tw : pensées suicidaires dans la partie en italique. prenez soin de vous, surtout en cette période compliquée 3

Alsanne : pas la peine de t'excuser aha, ravie que le chapitre t'ait plu !


Chapitre Trente-Cinq - Et le rideau tombe


Le jeune homme poussa un soupir et se laissa tomber sur son lit. Il venait de rentrer, après avoir fait ce qu'il avait à faire vis-à-vis de son travail à savoir démissionner et se sentait épuisé, quand bien même cela ne lui avait demandé qu'un aller-retour sur son lieu de travail et un entretien d'une dizaine de minutes avec son supérieur.

Peut-être était-ce juste le contrecoup de tout ce qu'il s'était passé. Habituellement, il n'éprouvait pas les émotions avec force. Il se contentait de les sentir glisser sur lui comme si de rien n'était, ne ressentant que vaguement ce qu'il aurait dû percevoir avec virulence : l'amour, la colère, la haine, la tristesse, tous étaient des sentiments qu'il ne connaissait pas autant que les autres.

Etrangement, en ce jour, il avait l'impression d'enfin les saisir comme les individus normaux. Il avait l'impression de ressentir la tristesse que n'importe qui aurait ressenti, et la colère aussi. Il en voulait au monde entier pour lui avoir arraché le seul homme qui l'avait jamais compris. Après tant de temps passé à essayer de se débarrasser de lui, pour qu'il ne lui colle plus aux basques avec sa bienveillance étouffante, il regrettait sa présence. Et il regrettait de ne pas avoir compris plus tôt à quel point il était attaché à son mentor.

Il roula sur le côté, et contempla son poignet couturé de vieilles cicatrices. Il aurait été si simple de retomber dans ses habitudes. Si simple de saisir une lame et de la faire glisser sur sa peau pâle. Si simple d'oublier les recommandations d'Odasaku, ses conseils et ses injonctions de trouver d'autres solutions.

Il se redressa finalement en descendant sa manche sur son bras, et sortit son portable. Lentement, il rouvrit la page de conversation entre son mentor et lui. Et, lentement, il relut ses conseils et ses mots. Pour ne pas oublier. Pour ne pas recommencer. Et pour que, où qu'il soit, il soit fier de lui.


J+8
25 JANVIER


Dazai balaya d'un regard qui se voulait ennuyé les environs de la maison où il s'était retrouvé. Il n'avait pas eu le loisir de le faire avant, car Dostoevsky ne l'avait pas vraiment laissé profiter du paysage pour qu'il ne puisse pas se repérer, mais il n'était pas idiot. Il pouvait deviner à la distance parcourue en voiture et aux bruits alentours qu'ils n'étaient pas retournés à Yokohama et ne se trouvaient pas non plus à Tokyo. Vu le calme, nul doute qu'ils se trouvaient dans une petite zone résidentielle, et il était évident aussi qu'ils étaient dans une ville bien plus petite que celles dont il venait : il avait aperçu les voisins se saluer, signe qu'ils étaient proches. Et, on pourrait dire ce qu'on voulait sur sa médisance, tout le monde ayant un minimum de bon sens reconnaîtrait que ce type d'attitude était caractéristique de villes relativement petites. Il insistait sur le relativement, parce qu'il était sûr que certaines villes urbaines faisaient exception, mais quand même.

Un panneau l'aurait malgré tout bien aidé à se repérer, mais il n'en distinguait pas. D'un autre côté, il avait été ligoté contre le pied d'une chaise dont l'angle de vue sur la fenêtre ne l'aidait pas vraiment. Il avait beau se déboîter le cou, entre ça et la nuit tombée, il ne distinguait pas franchement quoi que ce soit dehors. Mais il en devinait assez avec ses autres sens pour commencer à se renseigner.

Il avait encore du mal à croire qu'il était tombé sur Dostoevsky de la sorte. Après des mois de traque acharnée, penser qu'il était tombé sur lui aussi facilement en fin de compte... Il avait du mal à le croire. Surtout que le brun n'y était pas préparé, et qu'il s'était à demi fait avoir comme un débutant ― à demi seulement parce qu'il avait quand même sur lui de quoi faire face au russe. L'émetteur dissimulé dans la doublure de son col devait fonctionner correctement ― il ne lui restait plus qu'à espérer que ses collègues trouveraient la grotte ET le récepteur. Mais il avait confiance en eux. Ils savaient se débrouiller.

(Il valait mieux, parce qu'il était encore en vie, mais il ne savait pas pour combien de temps encore. Fyodor ne semblait pas avoir envie de le tuer tout de suite. Mais cela n'allait probablement pas durer. A sa place, Dazai n'aurait pas hésité. Il aurait pressé la détente sans même s'annoncer. En agissant ainsi, Dostoevsky lui laissait le champ libre pour contre-attaquer. Et le brun n'allait certainement pas rater l'occasion de le faire.)

