Voici un petit épilogue pour terminer cette fiction qui me tenait tant à cœur.

Merci à ceux qui l'ont suivie et à ceux qui prennent le temps de la lire et de laisser des commentaires me permettant de l'améliorer.

Bonne lecture !

Il régnait une atmosphère de fête dans la maison de sorcier à laquelle nous nous intéressons. Outre le bruit incessant que même les voisins les plus proches ne pouvaient plus ignorer, on pouvait deviner qu'il se préparait quelque chose ou, en tout cas, que des personnes se préparaient à un évènement particulier.

La frénésie semblait avoir pris possession du corps de Molly Weasley qui voulait parer à toutes les éventualités, même les plus saugrenues. Mais, quand on est la mère des enfants Weasley, aucune idée n'est étrange et tout peut arriver. Elle s'était mise en tête de mettre la main sur son genre, Harry, afin de l'éloigner de sa toute récente femme, Ginny Potter, laquelle devait s'occuper de la future mariée. Bien entendu, les choses se passaient rarement comme elle le souhaitait. Elle ne parvenait à trouver ni l'un, ni l'autre.

- C'est insensé de disparaître de la sorte… maugréa la matriache.

Hermione, elle, ne s'en faisait pas. La future Mrs Granger-Weasley savait que Ginny voulait retrouver Harry avant la cérémonie dans un but bien précis. Ils leur restaient encore trois heures, bien assez pour que Hermione s'habille dans le plus grand calme. Aucune nervosité ne venait entraver son bonheur. Ces dernières années lui avaient permis de gagner en sérénité ce qui n'était pas de trop quand on avait eu à se battre aux côtés du Survivant puis à faire avec certains vieux bougres de magistrats. Elle prenait son mal en patience, accompagnée de Fleur et Angelina dont le ventre commençait à poindre à travers la robe. Elle s'amusait de voir sa belle-mère dans un tel état alors que tout était sous contrôle.

- Crois-tu qu'elle profitera de la cérémonie au moins ? gloussa Angelina.

- Elle s'inquiète quand il s'agit d'un évènement d'importance, c'est tout, conclut Hermione. Il faut dire que Ginny choisit toujours un moment assez particulier pour annoncer les grandes nouvelles.

Fleur et Angelina se mirent à rire en repenser à l'annonce des fiançailles du Survivant et de la joueuse des Harpies. Alors qu'elle était sortie de l'un de ses matchs salement amochée, tous les Weasley avaient été dans l'angoisse quant à son état de santé. Aucune information ne fuitait du camp des Harpies de Holyhead.

Molly se plaignait une nouvelle fois de cette profession dangereuse et des séquelles qu'auraient sa fille. Elle disait, à qui voulait l'entendre, qu'elle aurait dû plus insister pour que cette dernière n'accepte pas la proposition qui lui avait été faite. Ginny n'avait pas eu que des soutiens sur le moment. Harry n'était pas à l'aise avec l'idée qu'elle soit absente sur de longues périodes et vive loin de lui après tous les sacrifices qu'ils avaient déjà faits. Ses parents n'avaient pas envisagé une carrière aussi difficile pour leur fille unique et se montrèrent fermement opposés à celle-ci. Toutefois, Ginny pouvait compter sur le soutien des parents de Harry qui, s'ils ne le disaient pas en public pour ne pas froisser les Weasley, se montraient plus ouverts d'esprit. Comme s'ils avaient deviné les embûches qu'elle aurait à surmonter pour convaincre son entourage, ils lui avaient posé des questions pertinentes sur sa vie à venir : l'éloignement avec Harry, les entraînements, les matchs, le lieu d'hébergement, le suivi médical, les contraintes médiatiques. Ginny s'était patiemment informée, accompagnée les premières fois par James qui faisait office de deuxième cerveau pour l'aventure. Puis, quand l'information fût digérée par ses parents, c'est son père qui s'intéressa à son contrat, à son entraîneur et sa présidente. Après qu'elle ait été sur le banc pendant presque une saison, elle se fit une place parmi les titulaires de l'équipe et ne la quitta plus qu'en cas de blessure. Elle parvint à avoir des places à chaque match pour qui en voulait ce qui plaisait beaucoup à James, Harry et Ron qui partageaient cette passion commune.

Mais voilà, certains matchs étaient difficiles et, pour celui-ci, Harry commençait sérieusement à envisager l'envoi d'un escadron d'Aurors quand Ginny était arrivée, toute guillerette, chez ses parents. Elle avait le bras en écharpe et sentait fort l'onguent mais aucune trace n'était visible sur son corps. Elle avait annoncé d'emblée qu'elle et Harry étaient fiancés, laissant ce dernier pantois alors que l'information peinait à arriver jusqu'à son cerveau. James et Lily, qui étaient au courant des craintes de Harry quant à sa demande, explosèrent de joie et se jetèrent sur leur belle-fille pour l'étreindre. Personne n'était au courant que ce dernier avait proposé à Ginny de l'épouser. Quand Harry reçut un coup de pied de Hermione sous la table, il reprit enfin contact avec la réalité et rejoignit sa fiancée et la gratifia d'un baiser passionné sous les applaudissements de leur entourage.

