Chapitre 10

Alors que les autres enfants ouvraient leurs cadeaux de Noël avec enthousiasme, Harry était assis sur son lit, fixant les quatre paquets qui se trouvaient devant lui.

Il était content de voir qu'on avait pensé à lui, mais il aurait tellement préféré avoir une famille avec qui passer Noël… c'était surtout à cette période de l'année que ses parents lui manquaient, tout comme à Halloween.

Avec un soupir, il saisit le premier cadeau : il venait d'Hermione et vu le format, c'était un livre… il l'ouvrit et sourit avec tendresse en voyant le cadeau qu'elle lui avait envoyé : c'était un exemplaire de Peter Pan. Ainsi, Hermione se souvenait qu'il n'avait jamais eu l'opportunité de lire les classiques Moldus… Il y avait un mot dans le livre…

« Joyeux Noël, Harry ! Au départ, je voulais te prendre quelque chose d'utile, mais j'ai vu ce livre alors que je faisais les courses de Noël et j'ai su que tu aimerais !

J'espère que tout se passe bien à Poudlard (n'oublie pas qu'Ace est là si tu as besoin de faire du Quidditch même si je pense que tu devrais commencer à réviser tes BUSES) et j'ai hâte de te revoir dans deux semaines !

Hermione »

C'était étonnamment court pour Hermione, mais il appréciait qu'elle n'ait pas parlé de Ron ou de Sirius.

Il le posa sur sa table de chevet, se promettant de lire le livre dès ce soir, et son regard fut attiré par le gros colis sur le lit : vu le papier cadeau maladroitement enroulé autour du cadeau, ce devait être de la part d'Hagrid. Il l'ouvrit avec amusement mais grimaça en voyant une boîte de gâteau (probablement durs comme de la pierre) et une flûte taillée dans du bois blanc. La flûte lui était familière… Hagrid lui en avait fait une quand il était en Première Année, mais il l'avait perdue alors qu'ils étaient face à Touffu… Il sourit en la portant à ses lèvres et fut surpris du son mélodieux qui en sortit : Hagrid s'était surpassé.

Il y avait une carte d'anniversaire dans la boîte à gâteaux : « Joyeux Noël, Harry ! N'hésite pas à venir me voir un de ces jours pour boire un thé ! »

Tiens, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas vu Hagrid… il était rentré à Poudlard il y a seulement quelques jours…
Les deux derniers paquets venaient d'Ace et… de Sirius.

Bien que content d'avoir des nouvelles de Sirius, il avait comme une boule au ventre alors qu'il se rendait compte que c'était la première fois que les Weasley ne lui écrivaient pas pour Noël. Il se moquait de recevoir des cadeaux, mais il aurait aimé une lettre. Au moins avoir des nouvelles de Mr Weasley…
Il secoua la tête avant d'ouvrir le cadeau d'Ace qui s'avéra être une paire de mitaines en cuir noir : il les essaya et sourit en constatant qu'elles étaient confortables mais que les phalanges étaient renforcées par des morceaux de métal. Pratique et élégant. Ace avait bon goût, du point de vue de Harry.

« Joyeux Noël, Potter ! La prochaine fois que tu voudras frapper quelque chose (Weasley ou Malfoy, par exemple ?), mets ça ! Bref, sinon rejoins-moi au portail du château à midi ! Il y a une surprise !

PS : Prends Hedwige et ta baguette, ainsi qu'un sac avec le nécessaire pour deux ou trois jours. »

Intrigué, il relut le message plusieurs fois avant de reposer le morceau de parchemin qui s'enflamma soudainement, le faisant sursauter. Visiblement, Ace ne voulait pas laisser de trace… étrange…

Enfin, il ouvrit le cadeau de Sirius et sentit ses yeux s'humidifier : il y avait une photo de ses parents encadrée avec un petit cahier. Il prit le cadre photo et regarda avec émerveillement la photo de ses parents s'animer et les larmes coulèrent le long de son visage.

Sa mère et son père souriaient avec bonheur à la caméra avant de faire des grimaces… il y avait aussi Sirius et Remus, et la professeure Lovegood ! Et aussi une femme qui… ressemblait à Ace… Ce devait être Rouge, sa marraine et la mère du pirate.

Il remarqua que Pettigrew n'était pas sur la photo : heureusement.

« Joyeux Noël, Harry ! J'ai retrouvé cette photo en triant de vieux cartons et je me suis dit que tu aimerais l'avoir ! Les deux femmes qui te sont probablement inconnues étaient les meilleures amies de Lily : Rouge Portgas et Clara Lovegood. Je crois que Lovegood est ta professeure, non ? Bref, j'espère que tu vas aimer aussi le cahier : lorsque que Lily est tombée enceinte, on a tous écrit des mots pour toi ! Désolé à l'avance, d'ailleurs !

J'espère te revoir avant la fin des vacances, mais selon Dumbledore ce sera compliqué. Il ne sait pas ce que j'ai attrapé comme virus, mais ça semble sérieux.

Sniffle. »

Harry reposa la lettre et prit le cahier avec hésitation. Des mots pour lui ? Que voulait dire Sirius ?

L'ouvrant, il faillit éclater de rire en lisant le titre : « Pour le futur bébé Potter de Lily et Potter ! (Je suis sûr que ce sera une fille, mais Remus pense le contraire… je sais que j'ai raison, c'est mon instinct animal qui parle !) (Désolé pour Sirius, bébé Potter, il ne pouvait pas s'en empêcher, au fait, c'est ta marraine Rouge et je suis fière de te bientôt te rencontrer !) »

Il sourit en voyant toutes les autres phrases et remarques écrites par plusieurs personnes, mais referma le cahier : il le lirait plus tard. Pour l'instant, il devait rejoindre Ace devant le portail pour il ne savait quelle raison.

Lorsqu'Harry arriva devant le portail, il fut surpris de voir les professeurs Newgate et Lovegood attendre avec Ace qui semblait heureux.

Le jeune sorcier les atteignit enfin, sa cape d'hiver fermement enroulé autour de lui et lâcha en se retenant de claquer des dents alors que la neige tombait encore plus : « Professeurs ? Qu'est-ce que vous faîtes là ? »

Thatch sourit joyeusement : « On fait partie de la surprise ! »

« Chut, Newgate ! Siffla Clara en lui pinçant le bras. »

Ace sourit : « Puisque c'est Noël et qu'il n'y a presque personne au château, on pensait aller faire un tour loin de Poudlard. Comme un voyage scolaire. »

Fronçant les sourcils, Harry protesta : « Pas que je sois contre le fait de voir un peu l'extérieur, mais est-ce que c'est prudent ? Je veux dire… il y a Voldemort et les Mangemorts qui… »

« Harry, ne t'inquiète pas pour ça, on ne sera pas vraiment à l'extérieur… l'interrompit Clara en agitant sa baguette, Et tu ne quittes pas Poudlard avec ta vraie apparence, bien entendu. »

D'un coup sec, elle le frappa avec le bout de sa baguette et sourit : « Voilà qui est mieux ! C'est juste une précaution… »

Le sorcier écarquilla les yeux alors qu'elle lui tendait un miroir sorti de nulle part : il avait des cheveux blond foncé et des yeux marrons banals ! Et sa peau était plus sombre qu'avant ! Il ne se reconnaissait pas !

