Rating : M (contenu explicite)

Genre : Romance & Drame | il s'agit d'un canon-divergence à la suite de la fin de la bataille de Poudlard (quelques événements ont été modifiés durant la sixième année d'Hermione, d'Harry et de Ron).

Pairing : Principalement Charlie / Hermione (charmione). Je vous fais la surprise pour les autres pairings.

Disclaimer : Rien ne m'appartient, évidemment!

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UPDATE DU 16 OCTOBRE 2020 :

Je suis présentement en correction & réécriture de cette histoire.

Les chapitres subiront des changements sur la forme (correction des fautes d'orthographe, grammaire) et sur le fond (remaniement de certains événements, de certaines phrases ou approfondissement de certains personnages). J'ai commencé cet exercice particulièrement pour que le tout ait du sens, mais également parce que j'avais envie d'approfondir d'autres histoires de personnage et j'ai décidé de les incorporer à même Les incendies abîmés. Certains chapitres se verront déplacer afin de favoriser une meilleure compréhension (je pense particulièrement aux flash-backs).

J'espère que ces changements ne rendront votre lecture qu'agréable!


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Oh, I hope some day I'll make it out of here
Even if it takes all night or a hundred years

billie eilish, lovely

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Mai, 1998

Le cri que la jeune femme venait de pousser l'avait réveillé en sursaut. Ce rêve. Toujours et constamment le même. Depuis trois mois, c'était toujours la même rengaine. Elle revoyait continuellement le visage parsemé de folie de Bellatrix Lestranges, perchée au-dessus d'elle, pendant qu'elle la torturait afin d'obtenir des réponses qu'elle ne possédait pas. Chaque nuit, la sensation que son corps allait céder face à la douleur qu'elle infligeait à son corps polluait ses cauchemars. Chaque nuit, Hermione se réveillait avec l'impression qu'on avait plongé un fer chauffé au blanc dans la cicatrice qui ornerait à jamais son avant-bras.

Combien de temps cette imagine continuerait-elle à la hanter? La brune s'assit dans le petit lit qu'elle occupait et se recroquevilla sur elle-même pour essayer de se réconforter et de diminuer la teneur des sanglots qui la parcouraient. Elle sentait ses muscles se raidir sous le poids de l'imposante dose d'adrénaline, de peur et d'anxiété qui l'avaient brusquement saisi.

Trop souvent, elle se réveillait en panique et en larmes. Même morte, Bellatrix Lestranges menaçait de la rendre folle.

« Hermione? » appela une voix étouffée par la porte fermée de sa chambre. Elle entendit trois petits cognements contre celle-ci. « Ça va? »

Pendant plusieurs secondes, Hermione se demanda à qui appartenait cette voix – et par le fait-même, où elle était.

Charlie. Ah oui.

Au vu de l'absence de réponse de la jeune femme, le dragonnier se permit d'ouvrir la porte et s'approcha lentement du lit en réitérant sa question. Étrangement, à la place de la rassurer, l'intervention du jeune homme ne fit que redoubler la teneur de ses sanglots. La respiration de Charlie sembla se bloquer et un instant plus tard, elle sentit le poids du rouquin se hisser près d'elle et put, enfin, le distinguer correctement dans la pénombre de la chambre. Précautionneusement, il s'avança vers elle et se mit à lui caresser le dos, maladroitement, par-dessus sa camisole trempée de sueurs. Sa main, hésitante, entama un mouvement d'aller-retour près de la colonne vertébrale d'Hermione timidement. Le jeune homme s'était vaguement rappelé que sa mère faisait souvent ce genre de geste quand il faisait de mauvais rêves, enfant.

