Bonjour à toutes et à tous,

Voici le troisième chapitre de cette fiction. Je voudrais remercier ceux qui ont pris la peine de laisser une review, d'encouragement, constructive ou pas, me permettant de revenir sur l'écriture de la suite pour améliorer toujours un peu plus mon écrit.

Bien entendu, cette fiction ne suit pas le canon. Donc, j'ai du faire des choix qui ne plairont peut-être pas toujours à tous mais qui existent malgré tout.

J'espère que la suite vous plaira !

Bonne lecture !

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Ron et Hermione se séparèrent brusquement, comme s'ils s'étaient brûlés. Ils se retournèrent vers la provenance de cette voix. Ron perdit l'équilibre et se rattrapa de justesse au pilier le plus proche. Il était vraiment temps qu'il aille dormir s'il commençait à avoir des hallucinations. Cependant, quand il tourna la tête et vit le visage d'Hermione, il se dit qu'il n'était pas le seul à trouver la scène irréelle. Alors, il prit le temps de la regarder avec plus de précision.

Devant eux se tenait une petite troupe hétéroclite de sorcières et sorciers. Parmi eux, son frère, Fred, qui devait être mort depuis quelques heures. C'était lui qui avait pris la parole avec son éternel sourire, ayant l'air de prendre son pied à mettre son benjamin dans l'embarras le plus complet. A sa gauche, son ancien professeur de Défense contre les forces du Mal, le professeur Lupin et sa femme, étroitement enlacés. A leurs côtés, l'ancien détenu d'Azkaban, Sirius Black, tentait de retenir l'attention de son meilleur ami retrouvé après tant d'années, James Potter. Et, quand l'attention de Ron se porta sur ce dernier, il était maintenant évident que Harry tenait sa ressemblance de son père. Les mêmes cheveux désordonnés ornaient sa tête, un visage allongé et les lunettes rondes ne faisant qu'accentuer encore plus la similitude. Mais quelque chose dans son attitude détonnait. Ron avait trop fréquenté Harry pour ne pas le voir : l'assurance. James Potter débordait d'aisance et de confiance malgré les circonstances. Le rouquin sentait une sorte d'aura qui attirait le regard. Lui tenant le bras, le visage visiblement tendu et anxieux, Lily Potter complétait le tableau. C'était tout bonnement impossible. Hermione était arrivée à la même conclusion.

- Professeur Lupin, comment est-ce possible ?

-Hermione, je ne pourrai pas te répondre avec précision. Nous nous sommes tous réveillés dans la Forêt Interdite, à différents endroits. Toutefois, nous étions plus ou moins dans le même périmètre.

- Harry va devenir fou, c'est sûr, marmonna Ron.

- Tu connais Harry ? Est-ce qu'il est en vie ? demanda Lily, se précipitant sur le jeune homme, talonnée par son mari.

Elle mit ses mains sur les bras du jeune homme et captura son regard, cherchant toutes les réponses à ses questions. L'angoisse la serrait tellement désormais qu'une boule se forma dans sa gorge, l'empêchant de poursuivre ses questions.

- Euh … Oui, bien sûr que Harry est en vie, dit Ron sur le ton de l'évidence.

- Ca n'a rien d'une certitude, Ron, dit Remus en fronçant les sourcils. Nous sommes quasiment sûrs de l'avoir vu prêt à se rendre, ajouta-t-il en désignant les parents du jeune Potter et son parrain.

- Oui, nous lui avons parlé, dit James en coupant le benjamin des Weasley. Il … il …

La peur s'emparait des mots de James avant qu'il ne puisse les prononcer.

- Il nous a demandé si c'était douloureux de mourir, reprit-il, sa voix n'étant plus qu'un murmure.

Tonks retint une exclamation d'horreur tandis que Hermione et Ron se tendaient visiblement sous l'effet des paroles du patriarche Potter. Lily s'empara de la main du son mari, essayant de le soutenir malgré sa propre terreur.

- Vous comprenez, il faut absolument qu'on le voit de nos propres yeux, qu'on s'assure qu'il n'est pas … Mort, dit Lily, la voix discordante sous l'émotion.