Il essaya de se déplacer légèrement, mais le grincement peu discret de la chaise le fit s'arrêter. Hors de question d'avertir tout le monde de sa tentative. Il continua donc de se détruire le cou pour apercevoir quelque chose, tout en essayant de frotter la corde contre le bois dans l'espoir de l'abîmer un peu. Dommage qu'il ne se baladait pas avec des lames comme son stupide père adoptif.

Au bout de longues ― très longues ― minutes, il parvint à faire glisser la corde qui le maintenait ligoté dans une autre position, et s'il se retrouva lui-même dans une situation inconfortable, cela lui permit d'avoir un meilleur angle de vue sur l'extérieur. Et d'apprécier d'apercevoir, un peu plus loin, Nakajima et Akutagawa, illuminés par le lampadaire au-dessus d'eux.

La cavalerie est arrivée, youhou, pensa-t-il ironiquement. Enfin, ils n'avaient pas l'air très déterminés à lui venir en aide. Sans doute redoutaient-ils de commettre un impair ― Dazai avait envie de leur crier de cesser de tergiverser et de juste adopter la meilleure stratégie qu'il connaissait : « Foncer ». Mais les deux jeunes hommes semblaient apprécier de jouer les vigiles, immobiles un peu en hauteur sur un escalier.

Le brun les regarda faire un bon moment, espérant qu'ils allaient cesser de parler et faire quelque chose, mais eut la surprise ― bonne ou mauvaise, il ne savait pas trop ― de les voir se redresser... pour se rapprocher de nouveau. Et, même s'il voyait mal ce qui se passait, il était quasiment certain qu'ils s'embrassaient.

Je rêve, il songea en les observant de loin. Ils se moquaient de lui. Est-ce que c'était le moment de faire ça franchement ? Non seulement ils étaient à découvert, mais en plus ils étaient supposés venir l'aider. Pas enfin arrêter de jouer les aveugles et se rendre compte qu'ils avaient des sentiments l'un pour l'autre.

(Et non, il n'était pas aigri parce que sa relation avec Chuuya était au point mort. Pas du tout. Il n'était absolument pas amer parce qu'ils n'avaient pas encore eu l'occasion de parler puisque Dostoevsky ne leur en avait pas laissé le temps. Il disait juste la vérité.)

Il finit par détourner le regard ― il était curieux et agacé mais pas voyeur non plus ― en maudissant Cupidon pour avoir décoché sa foutue flèche au pire moment. Théoriquement, Ryunosuke avait les pieds sur Terre, il allait bien finir par se souvenir qu'ils avaient une autre tâche à accomplir...

Malheureusement pour lui, les deux hommes semblaient plus occupés sur leur propre sort que sur le sien. Dazai les maudissait ― même si, honnêtement, il n'avait rien à leur reprocher. Il avait lui-même passé toute la soirée de l'assassinat de Fitzgerald à embrasser Chuuya. Mais il n'était pas près de le reconnaître, bien sûr.

Il passa un long moment à ruminer ses pensées, essayant de réfléchir à ce qu'il pouvait faire dans sa situation. Il se trouvait dans une maison inconnue qui avait apparemment au moins un étage ― il avait entendu des bruits de pas au-dessus de lui ― et sans doute plusieurs pièces : celle dans laquelle il se trouvait était richement décorée, signe qu'il ne s'agissait pas de la demeure du premier péquenot venu.

Dostoevsky devait être quelque part à l'intérieur ― et sans doute avait-il repéré les deux inspecteurs. Avec un peu de chance, il était occupé ailleurs et ce n'était pas le cas ; mais Dazai avait appris à être défaitiste avec lui, alors il supputait largement qu'il avait tout vu. Il allait surveiller leurs moindres faits et gestes pour être certain qu'ils n'entraveraient pas son plan. Et il allait probablement les envoyer le rejoindre s'ils le faisaient.

Il essaya de trouver n'importe quelle information qui aurait pu lui apprendre quelque chose sur la maison dans laquelle il se trouvait, mais il ne vit rien. Pas le moindre cadre, pas le moindre document, rien du tout. Fyodor avait dû préparer sa venue en éliminant tout ce qui pouvait le compromettre. Dazai se demandait si la maison lui appartenait... ou s'il n'était que de passage. Hébergé par un autre allié ? Ou squattant simplement la demeure de riches vacanciers qui ignoraient qu'ils allaient prendre un procès à leur retour ?

Il continuait aussi de réfléchir à ce que Natsume avait dit quand ils s'étaient vus. Dostoevsky aimait prendre de la hauteur avait-il affirmé, chose qui lui paraissait logique. Vu sa manie de tout vouloir contrôler, Dazai avait déjà estimé qu'il souffrait d'un sérieux complexe de supériorité. Il aimait voir les gens faire exactement ce qu'il voulait. Donc il aurait paru logique qu'il s'installe en hauteur pour tout surveiller.