Alors effectivement, Ginny avait tendance à choisir des moments particuliers pour les annonces d'importance. Mais il semblerait que celle-ci doive se faire d'abord dans l'intimité.

C'est pourquoi Harry avait reçu un Patronus de sa jeune épouse en début de matinée. Elle lui demandait de le rejoindre dans son bureau, chez eux. Harry, interloqué, se demanda ce qui pouvait bien être aussi urgent. Ils avaient enterré la vie de garçon de Ron la veille au soir et il était encore un peu embrumé par les mélanges de Whisky Pur Feu et de Biereaubeurre de George.

Il utilisa la cheminée des Weasley et se rendit dans sa maison, à Godric's Hollow. Il l'avait achetée peu de temps après sa sortie de Poudlard afin de gagner un peu d'intimité. Non pas que la vie chez les Potter ou les Weasley n'était pas confortable mais, d'un côté, Harry voyait les frères de Ginny les surveiller constamment et, de l'autre, c'était Sirius et James qui se chargeaient de les épier. Il avait donc trouvé une maison de taille moyenne, non loin de celle de ses parents qu'il ne quittait plus.

Une fois à l'intérieur, il fût submergé par l'odeur si familière désormais. L'air était embaumé des fleurs que Lily cultivait dans son jardin et qu'elle apportait quotidiennement à son fils et Ginny. Il se dirigea dans son bureau, impatient de savoir ce que sa femme pouvait lui vouloir. Il poussa la porte et prit conscience qu'elle n'était pas encore arrivée. Il se laissa choir sur son fauteuil, scrutant d'un œil averti les objets auxquels il ne faisait habituellement plus attention. Il tomba sur une photo qui le fit sourire immédiatement. Cette photo avait quatre ans maintenant et les représentait, lui et ses parents, en train de rire au Terrier. Une vague de sérénité s'abattit sur lui en voyant les personnages sourire à pleines dents et lui faire des signes de la main. Encore maintenant, il peinait parfois à croire la chance qu'il avait eue.

Les premières semaines avaient été difficiles. Certains sorciers souhaitaient que Harry reproduise ce miracle mais il en était bien incapable. Il avait fallu plusieurs articles dans le journal pour affirmer encore et encore la version du Ministre. Puis, les choses s'étaient tassées. Il avait alors pu profiter pleinement de la présence de ses parents, où que ce soit. Ils avaient trouvé une nouvelle maison et quitté le Terrier, non sans promettre aux Weasley d'être présents au déjeuner dominical habituel.

La deuxième photo représentait Harry et Ginny, jeunés diplômés de Poudlard, à la soirée de remise des diplômes instaurée après la guerre. James et Lily les entouraient puis arrivaient Arthur et Molly, catastrophés d'avoir pu louper la photo. C'est à la fin de cette soirée que Lily leur avait appris qu'elle remplaçait le professeur Slughorn. Ce dernier souhaitait s'occuper de ses vœux jours et était parfaitement comblé que l'une de ses élèves favorites reprennent les rênes de son enseignement.

James avait eu plus de difficultés à se trouver une place dans la société sorcière. A son époque, il était évident que les évènements le menaient à devenir Auror. Maintenant que la communauté sorcière était plus ou moins en sécurité et qu'il avait enfin retrouvé une forme de stabilité, il ne se ressentait pas le besoin d'enquêter, de pourchasser les mages noirs. Ce n'est qu'après quelques moins durant lesquels il s'était concentré sur la carrière de Ginny, tentant de s'accrocher au Quidditich comme une bouée de sauvetage, qu'une offre lui était parvenue de la Gazette du sorcier : journaliste sportif. Bien entendu, il couvrirait principalement le célèbre sport sorcier mais serait amené à se rendre sur divers évènements, lui permettant de se faire un nom dans le milieu (et d'avoir des places privilégiées ce qui n'était pas pour lui déplaire).

Sur la photo suivante, Ginny et lui étaient entourés d'Hermione et Ron. C'était le soir de leur mariage, il y a maintenant quatre mois. Ginny avait voulu un mariage d'hiver, lui permettant de ne pas s'absenter durant la saison. Harry n'avait aucune préférence aussi ils se sont attelés à convaincre Mrs Weasley et Mrs Potter de la date et à empêcher Sirius de les rendre chèvre avec ses idées saugrenues. Ce dernier n'avait pas cherché d'emploi depuis son retour, s'attachant à aider les jumeaux et Ron dans l'invention de nouveaux concepts et de se rendre sur les matchs de Quidditch avec James. Les produits Weasley florissaient dans les rues du Chemin de Traverse et dans les couloirs de Poudlard, au grand dam du Professeur McGonagall, nouvelle directrice, et de Lily.