- Avant toute chose, il faut qu'on retrace votre parcours, répondit la jeune brune. Je sais, ça vous paraît long mais… Harry est… Comment dire…

- Occupé, conclut Ron en rougissant.

- Avec Ginny ? demanda Fred.

- Peu importe ! coupa Hermione, à court de patience à cause de la fatigue. Donc vous êtes tous revenus dans la Forêt Interdite ?

- Oui, en quoi cela pose problème ? demanda Fred. Il n'y avait personne d'autre que nous, aucun Mangemort. Même les créatures magiques semblaient avoir déserté.

- Non, j'ai croisé un centaure, coupa Lily.

- Vraiment ? s'étonna Hermione. Vous a-t-il dit son nom ?

- Non, il a été très énigmatique. Ce n'est pas étonnant pour un centaure mais lui n'était pas du tout sauvage. Pourtant, il aurait pu m'arriver n'importe quoi. Je me rends compte que j'étais tellement désorientée que je n'ai même pas cherché de l'aide immédiatement.

- Ce devait être Firenze. C'est un ami, il a beaucoup aidé Harry en 1e année. Il était gravement blessé ce soir, j'ai vu Mrs Pomfresh le soigner.

- Harry est ami avec des créatures magiques ? s'étonna Lily.

- Harry est un garçon extraordinaire, Lily, tu le verras par toi-même d'ici peu, répondit Remus.

Hermione et Ron écoutèrent alors leur récit. Toutes ces personnes étaient revenues, vivantes, dans la Forêt Interdite, dans un périmètre restreint comparé à la superficie du bois. Ce ne pouvait pas être une coïncidence. Harry y avait laissé la Pierre de Résurrection. Il disait qu'elle avait été enterrée. Mais si ce n'était pas le cas ? Et si elle avait été retrouvée ? Et quand bien même, ils n'avaient pas les formes ectoplasmiques attendues. Ils étaient bien plus consistants que des fantômes. Ils étaient en vie et, pour trois d'entre eux, revenus d'entre les morts malgré plusieurs années. Si Hermione avait compris quelque chose lors de cette année de cavale aux Horcruxes, c'est que la recherche de l'immortalité concerne la magie noire, très noire, mais que revenir d'entre les morts était impossible. Autrement dit, on était là face à un phénomène exceptionnel. Et il fallait y trouver une raison et s'assurer que ce n'était pas une supercherie.

La fatigue se faisait sentir et Hermione sentait son corps s'engourdir. Il faut dire que leur dernière nuit remontait à plus de trente-six heures et que même cette dernière n'était pas bien reposante. Elle fit ce qui semblait être le plus sûr pour eux tous puis ils se rendraient comme prévu dans la salle commune et aviserait une fois là-bas. Mais Lily et James la prirent de court.

- Bon, ça suffit maintenant, dit Lily avec force. Je veux voir mon fils, maintenant, dit-elle en campant sur ses deux jambes.

- Nous avons raconté notre résurrection absolument incroyable aux yeux de tous mais nous voulons voir Harry et ce n'est pas négociable, ajouta James.

Ils avancèrent tous deux vers Ron et Hermione qui leur bloquaient le passage du couloir pour se diriger on ne sait où dans le château en ruine quand ces derniers dégainèrent leur baguette respective.

- Hors de question que vous ne montiez à la Salle Commune sans les vérifications d'usage, dit Ron d'un ton étonnamment calme.

Même Hermione sembla surprise car elle cilla un instant avant de se reconcentrer sur les deux personnes devant elle. Ils étaient clairement sur la défensive et même leurs amis ne parvenaient pas à les raisonner.

- Mais, enfin, Ronnie, c'est nous, qu'est-ce qui vous prend ? s'insurgea Fred.

- Il se passe que nous avons passé neuf mois à traquer des Mangemorts, à esquiver des sorts noirs, à dormir sous une tente, à être parfois torturés, parfois interrogés, nous échappant de Gringotts à dos de dragon et voyant Harry se rendre à Voldemort pour nous protéger tous ! Alors nous sommes légèrement paranoïaques maintenant, hurla Ron pour répondre à son aîné.

Cela eût le mérite de calmer toute l'assemblée, Lily et James y compris.

- Bien, maintenant que tout le monde sait ce qu'il en est, nous allons seulement vérifier vos identités puis nous irons rejoindre Harry et Ginny dans la salle commune, présenta Hermione.