Retirant ses lunettes, il constata qu'il voyait très bien et se tourna vers sa professeure qui sourit : « Magie. En fait, on va juste aller passer Noël dans un endroit un peu plus chaleureux que Poudlard, si tu veux ? »

Curieux, Harry ne put s'empêcher de remarquer qu'elle semblait tendue : c'était comme si elle avait envie qu'il accepte mais n'osait pas insister. Il sourit faiblement : « Eh bien d'accord… j'espère que vous m'expliquerez tous vos secrets, alors, n'est-ce pas Ace ? »

Le concerné haussa les épaules : « Désolé, mais j'avais promis de ne pas te dire qu'ils seraient là. »

« Traître ! »

« Naïf. »

« HÉ ! »

« Pure vérité, Potter, pure vérité ! »

Thatch éclata de rire alors que Harry lança une poignée de neige sur Ace qui s'offusqua en répliquant avec une boule de neige en plein dans le cou du sorcier.

Clara ouvrit le portail et le referma derrière eux avant de sortir sa montre pour regarder l'heure : « Parfait ! »

Elle sortit de sa poche un ruban noir et or et déclara : « Messieurs, veuillez attraper ce ruban et ne pas le lâcher. »

« C'est un Portoloin ? Demanda Harry avec surprise. »

« Exactement. Ce sera plus sûr que le Magicobus ou le Transplanage. Allez ! Encore cinq secondes. »

Ace le saisit avec curiosité tandis que Thatch faisait de même et Harry l'empoigna avec méfiance : il n'aimait pas les Portoloins.

La sensation d'un crochet à son nombril le fit grimacer mais la sensation dura peu de temps alors qu'il se sentait tourner sur lui-même et le sol disparaître sous ses pieds.

Quelques secondes plus tard, il était affalé sur un tapis moelleux.

Il leva la tête et vit Ace rire : « Tu fais un câlin au sol ? »

Harry se releva rapidement et leva le nez en l'air : « Il avait l'air triste et seul, que veux-tu ? »

« Tu as retrouvé ton apparence, si ça t'intéresse… »

Clara sourit en enlevant sa cape : « Bienvenue chez moi ! Pas d'explosions, s'il vous plaît ! Et enlevez-donc vos capes ! »

Thatch eut un sourire en coin alors qu'il lançait innocemment : « Voulez-vous que j'enlève autre chose ? AÏE ! »

Il se frotta la tête alors que quelque chose venait de le frapper et vu le sourire satisfait de la sorcière, c'était de son fait.

« Non, merci. Personne ne veut être traumatisé. »

Elle les conduisit dans un salon et Harry écarquilla les yeux en voyant la table garnie de plats. Il y avait un peu de tout, des classiques de Noël et des plats moins classiques.

Il pouvait presque entendre Ace gémir de plaisir alors qu'ils fixaient la table : « Comment… »

« J'espère que vous avez faim parce que j'en ai cuisiné assez pour vingt personnes ! S'exclama Thatch en leur tirant les chaises. »

Il avait aidé Clara à préparer cela ce matin et avait été amusé de la voir si impatiente. Même si elle était mal à l'aise en sa présence depuis la veille.

Harry s'assit et fut surpris de voir une grande enveloppe dans son assiette il se tourna vers Clara qui sourit affectueusement : « Tu ne pensais quand même pas que j'allais oublier ton cadeau de Noël ? »

Avec un sourire hésitant, il ouvrit l'enveloppe et remarqua pleins de feuilles. Il fronça les sourcils en les sortant de l'enveloppe et demanda : « Qu'est-ce que c'est ? »

« Lis-les. »

Il jeta un regard à Ace qui l'encouragea avec un sourire et une moquerie : « Vas-y, lis-les, je sens que ton cadeau va te plaire. »

Il commença à lire : « Cher Mr Potter, je vous présente mes respects ainsi que de bonnes fêtes de Yule en tant que directeur de Gringotts et vous informe que le titre de Lord Potter vous a été accordé et qu'ainsi, nous attendons votre visite pour terminer le processus d'héritage ainsi que la lecture officielle du testament des précédents Lord et Lady Potter.

Cordialement,

Maître Bogrod. »

Surpris, il lança un regard à la femme assise en face de lui qui lui fit signe de lire les autres parchemins.

« Titre de propriété de Harry James Potter… nouveau Lord Potter… Dossier de transfert de garde… »

Harry se figea avant de lâcher : « Transfert de garde ? »

Il lut le parchemin en entier et sentit son cœur rater un battement alors qu'il voyait la signature de sa tante sur la dernière feuille.

« Les Dursley ont accepté de renoncer à ta garde, et si tu l'acceptes, Harry, tu peux vivre ici. »

La voix de Clara lui semblait lointaine alors qu'il prenait conscience de ce que cela signifiait : il n'avait plus besoin de retourner à Privet Drive. Plus jamais besoin de revoir son oncle, son cousin ou sa tante !

Il bégaya : « Mais… mais comment ? Pourquoi ? Quand ? »

Clara répondit : « Je suis allée les voir avec un Auror du Ministère de la Magie et un fonctionnaire spécialisé dans le domaine des adoptions de sorciers mineurs et ils ont accepté de me céder ta garde. Il ne manque que ta signature. »

Harry ne réagit pas et Ace lâcha, amusé : « Je crois qu'il est en état de choc… »

Clara se pencha vers Harry, inquiète : « Harry ? »

Ce dernier leva des yeux embués vers elle et lâcha : « Vous voulez être ma tutrice ? »

« Oui. Sans hésiter. »

Il se leva et alla la serrer dans ses bras en pleurant : « Merci… merci, professeure… »

Maladroitement, elle lui tapota le dos, surprise par l'étreinte inattendue et finit par enrouler ses bras autour de lui en lâchant : « Je pense que tu peux m'appeler Clara, Harry. »

Il hocha la tête avant de la lâcher et de perdre son sourire ému : « Mais qu'en est-il de Dumbledore ? »

Thatch éclata de rire : « Le pauvre va avoir des problèmes avec la justice ! Il a menti sur sa tutelle magique et Fudge est ravi de pouvoir le traîner devant le Magenmagot après les vacances. »

« Quoi ? lâcha Harry. »

« Il a prétendu être ton tuteur magique, soit le responsable de toutes les décisions te concernant, alors que c'était faux. La lecture des dernières volontés de James et Lily a permis de légaliser ton adoption ainsi que de te permettre d'accéder au titre de Lord. »

Harry fixait avec stupeur la femme qui sourit joyeusement : « En fait, je suis étonnée qu'il ait été aussi simple de manipuler Fudge et Ombrage. »

Ace secoua la tête : « Vous auriez été une excellente avocate ou une très bonne pirate, professeure. »

« Peut-être, admit-elle, mais je suis contente d'être simplement une sorcière ! »

Harry renifla bruyamment : « Manipuler Ombrage ? C'est pour ça ! C'est pour ça que je ne devais pas me faire remarquer ! »

Elle sourit : « Yep, et si tu veux tout savoir, le ministère te voit comme une victime de la fourberie de Dumbledore. »

Il plissa les yeux avant de rire : « Merlin ! C'est pour ça que vous aviez posé cette question sur ma réputation ! Vous avez manipulé le Ministère de la Magie pour détourner son acharnement vers Dumbledore ! »

Thatch sourit narquoisement : « Qui aurait cru qu'elle pourrait être une aussi bonne actrice ! Elle était ravie quand les papiers ont été signés ! »

