SUITE ET FIN

Le lendemain, je me réveille seule sous mes draps : j'ai dormi d'un sommeil si profond que je n'ai pas senti Rosalya se lever. Les yeux encore clos, je tâtonne au-dessus de ma tête de lit pour atteindre l'interrupteur du velux. Je sens un rayon de soleil venir me réchauffer le visage, et dégourdit petit à petit mes paupières gonflées. Il fallait s'y attendre : après les larmes de cette nuit, je ressemble à une taupe.
Je pose les pieds en dehors du matelas et me sens un peu vide. Non pas parce que j'ai oublié de manger en rentrant – même si ça n'aide pas à se sentir en forme, mais parce que je n'ai jamais bien encaissé les conflits, ni la solitude. Or, à de nombreux égards, le concert d'hier m'a fait faire face plusieurs fois à ces deux fléaux.

Pensant être seule à l'appartement, je ne prends même pas la peine d'arranger ma tignasse d'épis de blés en berne pour avancer au radar jusqu'à la cuisine. Grave erreur, car j'ai à peine posé un pied sur notre hideux carrelage blanc que Rosalya m'accueille d'un « coucou » aux décibels agressifs. Puis, voyant mon absence de réaction :

« Oh bah mince Manon d'amour, mais qu'est ce qui t'arrive ? C'est quoi ces yeux ? »

Je fais mine de jeter quelque chose derrière mon épaule, pour signifier que ça n'a pas d'importance, mais la psychologue en devenir ne lâche pas si facilement l'affaire. Alors que je végète sur le canapé, incapable de décider si j'ai envie d'un thé vert ou noir, ou même simplement d'aller me recoucher, elle vient s'asseoir lentement à mes côtés et me passe un bras autour de l'épaule.

« C'est à cause de Nathaniel ? »

L'étonnement me sort un peu de ma torpeur. Comment peut-elle être au courant alors qu'elle dormait déjà depuis des heures au moment de l'incident ? Les iris dorés de mon amie me sondent et devinent ma question sans que j'aie à articuler quoi que ce soit.

« J'ai croisé Castiel tout à l'heure, il est juste passé prendre une douche avant de sortir faire des courses. Je crois qu'il voulait qu'on déjeune tous les trois, pour fêter son succès d'hier. Il m'a dit t'avoir vu te prendre la tête avec Nath' hier soir. Je te connais, Manon, tu ne te disputes pour ainsi dire jamais avec les gens… Nathaniel t'a fait une crasse, c'est ça ? »

Emue par la douceur de Rosalya, je me jette dans ses bras à la recherche d'un petit réconfort. Son parfum ambré m'apaise un peu, et je trouve le courage de tout lui déballer. Le retour de Lynn, Nathaniel qui oublie l'existence du respect, et même les groupies de Castiel qui ont été désagréables au bar pendant toute la soirée quand elles ont cru comprendre qu'il y avait quelque chose entre nous. Tournicotant une mèche de ses cheveux d'ivoire entre ses doigts, Rosalya m'écoute sans broncher, placide. Puis, je le vois à son air concentré, elle prend le temps de réfléchir, me sert une tasse de thé, et se décide à me faire part de son diagnostic.

« Manon, ça ne me surprend pas beaucoup, mais là, le doute n'est plus permis : Nathaniel est un parfait crétin. Je sais que c'est blessant de se sentir jetée, peu importe le fait que vous ne sortiez pas ensemble, mais là, il faut te dire que c'est pour le meilleur. Ce garçon est toxique ! Une fois le choc passé, tu verras bien que tu n'es pas seule, et que ce n'est pas plus mal de ne plus prendre le risque de chopper une MST tous les mois. Qu'il aille se casser les dents à la reconquête de Lynn, on s'en tape. En plus, toi et moi savons très bien à quel point cette fille peut être naïve et autocentrée, ça va lui faire un choc après avoir côtoyé pendant des années des nanas comme toi, qui ne lui prennent jamais la tête. »

Je pouffe malgré moi. Rosalya tire un portrait un peu exagéré de cette pauvre Lynn qui n'a rien demandé à personne, mais je dois admettre que ça me fait un bien fou. Nous finissons par changer de sujet et rire de son ivresse de la veille. Quand Castiel revient des courses, l'ambiance est au beau fixe. Je sais qu'il sait, mais il a la délicatesse de ne pas remettre le sujet de mes yeux bouffis sur le tapis – à moins que ce ne soit de la flemme.

