Et voilà le dernier chapitre. Je me sens souvent un peu triste quand je finis d'écrire quelque chose et cette fanfic ne fait pas exception. N'hésitez pas à laisser une review pour me dire ce que vous avez pensé de cette histoire, ça fait toujours plaisir !


Depuis l'épisode du rêve érotique, Kageyama ne fut plus distrait par quoi que ce soit concernant Hinata sur le terrain. Malgré cela, il ne pouvait s'empêcher de craindre, dans un coin bien caché de sa tête, que son partenaire qui l'avait tant poussé vers le haut, ne le tire à présent vers le bas.

Kageyama avait déjà fait des erreurs bien pires que celles qu'il avait commises lors du match ayant suivi son rêve érotique. Que ce soit à cause de la fatigue ou du stress accumulé lors d'un match. Peu importait ce que le monde pouvait dire au sujet de son génie, il restait un être humain avec ses limites.

Cependant, qu'il se laisse emporter par quelque chose d'aussi stupide qu'un rêve érotique et une érection indésirable dans l'arrière-cour le rongeait inconsciemment de l'intérieur.

Et s'il se laissait une fois de plus distraire durant un match ? A cause d'un prétexte encore plus stupide ?

Heureusement, une fois sur le terrain, ses craintes disparaissaient et il jouait tout à fait normalement.

oOo oOo oOo

Sur un temps de midi d'août, Kageyama attendait Hinata dans l'arrière-cour. Il attendit cinq minutes, dix minutes, un quart d'heure. Mais le rouquin n'apparaissait pas.

Kageyama regarda rapidement son gsm. Aucun mail non lu ne se trouvait dans sa boite de réception. Agacé, il se laissa tomber sur le porche et commença à manger seul. Hinata ne se soustrayait tout de même pas sciemment à son entraînement spécial aux réceptions ? Car bien qu'il se soit amélioré en défense, il devait savoir que ce n'était pas suffisant ! La faille laissée par Sawamura avait commencé à être comblée, mais il restait encore beaucoup à faire !

Lorsque Kageyama eut terminé son bento, Hinata n'était toujours pas arrivé. Il commença alors à se faire des passes, essayant de se convaincre que cet abruti s'était perdu quelque part et qu'il allait bien finir par arriver.

Mais Hinata n'apparut pas du temps de midi et le passeur retourna seul dans sa classe à la première sonnerie. Il regarda une dernière fois son téléphone avant que le cours ne commence, puis laissa son esprit dériver. Il savait que le rouquin était présent aujourd'hui. Il était venu à l'entraînement du matin au club. Alors qu'est-ce qu'il avait foutu pour ne pas venir dans l'arrière-cour à midi ?

Kageyama arriva le premier au gymnase à la fin des cours et il fronça les sourcils lorsqu'il vit une tête orange passer la porte et regarder presque timidement qui était à l'intérieur.

Lorsqu'Hinata croisa le regard assassin de son partenaire, il se raidit sur place et tenta maladroitement d'expliquer en détournant les yeux :

« Pour le temps de midi… C'est… C'est le prof d'anglais qui m'a chopé et… En fait, j'avais… J'avais… »

Kageyama souleva un sourcil menaçant.

« J'avais oublié de rendre mon devoir et il m'a obligé à le faire pendant toute la pause. » lâcha-t-il très rapidement.

« Tu ne parles quand même pas du devoir que moi et Yachi t'avons répété je ne sais combien de fois de ne pas oublier ? »

Hinata déglutit, puis hocha la tête.

Kageyama laissa alors exploser un flot de mots plus ou moins insultants avant de lâcher, agacé :

« Tu le sais pourtant, non ? Que ce prof est un emmerdeur et qu'il n'allait jamais laisser passer un oubli de devoir ? »

Hinata blêmit et ne put que fixer ses pieds en réponse. Lors de leur dernière séance de révision, Kageyama et Yachi lui avaient effectivement répété de ne pas oublier ce devoir. De très nombreuses fois…

« Et ton gsm ? » assena Kageyama. « Tu aurais au moins pu me prévenir ! »

« Plus de batterie. J'ai oublié de le charger hier… »

Le passeur dut mobiliser toute sa volonté pour ne pas laisser sa tête tomber dans ses mains. Mais encore une fois, comment n'avait-il pas pu le voir venir ?

