Chapitre cinq : Leur bonheur

Haddock s'arrêta un instant pour regarder le garçon bloqué sous lui. Ah, il eût le souffle coupé à la vue de cette peau d'une blancheur immaculée qui se fondait dans les draps nacrés, seules ses joues pourpres jurait dans ce tableau.

Le marin fit lentement glisser son regard sur sa peau. Le roux bombait le torse d'une respiration rapide, ses tétons rosées étaient tendus vers le ciel comme pour réclamer de l'attention.

Le roux frissonnait alors qu'on l'observait, comme s'il pouvait sentir la caresse de son regard. Son slip noir, échancré sur ses cuisses, était visiblement trop serré pour lui. Il palpitait sous le tissu, et l'en débarrasser lui aurait accordé la liberté à laquelle il aspirait.

Haddock laissait courir sa main sur ce ventre pâle et passait son index sous son slip, le faisant glisser sur l'élastique. Le dos du jeune s'arqua à ce contact, réprimant un soupir de frustration.

Cependant, le contact disparu aussitôt. Comme évaporé, il ne restait sur sa peau plus que le fantôme d'une sensation. Tintin se redressait sur ses coudes, subitement inquiet. L'homme au dessus de lui s'était renfermé dans un air impénétrable, les pupilles frémissantes d'un doute infernal.

Archibald Haddock se demandait soudain : avait-il vraiment le droit ? Lui qui n'était qu'un vieux loup de mer, pouvait-il vraiment se délecter de cette peau aussi douce que de la soie ? Qui était-il pour profiter ainsi de tout le bonheur du monde ? Le bonheur, cette idée folle qui l'avait fui tout au long de sa vie. Ainsi, quand il venait toquer à sa porte, le marin méfiant avait toujours eût cette fâcheuse manie de la fermer à double tour.

Mais maintenant qu'il était là, sous lui, l'accueillant à bras ouverts, son cœur s'affolait. Il aimait cet homme plus que tout au monde, plus que ses bouteilles de whisky, plus que sa propre vie. Ne faire plus qu'un avec lui c'était comme un rêve inavouable, inaccessible, mais visiblement sur le point de se réaliser. Mais, et Tintin, dans tout ça ? Oh, Tintin, si jeune, si beau, si pur.

Le marin fût transi d'une triste honte à rêver de souiller ainsi son jeune acolyte. Il fût soudain sorti de sa torpeur alors qu'une douce main glissait sur la joue. « Tout va bien, Capitaine ? »

Le marin enveloppait sa main et fermait les yeux. Ah, que cette main était chaude et bienveillante. Il la portait à ses lèvres et déposait un léger baiser sur sa paume. « Je suis désolé, moussaillon. C'est juste que... » Il inspirait, laissant retomber ses épaules. « C'est juste que... Je ne peux pas me décider à vous souiller ainsi, mon garçon, je... Je ne veux pas gâcher ce qu'on a. » avouait-il d'une petite voix. Ses cils tremblaient, n'osant affronter le regard de son amant, la couardise lui prenant au cœur.

« Je vous demande pardon ? » Le roux haussait un sourcil narquois en soupirant. « Allons, qui a parlé de me souiller ? » argumentait-il au tac au tac.

« D'ailleurs, vous savez quoi ? » Il tirait soudain le marin par le bras pour le faire pivoter, le faisant retomber dans le lit. Tintin profitait de l'élan pour se redresser et passa sa jambe sur ses cuisses, se retrouvant à cheval au dessus de lui. « À partir de maintenant, c'est moi qui prend les rennes. »

« Que- ? » Une ride de confusion se formait sur le front du marin. Cependant, il comprit vite ce que Tintin voulait dire alors qu'il s'était penché pour l'embrasser.

Il attribuait une attention toute particulière à sa lèvre inférieure, comme le marin l'avait fait plus tôt, il la suçait et grignotait aussi bien, voir mieux qu'il ne l'avait appris.

Et alors que ses lèvres s'agitaient, ses cuisses se mirent à onduler en rythme contre son bas-ventre. Ses mains froides étaient posées sur son torse, l'une d'elle se promenait sur ses pectoraux du bout des doigts pour finalement prendre son envol. Sans rompre leur baiser, Tintin saisit le tiroir de la table de chevet de la main droite afin de l'ouvrir pour chercher à tâtons ce qui l'intéressait. « Ah ! » soufflait-il lorsqu'il eût réussit à empoigner un objet long et fin. Il mit un terme à leur baiser pour se redresser enfin.

