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Titre d'origine : Petrification Proliferation

Auteur : White Squirrel
Toute ma gratitude, pour m'avoir gentiment donné l'autorisation de traduire cette histoire !

Rating : K+
Tout le monde peut lire cette fiction à partir de 9 ans !

Disclaimer de l'auteur : Un Basilic serait-il réellement ignoré par les habitants de la Grande-Bretagne magique ? Vous pensez que "non" ? Dans ce cas, je ne suis pas J.K. Rowling, et je ne possède pas Harry Potter.

Note de l'auteur : J'ai eu cette idée en lisant "Promotion" par Endgames, qui comporte l'attaque d'un Basilic dans la Grande Salle. Je me suis rendu compte qu'une telle attaque pourrait facilement anéantir l'école entière. Dans ce cas, la réponse du Ministère ne devrait-elle pas être généralement proportionnelle à la menace ? Voici comment cela aurait dû se produire dans le Canon.

Disclaimer de la traductrice : Bien entendu, les personnages appartiennent à J.K. Rowlings, et l'histoire est à White Squirrel. Seules les fautes de français sont de moi !

Note de la traductrice : Cette histoire est complète, et elle fait sept chapitres.
Vous trouverez les liens vers "Petrification Proliferation" et vers White Squirrel sur mon profil. Et sinon, vous trouverez toujours les fics que je traduis dans mes "Favorites Stories".

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CHAPITRE 1

Harry, Ron, Ginny, Fumseck et le "professeur" Lockhart s'écroulèrent dans le bureau du professeur McGonagall, recouverts de boue, de bave et de sang, à leur retour de la Chambre des Secrets. Il y eut un silence pendant un moment, avant que Ginny ne se jette dans les bras de ses parents.

Harry observait la scène, et fut immensément soulagé de voir que le professeur Dumbledore était revenu. Celui-ci s'appuya contre la cheminée, et appela Fumseck. M. et Mme Weasley étaient bouleversés et remerciaient sans arrêt Harry, et le professeur McGonagall était très intéressée par ce qui s'était passé. Mais personne ne put parler de manière cohérente, jusqu'à ce que le professeur Dumbledore prenne la parole.

« Je pense, M. Potter, M. Weasley, que vous avez une belle histoire à raconter. » dit-il avec un sourire. « Et je pense que vous devriez la raconter tout de suite. »

Harry et Ron se regardèrent. Puis, Harry prit une profonde inspiration pour recueillir ses pensées, et il commença.

« Eh bien, Monsieur, le professeur McGonagall nous avait laissés aller à l'Infirmerie en avance pour visiter Hermione, et nous avons trouvé une note dans sa main. Elle avait compris ce qu'était le monstre avant d'être pétrifiée. C'était un Basilic... »

« STOP ! »

Harry se figea, soudain effrayé. L'atmosphère était si rapidement passée de joyeuse à mortellement grave que ça lui faisait tourner la tête. Personne n'osait parler, pas même l'hystérique Mme Weasley, ni Lockhart l'oublietté : chaque adulte dans la pièce, même Dumbledore, était devenu aussi pâle que la mort.

Dumbledore s'avança, fixant Harry avec le regard le plus intense qu'il lui ait jamais vu. C'était comme si le Directeur était entré dans son esprit et parcourait ses souvenirs avec ses yeux. « Harry, » demanda-t-il d'une voix qui semblait retenir le tonnerre, « as-tu bien dit un Basilic ? »

Harry déglutit. Il avait l'impression d'avoir enfreint une loi vraiment sérieuse, qu'il ne connaissait pas. « O-oui, Monsieur. » répondit-il.

« Es-tu certain que c'était un Basilic ? »

« O-oui, Monsieur. Je l'ai vu, mais il est mort maintenant. »

« M-mais comment personne n'a été t-tué ? » demanda McGonagall avec un regard terrorisé, dont Harry ne l'aurait pas crue capable.

« Personne ne l'a regardé directement dans les yeux, Madame. Juste dans des reflets, et tout ça. »

La pression intense sur l'esprit d'Harry disparut, et il vit Dumbledore et McGonagall échangeant un regard très inquiet.

« Vous savez ce que nous devons faire, Albus. » dit McGonagall.