Il fit fi du regard menaçant de la sorcière et continua : « On aurait cru qu'elle venait de gagner le jackpot car elle… »

« Car je l'ai forcé à m'aider à préparer la maison ! L'interrompit-elle. »

Elle lui tendit une assiette avant de continuer : « En bref, tu es désormais Lord Potter, Dumbledore n'a plus aucun pouvoir sur toi, tout comme le Ministère car si tu signes ces documents tu seras sous ma tutelle et crois-moi… ils peuvent essayer ce qu'ils veulent mais ils ne peuvent plus rien. »

Harry éclata de rire : « Merlin… Je n'arrive pas à y croire… »

Elle sourit : « Joyeux Noël, Harry. »

Tandis qu'Harry et Ace jouaient à un jeu de société dans le salon en riant, Thatch s'approcha de la sorcière qui préparait une chambre pour Harry à l'étage, bien décidé à lui parler, et demanda : « Alors ? »

« Quoi ? »

« On ne va pas en parler ? »

Il la vit se crisper alors qu'elle continuait à lui tourner le dos et il soupira. Visiblement, non.

« Il n'y a rien à dire, Newgate. »

Le pirate hésita avant de se placer devant elle et de saisir sa baguette : « Si. Et on va en parler maintenant. »

Elle le fusilla du regard avant de lâcher : « Il. N'y. A. Rien. À. Dire. Rendez-moi cette baguette. »

« Vous n'en n'avez pas besoin et vous le savez. »

Clara siffla : « Newgate… »

Il leva les yeux au ciel avant de lâcher, agacé : « Ce qu'il s'est passé hier n'est pas grave, mais il faut qu'on en parle, Clara. Je sais bien que c'était sur le coup de l'émotion, mais… »

Il sentit sa langue se coller à son palet et ne parvint plus à dire un seul mot alors que Clara secouait la tête en évitant son regard : « C'était une erreur et je m'excuse si cela vous a perturbé. Maintenant, j'ai du travail. »

Thatch n'arrivait plus à parler alors il soupira. Femme têtue et trop fière.

Il la saisit par les épaules et indiqua sa bouche : « MMmmmmh. »

« Je vous retire ce sort si vous arrêtez de parler de ça. »

Il roula des yeux avant de hocher la tête.

D'un geste de la main, elle leva le sortilège de silence et se détourna de lui, ne voulant pas continuer cette discussion. Mais Thatch ne la laissa pas faire : « Je ne suis pas celui qui est perturbé par ce qu'il s'est passé. Maintenant, regardez-moi dans les yeux et dîtes-moi que ça ne représentait rien et je ne parlerais plus jamais de ça. »

Elle le fixait avec des yeux écarquillés tandis qu'il attendait qu'elle parle. Mais les secondes passèrent et elle ne dit rien.

Finalement, elle lâcha : « Je ne peux pas. »

Thatch sourit avant de lâcher : « Alors peut-on en parler ? »

La sorcière soupira en s'asseyant sur le lit et déclara : « Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, honnêtement. J'étais juste heureuse d'avoir réussi à obtenir ces papiers et l'autorisation de prendre Harry sous ma garde… »

Le pirate s'assit à côté d'elle et haussa les épaules : « Impulsion soudaine. Je dois avouer que je suis ravi que vous ayez fait ça. »

« Arrêtez de vous moquer, Newgate. »

« Je ne me moque pas. Je dis juste que j'ai apprécié ce qu'il s'est passé. »

Clara rougit avant de gémir : « Merlin mais pourquoi voulez-vous tant en parler ? »

« Ça me semble évident : parce que je veux savoir si j'ai une chance. »

Il sourit avec satisfaction en la voyant s'immobiliser et ouvrir la bouche sans pouvoir répondre à ça. Il attrapa sa main et la serra : « Alors ? Est-ce que je peux espérer vous inviter à un rendez-vous ? »

Clara se mit à bafouiller, ne sachant pas comment répondre avant de plisser les yeux en remarquant l'amusement sur son visage : « Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Rien ! »

Il avait répondu trop vite.

« Vous mentez ! »

Thatch ne put s'empêcher de rire : « Je suis désolé, Clara, mais honnêtement… vous admettrez que c'est ridicule de réagir comme ça pour un baiser ! »

« C'ÉTAIT UN ACCIDENT ! ET VOUS LE SAVEZ ! cria-t-elle en se levant, VOUS AVEZ TOURNÉ LA TÊTE ! »

Le pirate éclata de rire alors qu'elle le frappait et s'exclama : « C'est vous qui m'avez embrassé ! »

« Je visais la joue, sombre abruti ! »

Il haussa les épaules en s'amusant de la rougeur des joues de la sorcière : « Et alors ? Je n'avais pas envie d'un baiser amical, moi ! »

Clara haussa un sourcil avant de s'éloigner : « Ah bon ? Eh bien, Mr Newgate, vous êtes un rustre ! »

« Un pirate ! Et je suis un gentleman ! »

La femme se moqua : « Seulement dans vos rêves. Maintenant ouste ! »

Il se sentit quitter le lit et percuta le mur dans le couloir alors que la porte se fermait derrière lui et il lâcha, dépité : « Qu'ai-je encore fait ? »

Clara poussa un long soupir alors que la porte se verrouillait et elle finit rapidement de changer la couleur des murs de la pièce, les faisant passer de blancs à bleu ciel. Si Harry voulait les changer, il pourrait facilement le faire en moins d'une seconde.

En tout cas, elle se demandait maintenant comment diable elle allait survivre à ce pirate. Bon sang, mais pourquoi a-t-il fallu qu'il tourne la tête !?

Elle gémit en secouant la tête : « Et pourquoi j'y pense encore ? »

Malgré son envie d'oublier la soirée de la veille, elle ne pouvait s'empêcher d'y penser. C'était frustrant !

Thatch n'était pas désagréable, mais elle fuyait les romances avec entrain. Une relation… ce mot lui faisait peur depuis qu'elle était à Poudlard. Elle pouvait remercier les Maraudeurs pour l'avoir traumatisée avec leurs multitudes de copines…

Sans compter qu'elle ne savait même pas s'il plaisantait ou non.

Elle ferma les yeux et soupira à voix haute : « Pirate de malheur. »

Harry se laissa tomber sur le canapé avec un grand rire : « J'ai encore gagné ! »

Ace se renfrogna : « Je ne comprends pas comment tu réussis toujours à gagner ! J'avais pourtant presque gagné ! »

Le sorcier rit : « Que veux-tu, Ace ? C'est la ruine du joueur ! »

« Silence, Potter ! Se moqua Ace, J'ai beaucoup de chance d'habitude ! »

« Ah vraiment ? »

Ace haussa un sourcil : « Eh bien oui ! Je ne suis pas mort à 19 ans comme je le pensais ! »

Harry fit la moue : « Ce n'est pas de la chance, ça… »

« Non… tu as raison… »

Le pirate s'allongea par terre et regarda le plafond avant de demander : « Harry, tu penses quoi de ton père ? »

Le concerné haussa les sourcils : « Pourquoi tu demandes ça, tout à coup ? »

« Je n'en sais rien. »

Harry soupira en s'allongeant aussi et répondit : « Je ne me souviens pas vraiment de lui. La seule chose dont je me rappelle, c'est cette nuit où ils sont morts. J'entends encore sa voix quand les Détraqueurs sont à côté de moi. Mais les seules choses que je peux penser de lui, c'est que j'aurais aimé qu'il soit là avec moi. »

Ace ne savait vraiment pas pourquoi il avait soudain envie de parler de ça, mais entendre son ami parler avec tant de regrets de quelqu'un qu'il n'avait pas connu, ça lui faisait se demander si son père l'aurait aimé et protégé comme celui d'Harry. Et on aurait dit que le sorcier avait deviné son cheminement de pensée alors qu'il lâchait : « Je ne connais pas ton père, Ace, mais je sais que c'est un sujet sensible. Mais je suis sûr d'une chose : on n'a pas de raison de détester quelqu'un qui nous est inconnu. »

Harry savait qu'il pourrait se braquer, mais c'était Noël. Peut-être qu'Ace pourrait cesser d'avoir un regard si sombre et brisé quand on parle de son père.