Alors que Kageyama s'apprêtait à rétorquer une réplique cinglante, les troisièmes années entrèrent dans le gymnase et ordonnèrent de s'échauffer pour leur match d'entraînement contre Dateko.

Le passeur cria alors un dernier « Abruti » à Hinata avant de s'éloigner dans un coin du gymnase et de commencer ses échauffements.

Habituellement, lorsqu'Hinata faisait ce genre de coup, Kageyama lui criait dessus – parfois pendant plusieurs minutes ininterrompues – et une fois toute la colère épuisée, le rouquin s'excusait. Les deux idiots se disputaient ensuite encore un peu pour la forme, et tout était bien qui finissait bien.

Ici, cependant, Kageyama n'avait pas eu le loisir de laisser libre cours à son énervement – il ne pouvait décemment crier pour une raison aussi stupide alors que leurs adversaires d'un match d'entraînement pouvaient arriver d'un moment à l'autre. Et cela lui pesait. Lourdement.

Lorsque le match contre Dateko commença, Kageyama prit une longue inspiration. Il ne pouvait pas se laisser aller à cette colère stupide. Il s'était juré de ne plus laisser de telles choses perturber son jeu. A présent, il devait se concentrer sur le match et ses adversaires. Et même s'il rêvait de fusiller Hinata, de l'assassiner du regard pour sa stupidité, il devait se retenir. Le terrain n'était pas un lieu où ils pouvaient régler ce genre de dispute.

Malgré ses sermons intérieurs, Kageyama se montra inconsciemment plus exigeant que d'habitude dans son jeu avec Hinata, le poussant à bouger plus, plus vite.

Et bien que le rouquin parvienne à suivre les attentes du passeur grâce à son endurance hors du commun, à la fin du deuxième set, il semblait plus fatigué qu'à l'accoutumée. Ukai le remarqua et somma à Kageyama de cesser d'user autant Hinata. Qu'il avait des attaquants ailiers en plus des centraux et que ceux-ci n'attendaient que d'être utilisés.

A ces mots, les yeux de Kageyama s'agrandirent légèrement. Il tourna la tête vers Hinata et le regarda. Il remarqua alors qu'effectivement, sa silhouette était plus courbée que d'habitude sous la fatigue et sa respiration était anormalement saccadée.

'Je l'aurais drainé inconsciemment ?'

Mais aussitôt, il secoua la tête. Cela ne pouvait pas être le cas. Sinon, cela signifierait qu'il se serait une fois de plus laissé emporter par ses sentiments personnels.

Lors du troisième set, Kageyama fit attention à ne pas passer trop souvent à Hinata. Il ne pouvait pas l'épuiser davantage. Même si le score était extrêmement serré.

Puis, au milieu du set, Hinata rata complètement une réception, accordant un point à Dateko et amenant le score à deux points d'avance pour ces derniers. Kageyama aurait pu prédire à la position que son partenaire avait prise que le ballon allait partir n'importe comment sitôt qu'il l'eût touché. Il ne s'était à nouveau pas assez baissé. Et alors que le passeur ouvrait la bouche pour lui hurler sa faute, il se pétrifia.

Pourquoi s'apprêtait-il à crier sur Hinata ? Parce qu'il s'était planté sur sa réception ? Ou parce qu'il sentait toujours la colère latente du temps de midi le ronger ?

Soudainement terrifié à l'idée de hurler sur son coéquipier à cause de sentiments personnels plutôt qu'à cause de la faute qu'il venait de faire, Kageyama se figea.