« Oui, je sais. Je déteste devoir le faire, mais ce ne serait pas bon si JE devais me rendre à Azkaban pour ne pas l'avoir signalé. »

« Vous, professeur ? » demanda Harry, confus. « Mais qu'est-ce... ? »

« S'il te plait, tais-toi Harry. » ordonna Dumbledore, d'une voix qui n'encourageait aucun argument.

Harry était stupéfait : Dumbledore était toujours si gentil. Et la bataille avait déjà été gagnée. Qu'est-ce qui le rendait aussi... menaçant ?

« Expecto Patronum ! » dit Dumbledore. Harry regarda le Directeur conjurer un phénix argenté et miroitant, et lui ordonner : « Localise tous les élèves qui ne sont pas dans les dortoirs, l'Infirmerie ou ce bureau. » Le phénix secoua la tête, indiquant apparemment qu'il n'y en avait pas. Un instant plus tard, il disparut.

Alors, le vieux sorcier prononça deux incantations qui firent dresser les cheveux sur la tête d'Harry. La première incantation n'eut aucun effet notable à l'intérieur de la pièce, mais la seconde remplit l'air avec le brouillard le plus dense qu'il ait jamais vu. Il pouvait à peine voir les autres personnes dans le bureau. Il ne doutait pas que cela imprégnait le château entier.

À travers ce voile, il vit Dumbledore pointer sa baguette sur sa propre gorge et déclarer : « Sonorus ! » Puis Harry dut couvrir ses oreilles avec ses mains, tandis que la voix de Dumbledore tonnait à travers le château, amplifiée au centuple.

« Attention, Poudlard ! C'est le Directeur Dumbledore qui parle. J'ai été réintégré par le Conseil des Gouverneurs. Tout le monde, restez où vous êtes. Mes instructions doivent être suivies à la lettre, sous peine de suspension pour insubordination. »

Harry haleta. Il savait que, en tout cas dans les écoles moldues, l'insubordination était sévèrement traitée - pas toujours appliquée, mais maintenue en réserve au cas où elle serait nécessaire. Dudley l'avait coincé quelques fois avec ça.

« Dans quelques minutes, Poudlard va être évacué vers le Ministère de la Magie. » poursuivit le Directeur. « Les Aurors vont ouvrir les grilles de feu de leur Salle Commune, de l'autre côté, pour le voyage par Cheminette.
Les Préfets : effectuez immédiatement un décompte des effectifs, et informez les Aurors de tout élève manquant à votre arrivée. Les Directeurs de Maisons : par la présente, les Salles Communes sont scellées à toutes les entrées, excepté sur ordre du Directeur. Les Fantômes : gardez les entrées des Salles Communes de l'intérieur. Les élèves : si quelque chose arrive aux Fantômes, fermez la grille de feu immédiatement, et retirez-vous dans vos dortoirs individuels. Ne regardez pas en arrière.
Quietus. » termina le Directeur, en reprenant un ton de voix normal.

« Maman, que se passe-t-il ? » gémit Ginny.

« Je ne voulais créer aucun problème. » dit Harry. « Le monstre est mort. Vous n'avez pas besoin de... »

« Nous devons être sûrs qu'il n'y en a pas d'autres, Harry. » l'interrompit Dumbledore. « C'est une affaire du Ministère. Vous devez attendre. Je vous expliquerai plus tard. La Directrice du Département de la Justice Magique ! » Harry vit une lumière verte apparaître dans le brouillard. Le Directeur devait avoir utilisé de la poudre de Cheminette. Il ne pouvait pas voir ce qui se passait, mais il entendait une inconnue parler.

