Ce texte fait suite à l'événement Un Bonbon ou Un Sort du Collectif Noname.

Ce sort m'a été donné par Elenna Laurefindele, avec comme l'idée de faire "sur le point de vue de Sauron lors de la bataille de la porte noire jusqu'à sa mort". Alors j'espère avoir réussi à rendre ce que tu imaginais.

Bonne lecture!

NB: les personnages et les univers ne m'appartiennent pas.


Témoin impuissant


Je voyais.

Je voyais mais je ne pouvais rien faire.

Prisonnier de ma condition d'âme attachée à un simple objet détenu par un misérable que je n'avais pas réussi à corrompre complètement.

oOo

Il le sentait. Il était proche. Son Anneau était de retour sur ses terres. Il le sentait mais ne le voyait pas encore. Il scrutait tout autour de sa tour, avec cet œil drapé de flammes, seul vestige de son corps sublime de Maiar corrompu par la noirceur des ténèbres. Il lançait des ordres tout azimut aux orcs pour récupérer son Bien.

Pourtant son attention fut troublée par la venue de ce Roi du Gondor, ce Dúna-dan qui se cachait comme un lâche. Sauron n'en fut que plus contrarié. Mais il ne pouvait sous-estimer la menace que cet Homme représentait. Il tourna son œil vers cette armée misérable. Il envoya son ambassadeur accueillir ces indésirables et pour les déstabiliser, il lui murmura de leur montrer la côte de maille en Mithril de cet Hobbit qui avait osé fouler ses terres avec son Unique. Tout était déjà perdu pour ces peuples se croyant libres. Le Hobbit n'avait pas survécu, ayant trop souffert par l'accueil des orcs. Le seigneur des Ténèbres ricana intérieurement de voir la tête de ce roi de pacotille. Il susurra à l'esprit de son ambassadeur une autre provocation, celle qu'il faut plus qu'une simple lame elfique brisée pour en faire un roi. Mais son rictus se fana bien vite lorsqu'il vit le Dúna-dan décapiter son bras-droit. Le bluff ne prenait pas…

Si cela en était ainsi, il allait leur montrer sa puissance. Les cors retentirent, et les hordes d'orcs affluèrent comme des torrents, entourant le petit groupe d'Hommes de l'Ouest et d'Elfes. Sa puissance numérique le rassura quand Sauron vit que ses soldats massacraient sans pitié. Bien sûr que personne ne pouvait s'opposer à lui. Même s'il y avait un Istari dans les rangs adverses, sa puissance ne pouvait pas rivaliser avec la sienne. Même les Aigles ne le firent pas trembler. Les Nazgûl s'en occupaient, et même avec les pertes subies, les peuples de la Terre du Milieu étaient en train de plier sous le nombre, et bientôt ils courberaient l'échine ou mourraient.

Bientôt il les écraserait lui-même. L'Anneau était si proche. Il le sentait, l'appelait sans relâche. Et soudain, la peur l'étreignit ! Oui, l'Unique était là, mais son porteur était dans la montagne. Son œil se braqua sur l'entrée du lieu, et ce qu'il vit lui glaça le cœur qu'il n'avait plus. Le Hobbit le portait mais se débattait avec cette créature hideuse qui avait pu avoir pendant de si longues années son précieux. Et puis, il vit avec horreur l'impensable… Gollum arrachant le doigt de Frodon, mais tombant dans le vide. Là où les flammes qui avaient vu jaillir l'Anneau allaient le détruire.

OoO

Ma fin arrivait.

Ma fin arrivait et je ne pus qu'être le témoin impuissant.

L'Anneau, mon Anneau tombant dans les tréfonds de son Destin.

Ma chute et ma douleur furent terrible. J'agonisais en même temps que mon âme fut brûlée, consumée par la chaleur des flammes de la Montagne du Destin.

Mon œil ne put que voir tout s'écrouler autour, puis vint le noir. Total.

Je ne suis plus.

Rien.