Définitivement, il ne pouvait pas crier sur Hinata pour cette histoire de devoir. Ces imbécilités n'avaient pas leur place sur le terrain. Il devait crier car il avait raté une réception qu'il aurait pu réussir et…

« Kageyama, récupère ! » entendit-il soudainement Nishinoya lui hurler.

Aussitôt, le passeur reprit ses esprits, mais à peine eut-il le temps de tourner la tête qu'il se prit le ballon dans la figure.

Un point supplémentaire pour Dateko.

Kageyama était abasourdi. L'échange avait repris. Futakuchi avait servi. Nishinoya avait renvoyé le ballon. Tout cela, sans qu'il s'en soit rendu compte.

Le passeur fixa ses mains, avant de serrer brutalement les poings. Jamais il ne s'était laissé distraire durant un match au point de ne pas se rendre compte qu'un échange avait débuté. Il devait se reprendre.

Sans jeter le moindre regard à Hinata, Kageyama cria un rapide « désolé », puis refit face à ses adversaires.

Mais le mal était fait. L'esprit du passeur était complètement paralysé par la peur d'à nouveau reproduire des erreurs aussi grossières à cause de raisons complètement déplacées.

Les passes de Kageyama étaient de moins en moins précises, et plus cela le frustrait, plus il se laissait déstabiliser. Même les deux temps mort pris par Ukai n'y changèrent rien.

Pour une fois, Kageyama aurait souhaité être remplacé, juste le temps d'une dizaine de minutes. Pour pouvoir reprendre son sang-froid. Pour cesser de devoir être attentif aux moindres mouvements d'Hinata. Pour se vider l'esprit.

Malheureusement, Sugawara n'était plus là et le nouveau passeur de première n'était pas encore apte à prendre sa place sur le terrain.

Kageyama avait beau moins bien jouer que d'habitude, Hinata et Tanaka parvenaient encore plus ou moins à couvrir ses erreurs et à marquer. Ce fut cependant Dateko qui remporta le troisième set et par extension, le match.

Alors que l'équipe de Karasuno se changeait dans la salle de club, Kageyama s'excusa pour son piètre jeu en s'inclinant. Il était mortifié. Et il avait honte. Jamais il n'aurait cru pouvoir se laisser déstabiliser aussi facilement.

« Eh bien, eh bien. » souffla sarcastiquement Tsukishima, son rictus habituel collé sur le visage. « Qui aurait cru que le roi était sujet aux erreurs, tel le simple commun des mortels ? »

Il perdit cependant presque son sourire lorsqu'il remarqua que Kageyama avait à peine réagi à sa raillerie.

Ennoshita s'avança alors vers le passeur, hésitant. Avant qu'il n'entre dans le gymnase quelques heures auparavant, il l'avait entendu crier sur Hinata. Et bien que cela ait ressemblé à une de leurs habituelles disputes, il ne pouvait se défaire du pressentiment que le dérèglement du jeu de Kageyama était lié à l'attaquant.

Ennoshita ne pouvait résoudre leur présumé désaccord pour eux. Néanmoins, il était leur capitaine, à présent. Aussi, se devait-il de les remettre à leur place.

« Kageyama. » appela-t-il durement. « Si tu as un problème qui t'empêche de bien jouer, règle-le. Les éliminatoires pour choisir le représentant au tournoi de printemps sont presque là. Et on aura besoin de toi. Au maximum de tes capacités. » ajouta-t-il en lui lançant un regard lourd de conséquence.

Le passeur ne put que serrer les poings et articuler un amer « oui ».

Hinata et Kageyama furent chargés de fermer la salle du club et après que les derniers joueurs l'aient quittée, le rouquin lâcha durement :

« Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? »

Kageyama n'osa pas répondre. Il n'osait pas lui avouer qu'il s'était une fois de plus laissé distraire au cours d'un match par quelque chose aussi stupide que cette histoire de temps de midi.

