Chapitre 2 : Gild the Lily

Lilly détestait les hôpitaux, peut-être y avait-elle passée trop de temps. L'odeur du désinfectant, le bip des machines, les bruits de pas, l'angoisse de l'annonce des résultats mais le pire c'était l'absence de paroles et de rires. Sauf que dans ce couloir, l'absence de paroles n'était pas une règle, apparemment.

- Je t'avais dit que ce n'était pas la peine de rester.

- Tu as décidé de m'inclure dans ta petite escapade, maintenant tu assumes.

- Comme si j'avais eu le choix.

- Et moi, j'ai eu le choix quand j'ai dû nettoyer ma voiture parce que monsieur avait mis des graines dessus et avait attiré tous les pigeons du coin.

- Tu avais étalé du beurre sur mon pare-brise.

- Tu t'étais amusé à inverser tous les numéros de téléphone dans mon portable.

- Fallait pas aller aux toilettes sans verrouiller ton téléphone et j'ai dû changer de club de gym, à cause d'un appel du FBI demandant si on m'avait vu renifler des sous-vêtements ou avoir un comportement ambigu à l'égard de certains des membres ?

- Et le colis de sexe toys que tu as fait livrer à mon chef au bureau avec ma carte à l'intérieur.

- Je me demande qui avait bien pu mettre de la lessive dans mon jacuzzi ?

- Oh ! Pauvre petit Logan, privé de faire des galipettes dans son jacuzzi avec sa bimbo du moment.

- Jalouse ? Tu sais, le seul moment où je suis en paix c'est quand tu es en déplacement, loin, très loin d'ici.

- Euh, les enfants, quand vous vous disputez, fermez au moins la porte, on vous entend depuis l'autre bout du couloir.

Veronica et Logan se turent enfin. Lilly reprit :

- Lorsqu'on m'a appelé pour me dire que mes deux très chers amis étaient ensemble à l'hôpital, je me suis dit "chouette", un épisode de mort imminente pour les rapprocher mais non, c'était trop beau. L'avantage, c'est que vous n'êtes plus dans le déni, vous admettez enfin être les auteurs de toutes vos crasses. En tout cas, merci Veronica d'avoir mis ta rancœur de côté pour venir au secours de Logan.

Logan grimaça et leva les yeux au ciel.

- Logan, tu pourrais être reconnaissant, elle t'a sauvé la vie.

- Sauver la vie mon cul, attends de savoir ce qu'elle m'oblige à faire en retour.

- C'est toi qui m'a appelée, rétorqua Veronica.

- On va, comme d'habitude, s'enfoncer dans un dialogue stérile, donc stop ! Je vais rester avec Logan, en attendant qu'il obtienne sa décharge, et toi Veronica tu rentres te reposer, tout ira mieux dans une semaine.

- Tu n'es pas au courant ? Je passe la semaine chez vous, dit-il avec un air angélique.


- Tu étais vraiment obligé de le lui dire.

- Lorsqu'elle faisait référence à ton altruisme, j'ai crû m'étouffer.

Veronica claqua la portière et prit la direction de la maison.

- Tu vas me laisser là sans m'aider, dit Logan par la vitre de la voiture.

- Oh! Ça va, tu es sous surveillance pendant 24 heures pas handicapé. Lève tes fesses de la voiture, mets un pied devant l'autre, la porte est située à approximativement 25 mètres.

Logan suivit Veronica à l'intérieur.

- Je vais me doucher, dit Veronica.

- Besoin d'un coup de main ?

- Et toi d'un coup de pied ?

- Je demande ... étant sous tes ordres ... je ne veux que m'assurer de ton bien-être.

Veronica souffla avant de disparaître direction la salle de bain.

Logan, quant à lui, pensa que la fin de cette semaine ne pourrait pas survenir assez vite .


- Lilly n'est toujours pas rentrée.

- Elle ne rentrera pas, affirma Veronica.

- On est allé trop loin ?

- Faut croire ...

Logan regarda attentivement Veronica. Cette-dernière était assise sur l'accoudoir du canapé, une serviette entourait ses cheveux encore humides.

- Quel est le programme pour ce soir ?

- Pour ma part, une bonne et longue nuit de sommeil, répondit-elle en s'étirant, et toi, ce que tu veux, à condition de ne pas me réveiller.

- Et tu ne vas même pas venir jeter un coup d'œil toutes les deux heures, contrôler que je vais bien, comme le docteur l'a si prudemment recommandé, ajouta-t-il d'un ton moqueur.

- Si un symptôme apparait, appelle-moi, dit-elle en lui rendant son portable, mon téléphone sera sur la table de chevet. Bonne nuit !

- Qu'est-ce que tu faisais avec mon portable ?

Il regarda son smartphone d'un air suspicieux.

- Du calme ! Check l'alarme.

Ce qu'il fit de façon immédiate.

- Quelle prévenance, il est programmé pour sonner toutes les deux heures, se réjouit-il faussement.

- Un peu d'autonomie n'a jamais fait de mal à personne, si par le pur des hasards tu t'étouffais, bipe-moi et prie pour que je ne sois pas en mode silencieux, finit-elle en disparaissant dans les escaliers, d'un vague au revoir de la main.


- Bonjour ! Fit une pimpante Lilly en faisant tourner ses clés dans sa main droite, tandis qu'elle secouait un sac en papier de l'autre main. Des croissants tout frais ! ... Tu as une sale mine, ajouta-t-elle en embrassant Logan sur la joue.

- A qui le dis-tu ! marmonna-t-il, sirotant son café.

Lilly se servit un mug à son tour et vint s'asseoir au comptoir de la cuisine, à côté de lui.

- Ton portable vibre ... Ouah ! 13 messages non lus de Caitlin Ford. Je vais éviter de commenter parce que soit les médicaments t'ont lavé le cerveau, soit tu es tombé si bas que ce serait démoniaque de t'enfoncer encore plus.

- Remercie plutôt Veronica.

- Qu'est-ce que j'ai encore fait ? demanda cette dernière faisant son apparition dans la cuisine encore en pyjama.

- Caitlin Ford ! répondit Llily.

- Ah ça ! J'ai juste voulu que Logan puisse vivre son rêve au grand jour, les cheveux dans le vent, les mains autour de la taille de sa belle blonde peroxydée, sillonnant les rues de Neptune avec un scooter rose, expliqua Veronica.

- Je croyais que son scooter avait fini à la casse en un cube de 20 cm d'arête après que le nombre 134 soit apparu sur son compteur, en classe de 1ère.

- Tous nos rêves ne peuvent pas se réaliser, visiblement !

- Je savais que tu avais fait quelque chose avec mon portable ! accusa Logan.

- Quoi ? Votre soirée ne s'est pas déroulée comme tu l'espérais ? se moqua Veronica.

- Après une journée passée à l'hôpital, je comptais sur ton indulgence. Mais tu as raison, tous nos rêves ne se réalisent pas.

- C'est pour éviter que tu ne t'encroutes.

- Tu sais, ta vie serait plus facile, si tu ne pensais pas 100% du temps à moi.

- Si tu appelles ...

- Et c'est reparti ! s'interposa Lilly. Vous voulez que je vous dise, je suis revenue ce matin dans l'espoir d'une amélioration mais j'avais tort et j'en ai marre de me retrouver au milieu du champ de tir, je m'en vais !

Elle partit en trombe, se ravisa et revint.

- Dites au revoir aux croissants ! Vous ne les méritez pas. Profitez misérablement bien de votre semaine en tête à tête.