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RAPPEL : CECI N'EST DÉFINITIVEMENT PAS UNE LECTURE POUR LES ADOLESCENTS ET POUR LES AUTRES ÂMES SENSIBLES !

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Partie 5 - Récupération
Chapitre 4

22 février 2001
Angleterre
Royaume-Uni
Londres
Café Nero

« Te voilà. »

Hermione leva les yeux de son livre et sourit. « Bonjour, Justin. »

Prenant la chaise en face d'elle, Justin Finch-Fletchley fit signe à la serveuse de lui apporter une tasse de thé. Hermione aimait peut-être ces cafés trop chers, mais à un certain niveau, ils l'offensaient. C'était probablement parce que son père avait négligé d'investir dans les boutiques de cafés à la mode, et ainsi manqué l'un des grands succès de la décennie. Le fait que le thé soit lui aussi terriblement trop cher ne dérangeait pas Justin le moins du monde.

« Nous pourrions aussi bien aller droit au but. » dit Justin en s'appuyant sur ses coudes. « Nous sommes ici pour rompre, n'est-ce pas ? »

Hermione eut l'air un peu surprise, puis elle sourit. « J'avais l'intention de t'aider... Suis-je si transparente ? »

« Non. Nous sommes en train de nous séparer depuis Noël. Si tu ne m'avais pas appelé, je t'aurais appelée. » Il sourit à la serveuse quand elle apporta son thé, ajouta une goutte de lait dans la tasse, et remua le mélange. « Avec nos horaires et nos charges de cours, tout en allant dans plusieurs écoles en même temps, ça ne peut pas fonctionner très bien, n'est-ce pas ? »

« Quand je suis libre, tu es occupé, quand je suis occupée, tu es libre. » accepta Hermione. « Je me suis sentie comme une fille horrible lorsque j'ai commencé à reluquer les garçons dans mes cours. Même si je n'ai rien fait, je me sens comme si je te trompais. »

Justin sourit. « En effet. Je me suis regardé et je me suis posé des questions. Je suppose que nous avons plutôt bien réussi. Nous sommes ensemble depuis plus de trois ans. Si nous pouvions nous voir tous les jours... »

« Alors... » Elle sirota son café. « Regarde-nous, nous avons grandi. As-tu une remplaçante dans les coulisses ? »

« Non. » Le bras de Justin traversa la table et il prit sa main. « Tu me connais, Hermione. Dans les dortoirs, ils m'appellent "ce Bon Vieux Monsieur-Livre-Ouvert"(*). Et toi ? »

[(*) Note de la traductrice : Mille mercis à Itack23, pour m'avoir donné cette excellente traduction de "Old Smooth as Gravel" !]

« Quelques garçons dans quelques-unes de mes classes ont manifesté un intérêt, mais rien de ferme. » Elle termina son café, et ramassa ses affaires dans son sac. « Allons-y. »

Justin cligna des yeux, puis se leva. « Où allons-nous ? »

« J'ai pris une chambre à l'hôtel d'à côté. » Elle se leva sur la pointe des pieds pour l'embrasser. « Je voulais dire au revoir à notre relation de la manière la plus agréable possible. »

Sortant du café à la suite de cette force de la nature aux cheveux touffus, Justin pensa une fois encore que Ron Weasley avait été un idiot. Et peut-être lui-même l'était-il autant de s'éloigner de cette fille.

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6 juin 2001
Loutry Ste Chaspoule
Le Terrier

Elle se tenait au-dessus du chaudron pendant qu'il bouillonnait doucement, en remuant une fois, deux fois, trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre, une fois, deux fois dans le sens inverse, puis le motif répété dix-sept fois. Lentement, si lentement, la couleur passa d'un blanc laiteux à une nacre chatoyante, la vapeur s'échappant de la surface dans les spirales classiques imbriquées. Parfaite.

L'Amortentia, la plus puissante de toutes les potions d'amour connues. Soigneusement, très soigneusement, elle versa une douzaine de doses dans de minuscules fioles de cristal. Un an d'approvisionnement. Assez pour assurer son avenir. À chaque fiole, elle ajouta le cheveu, puis scella la fiole. Ginny Weasley finit par ouvrir sa malle de mariage, ce que sa mère appelait sa "poitrine de l'espoir"(*), et y rangea onze doses dans un compartiment soigneusement dissimulé dans la malle.