Les époux Potter, dont l'avidité sur le visage trahissait leur fébrilité à l'idée de voir leur fils, tenaient difficilement en place maintenant. Sirius et Remus se lançaient un regard entendu, la nouvelle du jeune Potter avec sa petite copine ne les surprenait guère.

- Ce ne sera pas bien long, une question chacun et on pourra monter dans la salle commune ensuite, dit la jeune Gryffondor.

Elle se tourna vers Fred, pour lequel la question était assez simple.

- Comment avez-vous monté votre magasin avec George ?

Les yeux de Fred se révulsèrent. Personne, hormis leur généreux donateur, n'était au courant et il était certain que Harry n'avait rien dit à Hermione. Cette fille était bien trop intelligente pour son propre bien. Il plaignait Ron à l'avenir.

- Harry. C'est Harry qui nous a donné le prix du vainqueur du Tournoi des Trois Sorciers. Il n'en voulait pas mais voulait que ce soit utilisé à bon escient, ce sont ses mots.

Ron fronça les sourcils. Harry ne lui avait rien dit. Ce gars qui était son meilleur ami était tout bonnement incroyable. C'était quand même mille Gallions !

- Je m'en doutais, sourit légèrement Hermione. Il est incorrigible. Bon, passons. Remus, quelle créature se trouvait dans votre bureau la première fois qu'Harry est venu dans votre bureau ?

- Un Strangulot.

- Bien. Dora, ce sera simple. Juste un peu de métamorphomagie devrait suffire.

Tonks s'exécuta avec amusement, reconnaissant bien l'esprit logique de la jeune Gryffondor. Ce fût ensuite au tour de Sirius qui, comme James, se transforma en Animagus. Quand ce fût au tour de Lily, cette dernière sentit l'angoisse monter en elle. Cela faisait bien longtemps qu'elle se savait à la hauteur d'être une grande sorcière. Mais seize années d'inactivité laissent des traces. Elle se mit à triturer la pierre dans sa poche et cela attira l'attention de la jeune sorcière face à elle. Cette dernière ne dit rien mais soutint son regard. Après quelques secondes, elle lui demanda de lancer un Patronus avec sa propre baguette. Une élégante biche en sortit dans une lumière relativement faible et vint se placer à côté de sa propriétaire.

- Bien, je crois que nous avons fait le tour. Allons les retrouver, bien que je les soupçonne de s'être endormis depuis le temps qu'ils nous attendent.

La procession avança tranquillement dans les couloirs sans croiser âme qui vive. Hermione se plaça à côté de Lily et tendit sa main sans qu'aucun mot ne franchisse ses lèvres. La rousse savait quel était l'objet convoité par la Gryffondor mais ne la lâcha pas des yeux, laissant leur attroupement prendre de l'avance tandis qu'elles s'étaient arrêtées au milieu d'une galerie.

- Donnez-moi cette pierre, Harry doit la récupérer, dit Hermione d'un ton sans appel.

- Je peux lui donner moi-même, rétorqua Lily.

- Vous ne devriez même pas l'avoir entre les mains. Elle avait été laissée là-bas pour une bonne raison. Cette pierre amène dans son sillage le malheur. Harry saura quoi en faire. Même si cela doit être difficile à entendre, vous devez savoir qu'il a certainement vu bien plus de choses que vous en ce qui concerne la magie noire.

- Je suppose que c'est aussi ton cas alors ? demanda Lily, légèrement inquiète.

- Que voulez-vous dire ?

- J'ai cru entendre Remus et Dora dirent que, si on ne trouvait pas Harry, il faudrait chercher Hermione et Ron, qu'ils sauraient où le trouver. Remus nous a plus ou moins expliquer que vous étiez ses meilleurs amis, ceux avec qui il a tout traversé. Donc, toi aussi tu as vu beaucoup de magie noire.

Hermione resta coite un moment. Cette femme était assurément très intelligente et ne manquait pas de jugeote. Savoir qu'en plus, il s'agissait de la mère défunte de son meilleur ami avait tendance à la troubler. Elle se frotta le front dans une tentative désespérée de remettre ses idées en ordre. En vain.

