Chapitre 3

Hideyuki sortit de l'immeuble à pas rageurs. Il était furieux de la confrontation avec son père, mais aussi profondément blessé. Le manque de confiance du nettoyeur vis-à-vis de ses capacités l'attristait et lui faisait mal, mais il savait que son père l'aimait et qu'il voulait seulement le protéger. Mais cela, il ne pouvait plus l'accepter.

Il fit le tour du quartier pour se calmer, croisant des indics de Ryo. Il leur posa des questions, et certains lui répondirent avec bienveillance quand d'autres se montrèrent plus hostiles. Il savait qu'il devait rapidement se faire sa propre réputation, il ne pouvait pas vivre éternellement sur celle de son père. Tomeya en particulier le lui prouva. Il refusa de répondre à son salut, et quand Hideyuki commença à perdre patience, il lui cracha:

_ J'ai déjà dit tout ce que je savais à Ryo. T'as qu'à voir avec lui.

Alors le jeune homme vit rouge. Il attrapa le mendiant par le col et le souleva de terre, puis le plaqua violemment contre le mur de sa ruelle. L'homme en eut le souffle coupé. Puis Hideyuki, assurant sa prise, libéra sa main droite et sortit son revolver, le pointant pile entre les deux yeux de l'indic.

_ Écoute-moi bien, Tomeya, parce que je ne me répèterai pas. Mon père, c'est mon père, et moi c'est moi. Quand je te pose une question, tu as intérêt à me répondre, et vite. Je sais que tu en sais plus que ce que tu veux nous faire croire. Alors parle.

_ Sinon quoi, gamin? éructa le mendiant, fanfaronnant malgré son impuissance. Tu vas me faire quoi? J'ai pas de leçon à recevoir d'un blanc-bec comme toi.

Hideyuki savait qu'il était au pied du mur. Sa réputation allait commencer à se jouer maintenant. Bien que cela lui répugnât, il devait se faire craindre du milieu de l'ombre, se forger une carapace solide et impénétrable. Et pour cela, il avait un modèle parfait. Papa, donne-moi la force, pensa-t-il. Il prit une expression totalement neutre et dure, et dit d'une voix métallique:

_ Je n'aime pas qu'on se moque de moi, Tomeya.

Et il tira. Il visa soigneusement, et la balle partit, n'émettant aucun son grâce au silencieux de son Smith et Wesson dont il avait pensé à se munir. Tomeya hurla, et il le lâcha. Le mendiant s'écroula, se tenant la jambe gauche, alors que du sang s'égouttait de son mollet.

_ J'espère que ça te servira de leçon, Tomeya. La prochaine fois, ce sera ta tête. Des indics, je peux en trouver à la pelle. Tu ne m'es pas indispensable. Mon père est trop gentil avec des raclures comme toi. Les vacances sont terminées. Maintenant, crache ce que tu sais sur le tigre d'argent.

Le mendiant, gémissant faiblement et comprimant sa blessure avec un morceau de tissu crasseux, le fixa longuement. Hideyuki ne baissa pas les yeux, ne fit rien apparaître de la nausée qui l'avait saisi. Il devait être impitoyable. City Hunter n'était pas une mauviette. Il devait savoir faire mal quand il le fallait, et au diable ses atermoiments! Finalement Tomeya baissa la tête en signe de capitulation.

_ T'as gagné, gamin. Le tigre d'argent en a après toi et tes petits copains nettoyeurs. Ils ont prévu votre victoire à la compète, et ce weekend vous serez conduits dans un palace pour y être mis à mort.

_ Où ça? lui demanda durement Hideyuki.

_ Je l'ignore, avoua le mendiant avec une grimace. Ce sont des pros. Les infos sont dures à obtenir.

_ C'est tout?

_ Je peux aussi te dire qu'ils ont prévu un sacré spectacle pour votre mort. Apparemment leur boss est fan de Hunger Games.

_ Ça promet, murmura le jeune homme, essayant de ne pas paraître ébranlé.