[(*) Note de la traductrice : Le terme anglais est "Hope Chest". Il s'agit d'un meuble traditionnellement utilisé par les jeunes filles anglophones avant le mariage, afin d'y ranger des articles, tels que les vêtements et le linge de maison, en prévision de la vie conjugale. (Wikipedia traduit de l'anglais)
Les Françaises appelaient ces articles "le trousseau de mariage", mais je ne crois pas qu'elles avaient un meuble spécial pour les ranger.]

La potion était nécessaire, se dit-elle. Sans cela, elle était condamnée à une vie semblable à celle de sa mère, ou derrière le comptoir de la boutique de ses frères. Le Quidditch n'avait pas fonctionné. Elle avait rapidement découvert qu'être très bonne dans ce sport à l'école signifiait être plutôt pathétique au niveau professionnel. Sept essais, sept rejets. Seul l'entraîneur des Canons avait été presque honnête avec elle.

« Petite fille. » avait-il dit. « Tu as des compétences. Mais tu es trop faible. Tu ne tiendrais pas deux minutes dans un vrai match. Tu es plutôt bonne sur un balai. Peut-être que tu pourrais trouver un travail d'enseignante pour enfants riches et gâtés. »

Ginny soupira et fit disparaître les restes de son travail de potions. À neuf heures du matin, on frappa à sa porte. Elle l'ouvrit pour trouver Fleur, Luna, et la petite amie de George, Angelina, qui la fixaient avec espoir.

Elle leur fit signe d'entrer, et ce fut la dernière décision qu'elle fut autorisée à prendre pendant les trois heures suivantes. Elle fut lavée et maquillée, ses cheveux taquinés, volumisés, tordus, et qui sait quoi encore. Elle fut déshabillée puis habillée une couche à la fois, jusqu'à ce qu'elle soit fermement enveloppée dans la robe de mariée de sa mère.

Molly était entrée et sortie. Trop occupé à orchestrer le mariage du siècle pour passer beaucoup de temps à rendre Ginny misérable, elle avait confié ce travail à Fleur, Luna et Angelina. Son père Arthur arriva vers la fin, mal à l'aise dans les robes de cérémonie que Molly avait choisies. Il avait l'air fier, heureux et triste en même temps, retenant ses larmes en voyant sa fille unique dans la robe que sa propre femme avait portée, toutes ces années auparavant. Il ne savait pas pour le philtre d'amour, et il ne le saurait jamais.

Les filles en avaient fini avec elle et portaient leurs propres robes, toutes plus hideuses les unes que les autres. Elles descendirent les escaliers en attendant que la musique commence.

Arthur Weasley regarda dans les yeux de sa fille unique. « C'est le grand moment, ma chérie. »

« Je sais, papa. Je peux avoir une minute ? »

Arthur fit un sourire entendu, démontrant qu'il ne savait rien. « Bien sûr, ma chérie. Prends ton temps. Ils ne peuvent pas commencer sans toi. »

« Merci, papa. » dit-elle alors que la porte se refermait. Traversant son lit, elle souleva l'oreiller pour prendre la petite fiole de cristal, et la déboucha.

Le parfum la submergea. Bois de houx et plumes de hibou. Elle ne pleurerait pas. Non, elle ne le ferait pas. Les odeurs d'Harry. Elle avait été si proche de l'homme qu'elle aimait, et elle ne le savait pas. Elle l'avait eu dans sa vie, et elle l'avait chassé, dans le cadre du plan futile et stupide de quelqu'un d'autre.

Peu importait. Le passé était le passé. Elle avait besoin de cette potion pour assurer son propre avenir. Ginny Weasley traversa la pièce jusqu'à la porte, plaçant sa main gauche sur le bouton. Dans sa main droite, elle tenait la potion. Elle fit une pause, puis introduisit la potion dans sa propre bouche. Une autre seconde, et elle fut submergée d'amour et d'adoration pour Michael(*). Elle ouvrit la porte pour trouver son père qui l'attendait. Elle lui fit un magnifique sourire. « Il est temps de me marier, papa. » dit-elle en lui offrant son bras.