« Albus, que se passe-t-il ? » demanda-t-elle. « Est-ce que quelque chose d'autre est arrivé ? Avez-vous trouvé la fille ? »

« Tous les élèves sont sains et saufs pour le moment, Amélia. » dit-il rapidement. « Mais nous avons une plus grande urgence : j'ai découvert que le monstre était un Basilic. »

« Un Basilic ? Vous êtes certain, Albus ? »

« Oui. »

Le niveau d'alarme d'Harry (et de tous les autres) augmenta encore plus lorsque la femme, de l'autre côté de la Cheminette, commença à hurler : « CODE ROUGE ! CODE ROUGE ! CECI N'EST PAS UN EXERCICE ! CODE ROUGE À POUDLARD ! Rappelez tous les Aurors et tous les Tireurs d'élite ! TOUS, sauf une patrouille minimale à Azkaban. Nous avons une observation confirmée de Basilic. Je répète : OBSERVATION CONFIRMÉE DE BASILIC ! » Ensuite, il y eut beaucoup de cris indistincts dans le fond de la cheminée, mais la voix d'Amélia coupa le bruit : « Albus, quelles mesures avez-vous prises ? »

« J'ai scellé le terrain, et conjuré du brouillard dans tout le château pour protéger les élèves. Ils sont confinés dans leurs dortoirs, et attendent leur évacuation. Tous sont recensés. »

« Et le Basilic ? Où est-il ? Combien ? »

« Dans la Chambre des Secrets, et j'espère un seul. J'ai seulement eu confirmation qu'Harry Potter avait localisé la Chambre, et tué un Basilic à l'intérieur. »

« Il en a tué un ? » Amélia haleta. « Mais, vous avez dit... Il est vivant, alors ? »

« Oui. Il est avec moi en ce moment. Sachez que sa capacité en Fourchelangue est nécessaire pour entrer dans la Chambre. Je soupçonne qu'il n'y avait qu'un seul Basilic, mais... »

« Mais nous devrons fouiller tout l'endroit de haut en bas, et interroger toutes les personnes impliquées, oui. Très bien, la première priorité est de s'assurer que les élèves sont en sécurité. Qui a été impliqué dans les attaques ? »

Heureusement, la visite de Dumbledore dans l'esprit d'Harry lui avait raconté toute l'histoire. « J'ai trois élèves et un enseignant avec moi qui, je crois, sont les seuls à avoir été en contact avec le Basilic. Je pense également qu'il a été libéré contre leur gré. »

« Bien. Voici le plan. Je vais faire évacuer l'Atrium et y conjurer un écran de brouillard, puis me reconnecter à vous. Envoyez par ce biais toutes les personnes impliquées en premier, puis évacuez les Salles Communes une par une, suivies par tout le personnel et tous les traînards. Je vais contacter Sainte-Mangouste pour récupérer ceux de votre Infirmerie. »

« Je comprends, Amélia. J'attends votre appel. »

La grille se referma, et Dumbledore recula pour rejoindre le groupe, suffisamment près pour qu'ils voient son visage à travers le brouillard. Harry était sur le point de demander à nouveau ce qui se passait, mais le Directeur parla en premier : « Cela leur prendra quelques minutes. Vous devrez tous être interrogés par le DJM, bien sûr. Je veux que vous coopériez pleinement avec eux. »

« Professeur, qu'est-ce qui se passe ? » cria Harry.

« Un Basilic est une créature extrêmement dangereuse, Harry. » commença Dumbledore.

« Ouais, je sais. » Harry brandit l'épée qu'il tenait toujours.

« Mes excuses. Et je devrai prendre cette épée avant ton départ. Un Basilic est si dangereux... et illégal... que chaque fois que l'un d'eux est aperçu, le Ministère est tenu d'enquêter sur l'origine et la façon dont il a été libéré, et de fouiller toute la zone pour s'assurer qu'il n'y en a pas d'autres. »

Ginny fondit à nouveau en larmes. « Je-je ne voulais pas ! » haleta-t-elle. « T-T-Tom m'a fait faire ça ! » Mme Weasley la serra plus fort, et la jeune fille enfouit son visage dans les robes de sa mère, sanglotant de façon incohérente.

« S'il vous plaît, Dumbledore, » dit une Mme Weasley en larmes, « qu'est-ce qui va arriver à Ginny ? »

« Elle sera interrogée sous Veritaserum... sérum de vérité... » ajouta-t-il en jetant un coup d'œil à Harry, « ...pour déterminer son implication exacte dans cette affaire, et des accusations seront portées le cas échéant. »

« Professeur, ce n'était pas la faute de Ginny ! » s'écria Harry. « Elle était possédée. Elle ne voulait pas... »

« Ça suffit. » Dumbledore leva la main. « Même moi, je ne peux pas arrêter l'enquête à ce stade. Ronald et toi serez également interrogés, tout comme le professeur Lockhart... si les Guérisseurs peuvent extraire quelque chose d'utile de son esprit. »

