Bonjour bonjour !

Oui, un recueil, un autre. Et c'était mais alors pas du touuut prévu, merci la Nuit du Fof X). Sur le couple Izou x Thatch. Je les adore ensemble, ces deux-là et je me suis déjà aventuré à écrire sur eux lors d'une Nuit... Mais jamais en profondeur. Bah là, c'est l'occasion.

Les "chapitres" seront tous liés les uns aux autres par le même fil rouge, mais il est possible qu'ils ne soient pas dans l'ordre chronologique (comme c'est le cas des deux premiers X)

Sauf que le fond est la cause du rating M. Âmes sensibles, mieux vaut s'abstenir...

/!\ WARNING : Prostitution, travail des enfants, maltraitances, violences, meurtres... Et dans un autre registre, Transidentité.

Cet OS a été écrit pour les Nuits du Fof, le but étant d'écrire en une heure sur un thème donné. Vous pouvez m'envoyez un MP pour plus d'informations, je ne mords pas !

Disclaimer : One Piece appartient à Eichiiro Oda, je ne fais que maltraiter ses personnages...

114ème Nuit du Fof, Thème N°4 : Mouche


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1# La passionnée

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La lune pâle effleure une épaule découverte de ses tendres rayons, tandis que derrière elle le ciel prend ses couleurs d'aurore, illuminant par le hublot la cabine paisible. Les draps bruissent et glissent en partie sur le sol tandis qu'Izou s'étire en silence, sa longue chevelure d'ébène couvrant son dos en épis désordonnés.

Thatch à ses côtés ouvre alors un œil et ses lèvres se plissent dans un sourire doux. Il lève paresseusement sa main droite pour venir effleurer les muscles qui roulent sous la peau claire et veloutée. Une tape sur ses doigts sonne comme un avertissement et il rit doucement, se redressant sur son autre bras pour venir enlacer son amante.

Mais Izou se lève et se dérobe, vive comme un serpent. Son regard souligné de noir le fuit, hanté par des ombres que le cuisinier ne connaît que trop bien et qu'il déteste voir. La bouche ornée de restes de rouge se tord et se plisse. Inquiétude et tourments.

Le quatrième commandant comprend et hoche doucement la tête dans un sourire. Pourquoi lui en voudrait-il pour si peu ? Il s'assit dans le lit, entre les draps défaits qui portent leurs odeurs mélangées, tandis qu'Izou s'installe à sa coiffeuse en tremblant. Et commence alors la routine matinale si importante pour son amante.

Peu à peu, le visage masculin devient plus féminin sous les fards et les poudres. Le beige des joues se pare de blanc, la courbe des lèvres de carmin. Les cheveux sont brossés, lustrés, coiffés. La métamorphose est bluffante. Le masque est parfait.

Parfois, Thatch a envie de le briser en mille morceaux. Izou n'est pas... n'est plus une poupée de porcelaine avec qui les hommes — ou les femmes — peuvent jouer. Mais c'est sa manière d'affronter le reste du monde, derrière l'image que d'autres ont construite pour elle.

Il l'accepte, tant bien que mal. De toute façon, avec ou sans maquillage, elle reste la femme qu'il aime. Qu'importe que son physique soit celui d'un homme. Ce n'est pas ce qu'elle est.

— Ma belle… l'interpelle-t-il doucement. Je peux m'approcher, ou je risque de recevoir une getta dans la figure ?

Un rire étouffé secoue la seizième commandante et un frisson court le long de sa colonne vertébrale dénudée, marquée par des cicatrices longilignes pâles. Thatch sourit, fier de lui, avant de rejoindre sa compagne. Il se glisse dans son dos et hésite un instant, avant de la serrer contre son torse avec douceur. Sa main caresse le creux de la gorge offerte, déclenchant un autre rire cristallin. Izou a toujours été chatouilleuse à cet endroit-là.

Dans le reflet du miroir, il peut voir que les ombres ont pour l'instant déserté les yeux noirs. Maigre victoire. Elles reviendront quand il s'y attendra le moins, il le sait pertinemment. Mais il se battra coûte que coûte. Leur père les a tous les deux sortis de l'Enfer. À eux de vaincre leurs démons, ensemble.

Izou lui tend une petite boîte d'ébène avec un sourire et il pose sa tête sur son épaule avant de l'ouvrir. Quelques mouches de taffetas noir reposent sur le fond en bois de clair et il en choisit une, avant de la placer sur le visage de la transgenre.

Une étoile près du coin extérieur de l'œil gauche. La passionnée.

Izou est vibrante. Explosive, comme la poudre qu'elle manipule à longueur de journée. Elle n'a plus rien de la poupée désarticulée qui passait de main en main, de draps en draps, qu'il avait rencontré dans la maison de prostitution où il avait dû travailler comme un chien pour rembourser les dettes de jeu de son ivrogne de géniteur. Elle est libre, malgré les chaînes invisibles qui la retiennent encore. Et aucune autre mouche ne saurait mieux lui aller.

- Idiot… J'aurais préféré au coin de la lèvre, lui lance-t-elle avec un sourire en coin.

Thatch rougit, presque aussi écarlate que les lèvres de sa compagne qui rit aux éclats. Elle se penche et sa bouche laisse sa marque dans le cou du cuisinier, avant qu'elle ne se lève pour enfiler ses habits.

Dehors, le soleil est aussi lumineux que leurs cœurs.