[(*) Note de la traductrice : L'auteur ne précise pas de quel Michael il s'agit. Très certainement Michael Corner, le petit-ami de Ginny à Poudlard, avant qu'elle sorte avec Harry.]

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13 mars 2008
Rio de Janeiro
Clinique Médecins Sans Frontières

Hermione Granger était assise avec impatience dans le taxi qui se frayait un chemin à travers la ville. Elle était là depuis trois semaines, et n'avait jamais réussi à être à l'heure une seule fois. La circulation dans cette ville folle était pire que tout ce qu'elle avait jamais vu, y compris à Londres, Paris et Rome, et semblait conspirer contre son arrivée à l'heure à la clinique.

Hermione considérait que prendre une année sabbatique pour servir les autres était la meilleure chose qu'elle ait jamais faite. La gratitude des personnes qu'elle traitait réchauffait son cœur, d'une manière qu'elle n'aurait jamais imaginée. À son arrivée au Brésil, elle était allée directement au Ministère local, et avait enregistré sa présence et ses intentions. L'idée d'une sorcière pratiquant la médecine moldue ne souleva même pas un sourcil parmi les officiels brésiliens. La jeune femme qui l'avait interrogée avait été impressionnée par la Maîtrise en Guérison d'Hermione, ainsi que par son diplôme en médecine moldue. Elle avait discrètement souligné que le Statut international du Secret Magique devait être respecté, avant de préciser que personne ne surveillerait les actions d'Hermione.

Celle-ci utilisait discrètement la magie depuis qu'elle avait traité son premier patient : c'était plus facile ici, en raison de l'admiration que lui vouaient les gens qui venaient à la clinique, ainsi que le reste du personnel médical. Beaucoup d'entre eux considéraient les médecins comme faisant de la magie, de toute façon.

Le bâtiment de la clinique était étonnamment vaste, et grâce aux efforts sans fin des bénévoles locaux, impeccable. Le peu de matériel présent était plutôt ancien et souvent en panne, mais Hermione était convaincue qu'elle faisait plus de bien ici, en une seule journée, qu'elle ne l'avait jamais fait, en une semaine, à l'hôpital Bridgewater de Manchester.

Le taxi s'arrêta enfin devant la clinique... Bizarre : Agnese, la réceptionniste de la clinique, était devant et regardait l'immeuble. Avaient-ils été volés à nouveau ? Hermione paya le chauffeur à la hâte, et se précipita aux côtés de la jeune femme.

« Qu'est-ce qui ne va pas, Agnese ? » demanda Hermione à la jeune femme en portugais.

« Quelque chose est arrivé à l'intérieur. » La jeune femme fit le signe de croix. « Quelque chose... d'étrange. »

David Morgan-Mar, un médecin australien nommé ici pour un contrat d'un an, sortit de la clinique en secouant la tête.

« David, qu'est-ce qui se passe ? » demanda Hermione.

« Quelqu'un était à la clinique cette nuit, et ils... Eh bien, ils ont tout arrangé. » L'homme aux cheveux noirs secoua la tête avec incrédulité. « Tout le vieil équipement a disparu. Il a été remplacé par de meilleurs appareils que ceux sur lesquels je travaillais à Brisbane. Les armoires à pharmacies sont entièrement approvisionnées, il y a un nouveau générateur, et il y a la CLIMATISATION. Il n'y a aucun moyen que ça soit arrivé du jour au lendemain. Mais... Hermione, il faut que tu jettes un coup d'œil. »

Hermione pénétra avec hésitation dans la clinique. Dès qu'elle entra, elle réalisa que David avait raison. Le froid du climatiseur la fit frissonner un instant. Les murs semblaient être fraîchement repeints, malgré l'absence d'odeur de peinture dans l'air. De nouveaux meubles remplaçaient les antiquités délabrées de la veille. Elle erra dans le couloir, en regardant dans les salles d'examen. Impeccable. Les tables d'examen disposaient même de rouleaux de papier, pour les garder aussi propres que possible entre deux patients. Il y avait un tout nouvel appareil à rayons X, à la place de l'antiquité qui ne fonctionnait plus depuis l'arrivée d'Hermione. Elle ouvrit l'une des pharmacies, et la trouva pleine. Elle n'avait pas vu autant de fournitures depuis Manchester. La dernière porte au bout du couloir était son bureau.