_ Je te jure que je ne sais rien de plus, dit Tomeya, le regardant de nouveau dans les yeux, mais avec cette fois une lueur de respect dans le regard, et non de défi.

Hideyuki sortit une poignée de billets qu'il jeta au mendiant, puis lui dit en s'éloignant:

_ Va te faire soigner, Tomeya. Je veux le lieu demain. Au fait, je m'appelle Hideyuki Saeba. La prochaine fois que tu m'appelles "gamin", je t'explose le crâne.

_ Quel caractère, entendit-il murmurer dans son dos. T'es bien le fils de Ryo, toi, pas de doute.

Il déambula encore un peu, traînant ses guêtres dans le Kabuki-cho, et remercia silencieusement son géniteur d'être aussi grand en taille. Il avait pris de lui, ce qui lui permettait de passer aisément pour un adulte dans la foule compacte qui l'entourait, et fut même sollicité par des femmes légèrement vêtues pour des relations tarifées. Mais ça, il n'y était vraiment pas prêt. Et celle avec laquelle il voulait le faire...

Chassant ces pensées licencieuses, il flirta un peu pour donner le change, puis rebroussa chemin vers Shinjuku, et fut bientôt en vue de son immeuble. Le coeur serré, il contempla les fenêtres de son appartement pendant quelques minutes, essayant de ne pas penser à l'angoisse que devait éprouver sa mère, à celle de sa petite soeur, et encore moins à ce que pouvait ressentir son père. Il lui fallait être fort.

Il se dirigea vers l'immeuble d'en face, où Mick et Kazue habitaient toujours, et bientôt se retrouva devant la porte des Angel. Il s'apprêtait à frapper quand l'huis s'ouvrit brusquement.

_ Te voilà enfin, Hide, dit Mick, une expression si sombre sur ses traits que Hideyuki en frémit.

_ Pardon de vous déranger, oncle Mick, commença-t-il, mais...

_ Entre vite. Il faut qu'on parle.

Le jeune homme, surpris de cet accueil, suivit l'Américain dans la pièce à vivre, où Masao semblait l'attendre, la mine également sombre. Mick lui fit signe de s'asseoir, et il prit place sur le canapé.

_ Oncle Mick, attaqua-t-il d'emblée, je suis désolé de débarquer comme ça, mais j'ai une faveur à te demander. Pourriez-vous m'héberger cette nuit?

L'ex-nettoyeur l'observait avec attention, et finit par légèrement secouer ses cheveux blonds.

_ Avant toute chose, mon grand, j'ai deux choses à t'annoncer qui ne vont pas te plaire.

Hideyuki attendit avec un peu d'appréhension. Les traits crispés de son oncle et son cousin ne lui disaient rien qui vaille. Mais il s'exhorta à la patience et à la neutralité. La carapace devait aussi se forger dans ce genre de circonstances.

_ D'abord, juste après que tu sois parti, ton père a fait une crise cardiaque.

Complètement sonné, le jeune homme regardait l'Américain d'un air hébété, puis bondit sur ses pieds, une pensée résonnant en boucle dans son cerveau: C'est ma faute. C'est ma faute. C'est ma faute.

_ Je dois le voir! Est-ce qu'il...?

_ Il va bien! s'empressa de le rassurer Mick. Son coeur est reparti quasiment immédiatement, ta soeur lui a fait un massage cardiaque. Elle est douée, et Ryo est fort. Il paie ses excès, c'est tout, et il n'avait pas dormi depuis trois jours. Alors après votre dispute, tout lui est tombé dessus d'un coup. Mais il a repris conscience, et il dort à présent. Kaori et Kazue sont à son chevet. Ne t'inquiète pas pour lui, il va vite se remettre. Mais il va falloir qu'il arrête de fumer, et ça, ça ne va pas lui plaire.

Hideyuki se rassit, à la fois rassuré et angoissé. Son père, qu'il avait toujours vu comme un roc indestructible et éternel, à terre... Il sentit les larmes sur ses joues quand elles commencèrent à goutter sur ses mains, et essaya de se reprendre. En face de lui, les Angel père et fils avaient pudiquement détourné le regard. Il s'enquit, la voix moins assurée qu'il ne l'aurait souhaité:

_ Est-tu sûr que ça va aller pour Papa, oncle Mick?