« C'était un homme mauvais. Un pirate que personne n'aimait. À cause de lui, des innocents sont morts. Comment pourrais-je l'aimer ? »

« Je n'ai pas parlé d'amour, Ace. Juste… des gens innocents sont morts parce que je suis né. Et en ce moment, on ne m'aime pas beaucoup. Et puis, tu sais, je ne pense pas que ta mère aurait pu aimer un homme mauvais. »

« Tu ne la connais pas. »

« Un peu quand même. »

Le brun fronçait les sourcils en se tournant vers Harry qui lui tendit le cahier qu'il avait reçu à Noël de Sirius : « Regarde. Elle a écrit dedans. Elle parle de toi et de Roger. Je pensais que tu voudrais le lire. »

Ace saisit le cahier avec hésitation. Il savait que c'était quelque chose de personnel. Mais il y avait une trace de sa mère dans ce cahier.
Il l'ouvrit avec révérence, lisant les différents commentaires en souriant faiblement avant de garder ses yeux fixés sur un long message écrit au milieu : l'écriture de sa mère. Il le lut et le relut en sentant ses yeux s'humidifier lentement.

« Bébé Potter, ou Junior comme voulait t'appeler James (Davy Jones, quelle horreur), je suis très fière que Lily m'ait choisie pour être ta marraine Clara a boudé pendant une heure complète en sachant qu'elle ne serait pas la marraine, mais elle a mis son véto pour être la prochaine sur la liste ! Sauf pour Sirius : elle a dit que s'il avait l'audace de se reproduire et de lui infliger la torture de le regarder élever un pauvre enfant innocent, elle allait changer d'identité ou épouser Regulus. Bien sûr, elle plaisantait. Regulus était son ami – je crois qu'il avait le béguin, mais il a toujours refusé d'admettre même une amitié – mais elle ne l'aurait jamais épousé. Bref, je m'éparpille. J'ai tendance à sauter d'une idée à l'autre sans raisons, parfois. Tu verras plus tard, je serais Tata Rouge ! Davy Jones, j'ai vraiment hâte de te rencontrer, bébé Potter. Tu sais, tu pourrais presque avoir un grand-frère après tout. Il s'appelle Ace. Tu l'adorerais, j'en suis sûre. Même si je ne l'ai pas tenu dans mes bras très longtemps, je sais qu'il ferait un frère formidable, un grand frère parfait. S'il te tient de moi, il serait tête brulée et fort. S'il tient de son père, il serait farceur et impulsif, protecteur et un peu bêta. S'il tient de nous deux, je plains le pauvre Garp et lui-même. Notre héritage génétique sera une plaie pour sa survie : en fait, Roger – ton parrain par alliance – ressemble assez à James et Sirius. Un imbécile heureux qui aime vivre dangereusement et qui a donné sa vie pour ceux qu'il aimait. Son équipage, sa famille. J'aurais aimé que tu puisses les connaître tous les deux. Roger aurait été gaga devant toi et Ace. Il était si heureux quand il a appris qu'on allait être parent. Il a fait une fête qui a duré cinq jours. C'était un homme incroyable. Un homme bon, même s'il n'était pas un honnête citoyen. Quand tu seras là, avec nous, je te raconterais son histoire. L'histoire du Roi des Pirates, l'homme qui voulait la liberté et une famille. Peut-être qu'un jour, tu rencontreras Ace. Il y a peu de chance, mais si un jour ça devait arriver, alors tu auras trouvé un merveilleux ami et frère. Mais je compte sur toi pour ne pas être aussi imprudent que James si vous deviez vous rencontrer ! Et ne fais pas comme moi s'il débarque dans ton salon une sombre nuit d'hiver ! (J'avais frappé Roger à la tête avec une casserole. Deux minutes plus tard, il me déclarait sa flamme. Ridicule mais mignon. Oh et Clara semble avoir hérité de mon talent à l'attaque de casserole, n'hésites pas à lui demander de t'apprendre.).
Je suis fière d'être ta marraine, bébé Potter (je suis sûre que tu seras un petit garçon ! Intuition féminine) et je te souhaite d'avoir une vie heureuse et remplie d'amour.
Avec amour,
Portgas-Gol D. Rouge. »

Ace renifla alors qu'il touchait les mots d'encres avec douceur. Sa mère… elle le connaissait si bien… elle semblait l'aimer de tout son cœur. Et elle aimait Roger. Elle disait que c'était un homme bon. Il papillonna des yeux avant de tendre le cahier à Harry qui le posa sur la table, fixant son ami avec un sourire triste. Aucun d'eux n'avait pu connaître Portgas D. Rouge. Et pourtant, ils aimaient tous les deux cette femme.
Harry tendit la main vers Ace et lui saisit l'épaule : « Ace. On n'a pas connu nos parents. Mais on sait qu'ils nous aimaient. Les gens, dehors, qui nous disent qui ils étaient, ils ne les connaissaient pas plus. Ils ne savent rien d'eux, de leurs sentiments, de leurs vies. Pour ces gens, ce sont justes des personnes non-ordinaires sur qui ils portent un jugement. »
Le pirate sourit : « Ouais… je n'avais jamais réfléchi à ça. J'imagine que tu n'as pas tort… Mais ça ne veut pas dire que je vais considérer Roger comme mon père. Mon père, c'est Barbe Blanche et personne d'autre… À la limite… il peut être un lointain oncle. »

Harry éclata de rire en entendant la voix plus détendue d'Ace peut-être que ce n'était pas grand-chose, mais au moins, l'étincelle de haine dans ses yeux avait disparu.

