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RAPPEL : CECI N'EST DÉFINITIVEMENT PAS UNE LECTURE POUR LES ADOLESCENTS ET POUR LES AUTRES ÂMES SENSIBLES !

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Partie 5 - Récupération
Chapitre 3

2 avril 1997
Poudlard
École de magie et de sorcellerie

Salle sur Demande

Albus Dumbledore se tenait dans l'obscurité sous un charme de désillusion, regardant Harry Potter et Neville Londubat qui poursuivaient leurs tentatives pathétiques de se former. Le vieux sorcier sourit. Le niveau de leurs capacités s'était amélioré depuis leurs aventures au Ministère de la Magie, certes, mais ils perdraient de façon spectaculaire s'ils étaient opposés à un sorcier moyennement entraîné. Et ils le savaient tous les deux.

Oui, c'était un excellent développement. Il ne faudra pas longtemps avant que la culpabilité envers les atrocités de Tom ramène Harry dans le giron du Plus Grand Bien. Le garçon implorerait Albus Dumbledore, le plus grand sorcier de tous les temps, de le former pour être capable de combattre Tom. C'était parfait, juste parfait.

Le Directeur rassembla sa magie autour de lui, et traversa la sortie cachée de la Salle sur Demande. Il avait des plans à faire et des mesures à prendre.

Neville pivota sur son pied gauche, et jeta un sortilège à Harry. Comme ce fut le cas de la plupart des sorts que Londubat avait lancés cette nuit-là, le sortilège était large et ne s'approchait jamais de la cible immobile. La lumière bleue électrique éclaboussa le mur et se répandit sur toutes les surfaces de la Salle sur Demande, avant de pulser deux fois et de disparaître.

« Il est parti. Il n'a pas pris la peine de laisser de sort de surveillance, cette fois-ci. » dit le Gryffondor aux cheveux couleur sable.

« Bien. Il ne sait toujours pas que nous pouvons le voir, maintenant. » Harry se mit en position, souhaitant que la Salle reprenne la séquence d'exercices interrompue par l'arrivée de Dumbledore. Les cibles immobiles recommencèrent à bouger. Chacun des quinze simulacres de cibles commença à lancer de lourdes malédictions sur les deux jeunes hommes. « Le premier qui arrivera à huit cibles enverra l'autre à la cuisine, pour chercher le goûter de minuit ! »

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« Tes sandwiches, oh grand et puissant tricheur. » dit Harry, les dents serrées.

« Oooh, celui au thon. » dit Neville avec un large sourire. « Mon préféré. »

« Je suis sérieux, Neville. Convaincre la salle que tu avais besoin de tous les drones pour me cibler, c'est tricher ! » Harry prit son propre sandwich et grimaça. Il détestait le thon, en particulier à Poudlard, où les elfes mettaient toujours trop d'oignons.

« Tu appelles ça de la triche. J'appelle ça une utilisation de toutes les ressources à ma disposition. » rit le garçon le plus costaud. « Nous sommes prêts, mon pote. »

« Je suis d'accord. Maintenant, tout ce qu'il nous faut, c'est un endroit et une date. » Harry mâcha un moment, puis continua. « Je pense que je sais où se trouve Jedusor. À Little Hangleton. »

« Seul un idiot traînerait là où il était connu. » acquiesça Neville. « Donc, puisque nous parlons de Jedusor, tu as sûrement raison. Alors, nous avons l'endroit. J'ai une idée du moment. »

« Je vais probablement la détester, mais quelle est ton idée ? »

« Jedusor mène tous ses raids nocturnes en frappant plusieurs endroits à la fois, puis en se déplaçant et en frappant plusieurs autres. Les rapports d'Aurors, que Tonks nous a obtenus, semblent prétendre que les mêmes sorciers frappent plusieurs fois, tout au long de la nuit. »

Harry passa la main dans ses cheveux. « Oui, tout à fait. Quelle est ton idée ? »

« La prochaine fois qu'ils font une de leurs nuits, nous les frappons tôt le matin suivant. »

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20 avril 1998
Manoir Potter

Daphnée se réveilla dans l'obscurité, se sentant au chaud et aimée. La plupart de ses cauchemars étaient terminés, elle avait recommencé à rêver. Rêver de la vie dans les dortoirs de Serpentard, des étés à cheval sur le domaine de son père, et de nouveau cette nuit, rêver d'Harry la prenant au lit comme avant.