Bien entourée, et le ventre plein de steak haché et de pommes de terre sautées, je me sens revigorée et entreprend dès l'après-midi de changer le mot de passe de mon compte N-flix. Pan, dans tes dents, Nath'.

Les deux semaines qui suivent s'écoulent sans péripéties particulières. Je croise Nathaniel à la salle de sport, encore en pleine discussion avec son ex. Il fait mine de ne pas me voir, ce qui signe en ce qui me concerne la fin d'un pardon possible. Rosalya et Castiel – qui ne s'est en fin de compte pas gêné pour traiter le blondinet de tous les noms devant moi une fois mon énergie retrouvée – ont raison : notre relation avait fait son temps, et je n'avais plus rien à en tirer.

Alors que je suis assise à la table d'un café, un latte au macha et le nez dans Alias Grace de Margaret Attwood, je me demande s'ils n'avaient pas aussi raison à propos d'autre chose. Me servais-je de Nathaniel comme excuse, pour ne pas me sentir obligée de m'ouvrir à des possibilités plus sérieuses ailleurs ? Comme pour m'éviter une exposition plus engageante, plus sincère vis-à-vis de quelqu'un ?

Depuis une semaine, Rosalya a décrété que j'avais eu le temps de faire mon deuil, et qu'elle pouvait raisonnablement commencer à me harceler pour que je chercher à « rencontrer » de nouvelles personnes. Les fameux « dates » popularisés par Tindeur. Le concept ne m'enchante pas vraiment, mais… En un sens, et je ne peux la contredire sur ce point, je ne peux pas me faire un avis définitif sur le procédé avant de l'avoir testé.

En soupirant moi-même de ce que je m'apprête à faire, je plonge la main dans mon sac et dégaine l'accessoire ultime des relations sociales actuelles : mon smartphone. Après une courte navigation sur le catalogue d'applications de rencontre, je décide d'installer celle qui permet de matcher avec des gens que l'on a croisés dans la journée. Et quitte à ne pas faire les choses à moitié, je sélectionne d'un coup tous les garçons que l'on me propose au bout de dix minutes. De toute façon, je songe, à tous les coups, aucun d'entre eux ne répondra : je n'ai mis qu'une seule photo et elle laisse à désirer.

Je manque de m'étrangler avec mon latte quand une notification s'affiche sur mon écran pour annoncer un match. Qui n'est autre qu'avec le serveur qui m'a apporté ma boisson une petite demi-heure plus tôt.

Un peu gênée, et prise de court parce que je n'imaginais pas avoir à affronter l'épreuve tant redoutée si rapidement, je fais mine de me replonger dans mon bouquin le temps de retrouver une contenance. On est en milieu d'après-midi, et, bénis soient les dieux du campus, la plupart des étudiants sont en cours à cette heure-ci, je suis donc seule en terrasse.

Le serveur, Hyun d'après son profil, revient vers moi pour me demander avec un sourire lui aussi un peu gêné si j'ai terminé ma boisson. Essayant de me détendre un peu, je lui tends le verre vide, et lui demande si cela fait longtemps qu'il travaille ici, car je ne me souviens pas l'y avoir déjà vu alors que j'habite depuis longtemps dans le coin. Il m'explique que ça fait pourtant un moment qu'il est employé au café, mais qu'il est plus souvent en service le matin – moments où je suis plutôt chez moi, à la bibliothèque universitaire, ou en cours, ce qui élucide le mystère.