La porte s'ouvrit sur Thatch qui se frottait l'arrière de la tête Ace le fixa avant de ricaner : « Tu as fait quoi ? »

« Aucune idée. Je ne comprendrai jamais les femmes. »

Ace haussa un sourcil, de concert avec Harry avant de demander : « Toi ? Toi, le pirate coureur de jupons qui se targue d'être un fin connaisseur ? »

« Connaître les femmes, ça ne veut pas dire les comprendre. Tu verras quand tu ne seras plus un ado. »

Harry ricana : « On dirait que vous n'avez pas beaucoup de succès, non plus, Professeur. »

Thatch ouvrit la bouche pour répliquer avant de rire : « Ah ! Je suis un chasseur, un pirate, gamin ! J'arrive toujours à mes fins ! »

Les deux bruns le fixaient d'un air blasé et il soupira, vaincu : « Je ne sais pas quoi faire avec elle. »

Harry fronça les sourcils avant de regarder Ace qui le regarda en retour enfin, ils se tournèrent vers leur aîné qui se méfia du sourire identique sur leurs lèvres : « Quoi ? »

« Tu es amoureux de Lovegood ? Sourit Ace en le fixant avec amusement. »

« Maintenant que j'y pense, lâcha Harry, vous la collez souvent. Et vous la taquinez sans cesse. »

« Tu as raison, il l'observe toujours. C'est assez effrayant. Je plains la pauvre femme. »

Thatch regarda les deux adolescents qui se fichaient de lui et il leva un doigt : « Je ne… »

« Le pire, c'est qu'il squatte chez elle. Son intimité. »

« Hé ! »

« C'est vrai, quel rustre. Franchement, c'est tellement indigne d'un homme que de se forcer dans la maison d'une dame ! Clama Ace en fixant son frère avec moquerie. »

« Non mais… »

« Tu crois qu'il a des penchants étranges ? Elle est plus jeune que lui ? »

« Mon Dieu, merci qu'il ne s'intéresse pas aux élèves de Poudlard alors ! »

« OH ! SALES GOSSES ! »

Thatch enjamba la table du salon et attrapa les deux Gryffondors par le col de chemise et les jeta sur ses épaules : « Vous allez voir ce qu'il en coûte de se moquer d'un pirate ! »

« Bah, il n'y a que la vérité qui blesse, Thatch ! »

Le concerné grogna : « On va voir si vous aimez la neige, tous les deux ! »

Harry et Ace se regardèrent horrifiés avant de se débattre : « Non ! On retire ! On retire ! »

« Il doit faire au moins zéro dehors ! S'il te plaît Thatch ! Ne fais pas ça ! NON !»

Le pirate ouvrit la porte d'entrée et les fit tomber dans la neige avec un grand rire : « Ah ! On fait moins les malins maintenant, n'est-ce pas ? »

Quand les deux bruns sortirent leur tête de la neige, ils avaient un bonnet blanc brillant sur leurs cheveux trempés et leurs nez étaient tout rouge. Ace siffla : « Sadique ! »

« Ace, tu es le feu ! Tu ne peux pas nous réchauffer ? Geignit Harry avant d'éternuer, Bon sang, c'est froid ! »

Le concerné le regarda avant de sourire : « Bravo, Potter ! Tu as fait une découverte incroyable ! La neige, c'est froid ! »

« Oh la ferme ! »

Ace glapit quand une boule de neige le percuta au milieu du front et il fixa avec un air vengeur le visage victorieux de son ami. Thatch recula légèrement, ne voulant pas se retrouver coincé entre les deux adolescents sur le point de faire une bataille de boule de neige. Il avait suffisamment subi ça sur la Grand Line avec Ace et Haruta. Mais c'était peine perdue : Ace le vit et saisit son bras à la vitesse de l'éclair, un grand sourire méchant aux lèvres : « Tu t'en vas déjà, Thatchy ? »
Le pirate déglutit avant de lâcher : « Je crois que je vais voir si elle n'a pas besoin d'aide avec les meubles et… »

« Non, j'ai fini ! Vous pouvez rester avec les garçons, Newgate. »

Ils se tournèrent vers la fenêtre du rez-de-chaussée qui était ouverte la jeune femme les fixait avec amusement et sûrement de la satisfaction alors que Thatch était blanc comme un linge. Elle ne savait ce qu'Ace pouvait faire comme dégât pour une simple bataille de boule de neige.
Clara posa sa joue contre sa main et sourit : « Je vais mettre des barrières de protection supplémentaires pour vous éviter de détruire les arbres ou la maison, ne soyez donc pas si inquiet. »

Thatch la fusilla du regard : elle se vengeait de ses taquineries.
Ace sourit joyeusement : « Merci, Lovegood ! »

« Juste Clara, par pitié. J'ai l'impression d'être mon frère sinon… »

« Vous êtes à peine plus jeune que lui, non ? Se moqua Thatch. »

« En effet. Il a deux-trois ans de plus que moi, pourquoi ? »

Le pirate resta coi alors qu'elle lui souriait narquoisement et qu'il pouvait entendre les deux bruns rire dans son dos. Clara haussa les épaules : « Quoi ? Est-ce que j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? »

Il n'eut pas l'occasion de répliquer alors qu'il sentait Ace le tirer dans la neige avec force. L'instant suivant, il grelottait et recrachait de la neige en pestant contre son frère qui riait aux éclats et rapidement, la bataille de boule de neige commença violemment. Clara les fixait avec de gros yeux, tout comme Harry qui se précipita vers le porche pour se mettre à l'abri, ne pouvant pas comprendre comment un simple jeu pouvait devenir une telle pagaille.
Alors qu'au départ, ils se battaient les uns contre les autres, Ace et Thatch avaient vite commencé à devenir plus rapides et impitoyables, et le pauvre sorcier était déjà trempé, frigorifié et terrifié par les deux pirates. Il rampa jusqu'à la fenêtre où se tenait sa… il ne savait pas trop ce que représentait Clara Lovegood pour lui : sa professeure, une amie de sa mère, sa tutrice… Mais en tout cas, il était content de voir qu'il n'était pas le seul stupéfait par la performance des deux hommes qui se lançaient des boules de neige comme des boulets de canons.

« Prof… Clara ? »

« Oui ? »

« Les protections vont-elles tenir ? »

« Normalement, elles devraient, mais j'admets que j'ai un doute, là maintenant tout de suite. »

Harry déglutit avant de la regarder : « Et ça ne vous inquiète pas ? »

« Ah si. Beaucoup, même. »

Clara gémit en voyant un arbre s'enflammer et soupira de soulagement quand une vague d'eau l'éteignit rapidement. Bon sang… ces pirates étaient vraiment forts. Même quand ils jouaient. Elle baissa les yeux et remarqua qu'Harry tremblait. Évidemment, il ne portait pas de manteau. La sorcière sourit, une idée traversant son esprit : « Hey, Harry, tu veux m'accompagner voir nos colocataires ? »

Harry haussa un sourcil : « On a des colocataires ? »

« En quelque sorte. Tu te souviens de l'Occamy ? Cette maison est incartable, et il y a de nombreux espaces de préservation d'espèces animales ici. »

Le brun écarquilla les yeux : « Incartable ? Comme la Salle sur Demande ? »

« Yep. Ça t'intéresse ? »

Le Gryffondor sourit brillamment et s'exclama : « Carrément ! Mais vous êtes sûre que ce n'est qu'une maison ? »

Il jeta un coup d'œil sur ladite maison : elle était assez grande, bien plus que celle des Dursley, mais plus petite qu'un manoir. Clara éclata de rire : « Magie, Harry. Univers de poche, si tu préfères. Je crois que tu as étudié le livre de Newt Scamander quand tu étais en première année, non ? Eh bien, il avait toute une réserve biologique cachée dans sa valise. Sans parler de sa maison. »

« Dans… sa valise ? Je ne le savais pas. »

Clara lui fit un clin d'œil : « J'ai dû fouiner un peu. J'étais fan quand j'avais ton âge. »
Elle ferma la fenêtre en lançant un dernier regard à la bataille extérieure et ouvrit la porte à Harry qui sourit timidement. Il ne savait pas comment agir : il n'avait jamais eu de chez lui autre que Poudlard, ni de « famille ». C'était hésitant et prudent, mais Clara n'agissait pas comme sa tante Pétunia. Elle était moins ordonnée et plus vive. Pas une femme aigrie qui le voyait comme une gêne, un parasite. La sorcière avait choisi de l'adopter. Ça signifiait beaucoup pour Harry, même si parfois il se demandait pourquoi Sirius ne l'avait pas fait. En dehors du fait d'être un fugitif, bien sûr.