Alors qu'il tournait la tête pour observer de loin les articles marquants qu'il avait accrochés au mur, il entendit la cheminée se mettre en route, annonçant l'arrivée imminente d'une personne. Il vit Ginny déboucher avec aisance de l'âtre, époussetant son habit de voyage. Elle n'avait pas encore revêtu sa robe de cérémonie pour éviter de l'abîmer durant le trajet. Elle se dirigea immédiatement vers le bureau avec un sourire éclatant, trouvant un Harry troublé de voir sa femme aussi sûre d'elle, si rayonnante.

- Comment accueillez-vous votre femme, Mr Potter ? Auriez-vous perdu tous sens des convenances ? demanda-t-elle d'un ton mutin.

- Aucunement, Mrs Potter, répondit Harry, essayant de retrouver le sens de la parole. Je tombais une nouvelle fois amoureux de vous, comme toujours.

- Charmeur ! dit-elle, giflant doucement son épaule avant de fondre dans ses bras.

Ils profitèrent de l'étreinte quelques secondes avant que Ginny ne se sépare de son mari et ne s'intéresse à la soirée de la veille.

- Ron est-il en état de prononcer ses vœux ?

- Oui, nous nous en sommes assurés.

- Et son témoin a-t-il fini son discours ?

- Hier après-midi, mais je ne suis toujours pas convaincu de ce qu'il contient.

- Ca se passera très bien, tu t'en sors toujours à merveille, assura Ginny avec un sourire serein.

- Bon, ce n'est pas que je m'ennuie mais tu vas finir par te faire étriper par ta mère si on ne retourne pas auprès des mariés, prévint Harry en montrant l'heure qui tournait. Que voulais-tu me dire ?

- Et bien, je vais devoir arrêter les entraînements quelques temps.

- Tu es malade ? s'inquiéta Harry.

- Non pas du tout mais Mrs Norris, l'infirmière, nous fait passer des tests tous les jours pour contrôler notre bonne forme. Et hier, elle m'a signé mon bon d'arrêt des entraînements.

- Ca doit être grave, l'équipe ne peut pas se permettre de se passer de toi, s'alarma Harry. Qu'a-t-elle trouvé ? Est-ce qu'il faut aller à Sainte Mangouste ?

- Il faudra y aller d'ici peu mais, pour le moment, elle nous a seulement félicités, répondit Ginny en mettant sa main sur son ventre.

Les yeux de Harry faisaient des aller-retours entre le visage de son épouse et son ventre, laissant les quelques secondes nécessaires pour que l'information fasse son chemin jusqu'à ses cellules grises. Quand il prit conscience de la nouvelle, il prit ses mains et lui demanda avec les yeux brillants d'émotion :

- Vraiment ? On va avoir un enfant ?

- Oui, vraiment, on va avoir un mini-Potter, dit Ginny avec un sourire lumineux.

Harry tomba à genoux devant son épouse, des larmes dévalant ses joues alors qu'il posait son visage sur le ventre encore musclé de sa femme. Bientôt, il serait père.

- Quand veux-tu l'annoncer ? questionna Harry, peu confiant en sa capacité de garder le secret toute la journée.

- Hermione, Fleur et Angelina le savent déjà. Difficile de le leur cacher hier soir.

- En effet. Et pour nos parents ? Je ne pourrai pas regarder mes parents en face en leur cachant toute la journée mais je ne veux pas gâcher la journée de mariage de mes meilleurs amis.

- Tu pourras leur dire dès que tu les verras, j'en ferai de même avec les miens, assura Ginny.

Harry l'embrassa avec vénération puis, ils prirent de nouveau le chemin du Terrier pour retrouver les mariés. Une fois sur place, l'orage « Molly » leur tomba littéralement dessus.

- Mais où étiez-vous passés ? Vous devriez être là depuis plus de deux heures ! Je vous faisais confiance et voilà que vous êtes introuvables …

On ne pouvait plus l'arrêter et ses cris avaient alerté son mari et les époux Potter qui venaient tout juste d'émerger par la cheminée familiale. Harry regarda Ginny et, avec un regard entendu, coupa sa belle-mère pour la première fois de sa vie.

- Molly, il fallait absolument qu'on discute avec Ginny, ça ne pouvait pas attendre.

Un silence oppressant tomba sur le salon que seules leurs respirations troublaient. Harry cherchait les bons mots pour annoncer la nouvelle et Ginny attendait patiemment à ses côtés, lui laissant cet honneur.

- Nous allons agrandir la famille Weasley-Potter dans quelques mois, révéla Harry avec une fierté indiscutable sur le visage.

Les mères de famille laissèrent échapper des petits cris stridents tandis que les hommes s'étreignirent avant d'enlacer leurs enfants. Lily prit le visage de Harry dans ses mains tandis que James posait une main sur son épaule. Leurs visages étaient un doux mélange de joie, de fierté et d'alégresse.

La vie pouvait continuer.