Il saute sur l'occasion pour relancer la conversation sur moi, et me demande si je suis bien serveuse moi-même, car il lui semble m'avoir déjà vue derrière un comptoir. Finalement, nous discutons quelques minutes sans aucun malaise, et en me déposant l'addition, il joint son numéro inscrit sur une serviette en papier et me propose d'aller boire un verre dans les prochains jours.

Quatre jours plus tard, Hyun et moi n'avons toujours pas trinqué ensemble, mais en revanche, nous avons assisté à un match de basket universitaire. C'était ma proposition, peut-être parce qu'un tête-à-tête trop franc dès le départ m'angoissait un peu, et qu'étant une ancienne joueuse de basket, je me sentais plus à l'aise de le revoir en terrain connu.

Les Red Falcons, notre campus, ont remporté la partie, et l'ambiance était bonne enfant. Hyun m'a beaucoup questionnée sur les règles du basket, auxquelles il ne connaissait pas grand-chose, et m'a aussi un peu parlé d'informatique, sa spécialité académique. Je l'ai trouvé très intéressant, et ai appris quelques petites choses sur le data mining qui pourront probablement m'être utiles en logistique.

Seulement… Je ne ressens aucune attirance pour lui. Ce n'est pas qu'il n'est pas mignon : le type coréen beau gosse, pas trop petit, peau sans défauts, soigné… Mais quand il m'a fait la bise, aucun frisson. Le néant total. Pour ne pas lui faire perdre son temps, je lui ai dit que je ne cherchais pas vraiment à me mettre avec quelqu'un, en fin de compte… Ce à quoi il a répondu qu'il n'y avait pas de mal, qu'il comprenait, et que cela lui convenait si nous restions « bon amis ». Le compromis me convient, puisque nous serons probablement amenés à nous recroiser sur le campus. Cependant, j'ai l'impression d'être de retour à mon point de départ. Aaaall byyyy myseeeelf, comme dit la chanson…

Arrive le week-end : je ne suis pas sortie depuis le match, à part pour aller travailler. J'ai proposé à Rosa de faire les magasins cet après-midi, activité à laquelle elle ne saurait dire non sous aucun prétexte, mais malheureusement des cousins de Leigh et Lysandre sont de passage pour quelques jours, et elle se doit de leur faire visiter la ville. Castiel et son groupe sont partis pour le week-end, pour un show à la capitale. Typiquement le genre de moments où j'aurai appelé Nathaniel pour passer le temps, mais là, je vais devoir me résoudre à geeker sur des otomes… Pour une fois que j'étais en avance sur mes fiches et mes devoirs universitaires, ça me chagrine un peu. Je me sens de nouveau seule.

Je coupe quelques rondelles de concombre, courgettes et ouvre un sachet de mozzarella, bien décidée à déjeuner sainement pour compenser ma future absence de sport du week-end. Je viens seulement de m'affaler dans le sofa et de poser mes pieds sur la table basse, quand la sonnerie de mon portable retentit. Je décroche machinalement, persuadée qu'il s'agit soit de ma mère, soit de mon patron.

« - Manon ? Je ne te dérange pas ?

- Lysandre ? Euh non pas du tout, ne t'inquiète pas ! Que me vaut le plaisir de ton appel ? Tout va bien ?

- Je me porte bien, je te remercie. Je n'arrive pas à joindre Castiel et Rosalya, mais je voulais vous proposer à tous les trois de venir passer le weekend à la maison si ça vous tentait. Je suis moins occupé qu'en début de mois, et le temps promet d'être radieux, on pourrait même aller se baigner au lac. »

C'est stupide de ma part, mais le fait que je sois la dernière à avoir été appelée me rend un peu triste. Fichu blues chronique, il faut vraiment que je me ressaisisse. Je lui réponds d'une voix aussi enjouée que possible que nos deux acolytes préférés ont des plannings assez chargés ce weekend, et qu'on pourrait peut-être remettre ça à la semaine suivante si c'est envisageable pour lui. Cependant, je ne dois pas être très convaincante, car la voix grave et douce de Lys' se teinte de sollicitude à l'autre bout du fil.