« Ron aussi ? » haleta Mme Weasley. « Mais est-ce qu'il a fait quelque chose ? Avons-nous le droit de refuser ? »

« Pas dans ce cas. Cela relève de la doctrine du "danger manifeste et immédiat", pas d'une enquête criminelle ordinaire. Mais, si Ginevra agissait vraiment contre sa volonté et ne savait pas ce qu'elle faisait, elle ne sera pas blâmée. » Il ne mentionna pas sa véritable inquiétude. Il avait vu dans l'esprit d'Harry que Ginny savait qu'elle était possédée. Si elle savait ou soupçonnait que c'était un Basilic qu'elle déchaînait, et si elle n'avait rien fait pour l'arrêter, elle serait quand même envoyée à Azkaban, assez longtemps pour sortir au moins handicapée émotionnellement, mineure ou non.

En fait, Harry et Ron n'étaient peut-être pas tirés d'affaire(*) non plus. Ils avaient su qu'il y avait un Basilic pendant toute une journée, et ne l'avaient pas signalé. Techniquement, il n'y avait pas d'obligation de dénoncer un citoyen ordinaire non-impliqué, et techniquement, s'ils avaient suivi strictement les instructions, ils n'auraient même pas eu la possibilité de le signaler. Mais le Ministère serait prompt à poursuivre tout crime réel et prouvé selon toute l'étendue de la loi. Si cela se produisait, Dumbledore ne pouvait qu'espérer les faire disparaître, au motif qu'Harry avait réellement tué cette trois fois foutue chose.

[(*) Note de la traductrice : La phrase d'origine dit "not be out of the woods", "ne pas être sorti du bois". C'est très poétique !
C'est comme si Robin des Bois sortait du Bois de Sherwood, parce qu'il aurait été innocenté. En français moderne, on se contente de dire qu'on a été retiré de la liste des affaires de justice en cours. C'est nettement plus banal...
Bien longtemps après la publication de cette histoire,
katymyny a eu la gentillesse de me laisser une review, où elle m'a expliqué entre autres : « Au Québec, on emploie l'expression "Ne pas être sorti du bois" pour dire que l'on se trouve dans une situation problématique qui dure, voire qui risque de s'aggraver, ou pour exprimer que l'on a encore des difficultés à surmonter. » Mille mercis à toi, pour avoir clarifié une si jolie expression !]

La Cheminette reprit vie, et Mme Bones appela : « Très bien, Albus, nous sommes prêts de notre côté. Envoyez-nous les premiers. »

« Certainement. Molly, s'il vous plaît, prenez Ginny avec vous, et partez les premières. »

Mme Weasley se leva, tremblante, et poussa Ginny à travers la cheminée. Quelques instants plus tard, une voix déclara : « Très bien, au suivant. »

« Harry, s'il te plait, passe à ton tour. » dit Dumbledore.

Harry lui remit l'épée, traversa la Cheminette... et tomba en vrille sur le sol, de ce qu'il supposa être le Ministère de la Magie. Cette pièce était également remplie d'un épais brouillard. Il eut juste le temps de lever les yeux et de voir Ginny et Mme Weasley être emportées, apparemment inconscientes, avant que quelqu'un ne lance "Stupéfix !" Et tout devint noir.

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Harry se réveilla et découvrit qu'il était enchaîné à un fauteuil. Il commença à paniquer et à lutter, mais il entendit la voix d'une femme lui dire : « S'il vous plaît, restez calme, M. Potter. » C'était la même voix qu'il avait entendue parler à Dumbledore, à travers la Cheminette.

Il leva les yeux et vit une femme âgée, à la mâchoire carrée et sévère, avec un monocle à l'œil et vêtue de robes noires simples, qui se tenait au-dessus de lui. « Je m'excuse pour les contraintes. » déclara-t-elle. « C'est une procédure standard. Si l'histoire de Dumbledore est vraie, je ne crois pas que vous soyez une menace. Cependant, je dois vous interroger, tout comme les autres. »

« Qu-qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Harry.