Elle ouvrit prudemment la porte, pour découvrir que son bureau avait été autant transformé que le reste de la clinique. La vieille table qui lui servait de bureau avait disparu. À sa place se trouvait un bureau en chêne épais, avec une chaise de bureau ergonomique pour remplacer le tabouret à trois pieds sur lequel elle était assise la veille. Le vieux carrelage noir et blanc du sol avait été remplacé par de la moquette, et ses livres de référence étaient maintenant rangés dans des bibliothèques, au lieu d'être empilés sur le sol.

Il y eut un léger "pop" derrière elle. Hermione se retourna, pour trouver l'elfe Dobby derrière elle.

« Dobby ? »

« Bonjour Mlle Grangy d'Harry Potter, Monsieur. » dit joyeusement le petit être. « Harry Potter, Monsieur, a demandé à Dobby de voir s'il pourrait aider Mlle Grangy d'Harry Potter, Monsieur, avec son travail de guérisseuse moldue, après qu'il ait lu la lettre de Mlle Grangy d'Harry Potter, Monsieur. Est-ce que Dobby a bien fait ? »

« Oh, vraiment très bien fait, Dobby. Mais tu ne dois laisser personne te voir, ici. »

« Dobby est au courant pour les Moldus. Les Moldus ne verront pas Dobby. »

Bien sûr que non. Hermione se frappa mentalement la tête d'avoir dit une chose aussi idiote. « Merci, Dobby. Et s'il te plaît, remercie Harry pour moi. »

« Dobby le fera. Si Mlle Grangy d'Harry Potter, Monsieur, a besoin de quelque chose pour son travail de guérisseuse moldue, elle devra laisser un mot sur son bureau, et Dobby s'en occupera. »

Cela surprit Hermione, et sa surprise se refléta dans sa voix. « Tu reviendras ? »

« Oh oui, Mademoiselle. Harry Potter, Monsieur, a dit que Dobby pourra aider sa Mlle Grangy d'Harry Potter, Monsieur, autant qu'il voudra. Winky est si jalouse. Harry Potter, Monsieur, a ouvert un coffre-fort pour le travail de guérisseuse moldue de Mademoiselle. Dobby s'occupera de tout. »

« Merci, Dobby. Merci beaucoup. »

L'elfe transplana. Hermione s'assit à son nouveau bureau. Inventer une histoire qui ait du sens, et qui convaincrait ses collègues, allait être un travail très ardu.

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13 mars 2008
Rio de Janeiro
Un appartement à Copacabana

Ç'avait été un jour infernal. Il était étrange que, malgré le fait que le nouvel équipement facilitait le traitement de chaque patient, l'effet cumulatif avait conduit plus de patients à franchir la porte.

Hermione glissa sa clé dans la serrure de la porte, en pensant qu'elle avait vu plus de patients en ce seul jour que pendant trois jours, depuis son arrivée ici. Malgré sa fatigue, elle souriait en se demandant ce que le petit elfe hyperactif allait faire ce soir. Elle devrait se rappeler d'écrire à Harry, pour le remercier de l'aide envoyée.

Alors que la porte se fermait derrière elle, l'instinct de survie d'Hermione jeta l'alarme : quelqu'un était dans l'appartement !

Hermione chercha dans ses souvenirs pour trouver le bon sort : cela faisait plus de dix ans qu'elle n'avait plus utilisé sa baguette dans la colère, pour se défendre ou pour se battre. D'une main tremblante, elle tint sa baguette dans la première des sept positions approuvées pour un duel, et elle ouvrit avec précaution la porte de sa cuisine.

Pour y trouver Justin Finch-Fletchley assis à sa petite table, en train de verser une tasse de thé.

« Justin ? »

« Salut, Hermione. » répondit l'homme aux cheveux sablonneux, ses sourcils relevés à la vue de la baguette dirigée vers ses yeux.