Elle se rapprocha d'Harry, et resserra son bras autour du corps de son mari, autour de sa respiration profonde et régulière. Ils étaient en contact presque constant depuis trois mois et demi. Ensemble, ils avaient décidé de ne pas retourner à Poudlard.

Bien que cela fasse mal, elle savait que c'était la bonne décision. Ils avaient étudié ensemble pour leurs A.S.P.I.C. en candidats indépendants, et devaient passer les examens au Ministère le premier mai.

« Quitter cet endroit maudit ne me dérange pas, chérie. » avait dit Harry, quand elle lui avait finalement avoué qu'elle ne voulait pas y retourner. « J'y suis resté pendant ma septième année surtout par inertie. Je suis heureux de l'avoir fait. » dit-il en lui serrant la main. « Mais ce n'était pas par besoin ou envie, tu comprends ? »

Durant la semaine, ils étaient eux deux, les elfes, et tous les précepteurs dont ils avaient besoin pour leurs études. Les week-ends, Neville et Hannah Abbott, Tracey, et à l'occasion Hermione Granger et Justin Finch-Fletchley, venaient les tenir au courant des derniers potins de l'école.

La plupart du temps, il n'y avait qu'eux deux. Harry était ravi de cuisiner pour elle, et la réaction de Winky face à Harry cuisinier ne manquait jamais de la faire sourire. Ils faisaient de longues promenades sur le terrain du manoir. Harry accordait une attention particulière à ses humeurs et à ses besoins. Parfois, c'était agaçant qu'il s'en préoccupe tant, mais d'autres fois, elle avait besoin de son contact. Harry semblait réellement comprendre ce qu'elle traversait, et il savait être là sans faire pression sur elle.

Harry avait ses propres démons. Ses cauchemars emplissaient parfois ses nuits, bien qu'il semblât se calmer quand elle le touchait. Daphnée était plus que ravie de penser qu'ils se guérissaient mutuellement, lentement, sans réelle intention de l'être, juste en étant l'un avec l'autre.

Cet homme avait pris tant de risques pour elle. Harry avait dépensé plus d'argent qu'elle n'aurait jamais imaginé, pour falsifier les documents qui lui avaient permis de prétendre qu'ils étaient mariés. Il avait combattu un homme pour la protéger, et l'avait tué pour empêcher qu'elle soit blessée.

Cela faisait moins de six mois qu'Harry l'avait approchée à la sortie de la salle de classe de métamorphose. En moins de six mois, sa vie avait été complètement bouleversée.

Pourtant, il était trop tard pour les doutes. Quand Harry lui avait demandé de l'épouser par le biais de ces journaux loufoques, dans la Chambre du Magenmagot, elle avait dû prendre une décision immédiate : vivre dans un pays étranger avec un homme qu'elle détestait, ou vivre avec Harry. Elle avait choisi Harry par désespoir, mais elle l'avait choisi.

Enlacés comme ils l'étaient, elle pouvait sentir le battement de cœur de son mari aussi bien qu'elle pouvait l'entendre. Il y avait quelque chose de réconfortant dans ce son.

Daphnée sentait l'érection croissante qui se pressait contre sa cuisse. Quelque chose dans son rêve ? Peut-être qu'il rêvait d'elle ? Entre la réaction de l'homme endormi et son propre rêve, Daphnée prit une décision.