Mais visiblement, ce n'était pas le cas. A moins qu'il n'ait plusieurs planques ? Mais que cachait-il alors dans les autres ? Si celle depuis laquelle il surveillait tout le monde se trouvait paradoxalement en profondeur, qu'est-ce qui se trouvait dans celle située en hauteur ― en admettant que cette même planque existe ? Il ne parvenait pas à trouver de réponse, et cela le frustrait. Il y avait encore trop de zones d'ombre dans tout ce qui s'était passé depuis deux mois. Il y avait encore trop de questions qui n'avaient pas de réponse.

Il réfléchit de nouveau à sa situation. Akutagawa et Nakajima avaient incontestablement trouvé le récepteur qui les avait menés jusqu'à lui. Dostoevsky allait devoir ruser s'il voulait échapper à la police qui, il l'espérait, n'allait pas tarder à venir encercler le quartier. Gogol avait été arrêté aux dernières nouvelles, Topaz aussi. Les ouvriers russes avaient été interpellés. Quant à Pushkin, dont Ango lui avait expliqué l'implication, il devait être traqué par tous les représentants de l'ordre, et il allait sans doute prochainement se faire arrêter. De tous points de vue, Dostoevsky était à deux doigts d'essuyer un Game over.

Après tout, que pouvait-il encore faire ? Menacer la police d'exécuter Dazai s'ils ne le laissaient pas fuir ? Voilà qui serait vain : Dazai se fichait de mourir, et tous le savaient. Alors, oui, ses collègues étaient bien plus humains que lui, et auraient sans doute des difficultés à l'abandonner à son sort. Mais il ne doutait pas qu'ils sauraient prendre cette décision s'il le fallait. Ango était parmi eux et savait faire ce genre de choix sans ciller. Et puis, le brun préférait encore se faire tirer dessus que d'être responsable de l'évasion de Dostoevsky.

Plutôt crever que de laisser ce satané rat s'en sortir.

Il essaya encore une fois de changer de position. La corde était clairement trop solide pour qu'il l'arrache. Et impossible de simplement l'enlever en la faisant glisser, Fyodor l'avait mise pile à un endroit d'où il était impossible de le faire. Fichu russe. Dazai aurait fait la même chose à sa place, mais cela n'en était pas moins frustrant.

Il regrettait que cela ne soit pas des menottes. Si cela avait juste été ces bracelets de métal, il aurait pu les crocheter. Mais il ne savait pas se débarrasser d'une corde aussi raide ― ironique quand on pensait que c'était pourtant un outil de choix pour les suicidaires comme lui. Cette corde aurait été parfaite pour un suicide, regretta-t-il.

Un nouveau regard dans la rue lui apprit que Nakajima et Akutagawa n'étaient plus en vue. Osamu espérait que c'était parce qu'ils avaient un plan, et non parce que Dostoevsky s'était chargé d'eux. En l'absence de bruit dans la maison cependant, il estimait que la première hypothèse devait être la bonne. Mais l'absence de réaction du criminel était inquiétante.

Alors qu'il pensait cela, un bruit survenu en hauteur attira son attention. Cela ressemblait au bruit d'une porte que l'on fermait soudainement ― ou peut-être qu'on l'ouvrait d'ailleurs, il ne pouvait pas le deviner. Il se raidit cependant, et attendit, aux aguets. Son regard se posa de nouveau machinalement vers l'escalier où il ne distinguait plus personne. Aucun mouvement n'était audible ou visible depuis sa position. La seule chose qui avait changé, c'était qu'un des lampadaires s'était mis à clignoter sans cesse, accentuant le côté film d'horreur de sa situation.

Ses collègues allaient-ils attendre le lever du jour pour passer à l'action ? Il valait mieux que non, car la nuit donnait à Fyodor une opportunité parfaite pour s'enfuir... même si elle risquait aussi de désavantager ses collègues en cas d'attaque nocturne sur ce manoir. Il poussa un petit soupir. Il détestait être aussi inutile franchement. Si seulement il pouvait trouver un moyen de se libérer.

Il réfléchit quelques secondes. Il pouvait toujours essayer de trainer cette foutue chaise. Et tant pis si cela faisait venir Fyodor, qu'il vienne, il serait bien accueilli. Joignant le geste à la parole, le brun essaya de se relever ― mais ne put que se mettre « en canard » en raison de ses bras attachés. S'il parvenait à se déboîter les épaules, il serait déjà plus libre. Mais la douleur qu'il exécrait le convainquit de ne pas le faire.

Il finit par se traîner ridiculement jusqu'à la fenêtre, déclenchant à chaque de ses mouvements un atroce grincement de chaise tirée sur le sol. Il essaya de la prendre partiellement sur son dos, pour qu'elle fasse moins de bruit, mais c'était vain. D'ailleurs, alors qu'il venait d'atteindre le bord de la fenêtre, la porte s'ouvrit sur un Fyodor ennuyé.

