Chapitre 2

Ryo était épuisé. Il avait passé la journée à faire le tour de ses indics, après une nuit de planque pour Saeko, et son humeur était maussade. Il n'avait pas vu ses enfants depuis trois jours, et Kaori passait ses journées et une bonne partie de ses nuits au chevet de Kazue, malade. Pestant contre le temps qui passait et ses genoux qui commençaient à le faire souffrir au bout de quatre étages de marche, il pénétra dans son appartement. Il entendit chantonner dans la cuisine, et son moral remonta aussitôt. Kaori était de retour, et, cerise sur le gâteau, elle était en train de mitonner. Il allait enfin pouvoir manger correctement.

Lorsqu'il entra dans la cuisine, Kaori lança sans se retourner:

_ Bonjour, mon chéri. Comment s'est passée ta journée?

_ Bonjour, ma douce, répondit-il, se calant contre son dos et déposant un baiser dans son cou, ses mains caressant son corps toujours très attirant malgré les traces de deux grossesses. Je suis très heureux de te voir. Kazue va mieux?

_ Eh bien, on peut dire ça.

Elle posa sa cuillère et se retourna, se lovant dans ses bras et l'embrassant passionnément. Le baiser dura plusieurs minutes, et se poursuivit sur la table de la cuisine. Ryo prouva à sa femme qu'elle lui avait terriblement manqué, et Kaori montra à son homme à quel point elle le désirait. Après une folle chevauchée à deux et un cri de jouissance simultané, ils finirent enlacés sur le sol, se contemplant et se caressant.

_ J'aime quand tu rentres de tournée, sourit Kaori, embrassant les joues et les lèvres de son nettoyeur de mari. Tu es toujours ravi de me voir.

_ Je suis ravi de te voir à n'importe quel moment de la journée, Kao, lui sussurra-t-il à l'oreille, taquinant son lobe par la même occasion. On remet ça?

_ Les enfants seront là dans vingt minutes, soupira-t-elle de dépit, se relevant et remettant ses vêtements qui avaient volé à travers la pièce. Ça va devoir attendre ce soir, malheureusement.

_ Dommage, souffla-t-il, se rhabillant à son tour et lui volant un baiser. Mais ce soir... Au fait, tu seras là ce soir? Ça veut dire que Kazue est guérie? Et que voulais-tu dire par "on peut dire ça"?

Il fronça les sourcils, étonné. Kaori souriait à moitié, mais elle avait l'air préoccupée.

_ Oui, je serai là. Et pour Kazue...

_ Ça va aller? s'inquiéta-t-il, pensant à son meilleur ami. C'est grave? Elle va s'en sortir? Mick...?

_ Du calme, Ryo, l'interrompit-elle, l'embrassant et le rassérénant par la même occasion. Tout va bien. C'est juste que Kazue est enceinte.

_ Quoi? fit-il après quelques secondes de stupeur. Mais... enceinte? Mais elle a... au moins quarante ans, non? Et... Masao a quinze ans!

_ Oui, c'est une partie du problème, avoua Kaori, l'air soucieuse. Mick et elle s'inquiètent de la réaction de Masao. C'est complètement inattendu. En plus, à son âge, la grossesse est à risque. Kazue n'est pas vraiment sereine.

_ Ça, je peux le comprendre, dit-il, songeur. Et Mick?

_ Lui est ravi au-delà de toute expression, dit-elle, amusée. Il croise les doigts pour que ce soit une fille.

_ Oh non, pas encore une miss massue! geignit-il. Il y en a déjà trop autour de moi!

_ Il n'y en aura jamais assez, dit-elle sournoisement, lançant un sourire ironique au nettoyeur dépité. Et puis Kazue n'en est qu'à deux mois de grossesse. On saura le sexe du bébé dans trois mois.

_ Alors je vais faire brûler de l'encens pour que ce soit un garçon! s'exclama Ryo, poing levé en signe de victoire. Encore un mini Mick, que je pourrai initier aux pires bêtises.