_ Tout à fait certain. Après tout, il est soigné par ma femme, et elle en connaît un rayon. Alors il n'y a aucune raison de s'en faire.

Le jeune homme soupira et essuya ses larmes, essayant de se concentrer. Il voulait voir son père, d'autant plus que ce dernier avait encore frôlé la mort, mais d'un autre côté...

_ Est-ce que je peux aller le voir?

_ À toi de décider, répondit Mick d'un air sérieux, rivant son regard au sien. Mais si je peux te donner un conseil, je te dirais de ne pas y aller.

_ Pourquoi?

_ Parce que ton père est un imbécile doublé d'un âne bâté. Il faut toujours qu'il soit au pied du mur pour commencer à comprendre les choses de la vie.

_ Que veux-tu dire, oncle Mick? demanda Hideyuki après quelques secondes, perdu.

_ Je veux parler de toi, Hide, lui lança calmement l'Américain, le fixant droit dans les yeux. De vous, les jeunes. De votre mission.

Hideyuki jeta un oeil à Masao qui acquiesça sombrement. Ainsi son cousin aussi avait eu droit à la discussion avec son paternel. Mais Mick, contrairement à Ryo, n'avait pas l'air furax.

_ Tu dois te demander ce que j'ai pu dire à Masao, devina l'ex-nettoyeur, faisant quelque peu rougir son neveu. Je lui ai dit "Vas-y et sois prudent".

Estomaqué, Hideyuki chercha confirmation auprès de Masao qui acquiesça de nouveau, un petit sourire aux lèvres. Pour lui l'épreuve a été plus facile, songea Hideyuki avec une pointe de jalousie.

_ Je... Je suis sans voix, oncle Mick. Tu as réagi à l'opposé de Papa.

_ Je sais, soupira l'Américain qui secoua la tête. Et pourtant, ce n'est pas faute d'en avoir parlé à Ryo maintes et maintes fois. Mais pour lui, tu es trop jeune, sans même parler de ta soeur. Il ne veut pas voir que tu as quinze ans, que tu es un homme, et que de toute façon vous êtes condamnés à plus ou moins brève échéance si vous ne vous défendez pas tout seuls.

Sidéré par le cynisme de ses propos, Hideyuki écouta l'explication de son oncle:

_ C'est très simple, Hide. Il y a quatre ans, vous avez fait une bonne action, certes, mais vous avez aussi scellé votre destin. Vous êtes marqués par le milieu. Vous devez être chasseurs ou proies. En plus, vous êtes les enfants de trois nettoyeurs particulièrement craints, ce qui n'arrange rien. Depuis quatre ans, votre destinée est inéluctable. Et ça, Falcon et moi l'avons compris, mais pas Ryo. Il a refusé d'admettre l'évidence, prétendant que vous pouviez toujours sortir du milieu si lui vous protégeait. Le problème, c'est qu'il ne sera bientôt plus en capacité de le faire. Pas encore, il est toujours aussi bon qu'à vingt ans, mais dans dix ans... Il se cache la tête dans le sable depuis tout ce temps. Ça a été la même chose avec Kaori. Il lui a fallu sept longues années pour finalement lui avouer qu'il l'aimait. Ta mère a été patiente, je te le dis.

«Comprends-tu, Hide? Tu as décidé d'être nettoyeur, et c'est tant mieux car tu n'as vraiment plus le choix, à moins de te faire descendre dans quelques jours. Et au moment où tu veux prendre ton envol, le tigre d'argent débarque. C'est un sacré challenge, c'est certain, mais de toute façon, si vous échouez, vous serez bientôt morts. Ça devrait vous motiver pour rester en vie. Et il faut que ton père comprenne que tu iras jusqu'au bout. Si c'est vraiment ce que tu veux, il va falloir que tu t'imposes. Ryo ne comprendra pas d'une autre manière, malheureusement.