« - Tout va bien Manon ? Tu n'as pas l'air dans ton assiette.

- Oh, rien de bien grave, t'en fais pas Lys'. Un petit coup de mou passager.

- D'accord… Va pour reporter notre réunion de famille à la semaine prochaine. Cela étant dit, tu voudrais venir aussi ce weekend, toi ? L'air de la campagne pourrait te changer les idées, et je peux passer te chercher à la gare la plus proche si tu n'as pas de voiture.

- Oh Lys', c'est super gentil mais je vais pas te déranger en débarquant chez toi deux weekends de suite quand même…

- Manon, tu ne me déranges jamais. Et je serais ravi d'avoir une acolyte pour profiter du lac aujourd'hui. »

J'hésite, sans trop de raison tangible. En fait, Lysandre et moi n'avons jamais passé autant de temps seuls tous les deux. Je réalise que ça me trouble un peu, puis me réprimande mentalement : il faut que j'arrête de me prendre la tête pour tout et n'importe quoi tout le temps !

« - C'est d'accord ! Je prends le prochain train, je t'enverrai par texto mon heure d'arrivée. Merci beaucoup Lys' !

- C'est un plaisir. A tout à l'heure Manon. »

Je raccroche, file rassembler quelques vêtements et ma trousse de toilette dans un sac, cours à la gare. Trois heures plus tard, mon chauffeur en chemise de coton blanc et pantalon de velours côtelé beige me récupère dans une gare au fin fond de la campagne française. Contente de le voir, et finalement pas mal à l'aise pour un sou, je dépose un baiser sur sa joue droite et lui fais remarquer qu'il n'y a vraiment que lui pour porter des pantalons de vieux fermier et avoir l'air très élégant malgré tout. Il ne nous faut pas plus de quinze minutes pour atteindre la ferme, pendant lesquelles nous discutons principalement de nos lectures respectives du moment.

La vue de la bâtisse maintenant familière achève de me donner du baume au cœur : c'est à peine si je me rappelle de la raison pour laquelle j'étais si mélancolique dans la matinée. J'aide un peu mon hôte à nettoyer les pièces habitables et m'amuse à courir après les poules pendant que je les nourris – eh bien quoi, il n'y a pas de mal à garder son âme d'enfant, non ?

En fin d'après-midi, lessivée, je me jette sur une botte de foin dans l'étable et relâche mes muscles en humant la paille sèche. L'odeur de la vache ne m'importune même pas, tant j'ai profité de cette journée. Je vois Lysandre me chercher depuis l'entrée de l'édifice, et lui fais un grand signe de la main.

Mon matelas improvisé semble l'amuser, et il traverse l'étable pour venir s'allonger à côté de moi. Les yeux fixés sur le plafond, il me demande si je me sens mieux, et si je veux discuter un peu de ce qui me tracassait. Cette fois-ci, je n'hésite plus à me confier à lui.

Je lui raconte Nathaniel, le date infructueux avec Hyun, mes élucubrations sur la peur de l'engagement, le manque de confiance en moi pour susciter l'amour chez quelqu'un, manque de confiance qui selon moi m'empêche aussi inconsciemment de m'intéresser à qui que ce soit.

Il me dit que de son point de vue, j'ai bien fait d'aller de l'avant avec Nathaniel, même si c'est dommage que notre relation se soit terminée sur une dispute ; puis que cela ne sert à rien de se forcer à sortir avec des personnes qui ne suscitent aucun intérêt particulier chez moi, juste pour essayer de déclencher l'impossible. En revanche, ce qu'il faut maintenant, c'est que la prochaine fois que je ressens de l'intérêt pour une personne, je n'hésite pas à me lancer, peu importe mes chances de réussite. On peut parfois être surpris de ce que les gens pensent sans le laisser paraître.