« Je trouvais que tu avais tenu longtemps sans tenter quoi que ce soit de stupide. » déclara-t-il sur un ton morne. Cela horripilait Dazai ― il avait horreur que des gens qui ne le connaissaient pas agissent comme si c'était le cas.

« J'aime créer un effet de surprise, siffla-t-il en observant attentivement son interlocuteur, à la recherche d'une arme.

Tu as encore du chemin à faire alors. Parce qu'avec cette démarche d'éléphant... » Le jeune homme aux cheveux bruns le foudroya du regard, mais répondit sur un ton léger.

« Oh, mais c'est juste la difficulté que je rajoute. Sinon, ce serait trop simple et ennuyeux. » Fyodor ricana, d'un rire froid et dénué de la moindre joie.

« Tu fanfaronneras jusqu'au bout n'est-ce pas ? » Dazai plissa les yeux, détaillant son interlocuteur qui restait sur le pas de la porte. Allait-il mettre fin à ses jours maintenant ? Le jeune homme ne voyait cependant aucune arme dans ses mains.

« Je refuse de laisser une certaine personne l'emporter. » Il répondit en fin de compte.

« Amusant. Il en va de même pour moi. » Le regard de russe se déporta sur la fenêtre que le brun avait atteinte ― il espérait d'ailleurs qu'on l'y voyait, même si objectivement, seul le haut de son crâne devait être visible. C'était déjà un début.

« Il y a toujours un gagnant et un perdant dans les jeux, lâcha le brun. Il va falloir qu'on se départage.

Tu continues de fanfaronner, mais objectivement, tu as perdu.

Oh ? Tu en sembles bien certain. » Dazai n'abandonnerait jamais son attitude ironique. Comme il l'avait souligné, il n'avait aucune intention de perdre face à ce russe. Et cela passait aussi bien par les actes que par son attitude.

« Les faits parleront pour nous ce soir. »

Fyodor esquissa un rictus en s'approchant de la fenêtre pour en fermer les rideaux, puis attrapa la chaise à laquelle Dazai s'accrochait pour la tirer en arrière. L'inspecteur aux cheveux bruns en profita pour lui asséner un bon coup dans les jambes ― absolument pas fair play certes, mais il ne pouvait pas tout faire ― et essayer de le déséquilibrer. Cette tentative fut cependant infructueuse ; il changea donc de stratégie et utilisa cette fois-ci la chaise : dès que Fyodor la lâcha après l'avoir remise en place, l'inspecteur utilisa le peu de force dont il disposait pour le heurter avec ladite chaise. Dans le même mouvement, il chuta à son tour ― mais il avait la satisfaction d'avoir ennuyé Fyodor au moins.

Le russe le foudroya du regard mais ne tira aucune arme pour le menacer ― Dazai avait fait l'hypothèse qu'il n'était pas venu armé du tout en entendant le bruit, et il semblait qu'il avait vu juste. Enfin, il supposait que Dostoevsky était largement capable de le tuer avec trois fois rien, mais c'était au moins rassurant de savoir qu'il n'avait pas un de ces pistolets qu'il exécrait tant.

« Je sais que les inspecteurs de Yokohama vont venir ici, il siffla. Et ils t'y trouveront. Mais moi je serais déjà loin. »

Le brun effectua un rapide calcul mental, qui ressemblait malheureusement plus à une équation qui contenait un très grand nombre d'inconnues. A combien de kilomètres se trouvaient-ils de Yokohama ? Combien de temps s'était-il écoulé entre le temps où Nakajima et Akutagawa avaient prévenu leurs supérieurs et maintenant ? Sans ces réponses, il lui était difficile de savoir combien de temps il allait devoir appliquer sa stratégie ; mais il était sûr qu'il devait le faire, parce qu'il fallait à tout prix qu'il retienne le russe le plus longtemps possible.

« Tu n'as pas le temps de fuir, il lâcha. Ils sont déjà prêts à t'intercepter dès que tu sortiras. » Pour ce qu'il en savait, ils étaient peut-être encore à Yokohama. Mais qu'importe.

« Ne surestime pas tes collègues. Cette résidence est la résidence secondaire de hauts membres du gouvernement. Il faudra beaucoup de temps à tes alliés pour obtenir le droit de la perquisitionner. Assez pour que je puisse retourner dans l'une de mes autres planques rapidement, sans être inquiété. »

Bien décidé à empêcher cela de se produire, le brun fit de son mieux pour se redresser ― satanée chaise, ne voulait-elle pas se briser ? ― et ainsi lui faire face (à moitié).

« Cela n'arrivera pas. Tes jeux s'arrêtent ici. » Il s'en faisait la promesse intérieure. Il empêcherait le russe de continuer ses méfaits. C'était une promesse et une vocation personnelle.