« Laissez moi faire. » ordonnait presque le jeune garçon qui mordillait machinalement ses lèvres d'une manière érotique.

« Oh. » fut la seule réponse que le Capitaine réussit à souffler alors que son regard se posait sur le corps presque nu du reporter qui tenait dans sa main une bouteille d'un rose affriolant : du lubrifiant.

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Contrairement à ce que nous vendent les romans à l'eau de rose, le réveil après leur première nuit d'amour fût loin d'être parfaite. Les rayons bien trop éblouissants pour un soleil de six heures cognèrent contre les paupières d'Archibald, ses oreilles furent emplies du tapage matinal des pigeons de Paris, et son bras commençait à être sérieusement engourdi, coincé sous la tête de son amant.

Et pourtant, lorsqu'il ouvrit les yeux ce matin là, il vit les choses plus claires qu'elles ne l'avaient jamais été. Un sourire égayait son visage accompagné de cette chaleur faisant gonfler son cœur. Il expirait, le fond de sa gorge le chatouillait. Alors c'était ça, ''respirer le bonheur'' ?

Il tournait la tête pour regarder son amoureux allongé à ses côtés. Nu, seulement couvert d'un drap nacré, Tintin lui tournait le dos. Haddock pouvait admirer cette nuque si blanche à la racine de ses cheveux roux, il fit glisser ses doigts sur ses omoplates et se redressait lentement, faisant attention à ne pas bouger son bras. Il eût voulu profiter de son profil endormi, mais il constatait que le reporter avait déjà les yeux ouverts.

« Oh, bonjour moussaillon. » murmurait-il d'une voix rauque, posant un léger baiser contre son lobe d'oreille.

« Bonjour Capitaine. » Son ton était assez cassant pour trancher l'air. Visiblement, lui, respirait autre chose que le bonheur.

Le marin se redressait instantanément sur un bras pour l'étudier. « Tintin... Tout va bien ?

-Oh, oui, tout va à merveille. » Sa réponse ne se fit pas attendre, et étrangement elle ne réussissait guère à convaincre le brun.

Soudain, il cru comprendre et un éclair de doutes lui fendit le cœur. « … Je le savais, vous et moi, hier on... On n'aurait pas dû... Je, je suis désolé moussaillon, je...

-Oh, non, non, Capitaine. Pas du tout. » Le roux se retournait vivement pour lui faire face. Les sourcils arqués par l'inquiétude, il prit le visage du marin entre ses mains. « Au contraire, je... J'ai beaucoup aimé mais...

-Mais quoi, mon garçon ? » Le marin agrippait fermement la main posée sur sa joue. Ah, qu'avait-il bien pu faire de travers ? Pourquoi fallait-il qu'il gâche toujours tout, alors que sa relation avec lui était la dernière chose qu'il voulait saboter.

« Mais... Mais vous- » Il fit une pause l'espace d'un instant, cherchant ses mots. « Vous devez être déçu... » terminait-il. La voix du jeune homme se fit toute petite, les tête baissée, il haussait les épaules comme un enfant.

« ...Pardon ? » Le barbu se bloquait un instant, penchant sa tête en avant comme s'il avait mal entendu. Car très clairement, si c'est ''déçu'' qui qualifiait le mieux ce que ressentait le marin actuellement, ce terme prenait soudain une dimension bien agréable et complaisante. « Déçu ? Moi ? Pourquoi ?

-C'est que... » Il s'interrompit, mordillant sa lèvre, indécis. « Je ne suis pas... ''pur'' et... ''innocent'' comme vous sembliez le croire. » Crachait-il, enfin, difficilement. « Et je, je sais que vous... Je ne sais pas, vous aviez l'air de m'idéaliser et je... j'ai juste, peur, de vous avoir déçu ?

-Oh, mon garçon. » La voix tendre du marin fit résonnait tout l'amour qu'il avait pour lui, son cœur était submergé d'un doux nectar sucré.

« Mon dieu, Tintin, je ne serais jamais déçu. Pas par vous. Vous m'entendez ? » Il déposait un léger baiser sur ses lèvres pour le réconforter. « Mais je dois admettre que je suis un peu... surpris ? J'avoue que je ne vous imaginait pas ce côté... » Il rougit soudain, se rappelant la nuit dernière. « ...Disons, épanoui ? »

Un sourcil dubitatif se haussait sur le front du roux. « Sérieusement ? » Il sourit, agitant sa main en l'air. « Vous n'en aviez aucune idée ? Vous ne vous êtes jamais dis que j'étais étrangement tactile ?

