Voici le 2ème chapitre de cette histoire. En espérant qu'elle continue à vous plaire. Et merci pour toutes vos mises en favoris et follow.

NB: l'univers et les personnages ne m'appartiennent pas.


Deux cadeaux et une perte


Arrivés à Coruscant, l'apprenti Sith se précipita en-dehors du vaisseau, le corps d'une jeune femme dans les bras, hurlant qu'il lui fallait de l'aide de suite. Il se dirigea vers les locaux de soins, la passerelle d'atterrissage lui semblant plus long que d'habitude. A destination, il déposa Padmé sur un lit médical tandis que les droïdes préparèrent les premiers examens d'usage.

Dark Vador ne pouvait pas la perdre. Pas à cause de lui. Il avait perdu le contrôle contre elle, lui qui avait juré de la sauver, il était peut-être la cause de sa perte. Cela n'était pas possible ! Tout à ses réflexions, son visage se crispait et montrait une rage sous-jacente prête à exploser, comme pouvait en témoigner la barre sur laquelle il s'était appuyé et qui se tordait au fur et à mesure de sa colère et de son impuissance.

Pourtant, durant tout le trajet du retour vers son maître, Dark Vador n'avait pu que constater son échec. Padmé était revenue à elle de façon intermittente, et le peu de mots échangés entre eux n'étaient que des échos de leur discussion sur Mustafar avant… avant son geste, avant le combat, avant sa victoire. Victoire qui avait le goût de cendre pour le moment.

Je ne peux te suivre dans cette voie, tu t'es perdu Ani. Reviens-moi… je ne peux te suivre. Oui, il voyait et sentait par la Force que Padmé était faible et si loin de lui. Il la perdait. Pas à cause de lui, mais de ce Jedi qui avait été un maître dans le passé, et qui avait tout fait pour la retourner contre lui ! Oui, c'était cela… elle l'avait cru, et s'était détourné de leur amour. C'était elle qui s'était perdue, non lui.

A l'arrivée de son maître, le jeune Sith se redressa et se recomposa un visage neutre.

- Comment se présente la situation ? demanda l'empereur d'une voix dure.

- Elle est compliquée, répondit un des droïdes médicaux, pour une raison que nous n'arrivons pas à expliquer, nous la perdons.

- Elle se meurt ? s'interrogea Palpatine, réfrénant la satisfaction dans sa question.

- Cela ne se peut ! hurla Dark Vador.

- Nous ne comprenons pas. Toutes ses fonctions vitales sont bonnes, mais … c'est comme si elle refusait de vivre, continua le droïde imperturbable, de sa voix métallique.

De rage, Anakin broya avec la Force le droïde, qui tomba lourdement au sol dans un crépitement nasillard. La suite de l'empereur sursauta face à cette démonstration violente, au contraire de Palpatine qui put ainsi mettre en place son jeu et avancer ses pions. La rage de l'ancien Jedi était toujours un bon levier à utiliser… D'un geste de la main, il fit comprendre aux personnes présentes de quitter les lieux.

- Nous devons faire vite pour sauver les bébés, continua un autre droïde présent dans le local de soins.

- Les bébés ? répondirent les deux Sith, surpris par cette révélation.

- Oui, elle est enceinte de jumeaux.

- Il faut les sauver. Nous ne pouvons nous permettre de les perdre aussi. Faites ce qui est nécessaire. Venez Seigneur Vador, nous allons attendre de le couloir. Laissons faire les droïdes…

- Je ne peux l'abandonner !

- C'est elle qui vous abandonne… elle ne veut être sauvée. Elle vous abandonne ! Vous et vos enfants même !

- Non… c'est faux…, murmura Anakin, déchiré entre ses sentiments et la constatation objective des faits. Il se laissa pourtant emmené en-dehors, la tristesse remplaçant peu à peu la colère. Son cœur se fendait en une multitudes de petits morceaux.