Le silence s'installa, et Hideyuki réfléchissait. Son oncle avait raison. Il avait choisi sa voie, il devait s'y tenir.

_ Très bien. Je n'irai pas voir Papa. Mais je compte sur toi pour veiller sur lui, oncle Mick.

L'ex-nettoyeur hocha la tête, et demanda:

_ Qu'est-ce que tu comptes faire, maintenant?

_ Nous préparer à la bagarre, répondit-il tranquillement, moins serein qu'il ne voulait le laisser paraître mais se contraignant au calme. Je ne vais pas nous laisser tuer aussi facilement qu'ils l'escomptent.

_ Et quel est ton plan? s'enquit Masao, très concentré.

_ D'abord, récolter des infos. J'ai fait le tour des indics de Papa, je recommencerai chaque nuit. Et je vais te demander de faire de même, Masa, et Gen aussi.

_ D'accord, acquiesça le jeune homme blond d'un air résolu.

_ Ensuite, je vais aller voir tante Saeko. Elle doit avoir un dossier sur ce cartel. Et je vais mettre les filles au travail aussi.

_ Que veux-tu dire? lui demanda Mick, curieux.

_ Elles sont de vrais génies informatiques, expliqua-t-il. Toutes les deux peuvent faire des ravages quand elles s'y mettent. Je vais leur demander de pirater des agences de renseignement, pour avoir un max d'infos.

_ Les nettoyeurs 2.0, dit l'Américain en secouant la tête. Quand je t'entends, j'ai l'impression d'être un vieux con.

_ Mais non, Papa, le rassura Masao. Vous faisiez les choses autrement, à votre époque, c'est tout. Si vous aviez eu la technologie d'aujourd'hui, vous auriez fait comme nous.

_ Et pour les armes et les munitions? demanda son père.

Hideyuki garda le silence, un peu gêné. Son père ne lui avait pas encore dit où il se fournissait, et Masao pinça les lèvres. Mick sourit.

_ Je vais donc pouvoir briller une dernière fois. Ryo et moi nous fournissons auprès du même gars. Falcon va chez un autre revendeur, comme ça en cas de coup dur on a une solution de repli. Ça tombe bien, c'est aujourd'hui jour de vente. On ira tout à l'heure, à deux heures du mat'.

_ Si tard? s'étonna Hideyuki.

_ C'est l'horaire. Les truands et les nettoyeurs vivent la nuit, mon grand.

Hideyuki hocha la tête, puis demanda, fronçant les sourcils:

_ Tu ne m'avais pas parlé de deux choses qui n'allaient pas me plaire, oncle Mick? Quelle est la deuxième?

_ Ah oui, c'est vrai. Il faut dire que je préfère me concentrer sur votre survie. Mais...

L'Américain fit une pause, son regard errant par la fenêtre, puis lâcha:

_ Le tigre d'argent a assassiné le Professeur.

_ Quoi?! s'exclama Hideyuki, choqué et peiné. Mais... comment? Pourquoi?

_ Ce soir, et ils n'ont pas fait dans la dentelle.

_ Mais je croyais... que la résidence était ultra-sécurisée?

_ Il faut croire qu'ils ont des bons gars, admit l'ex-nettoyeur, le regard voilé. Tiens, regarde.

Il tendit au jeune homme des photos, et ce dernier eut un haut-le-coeur. Sur les clichés, le Professeur gisait au milieu de sa bibliothèque, horriblement mutilé. La pièce autour de lui était en pagaille absolue, tout avait été retourné. Sur le mur du fond couvert d'étagères, un message écrit avec de la peinture à même les tranches des livres apparaissait: "Ceux qui s'attaquent au tigre d'argent en paient les conséquences."

Hideyuki, combattant la nausée et l'envie de balancer au loin les terribles photos, les examina avec le plus grand soin, cherchant d'éventuels indices. Il savait que le Professeur avait faibli ces derniers temps avec l'âge qui avançait, mais il avait toujours toute sa tête et veillait à préserver l'anonymat de la famille des nettoyeurs.