-Que... ! Si, si, bien sûr. » les joues cramoisies, le marin tentait de garder sa dignité. « Ce-C'est juste que... Je sais pas, je me suis dis que vous ne saviez pas ce que vous faisiez. » Le roux lui lançait un regard perplexe l'air de dire ''vous plaisantez ?'' ce qui ne fit que le perturber encore plus. « Ou-Ou bien, que... Que je prenais mes rêves pour des réalités...

-Oh. » Le visage du reporter s'adoucit. Malgré sa grosse barbe, l'homme en face de lui paraissait sans détresse à rougir ainsi. Et cette vue était tellement délicieuse que le roux s'en délecta en posant légèrement ses lèvres sur la commissure de celles du marin.

« Mes rêves, c'est vous, Capitaine. » Il l'embrassait tendrement, enlaçant leur bouche avec avidité. Au dessus du marin, il le poussait à se rallonger pour s'appuyer sur son torse. Il se mit soudain à rire contre ses dents et redressait légèrement sa tête. « Quand j'y pense, au final, c'est peut être vous le plus ingénu de nous deux.

-Que !... » Le marin s'étranglait à ces mots, mais le sourire charmeur du roux ne lui laissait pas l'occasion d'être vexé bien longtemps. Il soupirait, vaincu, et laissait sa main parcourir la nuque du roux pour se glisser dans ses cheveux, l'attirant à nouveau vers lui pour échanger un baiser.

Leur lèvres étaient scellées l'une contre l'autre, entrelacées, s'agitant en rythme et leur souffle se mélangeaient sensuellement, impossible de douter du bonheur qu'ils respiraient maintenant. Puis, il réalisait soudain, et le marin tendit ses bras pour éloigner Tintin, laissant une sensation de vide sur ses lèvres, mais son cœur, lui, débordait de sentiments qu'il n'avait de toute sa vie jamais exprimé de ses mots.

« Moussaillon, je... » l'hésitation se trahissait dans sa voix, la peur de l'inconnu, ou la peur du bonheur, avait gardé ses lèvres scellées jusqu'à maintenant, mais il était grand temps que ça change.

« Que... Que vous soyez aventurier ou paresseux, raisonnable ou têtu, ingénu ou bien...un peu... expérimenté... ? » soufflait-il sans grande conviction. Il se reprit vite à la vue du roux qui haussait un sourcil inquisiteur.

« Oui, bon, d'accord, ou bien complètement libidineux. » s'empressait-il de corriger. Tintin soufflait un petit rire ironique. Ah ! Complètement libidineux? C'était peut être un peu exagéré, tout de même.

« Bref, le fait est que... » Le marin reprit, sur un ton plus solennel. « Le fait est que... Toutes ces facettes de vous, je... Je les embrasse, toutes, car elles vous définissent, et... Ce que j'essaye de dire c'est que.. » Mille sabords, pourquoi c'était si difficile à expliquer ? Alors que tout était si claire dans sa tête, pourquoi rien ne sonnait pareil lorsque ses sentiments trépassaient ses lèvres ?

« Oui ? » Le roux le fixait soudain l'air émerveillé, des étoiles d'espoir dans les yeux, comme semblant comprendre où il voulait en venir.

Le barbu grattait nerveusement sa joue du bout d'un doigt, prenant une dernière inspiration avant d'ouvrir son cœur une bonne fois pour toute.

« Je vous aime, Tintin, je... Je vous aime, comme vous êtes. Vous êtes tout pour moi, et... » Les mots commençaient à se déformer alors que ses lèvres tremblaient d'émotion.

Une larme se mit à couler sur sa joue, bien qu'il ne pleurait pas. Les yeux bleu ciel du reporter au dessus de lui étaient ombragés par la pluie et ses longs cils grelottants ne pouvaient retenir les grosses gouttes qui s'abattaient sur sa barbe noir ébène.

Haddock le dévisageait sans dire un mot et s'osait à frôler sa joue du bout des doigts. Il se redressait légèrement, s'arrêtait à quelques centimètres de son visage, jusqu'à sentir sa respiration. Puis, il déposait délicatement ses lèvres sur la paupière gauche du roux, puis sur celle de droite, avec une attention particulière, comme si ces larmes étaient trop précieuses pour être gâchées.