Hermione baissa le bras. « Tu m'as fait peur. Que fais-tu ici ? »

« Eh bien, » dit le banquier d'investissement, en versant une tasse de thé pour la maîtresse de maison, « je voulais te voir. »

« Me voir ? » bafouilla-t-elle. « Nous ne nous sommes pas vus depuis sept ans, pourquoi voulais-tu me voir ? »

« Cela va te paraître stupide. »

« Je suis habituée aux stupides. » dit la femme aux cheveux touffus avec un sourire. « Je suis sortie avec Ron Weasley. »

« Très bien. J'ai reçu mon bonus annuel en décembre, trois millions de livres. »

« Tu as reçu trois millions de livres en bonus ? » Elle secoua la tête. « Je me suis trompée de métier. »

« J'ai eu une bonne année. » sourit Justin. « Quoi qu'il en soit, j'avais tout cet argent, et j'ai réalisé que je n'étais pas heureux. Et cela fait longtemps que je ne suis pas heureux. Alors j'étais assis sur mon canapé, et je me demandais ce qui n'allait pas dans ma vie, lorsqu'un petit elfe maniaque a transplané dans mon appartement, et m'a dit où se trouvait "Mlle Grangy d'Harry Potter, Monsieur", puis il est reparti en transplanant. »

« Dobby ? »

« Je suppose que oui, je ne pourrai jamais les différencier. Ainsi, l'elfe m'a dit que tu aidais des personnes malades à Rio, et je me suis souvenu de la dernière fois où j'étais heureux. Alors j'ai pensé que je pourrais venir voir si tu es heureuse dans ta vie. »

« Alors, tu pensais monter dans un avion et descendre à Rio, pour une petite tape et des chatouilles ? » Hermione se demandait si elle devait se mettre en colère.

« Eh bien, non. Je voulais te voir... Savoir si tu es une doctoresse amoureuse, en ce moment... »

Ce fut là qu'Hermione le frappa. Puis elle l'embrassa.

« Alors, » demanda Justin quand ils eurent besoin de prendre de l'air, « tu veux sortir un de ces jours ? »

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28 août 2010
Poudlard
École de magie et de sorcellerie

Serre n° 3

« Eh bien, comme je suis sûre que tu l'as remarqué, très peu de choses ont changé depuis ton départ. » dit Pomona Chourave, alors qu'elle dirigeait la nouvelle Maîtresse des Potions en dehors de la serre.

« En fait, Professeur Chourave, je ne savais pas que beaucoup de nos ingrédients de potions provenaient des serres. J'aurais peut-être travaillé plus fort sur mes devoirs de botanique. »

« Pomona, s'il te plait, ma chère. Nous sommes collègues maintenant, après tout. » La vieille femme sourit, se rappelant ses propres premiers jours en tant que nouvelle professeure à Poudlard.

« Merci, Pomona. Ta visite a été extrêmement instructive. Je sais que j'ai appris au moins une chose : plutôt que les retenues inutiles attribuées par le professeur Rogue, mes retenues seront envoyées dans les serres pour aider à la préparation des ingrédients de potion. » dit Tracey Davis, en exposant ses projets.

« C'est une idée que je défends depuis des années, Tracey. Les retenues devraient être au moins aussi éducatives que punitives. »

Toutes les deux firent une pause pendant un moment. Au loin, à côté de la cabane d'Hagrid, on voyait un homme de haute taille, qui se disputait avec un énorme chien à trois têtes. Tracey haleta, et sortit sa baguette pour l'aider. Pomona posa sa main sur l'épaule de la jeune femme.

« Ce n'est pas ce que ça semble être. C'est Charlie Weasley : il est le professeur de Vol, et également le professeur de Soins aux Créatures Magiques. Touffu et lui se bagarrent pour rire très souvent. »

« Touffu(*) ? »

[(*) Note de la traductrice : C'est encore plus drôle dans la version anglaise, où le chien à trois têtes s'appelle "Fluffy", ce qui signifie "Duveteux" !]