Le jeune sorcier suivit sa professeure jusqu'à une porte verte et or où un serpent d'or glissait sur le bois. Une peinture animée. Clara lui sourit : « Vas-y. Demande-lui de te laisser entrer. »

« Vous savez que je suis Fourchelangue ? »

« Ça t'étonne ? »

« Non, pas vraiment. »

Mais Harry se demanda soudainement pourquoi il y avait un serpent : « Pourquoi est-ce un serpent qui garde cette porte si vous n'êtes pas Fourchelangue ? »

Elle lui sourit mystérieusement avant de pencher la tête sur le côté : « Perspicace. Recule. »

Il obtempéra et la laissa se mettre devant la porte qui changea brutalement d'apparence : le fond resta vert, mais le serpent disparut. À la place, il y avait une otarie dorée. Clara posa sa main contre la porte et ferma les yeux avant de lâcher dans un souffle : « Laisse-moi entrer. »

La porte s'effaça et Harry écarquilla les yeux : à la place de la porte, il y avait un rideau de feuilles et de branches que Clara écarta, le fixant avec amusement : « Tu viens ? »

« Comment… Pourquoi l'animal a-t-il changé ? »

« Reflet de ton animal intérieur. Je suis une Animagus. »

« Vous vous transformez en otarie ? »

« Yep. Et tu te transformerais en serpent si tu t'entraînais pour devenir Animagus. »

« Un serpent… »

Il baissa les yeux et se mordit la lèvre : « On ne peut pas changer ? »

« Non. Mais le serpent est un bel animal, Harry. Il représente la ruse, la patience, l'envie de découvrir et l'immortalité. C'est un animal noble. »

Le brun haussa les épaules : « Je ne suis pas patient et l'immortalité ne m'intéresse pas. »

Clara sourit mystérieusement : « Je pense qu'un jour tu sauras ce qu'immortalité signifie vraiment. Ce n'est pas ce désir de vivre pour toujours sur cette terre. »

« Alors qu'est-ce que c'est ? »

« Laisser une empreinte, une trace dans le cœur des gens qu'on aime et qui nous aime. »

Harry sourit en comprenant qu'il y avait toujours des interprétations à faire avant de faire quelques pas en avant. La porte se referma devant eux avec un bruit discret, et une lumière chaleureuse l'éblouit un instant quand il rouvrit les yeux, il ne pouvait que rester bouche-bée devant le spectacle devant lui.

On aurait dit que c'était le printemps, alors qu'une prairie fleurie et d'un vert printanier s'étalait à ses pieds. Il pouvait voir des licornes non loin d'eux, ainsi que plusieurs autres créatures qu'il ne saurait nommer.
Sur sa gauche, il y avait un petit bois où des Sombrals dormaient. Et s'il plissait les yeux, il pouvait reconnaître des oiseaux d'Afrique pourtant présumés disparus. Et des Botrucs ! Il y avait un arbre à Botruc et des fées ! Harry pouvait les voir grimper et virevolter autour des arbres avec aisance et tranquillité.
Et à sa droite, il y avait un lac pas comme celui de Poudlard, bien plus grand, mais aussi plus clair et moins effrayant. Il ne doutait pas qu'il serait agréable de s'y baigner, sans craindre un calmar géant ou des Strangulots. Il vit alors l'eau claire onduler et un corps longiligne bondit sur le rivage en criant joyeusement un Occamy. Quelques secondes plus tard, une tête émergea de l'eau et Harry hoqueta en reconnaissant un dragon aquatique : Hagrid avait toujours dit qu'il aimerait en mettre un dans le lac, mais ils étaient rares et difficiles à dompter.
Inconscient du sourire fier de la femme à côté de lui, Harry avança de quelques pas en tournant sur lui-même : la porte était la seule chose qui témoignait de la magie de ce lieu avec les créatures alors qu'il pouvait voir des montagnes derrière Clara.
Le Gryffondor leva les yeux vers le haut, s'attendant à voir un plafond, mais fut soufflé par le ciel azur agrémenté de nuages blancs : « Wow… ». Harry ne put s'empêcher de rire avant de toucher l'herbe avec des yeux émerveillés : c'était si réel…

Un cri strident retentit et Clara s'exclama : « Ah ! Pile à l'heure ! »

Un phénix familier volait vers eux et Harry lâcha avec une exclamation de surprise : « Fumseck ? Mais… »

Clara sourit alors que le phénix se perchait sur l'épaule du brun : « Il vient parfois voler ici avec les autres oiseaux. Et non, Dumbledore n'en a aucune idée ! »

Harry la fixa avec incrédulité avant de lâcher : « C'est… c'est absolument magnifique. »

« Tu veux aller voir l'Occamy ou les licornes ? »

Il fronça les sourcils avant de demander : « Les licornes ne vont-elles pas me fuir ? »

« Non, pas si tu es avec moi ! Sans compter que maintenant que tu n'as plus cette… chose, ta magie est entièrement pure. »

Elle désigna sa cicatrice et il sourit : « Oui… j'imagine que ça fait du bien de ne plus cauchemarder… »

« Sans blague ! Allez, viens. Il est temps de te présenter correctement à nos amis. »

Ace se laissa tomber dans la neige, le souffle court tandis que Thatch haletait, appuyé contre le mur : « Putain ça m'avait manqué ! »

Le brun éclata de rire : « Te prendre une raclée à la bataille de boule de neige ? »

« Hé ! Tu triches avec ton Mera Mera no Mi ! Tu faisais fondre la neige avant qu'elle ne te frappe ! »

« Je n'y peux rien ! »

« Menteur ! »

Thatch lui ébouriffa les cheveux avant de s'asseoir par terre : « Alors, ce Noël ? »

Ace sourit en haussant les épaules : « C'est sympa… »

Mais son sourire disparut lentement alors qu'il fixait le ciel blanc : « Mais ils me manquent… Oyaji, Marco, Izou, Haruta, Stephan… la famille me manque. »

Thatch posa sa main sur l'épaule de son frère et sourit avec mélancolie : « À moi aussi, ils me manquent, mais on les reverra. »

Le plus jeune acquiesça : « Ouais. On doit revenir chez nous. »

« Voilà ! »

Les yeux gris d'Ace brillèrent de malice alors qu'il continuait sur un ton plus léger et définitivement taquin : « Tu n'auras pas de regret ? »

Ne comprenant pas la question, Thatch haussa un sourcil : « Des regrets ? »

« Ça ne va pas te manquer ce monde ? Les gens que tu as rencontrés ? Les femmes… »

Thatch sourit narquoisement : « Ace, Ace, Ace… tu aurais dû me dire que tu voulais des conseils ! »

« N'essaye même pas de changer de sujet ! »

Le pirate au pompadour complètement défait rejeta la tête en arrière : « Bah, rien n'est joué. »

« Tu veux développer ? »

« Eh bien, la situation peut encore évoluer. J'ai le temps. »