Il s'éloignait à nouveau de quelques centimètres pour regarder son amant droit dans les yeux, un seul regard pouvait combler tout ce que les mots taisaient. Ils s'échangèrent un léger sourire avant de plonger à nouveau dans un baiser avide à la recherche l'un de l'autre.

Haddock se laissait tomber à nouveau dans le lit, entraînant son amoureux avec lui après avoir passé ses mains autour de ses épaules. Le roux paraissait bien frêle ainsi calé dans ses bras, mais le marin ne se laisserait plus avoir, car au fond, c'était peut être Tintin le plus mature d'eux deux.

Il entrouvrait ses lèvres un peu plus et laissait la langue du garçon caresser la sienne. Tintin se pressait un peu plus pour embrasser le marin, curieux mais impétueux. Il s'éloignait cependant, de quelques centimètres seulement, leur lèvres se frôlaient à peine, et se mit à glousser timidement.

« Capitaine, votre barbe me pique.

-Mille sabord ! Désolé moussaillon, je vais la raser. » s'excusait-il, commençant déjà à paniquer, mais le roux le rassurait bien vite d'un doux baiser.

« Oh, non, vous n'avez pas intérêt. »

Avec un sourire charmeur, Tintin plongeait à nouveau sur lui pour prendre possession de sa bouche, l'embrassant sans ménagement, l'explorant comme s'il s'agissait là de la plus grande aventure de sa vie.

Et de tous les baisers qu'ils avaient échangés, c'était peut être celui là le plus éloquent, le plus émouvant. Ce simple contact de leurs lèvres chaudes s'entrelaçant avec passion leur soulevait le cœur d'un sentiment indescriptible et rien n'y personne ne pouvait leur faire douter de leur amour ou de la viabilité de leur union.

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« Encore une fois, merci pour tout! »

Le jeune chinois témoignait sa gratitude avec émotion alors que son départ était imminent. Debout dans l'aéroport, accompagné des trois habitants de Moulinsart, il renfermait sa prise sur les lanières en cuir de son sac de voyage.

Les halls blancs étaient presque déserts à cette heure matinale, les chariots des employés grinçaient sur le sol couvrant le son de l'hôtesse de l'air qui annonçait l'embarquement imminent.

« Mais non, mais non, puisque je vous dis que ce n'est pas de la ciboulette. » Le vieux Professeur avait jugé bon de contredire ce qu'il avait (mal) compris, son pendule se balançait au bout de sa corde comme s'il s'agitait avec mécontentement. Cette intervention ne manqua pas de faire rouspéter le marin, ce qui fit rire les deux garçons. Sacré Tournesol, toujours aussi dur d'oreille.

« Je ne sais pas comment vous avez fait pour travailler avec lui pendant une semaine... » s'étonnait le barbu qui s'évertuait toujours et encore à dissiper les malentendus provoqués par le sourd.

Peut être par politesse, le jeune brun se contentait de sourire timidement en guise de réponse. Son visage reprit vite ses traits sérieux, il croisait ses mains devant lui et s'inclinait pour se relever aussitôt.

« Et aussi... désolé. » ajoutait-il enfin.

Haddock et Tintin s'échangèrent un regard. Il faut dire que la situation était un peu partie en vrille ces derniers jours, mais ils avaient enfin pu la tirer au claire la veille, après leur nuit à l'hôtel, les trois protagonistes s'étaient expliqués pour de bon. Haddock cherchait à comprendre le comportement de Tchang qu'il croyait amoureux de Tintin, et non de lui. « Mais, vous m'avez menacé d'un "je ne vous laisserez pas sortir avec Tintin" ? » - « C'était pour vous empêcher VOUS d'être en couple » ; « Mais vous regardiez toujours Tintin. » - « C'est VOUS que je regardais. D'ailleurs j'ai cru que c'était réciproque, vu que vous veniez toujours m'aider... » La conversation s'était faite sous le regard sévère du reporter, qui ne prenait pas la peine de cacher sa jalousie, tapant du pied frénétiquement.

Malgré tout, les trois avaient su rester bons amis. En même temps, il était impossible de rester fâcher contre Tchang bien longtemps. De plus, il leur était venu en aide en interceptant le Professeur qui revenait du restaurant pour éviter de déranger les deux tourtereaux.

« Mais oui, ne vous en faites plus, tout est pardonné ! » Le marin le rassurait de sa grosse voix, le gratifiant d'une tape amicale sur l'épaule.