Elle chercha son visage dans l'obscurité, l'embrassant jusqu'à son cou. Harry remua dans son sommeil à ses effusions. Puis Daphnée mordilla sa joue, ce qui le réveilla définitivement.

« Daphnée ? »

« Qui d'autre ? » demanda-t-elle d'une voix de gorge.

« Je ne sais pas. Peut-être qu'une sociopathe s'est introduite, et m'agresse dans le noir. »

Daphnée frissonna, pendant que les mains d'Harry parcouraient son corps. « Ne t'inquiète pas, Ginny Weasley n'est pas là. » Elle se sourit à elle-même. « Les garçons Creevey non plus. »

« Remercions Merlin pour ça. »

Daphnée était maintenant sur lui. Elle prit la tête d'Harry dans ses mains et l'entraîna dans un baiser, sa langue envahissant l'autre bouche, alors qu'elle collait son corps contre celui de son vis-à-vis.

Après le baiser elle s'écroula sur lui, tous les deux haletants. « Daphnée, dis-moi ce que tu veux. »

« Je recouvre une dette, M. Potter. » murmura-t-elle, avant de mordiller son lobe d'oreille gauche.

« Quelle est cette dette, Mme Potter ? » haleta-t-il.

« Vous me devez une nuit de noces, M. Potter. Je vise à la réclamer. »

« Oh. » Les mains viriles trouvèrent les seins. « J'ai eu tort de laisser une dette s'alourdir si longtemps. Je dois m'assurer de faire le paiement intégral ce soir. »

« Vous avez accumulé plusieurs pénalités, à vous mettre autant en retard. »

« Bien. » Les lèvres d'Harry effleurèrent celles de Daphnée. « J'aime payer des pénalités. »

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12 juillet 1998
Manoir Londubat
Salle à manger

L'attention de tout le monde était dirigée vers Harry qui se tenait debout.

« C'est la partie de la soirée où je peux vous raconter les histoires que je connais sur Neville et Hannah. »

« Oh, génial, il fait un discours. » dit Neville en se frappant la tête contre la table.

Les rires se répandirent dans la foule assemblée, tandis qu'Harry ignorait le marié.

« Je croyais avoir rencontré Neville à bord du Poudlard Express, mais il s'avère que nous avons joué ensemble quand nous étions tout-petits... Je ne sais pas pourquoi ça m'a surpris quand Grand-Mère Londubat me l'a dit, mais j'ai été surpris. Quoi qu'il en soit, la deuxième fois que j'ai rencontré Neville, il a brisé la glace en me demandant si j'avais vu un crapaud. »

« C'est la même phrase qu'il a utilisée pour moi ! » dit Hannah très fort.

« Vraiment ? Nev, mon pote, tu devrais revoir ton scénario. »

« Pourquoi ? Ça a marché, non ? »

Harry acquiesça. « Bon point. » Hannah tendit la main vers Harry, et plaça quelque chose dans sa main. Harry jeta un coup d'œil au bout de parchemin et continua.

« Après cette réunion mémorable et quelque peu troublante, Neville et moi avons tous deux été envoyés dans la Maison Gryffondor, et laissez-moi vous dire que vous en apprenez beaucoup sur un gars lorsque vous dormez dans la même pièce pendant près de sept ans. Mais je n'irai pas dans ce sens : aucun sens ne doit faire fuir la pauvre Hannah avant la nuit de noces. »

Harry s'arrêta pendant que les éclats de rire traversaient la pièce. « Neville est bien sûr un Gryffondor de Gryffondor, courageux, franc, impétueux, et plus qu'un peu fou. Hannah est une Poufsouffle de Poufsouffle, loyale, attentionnée, travailleuse, et assez folle pour épouser Nev et me supporter. »

Harry tendit la main et ébouriffa les cheveux de son ami. « C'est ma meilleure histoire à propos de Nev : Ce n'est pas à propos d'Hermione qui le pétrifie la première année, ni à propos des dizaines de chaudrons qu'il a détruits en cours de potions, ce n'est même pas à peu près autant de fois où il est sorti des Serres couvert de trucs dégoûtants. C'est une histoire sur le jour où lui et moi avons vaincu Voldemort. »

« Oh, tuez-moi maintenant. » dit Neville, en se frappant de nouveau la tête contre la table.