_ Tu en as déjà assez fait avec Masao. Et puis, les garçons, on a donné. Si c'est pour avoir encore un nettoyeur en herbe...

Ryo se rembrunit aussitôt, et Kaori se mordit les lèvres. Le sujet était ultra-sensible. Hideyuki avait entamé sa dernière année de collège et ne souhaitait pas aller au lycée, arguant que cela lui serait inutile et qu'en plus ce serait gaspiller le peu d'argent qu'ils avaient. Ce n'était pas faux, mais Ryo n'était pas prêt à laisser son fils plonger dans le milieu pour de bon. Il avait trop peur de le perdre.

Il savait pourtant que c'était inéluctable, qu'un nettoyeur comme lui ne pouvait pas avoir des enfants normaux, pas après tout ce à quoi ils avaient dû faire face. Et Hideyuki avait déjà du sang sur les mains. Les cauchemars avaient cessé six mois après leur mission téméraire sur les docks, mais Ryo avait vu le changement dans le regard de son fils, l'étincelle de vie dont l'éclat s'était atténué mais qui brillait malgré tout, comme un défi lancé au monde. Il savait que Natsumi y était pour beaucoup, qu'elle avait apaisé les tourments de son frère, et que le désir farouche de ce dernier de la protéger l'avait maintenu à flot.

Mais pour Ryo, ses enfants étaient encore des bambins à peine sortis de leurs couches. La claque qu'il s'était prise le jour de leur mission, en plus de la trouille qu'il avait eu, l'avait profondément secoué. Il ne voulait pas admettre que le charmant garçon qui, dix ans auparavant, jouait à la guerre avec un pistolet en plastique en dégommant ses nounours était devenu un jeune homme accompli tout à fait capable de se défendre.

Et Hideyuki le lui avait prouvé à deux reprises rien que cette dernière année. Il avait désarmé avec un sang-froid remarquable un truand qui tenait sa mère en joue, et il avait miné un terrain vague pour l'aider à secourir Natsumi de ses ravisseurs. Il se débrouillait comme un chef et agissait comme un pro, mais le nettoyeur ne l'acceptait pas. C'était plus fort que lui.

_ Ryo, dit doucement Kaori, posant une main sur son bras. Tu sais que tu ne pourras pas le garder sous cloche éternellement.

_ Je le sais, marmonna-t-il, son coeur se serrant. Mais, Kao...

Il s'interrompit, détectant l'aura de ses enfants dans l'immeuble. Il essaya de se ressaisir, et Kaori retourna à ses fourneaux. Elle dit encore tout bas, avant que la porte d'entrée ne s'ouvre:

_ Il faut t'y faire, mon amour. Pense à toi à son âge.

Là était le problème, justement. Il ne voulait pas que son fils, à quinze ans, connaisse les mêmes horreurs que lui avait vécu. Mais il n'eut pas le temps d'y réfléchir plus avant.

_ Bonjour Papa! Oh, Maman! Tu es rentrée!

Natsumi, toute contente, alla enlacer sa mère.

_ Bonjour Papa. Bonjour Maman.

Ryo se tourna vers son aîné, et vit en un clin d'oeil que quelque chose n'allait pas. Natsumi serrait trop fort sa mère, et Hideyuki avait les lèvres pincées, deux signes qui ne trompaient pas.

_ Bonjour les enfants, dit-il d'une voix maîtrisée. Alors, cette journée?

_ Comme d'hab', répondit son fils avec désinvolture, attitude que démentaient ses sourcils froncés. Les cours, l'heure de colle, le judo. J'ai des tonnes de devoirs. À tout à l'heure.

Il tourna les talons, et le malaise de Ryo grandit. Il échangea un regard avec Kaori, elle non plus n'était pas dupe. Elle demanda à sa fille:

_ Que se passe-t-il, Natsumi?