« Vous avez été stupéfié par un Auror à votre arrivée, et amené ici pour un interrogatoire. Encore une fois, procédure standard. »

« Auror ? »

« Un officier de police magique... Nos officiers les plus qualifiés, pour être exacte. Je m'appelle Amélia Bones, M. Potter. Je suis la Directrice du DJM, le Département de la Justice Magique, au Ministère de la Magie. »

Les yeux d'Harry s'écarquillèrent. Il n'avait pas réalisé que cela irait jusqu'au sommet. « Alors ils cherchent le Basilic, Madame ? » demanda-t-il.

« D'une certaine manière. » répondit-elle. « En raison du danger d'un nid de Basilics, nous fouillerons chaque centimètre du château et des terrains aux alentours, pour nous assurer qu'il n'y en a plus aucun. »

Chaque centimètre du château ? pensa Harry. Mais Poudlard était énorme, et tout changeait quand vous ne regardiez pas. Comment quiconque pourrait fouiller tout cela ? « Combien de temps est-ce que ça prendra ? » demanda-t-il.

« Aucune idée. Le Directeur Dumbledore parle déjà d'annuler les examens finaux. Poudlard est un cauchemar, avec des chambres secrètes et autres. »

« Ouais, je sais. Euh... Mme Bones, je ne comprends toujours pas pourquoi ce Basilic est si important. Je veux dire, bien sûr, il m'a presque tué, mais je l'ai tué à la place. »

Amélia soupira, et s'assit dans un fauteuil en face d'Harry. « M. Potter, vous avez été élevé dans le monde moldu. Est-ce correct ? » demanda-t-elle.

« Oui, Madame. »

« Alors, je suppose que vous ne comprenez pas à quel point c'est sérieux. Vous connaissez les armes nucléaires, n'est-ce pas ? »

« Bien sûr. »

« Bien. Maintenant, en gardant cela à l'esprit, imaginez ce qui se serait passé, à Dieu ne plaise, si ce Basilic était entré dans la Grande Salle pendant le dîner. »

Les yeux d'Harry sortirent presque de sa tête. « Tout le monde serait mort. » murmura-t-il.

« Oui. Presque toute l'école serait morte. Certains d'abord pétrifiés par les reflets. Peut-être quelques chanceux qui réussiraient à s'échapper. Il y a moins de dix mille sorcières et sorciers en Grande-Bretagne. Poudlard est la seule école. Plus de quatre-vingt-dix pour cent de tous les enfants âgés de onze à dix-huit ans tués... Un tiers d'une génération démographique, déjà affaiblie par un taux de natalité affaibli pendant la guerre. Selon toute vraisemblance, il y aurait un exode massif des familles britanniques survivantes, le Ministère s'effondrerait, et une fois le Basilic trouvé et tué par la CIS [Confédération Internationale des Sorciers], l'île serait réinstallée comme une colonie de la France magique. C'est déjà arrivé dans les États princiers indiens. »

Harry se sentit faible. Il savait que le Basilic était vraiment, vraiment une mauvaise nouvelle, mais il n'y avait pas pensé jusque-là.

« En termes proportionnels, M. Potter, » poursuivit Mme Bones, « un Basilic lâché dans la nature serait pire qu'une bombe H larguée sur Londres, donc j'espère que vous pouvez comprendre pourquoi nous le traitons sévèrement. »

Harry ne pouvait que hocher la tête. Sa voix l'avait quitté.

« J'espère sincèrement que le Basilic que vous avez tué était le seul. » ajouta-t-elle. « Mais nous devons en être absolument certains, tout comme le gouvernement moldu doit suivre attentivement toutes les armes nucléaires. Afin de comprendre ce que nous affrontons, Je dois vous interroger sous Veritaserum sur tout ce que vous savez sur l'incident. Le sérum vous obligera à répondre à toutes les questions de manière véridique et approfondie. Comprenez-vous ? »

Harry était à peu près sûr qu'il n'avait pas de secrets profonds et sombres, à moins que vous ne comptiez toutes ces fois où il s'était faufilé hors des dortoirs avec sa cape d'invisibilité : « Hum, je suppose, mais... »

« Oui ? »

« Est-ce que Ginny a des ennuis, Madame ? »