Le premier cri de Padmé résonna dans la salle de soin. Les contractions commencèrent, aidé par la provocation administrée par les droïdes quelques heures plus tôt. Elle souffrait en donnant la vie, ce qui en fut trop pour Dark Vador. Il entra à nouveau dans la salle, lui prit la main et essaya de capter son regard. Mais elle évitait de croiser ses yeux même si sa main l'agrippait dans un réflexe que l'habitude de l'amour avait installé durant ces dernières années de partage.

A l'annonce de la venue du premier bébé, il le récupéra dans les bras, ému de voir ce cadeau de l'amour de sa vie, tout en se penchant vers Padmé qui souffla le prénom choisi :

- Luke…

Avant que les contractions reprennent, elle leva la main pour caresser la joue de son tout petit garçon. Un geste où se sentait tout son désespoir. Peu de temps après, des pleurs de nourrissons retentirent à nouveau.

- C'est une fille… l'informa Anakin.

- Leïa…

Il voyait. Il voyait qu'elle ne voulait plus lutter. Qu'elle se laissait partir. Il ne pouvait pas la laisser partir comme cela ! A nouveau il était si impuissant. Jamais assez fort, jamais assez puissant ! Il réfrénait à peine des larmes qui roulèrent sur ses joues.

- Reste avec moi, lutte, bats-toi ! J'ai tout fait ça pour toi ! Tout était pour te sauver !

Padmé se tourna enfin vers lui, et entre deux souffles devenant de plus en plus difficiles, lui murmura :

- Ani… je… sais… je sais… qu'il y a encore…. du bon… en toi…

Leurs regards se perdirent lorsque sa tête bascula sur le côté. La vie l'avait quittée.

o0o0o

Un rictus à peine visible étira les lèvres de Dark Sidious en voyant la scène qui se déroulait devant lui. Elle lui avait simplifié la tâche en se laissant mourir. Feindre de ne rien pouvoir faire pour la sauver était plus simple dans cette situation que s'il avait dû l'éliminer lui-même. C'était parfait. Il fallait juste rappeler à son jeune apprenti qu'elle les avait abandonnés. Il ne fallait pas que la douleur et le sentiment d'injustice quittent le cœur de Dark Vador. Il n'en serait que plus malléable.

o0o0o

Maître Yoda restait pensif. Le cœur lourd avec toutes les pertes subies dans les rangs Jedi, la situation commençait à lui peser. Le Conseil n'avait pu voir et deviner ce qui se passait sous leur nez. Il n'avait pas pu le voir. Ou trop tard.

Les Temps Obscurs venaient, il devait se retirer, tout comme ses amis, en attendant un moment plus propice à renverser la situation. Dans le vaisseau de Bail Organa, la décision fut prise. Chacun partirait de son côté.

Pourtant, le Jedi sentit à nouveau l'espoir poindre son nez. Elle avait donné naissance. Pas à un mais à deux enfants. Et en eux, la Force était aussi puissante. Attristé de ne plus ressentir la présence de la sénatrice, il comprit qu'aucune barrière ne séparait les petits des Sith. Se perdant en réflexion et lâchant quelques soupirs impuissants, Yoda ferma les yeux et se concentra.

Les récupérer pour les mettre à l'abri, les cacher et éviter que Palpatine les utilise était une option sage. Mais pas sans danger, surtout avec l'affaiblissement subi au sein de l'Ordre Jedi, sans savoir combien avaient pu échapper à ce maudit Ordre 66. Pourtant, les lui laisser, il n'en était pas question. Le monde sombrerait éternellement du côté obscur si l'empereur, et Vador pouvait les manipuler pour ses sombres desseins. Choix cornélien qui se reflétait dans les mimiques de son visage ridé et vert.

Ils étaient pourtant les seuls espoirs qui restaient.

En ouvrant les yeux, il croisa le regard de Bail Organa qui l'observait depuis de longues minutes, et s'exclama en tapant le sol de son bâton :

- Les récupérer et les cacher, nous devons !