« J'attends de voir cela, cracha le russe. Tu ne pourras rien faire ainsi ligoté.

Si. »

Joignant le geste à la parole, le jeune homme se laissa tomber avec sa chaise dans la direction du russe, l'entraînant dans une chute plutôt brutale. La chaise vola en éclat au même moment, les blessant légèrement, mais surtout, libérant enfin le détective qui put faire face à son adversaire en pleine possession de ses moyens. Un bout de bois s'était planté dans sa main, mais qu'importe : il s'en était tiré.

« Alors ? ricana-t-il devant l'expression agacée de son adversaire. Je ne suis plus ligoté désormais.

Cela ne change rien. » Fyodor tira de sa poche une fine lame ― il avait bien une arme quelque part donc ― et la jeta dans sa direction ; Dazai l'évita sans mal, mais l'autre prit la fuite en même temps.

« Foutu russe. » Il jura de nouveau en le suivant.

L'autre courait étonnamment vite pour un homme de sa stature, et il jetait sur son chemin des objets pour empêcher le brun de le rattraper correctement. Dazai dut éviter un bon paquet de tableaux ― sans doute le russe avait-il prévu depuis un bon moment de les lui lancer, car il n'aurait normalement pas pu les décrocher aussi aisément du mur.

Dazai finit par perdre sa trace, désavantagé par le terrain qu'il ne connaissait pas. Il décida cependant de ne pas s'appesantir sur la question et de juste sortir rejoindre ses collègues qu'il espérait au dehors. Malheureusement, la porte du hall était fermée. Trop simple. Il fit le tour, cherchant des fenêtres, mais toutes portaient également un verrou. La situation prenait un tour clairement douteux.

Loin de se laisser impressionner, l'inspecteur aux cheveux bruns alla se munir d'un des tableaux échoués et le jeta avec force dans une fenêtre, sans grand succès cependant. Après le bois, le verre. Il allait sortir de cette maison absolument blessé de partout. Enfin, il ne s'agissait que de blessures mineures, il survivrait... Au moment où il pensa cela, une détonation retentit et une balle le frôla.

Apparemment, Dostoevsky avait récupéré son pistolet.

Mais, le bruit de la détonation allait attirer des curieux, songea-t-il. Il observa la vitre de la fenêtre qui n'avait été que fissurée par l'impact, et resta devant en espérant que Fyodor continuerait de tirer dessus. L'autre visa cependant ses jambes, rendant impossible la destruction de cette fenêtre par une balle.

Fouillant ses poches, l'inspecteur ne se laissa pas abattre. Il jeta contre la vitre absolument tout ce qu'il avait de solide ― carte d'inspecteur, un stylo, un carnet et même la boîte qu'il avait piquée dans le préfabriqué de la carrière et qui était restée dans la doublure de sa veste. Tout cela en essayant de ne pas se faire tirer dessus ― une tentative qui se solda par un échec puisqu'une balle se ficha dans son mollet alors qu'il venait de réussir à faire voler en éclats la vitre ― se prenant au passage une pluie d'éclats de verre sur le visage.

A ce stade, il allait réussir à s'enfuir pour mourir stupidement à force de saigner de partout.

Lui qui détestait la douleur...

Son regard accrocha alors qu'une lumière rouge clignotante qui se rapprochait de sa position. Une voiture de police. Il se baissa instantanément, évitant dans le même mouvement deux balles ; l'une, tirée par Fyodor qui avait visiblement décidé d'en finir avec lui, l'autre tirée depuis la voiture qui se rapprochait, et qui, il l'espérait, ne lui était pas adressée personnellement.

« Si vous êtes de la police ne tirez pas sur moi ! » Il protesta vertement en se redressant, jetant des coups d'yeux réguliers à Dostoevsky qui rechargeait désormais son arme. Dazai en profita pour se cacher derrière un meuble ― en poussant au maximum les limites de sa jambe blessée.

« Si tu crois que tes collègues arriveront à faire la différence ! » Dostoevsky lui souffla ces mots, avant de tourner les talons à sa grande surprise. Il essayait de prendre la fuite, comprit-il.

« Faites le tour ! cria-t-il à l'adresse de toutes les personnes dont il entendait les pas se rapprocher de la porte. Il s'enfuit. »

Ladite porte fut subitement enfoncée par un groupe d'hommes équipés de gilets pare-balles... un groupe d'hommes, mené par une femme qu'il reconnut entre mille. Même vêtue d'un gilet pare-balles et d'une combinaison de protection, Yosano avait fière allure.

« Encore en vie, Dazai ? railla-t-elle en le voyant.

On dirait bien, il soupira en essuyant le sang qui coulait sur son visage. Dostoevsky prend la fuite derrière.

On sait. Les policiers sont en train d'encercler l'entièreté de la bâtisse. On a aussi les plans du garage souterrain.

Il y en a un ? Il s'étonna.