Voyant que son partenaire ne réagissait pas, Hinata s'approcha et lâcha négligemment :

« Je t'ai rarement vu faire autant d'erreurs dans un seul set. »

Et il commença alors à lister innocemment en comptant sur ses doigts :

« Tout d'abord, il y a eu la balle dans ta tête après le service de Futakuchi, puis cette passe ridiculement près du filet alors que Nishinoya avait parfaitement réceptionné, puis… »

Alors qu'Hinata en était arrivé au huitième doigt, Kageyama perdit patience et assena, menaçant :

« Depuis quand t'as une aussi bonne mémoire ? »

Il pressa le dessus du crâne d'Hinata dans sa main et poursuivit en haussant le ton :

« Si t'es foutu de te rappeler de toutes mes erreurs, pourquoi t'as oublié de faire ton devoir d'anglais et de charger ton téléphone ? »

A présent qu'il s'était laissé aller à la colère, Kageyama ne se gêna pas pour continuer :

« Et c'était quoi cette réception pourave du deuxième set ? Combien de fois je devrai te dire que tu ne te baisses pas assez ? Ce ne sont pas que tes bras qui renvoient le ballon, c'est tout ton corps ! Tu me feras deux cents réceptions demain pour cette merde ! »

Essoufflé, Kageyama fut presque surpris lorsqu'il entendit le rire d'Hinata.

« Qu'est-ce qu'y a maintenant, abruti ? » cracha-t-il presque.

« Rien. J'ai juste l'impression que tu t'es enfin réveillé. » sourit-il.

Kageyama sentit alors son cœur se serrer, enleva sa main de la tête d'Hinata et baissa les yeux. Le rouquin tenta de capter son regard, mais il le gardait obstinément cloué au sol.

Alors qu'Hinata s'apprêtait à lui demander ce qui lui prenait, Kageyama murmura :

« Je suis désolé. Je t'engueule, mais c'est moi qui ai fait n'importe quoi aujourd'hui. »

Le rouquin ne répondit rien et attendit sagement qu'il poursuive.

« Avant le match, j'étais fâché pour cette histoire de temps de midi. Je trouvais ça complètement con, mais c'était plus fort que moi. Je ne voulais pas que ça affecte le match et ça a fini comme ça… »

Hinata regardait son partenaire avec de grands yeux.

« Je trouvais ça bizarre aussi, que tu ne te sois pas plus énervé que ça pour cette histoire. »

Après quelques secondes de silence, le rouquin demanda, intrigué :

« Pourquoi tu m'as pas plus engueulé ? »

« Parce qu'on était sur le terrain ? » répliqua Kageyama en levant un sourcil.

« Tu t'énerves tout le temps sur le terrain. »

Le passeur serra les poings. Cet idiot ne comprenait pas. Définitivement.

« Oui, mais pour des choses en rapport avec ce qu'il se passe sur le terrain. »

Hinata jeta un regard froid à Kageyama et assena :

« Alors pourquoi tu t'es pas énervé quand j'ai foiré ma réception ? »

Kageyama déglutit. Il ouvrit la bouche, la ferma, puis, hésitant, marmonna :

« Parce que j'avais l'impression que si je le faisais, je me serais plus énervé sur toi à cause du temps de midi plutôt qu'à cause de ta réception… »

« Hein ? » fut tout ce que parvint à prononcer Hinata. Le passeur lui avait déjà plusieurs fois parlé en chinois. Mais là…

Kageyama, lisant les points d'interrogation dans le regard de son partenaire, tenta de clarifier :

« Je ne veux pas amener mes problèmes sur le terrain. »

Après plusieurs secondes de silence, Hinata lâcha :

« Attends deux secondes, Kageyama. T'as toujours amené tes problèmes sur le terrain et on a toujours fait avec. »

Interdit, le passeur ne put que fixer Hinata du regard. Celui-ci poursuivit :

« Quand on a affronté Seijo pour la première fois, t'as complètement perdu tes moyens ! »

« Ce n'était pas pareil. » rétorqua agressivement Kageyama.

Ce jour-là, il s'était laissé submerger par la peur de ne pas être à la hauteur face à Oïkawa, de ne pas être un passeur digne de ce nom.