« Neville et moi étions accroupis devant les appartements de Voldemort. À ce moment-là, il ne restait plus que le Branleur des Ténèbres et trois de ses gardes contre Neville et moi. Je pense que la plupart des gens savent maintenant que Voldemort et moi étions liés par ma cicatrice, que parfois je pouvais ressentir ses émotions à travers ce lien. Nev avait remarqué que je frottais ma cicatrice, et il s'était demandé si Voldemort en était la cause. C'est alors que j'ai réalisé ce qui était différent à ce moment-là. J'ai dit à Neville que le Branleur était inquiet. »

« Neville m'a juste regardé, il a souri un peu, et il a dit : "Il a un Londubat après lui cette fois, bien sûr qu'il est inquiet." Je suppose que c'est ce qu'Hannah ressent ce soir. »

Encore une fois, les rires vinrent des personnes rassemblées dans la pièce. Neville tendit la main et mit quelque chose dans la main d'Harry. « Très bien, tout le monde. Neville m'a juste glissé cinq Gallions pour court-circuiter cette histoire, asseyez-vous et taisez-vous... Ce qui me met dans un dilemme moral, car Hannah m'a payé dix Gallions pour distraire tout le monde, assez longtemps pour qu'elle puisse faire une pause. Eh bien, la seule chose à faire est de continuer, et de garder tout l'argent. » Harry leva son verre. « Sorcières et sorciers, je vous présente Hannah et Neville Londubat ! »

Dans toute la pièce, les verres furent levés et éclusés en réponse.

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13 mai 2000
Hôpital Ste Mangouste
pour les Maladies et Blessures Magiques
Service Maternité

« EEEEEAAAAGGGGHHHH ! »

Les sons que faisait Daphnée effrayaient franchement Harry à mort. « Il n'y a pas quelque chose que vous pouvez lui donner ? » demanda-t-il au Médicomage.

« Je suis désolé, Lord Potter-Black : une potion affecterait votre fille. »

Harry était assis derrière Daphnée sur le lit, son bras gauche autour d'elle, sa main droite dans la sienne. Il ne s'était jamais senti aussi impuissant ou aussi inutile de sa vie.

« C'est toi qui m'a fait ça, salaud ! » dit Daphnée, au grand amusement des Médicomages présents. « Tu ferais mieux d'apprendre à dormir les yeux ouverts, je vais... »

« Oh, ce que tu me fais. » Harry murmura à son oreille. « Je me rappelle que tu m'avais dit d'arrêter, mais tel que je m'en souviens, tu disais "arrête" entouré de "ne" et "pas". »

Malgré sa douleur, Daphnée se pencha plus fort en arrière, comme pour augmenter le contact entre eux. Une fois la contraction stoppée, elle grinça avec les dents serrées. « As-tu réussi à contacter tout le monde ? »

« Ouais. » dit Harry, en essuyant la sueur du visage de sa femme, maintenant qu'ils étaient entre deux contractions. « Ta mère est ici, elle est venue avec Fol'Oeil, qui semble penser qu'il va prendre la garde de Beth dès sa naissance. Tracey était en route la dernière fois que j'ai vérifié. »

« Grand-père veut seulement s'assurer qu'elle sera élevée avec une vigilance constante... » Daphnée grimaça quand la contraction suivante commença. « Je jure sur Merlin que tu ne me toucheras plus jamais. »

« Je t'aime aussi. » murmura Harry à son oreille, alors qu'ils attendaient la naissance de leur fille.

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