Oui, mais l'accès se fait dans le jardin. Heureusement qu'on a reçu des bons tuyaux. » La jeune femme lui adressa un clin d'œil probablement lourd de sous-entendus, mais le brun n'était pas sûr de les saisir. Sa supérieure ne lui donna cependant aucune indication, et fit signe à deux hommes de l'escorter en dehors du champ de tirs ; deux hommes qui s'avérèrent être Nakajima et Akutagawa.

« Sérieusement, leur souffla-t-il alors qu'il le soutenait, vous devriez avoir honte de vous embrasser quand un homme est en danger de mort. » Ses deux subordonnés tressaillirent (et il était certain que même Akutagawa avait rougi), mais une voix prit leur défense.

« T'es personne pour le leur reprocher, abruti. » Dazai écarquilla les yeux en reconnaissant le timbre de voix. Impossible, songea-t-il et pourtant...

« Chuuya ! »

Appuyé contre l'une des voitures de police, le jeune homme aux cheveux flamboyants le dévisageait, une mine mi-amusée, mi-inquiète sur le visage. Dazai n'en revenait pas. Que faisait son ex-compagnon ici ? Certes, il avait souhaité le voir pour lui parler, mais la situation dans laquelle ils se trouvaient le surprenait, pour une fois.

« Qu'est-ce que tu fiches ici ? Il demanda finalement.

Tu pourrais m'accueillir un peu plus gentiment ! s'agaça le rouquin.

Non. Je veux savoir pourquoi t'es là.

Je te sauve la peau, imbécile. » Chuuya soupira avant de se décaler pour que les deux inspecteurs qui soutenaient Dazai lui permettent de s'asseoir. Une fois qu'il fut installé, le brun releva les yeux vers son interlocuteur.

« De mon point de vue, c'est Yosano et son groupe de policiers qui m'ont sauvé, il ne put s'empêcher de faire remarquer.

Et qui leur a donné les moyens de venir ici à ton avis ? souffla le rouquin. Cette maison appartient à des pointes du gouvernement. Votre brigade avait les pieds et poings liés pour le mandat.

Et ? Tu vas m'apprendre que t'es le fils illégitime du gouverneur ? » Même avec une balle dans la jambe et un millier d'égratignures, Dazai ne cesserait jamais d'être ironique.

« T'es bête. Fyodor connaît les proprios. Et il se trouve que moi aussi, pour les avoir aperçus de loin à Paris avec Paul et Arthur. J'ai dit que je servirais de garant en cas de problème.

Mais, quand ces proprios vont revenir, ils ne vont pas accepter aisément qu'une personne comme toi leur explique ce qu'il s'est passé. A fortiori s'ils sont alliés de Dostoevsky. » Chuuya le dévisagea longuement.

« Mais toi au moins, t'es pas mort. »

Dazai cligna des yeux, déstabilisé. Il ne s'attendait pas à une réponse aussi sincère et spontanée. Les deux jeunes hommes se dévisagèrent quelques instants en silence ― tandis que Nakajima et Akutagawa reculaient un peu pour leur laisser un semblant d'intimité sans doute (ou alors, c'était pour reprendre là où ils avaient été interrompus par le commando surprise, mais peu lui importait).

« J'arrive pas à croire que la première fois qu'on se revoie, je suis dans cet état, ricana Dazai.

J'espère que tu t'imagines pas que tu m'as toujours fait bonne impression, le railla Chuuya. Parce que, navré de te décevoir, mais avec des lunettes absurdes, ton manque de goût absolu pour le vin et les manteaux, et ta fichue manie de tout garder pour toi sans mettre les autres dans la confidence, tu n'es pas exactement un type qui fait bonne impression. »

Le visage de Dazai se décomposa légèrement devant ces critiques ô combien méritées mais très rudes à entendre. Enfin, bien évidemment, il n'était pas sincèrement blessé par ces remarques, il avait juste espéré que Chuuya ne porterait pas de jugement si déterminé sur lui. Enfin... Il supposait que c'était de sa faute.

« Tu n'es pas exactement de bonne compagnie non plus, bougonna-t-il, quand bien même ce n'était pas vrai.

On fait la paire alors, ricana le rouquin. Même si je suis offensé par le fait que tu me penses aussi insupportable que toi. »

Ils échangèrent un petit sourire, ignorant pendant un instant le bruit des tirs qui emplissait l'arrière du grand manoir et toute la tension de ce qui était en train de se produire. Ils ne prêtaient attention qu'à l'autre, même si ce n'était pas exactement le bon moment, et qu'ils auraient dû avoir bien d'autres priorités. Cela n'empêchait pas Dazai d'avoir envie d'embrasser son compagnon. Il ne se retenait que parce qu'il ne voulait pas décrédibiliser ses reproches faits à Nakajima et Akutagawa.

« Fyodor va être arrêté pas vrai ? reprit Chuuya. Enfin.