Ce simple contact suffit peut être à émouvoir le garçon dont les joues tournaient cramoisies, sans détacher le regard de son interlocuteur. Contrairement au concerné, Tintin, lui, n'avait pas manqué de remarquer cet émoi.

« Prenez soin de vous mon garçon.

-Oui, merci...

-Capitaine ? » Tintin les interrompait, saisissant son ami par la manche pour attirer son attention.

« Hum ? » Le barbu avait-il à peine tourné la tête vers le reporter qu'on lui attrapait le col pour le forcer à se baisser. S'élevant sur la pointe des pieds, le roux allait directement à la rencontre des lèvres rugueuses du vieil homme qui étouffait un cri de surprise. Le jeune prenait jalousement possession de sa bouche, et le marin d'abord réticent n'eût d'autre choix que de lui rendre son baiser dans un grognement obscène.

Sous les yeux ébahis de l'adolescent, les deux hommes s'embrassaient ainsi à pleine bouche pendant de longues secondes jusqu'à en avoir le souffle coupé.

Ils s'écartaient enfin, un pont de bave les reliant encore. Tintin retombait sur ses talons et lâchait sa prise sur le col de son compagnon totalement conquit.

Malgré son visage encore timidement empourpré, le reporter haussait le menton fièrement et pivotait vers Tchang pour lui adresser un sourire victorieux. Le garçon d'abord écarlate, soupirait avant de retrouver son calme et les gratifiait d'un sourire timide.

« Soyez heureux, tous les deux. » concluait-il devant cet étalage d'amour qui n'avait visiblement pas d'autre but que de faire disparaître tous ses doutes.

Bien que son sourire trahissait une certaine tristesse, il enlaçait une dernière fois ses deux amis avant de leur tourner le dos pour embarquer.

Une fois qu'il eût passé les portiques et qu'il fût hors de leur champ de vision, Haddock se tournait vivement vers son ami, ayant retrouvé ses sens par rapport à tout à l'heure.

« Vous êtes fou !... » Il levait les bras en l'air tout en se tournant vers Tintin, laissant enfin exploser sa colère.

« Pardon ?

-Ça ne va pas de m'embrasser comme ça ? Devant Tchang en plus ?

-Désolé Capitaine, je n'ai pas pu m'en empêcher, vous étiez trop mignon. » se défendait-il, domptant ainsi le tempérament de son ami. Il se rapprochait, l'air coupable, et le dévisageait de ses grands yeux bleus, comme plaidant le pardon. Le marin avait vite tourné écrevisse mais s'obstinait à garder son air coléreux. Les sourcils froncés, il fit glisser ses doigts sur sa mâchoire en baragouinant.

« Grmpf, et c'est vous qui dites ça...

-Hein?

-Non, rien ! Mille sabord, j'espère au moins que Tryphon n'a pas vu ça. » Il jetait soudain un coup d'œil inquiet au vieil homme qui s'était éloigné pour regarder les boutiques.

Le hall s'illuminait alors du rire cristallin du jeune garçon, il caressait la joue du barbu pour attirer son regard à nouveau sur lui. Puis, le plus naturellement du monde, leur mains se rencontrèrent et s'enlacèrent doigt par doigt.

Ils se dirigèrent alors vers la sortie pour rentrer à Moulinsart, leur chez eux qui leur promettait une vie ensemble aussi éternelle que la pierre avec laquelle on l'avait bâti.

« Vous vous en faites trop, Capitaine... » le rassurait-il en déposant amoureusement un léger baiser sur ses lèvres.

Quelques pas derrière eux, le Professeur les suivait silencieusement. Il faut savoir aussi que, bien qu'il fût dur d'oreille, le vieil homme était loin d'être aveugle...

Merci à tous pour votre lecture !

Je sais qu'on est peu nombreux dans le fandom Tintin mais god, le Haddotin c'est tellement la vie. Q_Q

A l'origine ça devait être une histoire en un chapitre, mais comme d'habitude je me suis laissée emporter. Je l'ai écrite en parallèle avec une looooongue fic Haddotin que je suis entrain d'écrire, mais que je n'arriverai sûrement jamais à finir...

En attendant voilà, je voulais vous donner un petit aperçu de ma vision du Haddotin, j'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à laisser des commentaires. Merci !

(oh, et le fait que j'ai ellipsé la scène de sexe, c'est surtout parce que jusqu'au dernier moment je ne savais qui de Haddock où de Tintin devait être au dessus, so... Je vous laisse imaginer. XD)