Je tourne la tête vers lui, et la scène de ma dernière visite me revient en tête. Je le trouve beau, et sexy, avec ses discours de sage qui n'ont pas l'air de lui demander le moindre effort, comme si la clairvoyance en toutes situations était innée chez lui. Je le trouve bien patient, aussi, de m'écouter geindre sur mes petits soucis existentiels alors qu'il a traversé des moments bien plus difficiles quelques années plus tôt, et pourrait très bien trouver tout cela insignifiant.

Sur un coup de tête, prise de court par ma propre spontanéité, je me relève sur le coude et l'embrasse. Sur la bouche. Mon visage vire au cramoisi quand je réalise ma bêtise, et je me redresse pour me confondre en excuses, écrasant mes mains sur mes yeux et mes joues comme si cela allait m'aider à disparaître.

« Oh la la Lys' je suis désolée je ne sais pas ce qui m'a pris vraiment ! Mais quelle imbécile ! Pardon pardon pardon ! »

Je n'ose plus retirer mes doigts de devant mon visage, par peur de croiser ses iris dépareillés voilés par une colère muette. Je tombe des nues quand je le sens prendre mes mains dans les siennes, les immobiliser le long de mon buste, et réitérer l'expérience que j'ai tentée quelques secondes plus tôt. Il m'embrasse, d'abord avec hésitation, puis plus franchement, en libérant mes mains pour passer ses doigts dans mes boucles et derrière ma nuque. J'oublie tout mon embarras pour profiter de l'instant, et bon sang, je dois avouer que c'est plutôt agréable.

On passe quelques minutes à se regarder, sans rien dire, ne sachant pas trop par où commencer. Enfin, en ce qui me concerne, du moins. Je crois que Lysandre est moins perturbé que moi, parce qu'il finit par prendre la parole, comme s'il avait juste attendu que mon attention quitte définitivement ses lèvres pour se recentrer sur son discours. Il sourit.

« Quand je te conseillais de te lancer, je ne pensais pas que tu appliquerais ce conseil aussitôt. »

Ma bouche se tord en une moue qui se veut embarrassée et coupable, bien que plus le temps passe, moins je regrette ce petit épisode à la conclusion fort sympathique. Il retire un brin de paille qui s'est logé sur le dessus de ma tête, et poursuit.

« Mais ce n'est pas pour me déplaire. Jusqu'ici, tu affirmais toujours haut et fort que tu ne souhaitais pas te poser, alors je n'avais jamais envisagé quoi que ce soit te concernant. Je pense que si j'étais amené à passer ma vie sans moitié, je m'en porterai relativement bien, contrairement à bon nombre de personnes. En revanche, s'il s'agit de toi, et que tu te sens prête à me faire confiance pour essayer quelque chose d'un peu officiel… Je serais plutôt partant. Je sais qu'on s'entend bien, et que je te trouve très jolie. La balle est dans ton camp. »

Alors là… Je me sens foudroyée sur place. Si je m'attendais à un tel discours ! Pourtant, contrairement à ce que j'aurai pu imaginer, ce n'est pas la peur qui fait battre mon cœur plus vite qu'à l'ordinaire : c'est… L'excitation. Les mots de Lys' me vont droit au cœur ; et je réalise que si c'est avec lui, la perspective d'une relation plus sérieuse ne me fait pas si peur que ça. Je lui fais déjà confiance, je me sens à l'aise, et il me plait de plus en plus… Je sens mes hormones s'emballer à vitesse grand V.

« Jeu, set et match alors. »

Je lui souris de toutes mes dents. C'est un « oui » franc et définitif pour moi. Partons ensemble affronter le défi d'une relation avec un grand R. Quelques instants plus tard, de nouveau sur le dos, noyée dans la paille et les caresses, je me dis que c'est franchement la meilleure décision que j'ai prise depuis bien des années.