Ace se demanda soudainement quelque chose auquel il aurait dû penser bien avant, mais mieux vaut tard que jamais, non ? Il se tourna vers Thatch qui avait les yeux fermés et demanda : « Comment es-tu arrivé ici ? Tu ne me l'as jamais dit… »

Le concerné rouvrit les yeux avant de froncer les sourcils : « Ah bon ? »

« Nope. »

« Ah, bah quand je suis mort, je me suis senti bizarre. Comme aspiré quelque part. L'instant d'après, j'étais devant Oyaji. »

« Oyaji ? »

« Enfin, une imitation. Apparemment c'était Gaïa. »

Ace fredonna d'accord : « Ouais, j'ai eu droit à une imitation de ma mère. »

Thatch sourit : « Le plus drôle, c'est ce que cette déesse m'a sorti. Au début, j'ai cru à une mauvaise blague, tu sais, avant qu'elle ne me montre mon propre cadavre. Là, j'ai accepté de l'écouter… pas que j'ai compris grand-chose. »

« Elle a dit quoi ? »

Thatch pencha la tête en arrière avant de se souvenir de ce moment si étrange. Et il commença son récit.

Flash-back

Thatch avait l'impression d'être en train de flotter, ou d'être bourré, voire endormi. Mais la douleur lancinante qu'il ressentait dans son cœur était plus que réelle alors qu'il ouvrait les yeux. Un de ses frères l'avait trahi et tué. Teach.
Une colère sourde commença à se répandre dans son corps alors que le pirate s'asseyait. Un instant de colère fugace qui disparut quand il s'apparut qu'il était sur le pont du Moby Dick. Brièvement, il se demanda comment c'était possible, puis tâta avec précaution son dos et ne sentit pas le sang dont il aurait pourtant dû être recouvert.

Une voix familière le fit sourire alors qu'il se retournait vivement : « Oyaji ! »
Mais ce n'était pas lui. Thatch pouvait le dire rien qu'en croisant son regard : son père n'avait pas un regard aussi neutre. Il était toujours, toujours expressif.

« Qui êtes-vous ? »
« La mère de toute chose. Gaïa. Et toi, mon enfant, tu es l'un des miens. C'est pour ça que tu n'es pas encore complètement mort. »
Thatch rit en reculant : « Pas moyen ! Je suis mort ! »

« Un sceptique, je vois… eh bien dans ce cas, vois par toi-même ! »

Il se retourna et sursauta en voyant son corps. Et le sang, il y avait tellement de sang autour de lui. Et sa famille. Thatch eut le cœur serré en les voyant pleurer et crier alors que Marco était à genoux devant lui, des larmes dévalant ses joues. Il pouvait les entendre.

« THATCH ! RÉVEILLE-TOI ! THATCH ! »

Le concerné cria : « Marco ! Marco ! Je suis là ! MARCO ! »

Mais ils ne le voyaient pas. Il n'était pas là.
Son cœur se serra alors qu'il se retournait pour tomber face à face avec Ace qui pleurait. Des larmes de chagrin et de haine. Ses yeux brillaient d'une haine féroce alors qu'il lâchait : « Thatch… Thatch, ne nous laisse pas… s'il te plaît… ne me laisse pas, frère… »

« Ace ! Oh, Ace je suis là ! »

Il essaya de l'attraper, mais passa à travers lui. Il se tourna vers Gaïa en criant : « POURQUOI ? »

« Tu n'es pas encore mort, mais ton corps l'est. Tu es presque dans le royaume de Davy Jones, mais pas encore. »

Thatch secoua la tête, des larmes se formant : « Alors c'est ça ? Je meurs et je laisse tomber ma famille, mais en plus voilà que vous jouez avec nos émotions en me montrant la souffrance que j'ai causé ?! COMMENT POUVEZ VOUS ÊTRE SI CRUELLE ? »

« ASSEZ ! JE SUIS LA CRÉATRICE DE TOUTES CHOSES ET JE NE SUIS PAS SOUMISE AUX VICES ET AUX PÉCHÉS DE S HUMAINS ! »

Le pirate recula, apeuré face à cet être inhumain et terrifiant.

Gaïa sembla se calmer alors qu'elle le regardait avec affection – c'était effrayant, Thatch ne ressentait pas la même chose que lorsque son Oyaji le regardait – et disait : « C'est étrange, mon enfant, mais tu es au cœur d'un nœud temporel. Ta mort, ton existence, est ce qui déclenche des événements inévitables. En mourant, tu as mis en marche le destin de ta famille. »

Thatch blanchit : « Quoi ? »

« Mais ta mort peut ne pas être définitive. Tout comme le destin de ta famille pourrait être modifié. »

Se méfiant, il demanda : « En échange de quoi ? »

« Une faveur. J'ai une faveur à te demander, mon enfant. »

« Cessez de m'appeler enfant. »

Gaïa le fixa avant de continuer : « J'ai créé de nombreux univers, de nombreuses terres et mers, et dans chacun d'eux, j'ai laissé mes enfants libres avec pour seule loi la vie et la mort. Si cette loi devait être enfreinte, alors le chaos et la destruction suivrait. »

« Et quelqu'un a enfreint la loi… comme c'est étonnant. »

Avec un regard sévère, elle répliqua : « Mes lois sont absolus ! »

Thatch croisa les bras avant de lâcher fermement : « Alors vos enfants ne sont pas libres. »

« La vie et la mort sont naturels ! »

« Ne les appelez pas des lois, et il y aura la liberté. Appelez-les des lois, et nous aurons un problème. »

La chose en face de lui sembla grandir alors que la pression augmentait : « Assez. Je ne discute pas des lois avec un mortel. Je suis assez clémente en te laissant le choix, mon enfant. Aide mon champion à rétablir l'ordre et tu reviendras parmi les vivants de ton monde. Ou rejoins Davy Jones au fond des mers pour y attendre ton père et tes frères. »

Thatch la fusilla du regard : « Ce n'est pas un choix mais une évidence. Je ne peux abandonner les miens. »

Un sourire calme éclaira le visage de Gaïa qui ferma ensuite les yeux : « Je peux voir que c'est un choix qui t'amènera loin, mon enfant. Des alliés tu trouveras en chemin. Si tu aides mon champion, je tiendrais ma parole et tu reviendras chez ta famille. »

Elle se tut avant de sourire avec malice : « Mais si par mégarde, tu devais aimer, alors tu condamnerais ton cœur à la solitude. »

Surpris, Thatch haussa un sourcil : « C'est quoi ça, encore ? »

Gaïa le regarda avec pitié : « Je vois tout, je sais tout. Aime et tu souffriras. La solitude sera ta compagne car ton monde lui sera inaccessible. »

Elle fit un geste de la main et Thatch se sentit tomber alors qu'il entendait une dernière fois cette voix atone : « Trouve mon champion et attends ton allié, mon enfant, et garde toi d'aimer. »

Fin du flash-back

Ace fixait Thatch avec peine. Ainsi il s'était vu mort, il avait vu leurs larmes et avait entendu leurs cris. Le brun passa ses bras autour de son frère en murmurant : « Désolé de ne pas avoir su que tu étais là. »

« Tu ne pouvais pas savoir, Ace. »

Il soupira avant de demander : « Je n'ai pas compris la partie sur l'amour… »

« Moi non plus, au début. Maintenant, je pense que je sais ce qu'elle voulait dire. »