Chourave haussa les épaules. « Il a été nommé par Hagrid, béni soit-il. Hagrid aimait donner à ses animaux de compagnie les noms les plus étranges. Tu ne le savais probablement pas, mais à ta première année, il avait un dragon appelé "Norbert"(*). »

[(*) Note de la traductrice : Je rappelle qu'Hagrid pensait à Norbert Dragonneau, le célèbre auteur de "Vie et habitat des animaux fantastiques".]

« Humm. » Tracey ne pouvait s'empêcher de regarder l'homme au chien géant. « Il semble être très... fort. Est-il marié ? »

« Non, je ne crois pas. »

« Humm. »

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19 novembre 2010
Ministère de la magie
Département de la justice magique

Nymphadora Tonks emporta la boîte contenant ses biens dans le petit bureau. Surveillant principal. Toute l'équipe de nuit était à elle.

Il lui fallut toutes ses capacités pour empêcher un sourire de couper en deux son visage. Elle n'était plus un clone, assis à une table identique aux quinze autres dans la pièce. Maintenant, elle avait LE bureau. Avec une porte. Et les clones à ces seize tables travaillaient pour elle. Finalement.

Elle était toujours debout, tenant ses affaires, quand la porte s'ouvrit derrière elle.

« Admire-le plus tard Tonks. » Elle se tourna pour faire face à celui qui lui parlait. Clayton Davies, l'ancien occupant de ce bureau et son patron.

Il se dirigea vers la table, et déposa plusieurs feuilles de parchemin dans le plateau, situé sur le côté gauche de la table. « Ce sont les rapports d'incidents du jour. Tu devras en parler au début de ton quart de début de nuit. Dès demain, tu les recevras du surveillant de jour. »

« Merci, Clayton. »

« Pas de problème, Tonks. Je me souviens comment je me sentais quand j'ai eu ce bureau. » Il se tourna pour quitter la pièce, et s'arrêta à la porte. « Tout ira bien, Tonks. Tu as impressionné Shack en tant qu'apprentie, et moi en tant qu'Auror. Dans dix ans, nous travaillerons tous pour toi. »

Après que la porte se soit refermée derrière Davies, Tonks cessa de lutter contre le sourire. Elle laissa la boîte derrière le bureau, ne s'arrêtant que pour en retirer une photo sorcière encadrée de ses parents, et la poser sur la table pour pouvoir la regarder pendant qu'elle travaillait.

Le seul inconvénient de cette promotion : elle était exclue des dossiers de travail à partir de maintenant, et il n'y aurait plus que de la paperasse en tout temps... Elle attrapa les rapports d'incident et commença à les lire.

Ron Weasley avait de nouveau été arrêté pour ivresse publique. Elle secoua la tête. Qu'était-il arrivé à ce garçon ? Eh bien, au moins, il n'avait pas agressé sa dernière petite amie, cette fois-ci. Puis elle vit les notes au bas du rapport. Ah, il avait agressé l'Auror envoyé le chercher. "Résistance à l'arrestation" et "Interférence avec une accusation d'Auror" avaient été ajoutées.

Dung Fletcher avait de nouveau été récupéré avec des biens volés. Ceci la fit soupirer. Comment cet homme avait-il pu s'approcher suffisamment de Dumbledore, pour avoir jamais fait partie de l'Ordre ?

Elle parcourut les rapports de crimes commis et résolus. Puis elle passa à l'avant-dernier d'entre eux. À 12h36, un rapport sur un homme mort avait été reçu. L'homme avait été déterminé comme étant un loup-garou, qui n'avait pas survécu à sa dernière transformation. Identifié comme...

Remus Lupin. Remus était mort. Cela faisait quatorze ans qu'elle l'avait expulsé de sa vie, mais une partie d'elle-même aimait toujours cet homme. Elle ne pourrait jamais lui pardonner ce qu'il avait fait, et maintenant il était mort.

Remus était mort. Remus était mort. Remus était...

Tonks fut soudain très heureuse d'avoir son nouveau bureau. Il était important qu'un Auror soit perçu comme une affaire difficile par ses camarades. Il était particulièrement important qu'une femme Auror soit considérée comme inaccessible.

Il était extrêmement important que personne de ses troupes ne la voit pleurer...

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