Mme Bones était assise, le visage sinistre, et semblait lutter contre elle-même. Après une minute de réflexion, elle déclara : « Je ne devrais pas vous dire cela, M. Potter, mais j'ai interrogé Mlle Weasley directement devant vous. Elle a signalé qu'elle était inconsciemment possédée par un Journal ensorcelé, sans avoir aucun souvenir de ses actions, et aucune idée qu'un Basilic était impliqué. En fait, elle n'a rien fait qui justifie des accusations. Quant à la punition scolaire, ce sera la décision du Directeur. »

« Oh, ça va, alors. »

Amélia hocha la tête, sans mentionner la possibilité alternative : toute personne qui aurait sciemment et volontairement libéré un Basilic dans l'école serait probablement exécutée pour utilisation d'une arme de destruction massive et tentative de génocide. « Rufus ? » appela-t-elle, et un homme avec une crinière de cheveux fauves, qui le faisait ressembler à un vieux lion, s'avança. « Voici Rufus Scrimgeour, le Chef des Aurors. » présenta-t-elle à Harry. « Il administrera le Veritaserum. »

« Un plaisir de vous rencontrer, M. Potter. » dit Scrimgeour. « J'ai quelques questions pour m'assurer que la potion fonctionnera correctement sur vous. » Harry acquiesça. « Avez-vous déjà pratiqué une forme quelconque d'Occlumencie, de méditation ou d'auto-hypnose ? »

« Hum, non, je ne pense pas. »

« Avez-vous déjà été placé sous le sortilège de l'Imperium ? »

« Quel sortilège ? »

« Avez-vous déjà reçu un diagnostic de maladie mentale ou de troubles d'apprentissage ? »

« Non. »

« Bien. Ouvrez la bouche, s'il vous plaît. »

Harry ne savait pas de quoi il s'agissait... Enfin, peut-être la partie sur l'auto-hypnose... Mais il ouvrit la bouche, et Scrimgeour fit couler trois gouttes d'une potion claire et insipide sur sa langue. Il sentit une légère brume autour de son esprit... Pas tellement une aura de vérité, plutôt la sensation que toutes les pensées et préoccupations concernant ce qu'il allait dire avaient disparu de son esprit. Il savait qu'il saurait exactement quoi dire.

Mme Bones installa un parchemin avec une plume automatique pour enregistrer la conversation, et elle commença l'interrogatoire. « Quel est votre nom, pour mémoire ? » demanda-t-elle.

« Harry James Potter. » répondit Harry. Il n'avait jamais utilisé son deuxième prénom auparavant, mais cela semblait parfaitement naturel maintenant.

« Vivez-vous à Little Whinging, dans le Surrey ? »

« Oui. »

« Êtes-vous actuellement un élève de seconde année à Poudlard ? »

« Oui. »

« Répondez "non" à la question suivante, s'il vous plaît. Êtes-vous l'attrapeur de l'équipe de Quidditch de Gryffondor ? »

« N-Oui. » Harry était surpris de la subtilité de la potion. Le mensonge avait semblé si peu naturel sur sa langue, que le mot avait changé dans sa bouche avant même qu'il ne s'en rende compte.

« Que le dossier montre que le Veritaserum fonctionne comme prévu. » déclara Mme Bones. « Maintenant, M. Potter, veuillez expliquer dès le début, et dans vos propres mots : comment un Basilic a-t-il pu être libéré à Poudlard, et que s'est-il passé ? »

Harry ouvrit la bouche pour commencer à expliquer l'attaque de Miss Teigne à Halloween, mais alors qu'il commençait à parler, il trouva des mots complètement différents qui lui venaient sans vergogne, et il réalisa que le "début" de l'histoire s'était vraiment passé bien avant cela. « Le premier problème s'est produit le jour de mon anniversaire, l'été dernier. » commença-t-il. « Dobby m'a prévenu que quelqu'un prévoyait de faire des choses terribles à Poudlard cette année. »

« Et qui est Dobby ? » l'interrompit Mme Bones.

« Un elfe de maison. Il est apparu dans ma chambre... »

« Saloperie ! » s'exclama Mme Bones. Elle se leva d'un bond, et sortit en courant de la pièce. Harry resta à fixer la porte avec confusion.

