ne va pas m'appeler de suite. Déjà à cause des cours, vraiment. Mais aussi parce que, et ça, ça m'inquiète déjà un peu plus, depuis quelques semaines, il ne répond plus dans l'instant. Il m'a même une fois oublié pendant trois jours alors que je lui avais fait plein d'appels en absences.

Peut-être n'est-ce rien. C'est vrai qu'on approche de la fin de l'année scolaire, il doit avoir beaucoup à faire avec les cours – plus que chez nous j'imagine – et le chœur dont il fait partie doit être en pleine période des championnats collégiaux. Mais je ne sais pourquoi, j'ai tout de même un petit pincement au cœur et un léger pressentiment depuis quelques jours.

Bon, je vais essayer de ne pas devenir parano. Encore une fois, nous ne sommes plu ensemble, il faut que je me le mette définitivement en tête. S'il n'a pas envie de me répondre ou qu'il se concentre sur autre chose… ou quelqu'un d'autre (cette pensée me tire une grimace), je n'ai pas à le blâmer.

Mais bon, j'avoue que je suis un peu déçu parce que la nouvelle que je veux lui annoncer le concerne dans un certain sens. Puisque d'un point de vu objectif cela ne se serait pas réalisé s'il ne m'avait pas forcé à publier sur wattpad mon roman de fantasy : La Mêlée des mages maléfiques.

C'est grâce à lui, mon premier vrai lecteur et mon plus grand fan, que j'ai osé l'exposer au public. M'exposer moi, par extension. Et il a bien fait car, même si j'étais terrifié je l'admets, mon histoire a rencontré un vrai franc succès.

Il y a deux mois je dépassais les 50'000 lecteurs alors que j'ai commencé à publier en janvier. Et aujourd'hui on est proches des 110'000. Un petit miracle. Ok ce ne sera jamais autant que certain auteur de bestseller que j'admire, comme Becky Albertalli ou Adam Silvera, ou ma déesse J. K. Rowling, mais je trouve que c'est un bon début pour quelqu'un qui n'avait pas l'ambition à la base de le partager.

Tout cela, et ce qui s'apprête à suivre, je le lui dois entièrement et d'ailleurs, c'est bien à lui que je le dédierais quand il sera…

Oh mon Dieu ! Rien que de penser le mot me fout un coup de je ne sais quoi à mi-chemin entre la joie suprême et le stress intense. Je retourne lire le mail que j'ai reçu tôt ce matin et qui me fait ressentir tout cela et me donne envie de l'appeler.

Sur mon écran, là, sans blague, s'étale un mail de la part d'Harriett. On ne se parle plus beaucoup depuis la fin du lycée, mais il nous arrive parfois encore de s'écrire. Et là, elle m'annonce une foutue bon-sang de bonne nouvelle.

Salut Ben, comment vas-tu depuis le temps.

Excuse-moi de ne pas avoir pris de tes nouvelles plus tôt, mais j'ai été très occupée à faire la promotion de plusieurs marques.

Je souris. Harriett a réussi le lycée, mais elle ne s'est pas inscrite à l'université. Durant notre année de terminale, son Instagram à encore plus explosé en termes d'abonnements et comme elle recevait de plus en plus de propositions de sponsoring et de partenariats, elle a décidé de se consacrer uniquement à cela car les revenus engendrés lui suffisent.

On vit vraiment dans un monde un peu bizarre quand je pense à cela, mais passons, je lis la suite, car c'est cela qui est intéressant.

Ecoute, tu sais que je suis ton histoire sur Wattpad et que je l'ai adorée et que j'en ai fait la promotion autour de moi (tu me rappelleras de te facturer mes honoraire [smiley qui rigole] non, je plaisante c'était avec plaisir [smiley qui fait un clin d'œil].

Enfin, bref. Récemment, j'ai eu plusieurs partenariats avec un éditeur pour promouvoir certains livres de son catalogue sur mon Insta. J'avoue que sur le coup j'ai hésité parce que c'est pas trop mon truc, mais j'ai cru y voir une opportunité.

En lisant cette phrase je l'imagine surtout refusant jusqu'au moment où on lui a mis un chiffre à trois zéro sous les yeux et que l'égoïsme c'est transformé en signature direct avec un sourire charmeur. Elle croit que je ne la connais pas ?

Pour moi comme pour toi. Je m'explique : j'ai profité de cette rencontre pour leur parler de toi, de ton travail avec ton roman et du petit succès que tu rencontres et je crois que j'ai réussi à plutôt bien te vendre, parce qu'ils m'ont rappelé hier soir et figures-toi qu'ils sont super intéressés à te rencontrer pour parler d'une éventuelle collaboration pour une publication chez eux.

Je ne leur ai pas donné directement ton numéro parce que je ne savais pas si ça te ferait plaisir ou non, mais je leur ai promis de te passer leurs coordonnées. Je t'ai scanné la carte de mon contact là-bas.

A toi de jouer maintenant, Monsieur le futur écrivain [smiley clin d'œil, smiley clin d'œil, smiley clin d'œil].

Je souris à pleines dents désormais, le cœur battant la chamade. Sérieux, si j'avais Harriett sous la main, je crois que je le serrerais si fort dans mes bras qu'elle en décéderait. Elle n'a même pas idée à quel point ça me fait plaisir.

Mais bon, attention, je respire pour me calmer. Ce n'est pas parce que j'ai un contact potentiel avec un éditeur que cela signifie que quoi que ce soit est gagné d'avance. Ils veulent me rencontrer pour parler de mon projet et d'une éventuelle collaboration (j'essaie d'appuyer sur les mots dans ma tête pour ne pas partir en vrille trop vite), ça ne signifie pas que ça aboutira à un contrat.

Je reprends mon téléphone. Arthur ne m'a toujours pas répondu. D'ailleurs d'après ce que je vois sur Whatsapp, il n'a même pas encore ouvert mon message. Petit coup qui me fait redescendre.

Bon, ok. Je regarde l'heure. Déjà presque dix heures. Mes yeux vont du nom d'Arthur dans mes contacts, à celui du contact à la maison d'édition sur mon PC. J'ai un dilemme. J'aurais vraiment aimé infiniment raconter cette immense bonne nouvelle à Arthur avant d'entreprendre quoi que ce soit, parce que je crois que j'ai besoin qu'il me dise que c'est mérité et que je peux y arriver, mais plus j'attends pour appeler, et plus j'ai l'air de ne pas être intéressé, non ?

Je sais que j'ai une manie à toujours tout faire à la bourre et à être en retard au moindre rendez-vous – même si je me suis bien amélioré en deux ans – mais là ce n'est vraiment, mais vraiment pas le moment de merdé.

Bon, ok, je prends plusieurs respirations, tente de calmer mon cœur qui va bientôt exploser dans ma poitrine, et commence à composer d'un doigt tremblant le numéro du mec de contact.

J'hésite plusieurs minutes, me demande si je ne devrais pas attendre, mais à la réflexion, plus j'attends et moins j'aurais le courage de le faire. D'un coup, j'appuie sur le bouton d'appel, plaque le téléphone à mon oreille, prêt à vomir tellement je suis nerveux, et attend que ça décroche.

Est-ce que l'univers m'a prévu un truc cool sur ce coup-ci ?


Alors, que pensez-vous de ce début d'accroche ?