Thatch baissa les yeux vers ses mains : « Qui accepterait de tout quitter pour une vie de criminel ? Famille, amis, familiarité, monde et vie… Je ne peux pas demander un tel sacrifice. Je suis égoïste et un pirate, Ace, mais jamais je ne pourrais demander ça à quelqu'un que j'aime. Ce serait condamner cette personne à une vie de tristesse et de nostalgie. »

Ace le regarda avant de lâcher : « Tu es amoureux d'elle ? »

« Non. Pas encore, mais j'avoue que je l'apprécie plus que je ne devrais au vu des circonstances. »

Un sourire triste apparut sur le visage du plus âgé et il murmura de façon que seul Ace puisse l'entendre : « Comment ne pourrais-je pas ? Elle est tout ce que je ne savais pas que je cherchais chez une femme. Indépendante, belle, intelligente, piquante et un peu folle… tu as vu comme ses yeux brillaient de bonheur ? »

Ace rit en le regardant, mais éprouva quand même un peu de pitié pour son frère : « Thatch je crois que tu es amoureux. Ou alors, je ne te connais pas ! »

« Peut-être que tu as raison… j'imagine qu'elle me fascine depuis que je suis arrivé ici. »

Flash-back

Thatch percuta un sol mou avec un bruit mat et grinça de douleur en se redressant lentement. Il pouvait sentir comme une sorte de tapis sous ses mains… Se relevant, il jeta un coup d'œil autour de lui et tomba nez à nez avec une poêle à frire qui le frappa en plein visage. Criant de surprise, il plaqua sa main sur son nez qui saignait et recula. Une femme le fixait avec méfiance, la poêle levée en signe d'avertissement.

« Qui diable êtes-vous et comment êtes-vous entré ici ? Siffla-t-elle. »

Thatch la dévisagea avec surprise. Elle était bien plus petite que lui, et elle ressemblait à quelqu'un venant de se réveiller alors qu'elle était en pyjama avec les cheveux en bataille. Il pensa brièvement qu'elle était mignonne, surtout avec ce bas court de pyjama qui moulait bien son…

« Répondez ! »

Il leva les mains de manière apaisante avant de déclarer : « Veuillez m'excuser, miss, mais je ne sais pas du tout où je suis ! Je m'appelle Thatch. J'ai été envoyé par Gaïa pour aider quelqu'un mais je ne sais pas qui. »

« Vous vous foutez de moi ? »

Il secoua la tête en fixant l'arme de fonte qui s'avançait légèrement : « Je jure que non ! Je n'ai aucune idée de qui vous êtes mais, s'il vous plaît, cessez de me menacer avec cette poêle ! »

Elle le fixa avec méfiance alors qu'elle posait la poêle. Il soupira de soulagement avant de sentir son corps se figer. Il ne pouvait plus bouger et ne savait pas pourquoi. La femme agita un morceau de bois dans ses doigts tout en le fixant avec appréhension : « Je vais devoir vérifier. SI vous me dîtes la vérité, alors je suis désolée, mais sinon je vous jure que vous allez le regretter. »

La femme le regarda avant de saisir sa main : « Jurez-vous de ne dire que la vérité tant que durera cette discussion ? »

Thatch hésita avant d'acquiescer il comprenait sa méfiance : « Oui. »

« Jurez-vous de ne rien faire de préjudiciable à cette maison et à ses occupants, moi compris ? »

« Oui ? »

« Et jurez-vous de ne pas m'attaquer dès que je vous aurai libéré ? »

« Oui. »

Thatch n'attaquerait pas une jeune femme qui était un peu paranoïaque. Surtout qu'il était un pirate.

Il sentit son corps se détendre et il frotta ses poignets où des fils dorés se mouvaient. La femme lâcha : « Je m'appelle Clara Lovegood. Qui êtes-vous ? »

« Thatch. »

Elle hocha la tête avant de reculer un peu : « Et comment êtes-vous arrivé ici ? »

« Gaïa m'a envoyé, je crois… »

Alors qu'elle le fixait, il resta immobile. Il fut un peu surpris quand elle se laissa tomber dans un fauteuil semblant choquée : « Oh Merlin, c'est vraiment Gaïa qui vous a envoyé. Oh Merlin ! »

« Excusez-moi, mais qui est ce Merlin ? »

La femme – Clara – le fixa avec surprise : « Vous n'êtes pas un sorcier ? »

« Un quoi ? Non, je ne suis pas un sorcier ! Je suis un pirate. »

Elle écarquilla les yeux avant de les plisser : « Un pirate, hein ? »

« Oui, mais ne m'attaquez pas ! Je ne suis pas ce genre de pirate, voyons ! »

Clara le fixa avec encore un peu de méfiance mais sembla convaincue. Il ne savait pas pourquoi mais soupçonnait que ça avait un rapport avec les fils dorés.

« Qui êtes-vous venu aider ? »

« Aucune idée, le champion de Gaïa. Je n'ai pas plus de détails. »

Elle se leva de son fauteuil et souffla d'agacement : « Ce sont bien les dieux, ça ! Bon qu'a-t-elle dit ? »

Méfiant, il demanda : « Et pourquoi demandez-vous ? »

« Facile, si je veux que vous partiez, il faut que vous ayez ce que voulez, non ? Alors trouvons ce champion et au revoir ! »

Fin du flash-back

Ace éclata de rire : « Elle t'a frappé à la tête avec une poêle à frire ? Sérieux ? »

« Ouais, elle avait un sacré swing, d'ailleurs… »

Thatch grimaça en se touchant la tête puis sourit : « Une poêle… quelle ironie, hein ? »

Le brun acquiesça avant de regarder autour d'eux : « Où sont Harry et Lovegood ? »

Son frère suivit son regard et sourit : « Probablement dans l'antre secret de notre Poufsouffle. »

« Hein ? »

« Ils sont surement dans la réserve. Elle n'a jamais voulu me laisser y entrer. Femme agaçante. »

« Probablement parce que tu essaierais de cuisiner ses animaux, Thatch. »

« Quoi ? Moi ? Mais je ne ferais pas ça ! Pas sans savoir s'ils sont comestibles ! »

« Thatch, tu es mal barré. »

« Pourquoi ? »

« Crétin. »

Clara regarda avec plaisir Harry caresser la tête d'une licorne mâle avec adoration. Elle avait entendu d'Hagrid qu'Harry avait un bon rapport avec les animaux, mais elle ne s'attendait pas à une telle relation. Ils lui faisaient confiance. Même elle n'avait pas atteint ce degré de confiance et de confort en si peu de temps. Il lui avait fallu des heures, voire des jours pour l'atteindre.

Elle venait de lancer un sort de vérification afin de s'assurer que tout fonctionnait correctement quand Mina apparut à côté d'elle : « Miss Clara ? Monsieur Newgate et le jeune Ace vous cherche. »

« Dis-leur que nous arrivons. Harry ? »

« Mh ? »

« Tu peux venir ici quand tu veux, mais prends toujours ta baguette. Certains animaux sont plus farouches que les autres. Pour le moment, on va aller prendre le dîner. »

Il lui sourit : « D'accord. »

Harry hésita avant de la prendre dans ses bras : « Merci. Merci pour tout. »

Clara sourit tristement : « Toujours, Harry. Toujours. »

C'était vraiment le meilleur Noël de Harry.