« Eh ben moi, je vois pas la différence. » contra obstinément Hinata. « Et si je devais dire quel match était le pire, ce serait celui contre Seijo sans hésiter. »

Hinata se stoppa, laissant ses paroles s'enfoncer dans le crâne de Kageyama, puis poursuivit :

« T'étais complètement paumé ce jour-là, et pourtant, t'es retourné sur le terrain au deuxième set sans aucun problème, alors pourquoi tu flippes comme ça maintenant ? »

« Je flippe pas ! »

Kageyama sentait à nouveau la colère monter en lui et il empoigna Hinata par le col. Celui-ci lui rétorqua cependant, imperturbable :

« Si, tu flippes ! »

Et ils se fusillèrent du regard.

Lorsque Kageyama lâcha le t-shirt de son partenaire, celui-ci ne bougea pas d'un pouce.

« J'aimerais quand même comprendre… » commença Hinata. « Pourquoi tu t'es pas énervé sur moi tout à l'heure ? »

Puis, il lâcha, haussant délibérément les épaules :

« Tu t'énerves tout le temps sur moi, qu'on soit sur ou en dehors du terrain. Alors quoi. T'avais peur que je m'écroule ou que je file aux toilettes si tu me faisais ton regard noir de la mort qui tue ? Merci, mais je sais me tenir sur mes deux jambes maintenant. »

Stupéfait, Kageyama regardait Hinata. Il sentait ses muscles se détendre et son esprit se clarifier avec le flux des paroles de son partenaire.

Le rouquin prit alors une longue inspiration, planta son regard dans celui de Kageyama et sourit :

« Alors les prochaines fois, viens avec tout ce que t'as sur le terrain. J'accepterai tout. Peu importe la raison pour laquelle tu seras énervé, je frapperai toutes tes passes ! »

Et face au sourire sincère d'Hinata, Kageyama pensa alors quelque chose d'extrêmement stupide.

'Je veux rester avec lui pour toujours.'

Sur et en dehors du terrain.

Après un long silence, Kageyama s'avança maladroitement vers son partenaire et l'étreignit. Hinata, tout d'abord surpris, lui rendit finalement son embrassade.

Ils fermèrent le club et marchèrent main dans la main jusqu'au garage à vélos. Puis, ils s'embrassèrent. Il était tard. Seul le vélo d'Hinata était encore parqué. Personne ne les verrait.

Puis, alors qu'ils s'apprêtaient à se quitter, Kageyama affirma :

« Cette année, on ira encore aux nationales. »

« Evidemment ! »

Et ils rentrèrent chacun de leur côté.

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Il fallut à Kageyama et Hinata un certain temps d'ajustement quant à leur nouvelle gestion de leur relation sur le terrain. Mais il s'avéra qu'ils se disputaient en fait rarement en ce qui concernait autre chose que le volley ou leurs défis stupides.

Kageyama avait toujours trouvé qu'il était plus facile d'interagir avec Hinata qu'avec les autres. Devant le rouquin, il n'avait pas à réfléchir à la façon dont il devait formuler ses phrases. Il n'avait pas à se retenir de cracher son venin lorsqu'il faisait n'importe quoi et il pouvait crier à loisir. Hinata ne prenait jamais à cœur ce que Kageyama lui hurlait. Et cela prévenait bien des malentendus et conflits inutiles.

Les quelques fois où leurs disputes empiétaient cependant sur le volley, le passeur ne craignait à présent plus de vociférer sur son partenaire sur le terrain. Ou tout du moins, en dehors de leurs matchs officiels. Les deux adolescents ne pouvaient décemment se donner en spectacle de cette manière lors de ceux-ci – ne serait-ce que pour éviter les avertissements de l'arbitre. Malgré cette restriction, ils avaient tout de même trouvé le moyen de s'y communiquer leur ressentiment, se lançant des regards noirs dès qu'ils le pouvaient ou se frappant inutilement fort dans les mains lors de leurs high-five.