_ Mais rien, Maman. Moi aussi j'ai des devoirs, et la gym m'a lessivée. Je vais prendre ma douche.

Elle sortit à son tour, et le coeur de Ryo se serra davantage. Les enfants se serraient les coudes pour fuir les questions de leurs parents, ce qui n'augurait rien de bon.

Ryo alla tirer au sous-sol pour se défouler en attendant que le repas soit prêt. Son instinct était en mode alerte maximale. Et ses indics ne l'avaient pas rassuré. Une opération de grande envergure se profilait, et vu l'attitude de ses deux enfants, il ne fallait pas être grand clerc pour en déduire qu'ils étaient les cibles.

Il essaya de garder son calme. Il savait ce que Hideyuki allait lui dire. Le problème était ce que lui allait lui dire. Kaori lui avait déjà annoncé que quand Hideyuki serait prêt, elle se retirerait de leur partenariat pour lui laisser la place, afin que Ryo lui apprenne tout ce qui lui restait à savoir avant de se lancer et de prendre la relève de City Hunter, probablement avec Masao qui était plus que partant.

Tout le monde était d'accord pour Natsumi: elle ne serait pas nettoyeuse. L'intéressée elle-même s'était fait une raison, et avait un autre objectif tout aussi vital et important à ses yeux. Elle voulait devenir médecin, soigner les plus nécessiteux, et les nettoyeurs au besoin, tout en ayant appris à se défendre. Et cela, Ryo approuvait. Mais son fils...

_ Ryo! entendit-il dans les escaliers. Le dîner est sur la table!

_ J'arrive, Kao! cria-t-il avant de rengainer son arme et de balayer ses douilles.

Il rangea le stand de tir en quelques minutes puis regagna son appartement, soupirant longuement. Il savait que les instants qui allaient suivre seraient tendus.

Quand il pénétra dans la pièce à vivre, tout le monde était à table et l'attendait. Il alla vite se laver les mains puis prit place à côté de sa femme. Celle-ci servit tout le monde, et bientôt Ryo se régala des petits plats qu'elle avait préparés.

Un silence de plomb régnait, que personne n'osait rompre. Le nettoyeur attendait. Il voyait les coups d'oeil furtifs que les adolescents échangeaient en face de lui, et il sentait la main de Kaori se poser régulièrement sur sa cuisse pour l'apaiser. Elle sentait son trouble. Elle avait toujours été si perspicace.

Finalement il n'y tint plus. Il avala sa dernière bouchée puis annonça tranquillement:

_ Au fait, Kao, Tomeya m'a dit qu'une grosse opération allait bientôt avoir lieu. Il n'a pas les détails, mais ça concerne un nouveau cartel de drogue, qui s'appellerait Le tigre d'argent.

Cette fois il vit Natsumi blêmir et les traits de Hideyuki se figer. J'en étais sûr, se dit-il, le coeur serré. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire?

Kaori n'eut pas le temps de répondre, car Hideyuki posa brutalement ses baguettes et s'adressa à son père, le regardant droit dans les yeux:

_ Nous on connaît les détails, Papa. Le tigre d'argent finance une compétition sportive dans notre collège dans trois jours. Les meilleurs se verront offrir une bourse d'études, de l'argent et un weekend dans un palace.

_ C'est un piège, dit sombrement Kaori, agrippant la cuisse de son mari et la serrant comme une bouée de sauvetage.

_ Bien sûr Maman, acquiesça Natsumi, fixant son père d'un air inquiet. On le sait parfaitement. Mais on n'a pas le choix. On est tous les meilleurs. Si on veut rester dans l'ombre, on doit participer.

_ Participer ne veut pas dire gagner! la contra sa mère d'un ton véhément. Vous pouvez faire exprès de perdre.

_ Non, dit Hideyuki en secouant la tête. On doit aller jusqu'au bout. Si le tigre d'argent est un cartel de drogue, alors il faut le démanteler. C'est peut-être le cartel d'il y a quatre ans qui veut sa vengeance. Il faut le faire.