Il y a peu de chances qu'il parvienne encore à s'enfuir. »

Dazai répondit cela, mais il n'était pas certain de ce qu'il avançait. En fin de compte, cela semblait encore trop simple. Pourquoi Dostoevsky avait-il commis une telle erreur grossière de timing ? Lui qui avait tout soigneusement tout calculé dès le début, pourquoi avait-il été pris de court ainsi par la police ? Était-ce simplement parce qu'il avait perdu une grande partie de ses alliés ? Parce qu'en fin de compte, il n'avait pas pu maintenir sur la durée son plan si millimétré ? Ou y avait-il un motif plus sombre derrière ?

Il déporta son regard noisette sur cette grande et belle maison, réfléchissant. Si Dostoevsky n'avait pas tenté de le tuer, il aurait pu s'enfuir bien plus tôt. D'après ce constat, on pouvait déduire une chose : éliminer Dazai avait été prioritaire sur sa volonté de fuir. Pourtant, il n'avait au début montré aucune hostilité quant à l'inspecteur. Il avait changé d'attitude lorsque ledit inspecteur avait commencé à circuler dans le manoir...

Il se redressa soudainement ; la douleur dans son mollet lui rappela qu'il était blessé, et Chuuya le soutint pour ne pas qu'il se cogne contre la voiture.

« Qu'est-ce que tu fiches ? » souffla le rouquin. Des regards curieux se tournèrent vers eux, et Dazai désigna la maison.

« Il faut que je retourne dedans.

Pourquoi donc ? s'offusqua Chuuya. Fyodor en est parti.

Je crois qu'il y cache encore des choses. »

Son compagnon le dévisagea longuement et intensément, comme s'il essayait de déterminer s'il était devenu complètement fou ou non. Il finit par hocher la tête cependant, et par le soutenir tandis qu'ils se dirigeaient vers la maison, sourds aux protestations des autres policiers.

« Inspecteur Dazai, c'est dangereux ! s'exclama Nakajima en les rejoignant, Akutagawa sur les talons.

Je suis sûr que Fyodor avait prévu quelque chose, souffla Dazai, plus pour lui-même que pour les autres. Il y avait quelque chose que je ne devais pas découvrir ici. C'est pour ça qu'il a pris ce risque. Je ne sais pas ce qu'il cache, mais je ne crois pas que ce ne soit une surprise positive. »

Il passa la porte de l'endroit avec l'aide de Chuuya, puis balaya les alentours du regard. Il retrouvait ses points de repère dans ce hall, quand bien même il n'y avait passé que quelques minutes. Fyodor était sorti d'une pièce en hauteur quand il avait essayé de le tuer pour de bon. Il avait son arme avec lui à ce moment-là, ce qu'il ne possédait pas auparavant. Donc, il y avait des raisons logiques de penser qu'il conservait des affaires dans cette fameuse pièce.

Il la désigna à Chuuya du menton, qui pesta mais l'aida à l'atteindre tant bien que mal. Ils avancèrent prudemment, Nakajima et Akutagawa sur les talons, leur arme en main, « juste au cas où ». Aux yeux de Dazai, c'était absolument inutile ; il était peu probable qu'il restait qui que ce soit dans cette maison. Mais il ne savait pas exactement ce que Dostoevsky y cachait, alors autant rester prudent.

La montée fut plutôt laborieuse ― Dazai notait que monter un escalier avec une jambe transpercée par une balle n'était pas une bonne idée ― mais ils parvinrent finalement à l'étage, découvrant alors une pièce plongée dans l'obscurité, et non pas parce que les rideaux étaient tirés mais parce que les fenêtres avaient été condamnées.

La pièce ne contenait cependant pas grand-chose, étonnamment, si ce n'était beaucoup, beaucoup de paperasse. Des dossiers emplis de feuilles recouvraient les tables et les chaises ― il devait s'agir originellement d'un bureau pour les habitants de la maison ― et même le sol était par endroit recouverts de dossiers.

Il en saisit un au hasard, mettant à jour des retranscriptions de conversation. Rapidement, il apparut qu'il s'agissait de conversations mises sur écoutes, que le russe n'était pas censé connaître. Il avait vraiment pris soin de rassembler toutes les informations sur eux, songea-t-il. Il se doutait déjà qu'ils étaient écoutés, mais ignorait que c'était à ce point.

« Il y a même des écoutes de notre famille, réalisa Nakajima qui avait lu les documents aussi. Ce n'est pas du tout effrayant, fit-il remarquer ― il s'essayait apparemment au sarcasme, mais ce n'était pas vraiment convaincant.

Il a tout planifié de A à Z, souligna Chuuya sur un ton écœuré. Ça en devient flippant.