Il fallut quelques minutes à Mme Bones avant de revenir. « Désolée pour ça, M. Potter. » dit-elle. « J'avais complètement oublié de dire à Dumbledore de faire sortir les elfes de maison de Poudlard. Hum, très embarrassant de ma part. »

« Il y a des elfes de maison qui travaillent à Poudlard ? » demanda Harry, surpris.

« Bien sûr qu'il y en a. Comment pensez-vous que les repas sont faits ? Ne répondez pas à cela. » ajouta-t-elle, se souvenant qu'il était toujours sous Veritaserum. « Maintenant, encore une fois, comment un Basilic a-t-il pu être libéré à Poudlard ? »

Harry commença à parler, mais c'était lent. Tant de choses avaient besoin d'explications supplémentaires. Il commença par expliquer la visite de Dobby l'été dernier, au cours de laquelle l'elfe avait essayé de le forcer à ne pas retourner à Poudlard, et qui s'était terminée avec Dobby lui causant des ennuis avec l'interdiction de la magie pour les mineurs.

« Alors, l'elfe a exécuté le charme de vol stationnaire, mais c'est vous qui avez reçu une lettre d'avertissement ? » clarifia Mme Bones.

« Oui. » répondit Harry.

« J'examinerai cela. Je devrais être en mesure de retirer l'avertissement de votre dossier. »

« Merci. »

« Que s'est-il passé ensuite, M. Potter ? »

« Oncle Vernon m'a enfermé dans ma chambre, et a engagé un homme pour mettre des barreaux aux fenêtres. »

« Non, je parlais du Basilic... Attendez, il vous a enfermé dans votre chambre ? »

« Oui. »

L'Auror Scrimgeour haussa un sourcil. « Pendant combien de temps ? »

« Quatre jours, jusqu'à ce que les Weasley viennent me chercher. »

« Ils ne vous laissaient pas sortir du tout ? »

« Deux fois par jour, pour aller aux toilettes. La porte était toujours verrouillée, sinon. »

« Comment vous nourrissaient-ils, alors ? »

« À travers une chatière, dans la porte. »

Amélia et Scrimgeour se penchèrent en arrière et hochèrent la tête. Mme Bones déplaça sa plume automatique vers un nouveau morceau de parchemin, et déclara : « Harry Potter, témoignant d'allégations contre ses tuteurs légaux, Vernon et Pétunia Dursley. Témoins : Amélia Bones et Rufus Scrimgeour. Veritaserum administré et vérifié. Quel est votre nom pour l'enregistrement, M. Potter ? »

« Harry James Potter. »

« Décrivez le traitement que votre tante et votre oncle vous ont administré, depuis le moment où ils vous ont accueilli. »

« Ils m'ont fait dormir dans le placard sous l'escalier, depuis qu'ils m'ont accueilli jusqu'à ce que je reçoive ma première lettre de Poudlard. » déclara Harry. Il se sentait soudain très mal à l'aise. Il n'avait jamais voulu faire grand cas du traitement que lui réservaient ses tuteurs, mais il ne pouvait pas résister au Veritaserum.

« Ils ne s'occupaient de moi que parce qu'ils étaient légalement obligés de le faire. Ils m'ont appris à faire des corvées bien avant que j'en ai des souvenirs, et ils m'en faisaient faire tant que j'avais encore des forces. Je ne me souviens pas qu'ils m'aient acheté quoi que ce soit, à part mes lunettes... »

« Stop, M. Potter. » Mme Bones soupira, l'air horrifié. Ça allait être une longue journée.

« Nous nous occuperons de vos tuteurs plus tard. » Elle reprit le second parchemin, et dit : « Rufus, ajoutez ceci à la pile des enquêtes en cours. Faites amener les tuteurs de M. Potter, dès qu'il y aura quelqu'un de disponible pour le faire. » Il hocha la tête, et quitta la pièce.

« Vous allez arrêter les Dursley ? »demanda Harry avec de grands yeux.

« Oui. Vous êtes toujours sous Veritaserum, M. Potter. Vous m'avez déjà donné assez d'éléments pour leur coller cinq ans pour négligence. Vous ne voulez pas y retourner, n'est-ce pas ? »

« Non ! » s'exclama Harry. Il ne pouvait pas croire à ce qui se passait. Un jour plus tôt, il avait peur que Poudlard ne ferme ses portes, et qu'il soit coincé chez les Dursley pour toujours. Maintenant, il y avait une chance qu'il n'y retourne pas du tout.