_ Umi, Mick et moi allons nous en charger, intervint enfin Ryo d'un ton sans réplique qui masquait son désarroi. Pas question que vous risquiez votre vie tout seuls.

_ Papa, soupira Hideyuki. Tu n'es pas un collégien. C'est à nous de le faire, en infiltration. On peut et on va le faire. On en est capables. Fais-nous un peu confiance.

_ Justement, Hide, vous n'êtes que des collégiens. Vous êtes beaucoup trop jeunes. Je ne peux pas vous laisser faire.

Le jeune homme se leva brusquement, renversant sa chaise et faisant voler son assiette. Il tremblait de rage difficilement contenue.

_ Alors quand est-ce qu'on ne sera plus trop jeunes pour toi, Papa, dis-moi? Est-ce que ce jour arrivera seulement? La vérité est que tu es mort de trouille! Tu nous aimes mais tu nous couves! Il faut qu'on vole de nos propres ailes! Et ce n'est pas en résolvant tous les problèmes à notre place que tu nous aides, bien au contraire!

_ Ne me parle pas comme ça! tonna Ryo, sautant à son tour sur ses pieds, tremblant de fureur. Je m'inquiète pour vous parce que je vous aime, mais je ne suis pas mort de trouille! Est-ce que tu réalises seulement dans quoi vous voulez vous engager? À cinq contre un cartel de drogue qui a eu quatre ans pour s'assurer que vous ne sortirez pas vivants de leur traquenard? Il n'est pas question que je vous laisse faire, Hide!

_ Tu ne vas pas avoir le choix, lui asséna son fils, une expression déterminée sur le visage qui ébranla Ryo.

Soudain il se vit dans les traits durs et le regard métallique du jeune homme, la couleur des cheveux pour seule différence. Hideyuki avait hérité de beaucoup de lui, et apparemment de son obstination. Mais il ne pouvait pas le laisser faire. Le prix à payer était trop élevé. Il ne voulait pas avoir le coeur brisé par leur mort.

_ C'est toi qui ne vas pas avoir le choix, dit-il encore plus durement. Tu n'es pas prêt, Hide, et tu ne vas pas entraîner ta soeur et tes cousins dans une mission suicide.

_ C'est toi qui as décrété que je n'étais pas prêt, mais tu ignores tout de moi, Papa. Tes indics? Ils me renseignent aussi. Tes missions? À ton avis, qui te suit partout dans l'ombre et t'a sauvé à trois reprises déjà? L'aura que tu as parfois senti, c'était moi. Je ne peux pas toujours te la cacher, car tu as un don exceptionnel pour détecter les auras, mais tu es bien le seul à pouvoir me repérer. Même oncle Umi en est incapable. Et je tire aussi bien que toi, et tu le sais. Ce n'est pas pour me vanter, mais pour te prouver que c'est uniquement dans ta tête que je ne suis pas prêt.

Ryo, bien qu'estomaqué par l'aplomb de son fils, se mit alors en colère. Il ne supportait pas être mis devant le fait accompli, et cette fois son autorité de père était en jeu. Il jouait à un jeu dangereux, il en était conscient, mais il ne voulait pas reculer.

_ Maintenant ça suffit, Hide! Tu es trop jeune, point barre! Ce n'est pas parce que tu es mon fils que tu es tout permis! Je ne veux pas que tu finisses comme le premier Hideyuki de cette famille! Alors tu nous laisses faire, tes oncles et moi, et vous ne vous en mêlez pas, est-ce que c'est clair?

Il vit le jeune homme pâlir devant lui, et sut qu'il avait été trop loin. La référence à leur oncle Maki était un coup bas, beaucoup trop bas. Et il remettait en cause ses compétences. Il avait oublié que Hideyuki n'était pas seulement son fils, mais aussi celui de Kaori. Il se mettait très rarement en colère, mais lorsque ça arrivait, mieux valait se planquer. Et à cet instant précis...