Mais c'est pour cela qu'il s'est fichu de nous tout ce temps, fit remarquer Dazai. Autrement, il aurait été arrêté bien plus tôt. »

Il se rapprocha en même temps difficilement d'un ordinateur posé sur une table au milieu des dossiers, et l'ouvrit. Verrouillé par un mot de passe. Et, étrangement, Dazai sentait que la moindre tentative incorrecte aurait pour effet de supprimer le contenu de l'ordinateur. Ou de le faire exploser. Ou les deux, histoire d'être sûr.

Il le laissa donc provisoirement de côté, cherchant si c'était la seule chose que le russe avait tenté de lui cacher. Protégé comme il était, l'ordinateur serait difficile à allumer... Et, il avait beau avoir confiance en son intelligence, il doutait sérieusement d'être capable de deviner le mot de passe. Pas assez rapidement en tout cas. Cependant, il ne vit rien d'autre dans la pièce. Rien qui ne pouvait justifier l'attitude étrange du russe en tout cas.

« Je crois qu'il faut qu'on cherche ailleurs. » Chuuya le foudroya du regard.

« Arrête tes âneries. T'es blessé, tu devrais te reposer, pas courir partout.

Il faut bien que quelqu'un le fasse, riposta D azai. Je suis sûr que Fyodor nous a prévu une dernière surprise. Il faut découvrir quoi avant qu'il ne soit trop tard.

Est-ce que... » Nakajima hésita. « Vous pensez que cela pourrait avoir un lien avec Gogol ?

Vous aviez émis l'hypothèse que c'était un plan de Dostoevsky aussi, non, son arrestation ? ajouta Akutagawa. C'est ce que Mori a dit. »

Le brun se demanda quelques secondes comment il le savait, puis mit cette interrogation de côté en repensant à ce qu'il avait estimé à ce moment-là. Pour quelle raison l'arrestation de Gogol serait-elle avantageuse ? Bien évidemment parce qu'il se trouverait exactement là où tous les ennemis de Fyodor résidaient : le BEC. Mais Gogol serait sous haute surveillance, il ne pourrait jamais faire quoi que ce soit.

Il réfléchit intensément à tous les mouvements possibles dans cette situation. Fyodor avait un pion en place. Il ne voulait pas que Dazai comprenne ce qu'il tramait ici. Il avait mis sa propre fuite en péril pour cela.

Er, soudainement, un éclair de lucidité lui parvint.

« Une bombe. » Trois paires d'yeux interloqués se posèrent sur lui.

« Pardon ? lâcha Chuuya. Une quoi ?

Une bombe ! » Il répéta plus fort. « Fyodor va faire exploser le BEC. » La stupéfaction laissa place à l'effroi dans les yeux de ses interlocuteurs.

« C'est impossible, répliqua Akutagawa, le seul à conserver un visage à peu près impassible. Le BEC est surveillé de toute part.

Vous avez fouillé Gogol ?

Bien sûr, déclara Atsushi.

Avant ou après le séisme ? » Le jeune homme aux cheveux argentés prit quelques secondes pour réfléchir.

« Avant. Il était menotté tout le temps ensuite.

C'est impossible qu'il soit en possession d'une bombe, objecta Akutagawa. On l'aurait vu. » Dazai savait qu'il n'avait pas tort, mais il fallait bien expliquer la présence de la bombe dans leur bâtiment ― il était de plus en plus convaincu qu'il y en avait une.

« Sa présence a forcément un lien avec cette fichue bombe. Je pense qu'elle s'actionne à distance. Il doit y avoir un détonateur ou quelque chose ici qui permettra de l'activer. C'est ce qu'il faut qu'on trouve. » Akutagawa et Nakajima partirent au quart de tour pour fouiller le reste de la maison ― même si Dazai se doutait qu'il ne les avait pas convaincus avec son histoire de bombe.

« Mais quel serait le rapport avec ce Gogol ? objecta Chuuya. Ton raisonnement a des trous, Dazai. »

Oui, il le savait. Mais comment expliquer autrement ? Si Gogol n'avait pas introduit la bombe, qui d'autre aurait pu le faire ? Il était certain que le russe avait joué un rôle là-dedans. Même s'il n'était pas certain de comprendre lequel ― cela le frustrait.

Au loin, les coups de feu cessaient petit à petit, et Osamu se demanda ce que cela pouvait bien signifier. Fyodor s'était-il enfui, ou avait-il été capturé voire tué ? Difficile de le deviner simplement au son.

Il espérait que Nakajima et Akutagawa allaient trouver le fameux détonateur. Il était à peu près certain de ne pas s'être trompé là-dessus. Cela semblait le plus logique. Contrairement au reste de son raisonnement, c'était ce qui semblait être le plus simple... Une bombe, quoi de mieux pour en finir ? C'était presque aussi redoutable que...

Oh.

Dazai écarquilla les yeux après cette pensée.

« J'ai compris. » Il souffla, tandis que les dernières pièces du puzzle se mettaient en place dans son esprit.