_ Masao et moi avons nettoyé les lieux avant l'arrivée de la police, expliqua Mick. On a pris les photos d'abord, puis on a pris tout ce qui pouvait être compromettant. Mais on n'a rien trouvé de précis, à part l'ordinateur du Professeur.

_ J'ai plongé dans le disque dur, ajouta Masao, mais rien de particulier. Le Professeur était quelqu'un d'extrêmement prudent.

Hideyuki hocha la tête, se concentrant davantage. Le Professeur était un homme particulièrement brillant, il n'aurait pas confié des données sensibles à un ordinateur aisément piratable. Il se rappela les conversations qu'il avait eues avec le vieil homme, et reprit le cliché montrant le message du cartel. Mais celui du Professeur était également présent, pour qui savait le voir.

_ Mes amis, annonça calmement le jeune homme, grâce au Professeur, je sais où le tigre d'argent a sa tanière.

_ Quoi? s'exclama Mick, abasourdi. Que veux-tu dire, Hide?

_ Le Professeur nous a laissé un dernier renseignement, répondit ce dernier, tendant les photos à son oncle. Sur la bibliothèque. Ses recherches ont dû être repérées, c'est sûrement pour ça que le tigre d'argent l'a tué. Mais il ne sera pas mort en vain, ajouta-t-il avec détermination, la rage au coeur. Nous allons venger sa mort et nous occuper de ces pourris.

_ Je ne comprends pas, avoua l'ex-nettoyeur, donnant les clichés à son fils. Quel message?

_ Les livres, expliqua simplement le jeune homme. Ils ont été reclassés selon un ordre différent de d'habitude. Et si on regarde bien le premier kanji du titre de chaque ouvrage, cela forme six mots: "Tigre d'argent hôtel Shintaro Tokyo."

_ Tu arrives à voir le titre des bouquins? s'étonna Masao, impressionné, examinant la photographie avec stupeur. Et tu te rappelais leur ordre précédent, en plus!

_ J'ai une bonne mémoire photographique, dit modestement son cousin.

_ L'hôtel Shintaro, fit Mick, songeur. C'est un palace flambant neuf, au coeur de la campagne près de la banlieue chic de Tokyo. Seuls les clients très fortunés peuvent s'y rendre, et encore, en montrant patte blanche. Il paraît que l'endroit, bien que paradisiaque, est une vraie forteresse.

_ Ce serait trop facile, sinon, ricana ironiquement Masao.

_ Il faut qu'on élabore une stratégie, dit Hideyuki, se rencognant contre le dossier du canapé. Il faut en parler à Natsumi, Genzo et Rumiko le plus vite possible.

_ Pas ce soir, lui opposa gentiment Mick, jetant un oeil à l'horloge murale. Il est vingt-deux heures cinquante, Hide. Vous en parlerez demain. Et à ce propos, vous devez disparaître, tous les cinq.

_ Comment ça? lui demanda Masao, interloqué.

Mais Hideyuki avait compris.

_ Ils ont retourné la résidence du Professeur car ils cherchaient certainement des infos sur nous. Je suppose qu'ils n'ont rien trouvé, mais mieux vaut être prudents. Alors on ira au collège, là-bas on ne risque rien, mais on ne doit plus rentrer chez nous tant que la mission n'est pas terminée.

_ Exactement, confirma l'Américain en hochant la tête. Et vous avez un endroit où aller?

_ Ta planque, Papa? proposa Masao.

_ Trop risqué, lui répondit son père. On ne sait jamais, peut-être ont-ils obtenu cette info.

_ Le bâtiment abandonné du collège, suggéra Hideyuki sérieusement. Personne n'aura l'idée d'aller nous chercher là-bas. Il paraît qu'il est hanté, ajouta-t-il avec un sourire amusé.

_ Bonne idée, approuva Mick, souriant également. Allez, reposez-vous deux petites heures, les jeunes. On part à une heure trente. Je vous réveillerai.

Masao emmena son cousin dans sa chambre et lui prépara un futon. Hideyuki, bien que perturbé par la mort du Professeur et l'état de santé de son père, ne tarda pas à succomber à la fatigue et s'endormit en quelques minutes.