_ Maintenant c'est toi qui vas la fermer, Papa! C'est nous qui sommes visés! Nous, le club des cinq! Pas toi! Alors on va effectuer cette mission, et je me passerai de ta permission! S'il faut que nous démantelions un cartel entier pour te prouver encore une fois que je suis prêt, alors soit! Mais tu n'as pas intérêt à t'en mêler! C'est nous que ça regarde, et pas toi! Il est temps de penser à ta retraite, c'est à moi de prendre le relais! Et même si ça ne te plaît pas, il va falloir que tu t'y fasses! En attendant, je vais chez Masao. Et ne t'avise pas d'y venir me chercher, je prends des lacrymos avec moi!

Sidéré, la tête lui tournant et une vague douleur lui enserrant la poitrine, Ryo vit son fils, plus furieux qu'il ne l'avait jamais vu, monter quatre à quatre les escaliers, se précipiter dans sa chambre, en ressortir deux minutes plus tard avec un sac sur le dos et son Smith et Wesson 60 357 Magnum dans la main. Il vit Hideyuki se tourner vers eux et, dans un brouillard, l'entendit lancer:

_ Je t'appelle, Maman. On se voit au collège demain, Natsumi.

Puis la porte d'entrée claqua. Le silence s'éternisa. Ryo se sentait vaciller, et soudain il sentit les bras de Kaori autour de lui. Elle lui murmura:

_ Ça va aller, Ryo, ne t'en fais pas. Ça va aller.

_ Hide... est parti... dit-il, d'un air hébété.

_ Il va revenir, le rassura-t-elle, sentant ses tremblements. Ne t'inquiète pas, il reviendra demain.

_ Qu'est-ce que j'ai fait, Kao?

Sa voix se brisa. Lui qui voulait préserver son fils à tout prix l'avait poussé à bout, et maintenant Hideyuki était incontrôlable, et peut-être prendrait-il de trop grands risques. Son fils, d'ordinaire très pondéré, savait mesurer le danger et s'adapter, mais dans cet état de fureur, il était comme Kaori, fonçant tête baissée sans se soucier des conséquences.

La tête lui tournant de plus en plus, il se laissa guider vers le canapé et s'y assit lourdement. Il entendit vaguement le téléphone sonner et Natsumi décrocher, répondant d'une petite voix, mais il essayait de se concentrer sur Kaori, sur sa voix rassurante, sur les caresses dans son dos qu'elle lui prodiguait, mais il se sentait mal. Il avait mal.

_ Kao, je...

_ Papa, dit Natsumi, lui tendant le téléphone, les yeux pleins de larmes. C'est pour toi.

Il prit l'appareil, une main glacée lui comprimant le coeur, et répondit à son interlocuteur:

_ Moshi-moshi?

_ Ryo, c'est Mick. Je dois te prévenir...

_ Hide? Il va bien?

_ Hide? Je ne sais pas. Non, j'appelle pour... le Professeur.

_ Le Professeur? répéta-t-il, sa voix perdant du volume. Que... que se passe-t-il?

_ Ryo, il...

Mick s'interrompit, en proie à une violente émotion. Finalement il réussit à dire:

_ Le Professeur a été assassiné. C'est une vraie boucherie, Ryo. Et il y a un message. C'est signé "Le tigre d'argent."

Ryo lâcha le combiné qui s'écrasa au sol. Le Professeur, l'homme qui l'avait soigné, qui lui avait redonné un peu d'humanité, qui lui avait donné un toit, qui l'avait soigné d'innombrables fois, qui avait accouché Kaori, qui avait veillé sur eux pendant toutes ces années...

Il bascula sur le sol, la douleur dans sa poitrine s'intensifiant, sous les cris paniqués de Kaori et le sang-froid de sa fille qui commença à lui prodiguer un massage cardiaque. Et il perdit connaissance.