- Qu'est-ce que c'est que cette cicatrice ? s'inquiéta Lily en regardant son avant-bras, prenant son poignet pour mieux y voir l'inscription « Sang de Bourbe » s'y étaler.

Hermione blanchit à la vue de la cicatrice qu'elle essayait chaque jour de masquer du mieux qu'elle pouvait. Ce souvenir n'était pas prêt de la laisser tranquille.

- Une petite entrevue avec Bellatrix Lestrange qui a mal tournée, dit-elle en prenant la voix la plus détachée possible.

- Par la barbe de Merlin, souffla Lily. Harry était-il présent ?

- C'est grâce à lui et Ron que je suis encore là. Bellatrix avait l'intention de me tuer pour le faire parler, il s'est battu en duel contre elle et Lucius Malefoy avant que Dobby, l'elfe de maison et ami de Harry, ne nous aide à sortir du Manoir au prix de sa vie.

Lily contempla la jeune fille devant elle et, instinctivement, ressentit le besoin de la serrer dans ses bras ce qu'elle fit. Hermione se tendit sous l'étreinte maternelle de Lily Potter puis se détendit, appréciant qu'un adulte prenne soin d'elle quelques secondes. A cette pensée, ses parents revinrent flotter devant ses yeux qui s'embuaient de larmes longtemps refoulées. Lily tenta de soulager les pleurs de l'amie de son fils comme elle le faisait avec lui bébé, lui murmurant des mots doux à l'oreille, lui assurant que tout irait pour le mieux maintenant. Quand Hermione releva la tête et croisa un regard si semblable à celui du jeune Potter, elle sentit sa confiance remonter en flèche. Lily lui tendit la Pierre de Résurrection, transmettant par le regard toutes les questions qui attendaient une réponse, et elles reprirent leur chemin, rattrapant le petit groupe après deux virages.

Le couloir était désert et c'était mieux ainsi, elles n'avaient pas besoin d'attirer l'attention de quiconque. En silence, ils arrivèrent à proximité de la Tour de Gryffondor et la Grosse Dame les accueillit. Elle se montra interrogative et étonnamment silencieuse pour une fois. Il faut dire que leur petit groupe hétéroclite avait de quoi attirer l'attention. Elle les laissa entrer, sans mot de passe. Ils gravirent les marches et arrivèrent dans la salle principale. Elle était décorée de tentures rouges et or, couleur dominante de la maison. On y trouvait de gros fauteuils, une cheminée et des tables. Et l'objet de leur attention commune : le couple enlacé dans un fauteuil sur leur droite, face à la cheminée qui fumait doucement. Harry était assis, les jambes dans la longueur du fauteuil. Ginny était allongée le long du corps de son petit-ami, la tête reposant sur son torse. Si quelque chose pouvait marquer les personnes qui les connaissaient avant cette guerre, c'est l'apaisement qui régnait sur leurs visages respectifs. Harry avait des traits détendus ce qui était plutôt exceptionnel connaissant le garçon. Toutefois, si on était un peu plus perspicace, on pouvait voir que, si un bras entourait sa petite-amie, l'autre bras était le long de son corps et sa main tenait sa baguette magique. Détendu mais à l'affût. Et il ne leur fallut que peu de temps pour s'en rendre compte.

Fred, trop content d'être de retour dans cette salle commune qui avait accueillie tant de leurs divertissements, regardait tout autour de lui, tout comme Sirius. Ils avancèrent l'un à côté de l'autre quand, tout à coup, la voix de Fred retentit :

- Sirius, ne mange pas ça !

Trop tard. Sirius l'avait déjà mis en bouche. Le petitfour Tourndeloeil était dans sa bouche et Sirius s'évanouit immédiatement. James et Lily, ne connaissant pas le petit four, s'inquiétèrent et lui sautèrent dessus avant qu'ils atteignent le sol. Sans baguette, ils n'étaient capables de rien. Ce n'est qu'au bout de deux secondes qu'ils prirent conscience que les autres se retenaient vainement de rire. Puis, les rires explosèrent. Tous se tenaient le ventre de douleur.

- Maman ? Papa ?

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Et voilà, chapitre trois terminé ! Vous plait-il ? N'hésitez pas à me le dire en review !