« Bien. Maintenant, dites-m'en plus sur le Basilic. »

Harry voulut recommencer à parler de l'attaque contre Miss Teigne, mais de nouveau ses mots changèrent en les disant, et il se souvint qu'il y avait un autre morceau de l'histoire à raconter : « J'ai vu pour la première fois le Journal de Tom Jedusor quand je faisais mes emplettes de fournitures scolaires avec les Weasley, dans le Chemin de Traverse. »

« Le Journal qui possédait Ginny Weasley ? » demanda Mme Bones.

« Oui. »

« Où l'avez-vous vu ? »

« Dans le chaudron de Ginny. »

Ça concordait, pensa-t-elle. La fille Weasley avait témoigné qu'elle l'avait trouvé dans son chaudron après ces emplettes, mais elle ne savait pas comment il y était arrivé. Elle avait une théorie, mais pour le moment, ce n'était pas suffisant pour agir. « Comment est-il arrivé là ? » demanda-t-elle.

Harry était sur le point de dire qu'il ne savait pas, mais le Veritaserum faisait des choses étranges à sa mémoire. Des choses, dont il était sûr qu'il ne pouvait pas se souvenir par lui-même, devinrent soudain claires : « Je pense que Lucius Malefoy l'a déposé. »

Le cœur de Mme Bones rata un battement. Elle avait souvent fantasmé sur l'emprisonnement de Lucius Malefoy, mais pouvoir le faire réellement... Ça risquait de devenir moche. « Pourquoi pensez-vous cela ? »

Harry expliqua comment Lucius Malefoy avait abordé M. Weasley dans Fleury et Bott, et avait feuilleté le livre de transfiguration de Ginny. Harry était à peu près sûr que le Blond avait glissé le Journal dans le livre de cours, et il ne pouvait penser à personne d'autre qui aurait pu et aurait voulu le faire.

Mme Bones, cependant, n'était pas satisfaite. Elle avait besoin de bien plus qu'une spéculation. « Qui faisait ces emplettes dans votre groupe, ce jour-là ? » demanda-t-elle.

« Moi, M. et Mme Weasley, Percy, Fred, George, Ron, Ginny, Hermione, et ses parents. »

« Avez-vous vu quelqu'un d'autre toucher le chaudron de Ginny, à part Lucius Malefoy ? »

« Hum... Hagrid aurait pu le faire, quand il a interrompu le combat. »

Elle nota les noms des Granger et d'Hagrid pour référence. « Avez-vous vraiment vu Lucius Malefoy placer le Journal dans le chaudron de Ginny ? »

« Non. »

« Mais vous croyez qu'il aurait pu le faire par un tour de passe-passe, sans que vous le voyiez ? »

« Oui. »

« Est-ce qu'un passant dans la rue aurait pu glisser le Journal, à un autre moment ce jour-là, sans que vous le voyiez ? »

« Euh, je suppose que oui. »

« Hmm... » C'était délicat. Elle aurait besoin de quelque chose de plus précis. Un souvenir de Pensine de Malefoy glissant le Journal serait idéal. Mais cela détruirait chaque détail de l'incident dans l'esprit subconscient du garçon, et même cela ne montrerait que les actions qui s'étaient passées dans sa ligne de vue directe. Et Malefoy le savait : ce n'était pas un idiot. Quoique... elle avait vu le Journal lui-même. Il était suffisamment épais pour être visible à l'intérieur du livre de cours lorsque celui-ci était posé dans le chaudron, et elle pourrait probablement suivre le livre de cours dans le souvenir, et le comparer avant et après.

Bien sûr, un seul souvenir de Pensine ne serait pas suffisant pour coincer Lucius Malefoy, mais il y avait plusieurs témoins. Même si seulement certains d'entre eux l'avaient vu clairement, une reconstruction à partir de plusieurs souvenirs pourrait devenir une preuve, et elle était mandatée par la loi pour enquêter le plus complètement possible.

Amélia Bones fit son premier sourire de la journée : « Savez-vous ce qu'est une Pensine, M. Potter ? »

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