Etonnamment, cela n'affectait en rien leur jeu et ils restaient tout aussi synchronisés qu'à l'accoutumée. Ce comportement avait même eu un effet inattendu sur l'équipe adverse lors de leur premier match au tournoi du choix du représentant de la préfecture pour le tournoi de printemps.

En effet, Hinata et Kageyama s'y étaient fusillés du regard durant tout le premier set. La tension entre eux était palpable et dès que l'un commettait une erreur, il se faisait rattraper sans cérémonie par l'autre. Et pourtant, les passes de Kageyama restaient parfaites et Hinata les frappait comme si de rien n'était.

'Des monstres.' N'avaient pu que penser leurs adversaires lorsqu'ils les avaient vus faire un énième high-five dont le but avait plus l'air de consister en le broyage des mains de l'autre qu'en une félicitation.

L'équipe de Karasuno avait premièrement été surprise par ces nouveaux comportements, mais s'était assez rapidement habituée – cela ne différait au final pas tant de leurs habituelles chamailleries. Et même les premières, qui avaient au début été totalement pris au dépourvu, en riaient à présent de bon cœur.

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Alors que les nationales approchaient, une nouvelle dispute éclata entre les deux adolescents dans le gymnase de Karasuno. Et alors qu'ils se criaient mutuellement dessus tout en s'échauffant, Tanaka se rapprocha imperceptiblement de Nishinoya, lequel soupira :

« Qu'est-ce que c'est cette fois encore ? »

« Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, » commença Tanaka, « mais en gros, Hinata serait arrivé en retard à un rendez-vous avec Kageyama, et à cause de ça, Kageyama n'aurait pas pu acheter le truc soldé qu'il voulait, car le temps qu'Hinata arrive, tous les exemplaires avaient été vendus. »

Nishinoya dut retenir un rire avant de souffler :

« Un rendez-vous ? Ils sortent ensemble maintenant ou quoi ? »

Les deux troisièmes tentèrent alors d'imaginer les deux adolescents en train de se tenir la main, puis de s'embrasser, avant d'aussitôt secouer la tête.

« Non, non, non. C'est pas possible. » argua Tanaka. « Ils vont pas du tout ensemble, ce sont deux hommes et… »

Il s'arrêta soudainement dans sa phrase, regarda Nishinoya, devina à l'éclat de ses yeux qu'ils pensaient la même chose et demanda :

« Est-ce que Kageyama a une seule fois manifesté de l'intérêt pour Kiyoko-san ? »

« Jamais. » répondit le libéro en fronçant très sérieusement les sourcils.

« Kageyama serait donc… »

Les deux zigotos se sentirent soudainement tirés en arrière par le col de leur t-shirt. Ennoshita s'était doucement rapproché d'eux et commenta sans cérémonie :

« C'est donc de cette façon que vous jugez l'orientation sexuelle des gens. Intéressant. »

La paire d'idiots déglutit.

« Et pendant que vous discutez de choses stupides, vous cessez de vous échauffer. Aller, au boulot ! » scanda-t-il en lâchant leur t-shirts.

Ennoshita s'éloigna des troisièmes et jeta un regard aux deux abrutis qui semblaient à présent s'être calmés.

Peu importait ce qu'ils étaient, un couple, des amis, des partenaires. Tant que cela n'affectait pas leur jeu, le capitaine n'avait rien à leur dire. Il avait longuement hésité à leur parler sérieusement le jour du fameux match d'entraînement contre Dateko…

'Mais ils semblent avoir trouvé une solution à leurs problèmes tous seuls.' Songea Ennoshita en souriant.


J'aime Futakuchi. Je le place sans hésitation dans mes personnages préférés de Haikyuu. Probablement parce que j'ai un faible naturel pour les personnages sarcastiques. A la base, j'avais voulu le faire parler, mais au final il n'est apparu que pour servir x)

Bon... Maintenant que cette fanfic est finie, il ne me reste plus qu'à attendre la saison 4 !