À sa grande surprise, Hermione se rapprocha du dragonnier et s'enfonça dans ses bras en s'agrippant à lui comme s'il était une bouée de sauvetage. Charlie se raidit face à ce contact étroit et cessa de bouger, pris au dépourvu par la situation. Normalement, elle aussi aurait été gênée par cette soudaine proximité : elle ne le connaissait peu, voir pas du tout, et il ne portait aucun chandail. Cependant, il était son unique réconfort et elle n'était visiblement pas dans son état normal. À quelques pas de la panique, Charlie pesta, de nouveau, contre lui-même. Pourquoi avait-il accepté de l'amener en Roumanie, déjà? En Angleterre, il aurait pu refiler la tâche de rassurer la jeune femme à Ron, à Harry ou à Ginny – bref, à n'importe qui plus à l'aise que lui en matière de relation humaine (ce qui n'était pas très difficile à dégoter).

Ils étaient arrivés en Roumanie dans la journée. Hermione lui avait demandé, la veille, si elle pouvait l'accompagner pour le reste de l'été. La jeune femme avait argué avoir besoin d'être loin de tout afin de se reconstruire. Son esprit devait se focaliser sur autre chose que la fin de la guerre. Charlie avait accepté, avec recul, à sa demande – principalement, car il avait une certaine crainte qu'elle se mette à pleurer s'il refusait.

Le jeune homme ne connaissait pas beaucoup Hermione. Il n'était pas exagéré d'affirmer qu'il devait l'avoir vu cinq fois, tout au maximum, toujours en compagnie de sa famille. Pourtant, elle lui avait toujours donné l'impression d'être une force de la nature. La jeune femme semblait être aussi solide que le roc. En revanche, la veille, il lui avait semblé n'avoir jamais vu une personne aussi fragile qu'Hermione et, ça l'avait pris au dépourvu.

« Hermione, regarde-moi. » posa-t-il, pris d'une soudaine inspiration.

Charlie posa l'une de ses mains sur une épaule de la jeune femme pour la faire reculer de quelques millimètres. Son autre main continuer à caresser le dos d'Hermione, inlassablement, n'osant pas cesser le mouvement.

La brune releva la tête et, habituée à la pénombre, accrocha son regard au visage qu'elle percevait. Ses jambes vinrent s'emmêler à celles du dragonnier comme s'il était impensable de quitter Charlie. Comme si le fait de le quitter était le signe que les ténèbres allaient l'engloutir.

« On va respirer, ensemble. Ok? » Le rouquin chercha un acquiescement qui ne vint jamais. « Inspire pendant trois secondes, expire pendant trois secondes. »

Il continua de lui dicter comment respirer, patiemment. Au bout de quelques minutes, l'hyperventilation cessa progressivement. Malgré tout, elle continua de fixer Charlie et de l'écouter lui imposer un rythme de respiration. Ça la rassurait. Les doigts du dragonnier, qui agrippaient plus fort son épaule dénuée, lui laisserait probablement des ecchymoses, mais elle s'en fichait. Ça aussi, ça la rassurait. Il était là. Quelqu'un était là pour elle. C'était la première fois que quelqu'un pouvait voir l'étendue des dégâts que la guerre avait eu sur son âme. Hermione cachait cette panique, cette peur qu'elle connaissait par cœur, depuis tellement longtemps qu'elle ne savait comment faire pour qu'elle la quitte. Tout le monde avait des séquelles de cette guerre. Elle ne voulait pas importuner ses amis avec ses problèmes.

La jeune femme sursauta lorsqu'il déposa un pouce sur la peau de son visage pour essuyer les larmes qui coulaient sur ses joues. Charlie fit un mouvement de recul et cessa de parler. Après une trentaine de secondes, il rapprocha de nouveau sa main, lentement, comme s'il voulait apprivoiser un petit animal sauvage. Plus confiant en ses capacités de rassurer Hermione, ses mains vinrent prendre le visage de la jeune femme en coupe et il passa ses pouces sur ses joues pour effacer toutes traces de ses sanglots. Puis, il repoussa les cheveux bruns d'Hermione, pleins de sueurs et de sanglots, derrière ses oreilles, gentiment.

Charlie se sentait, étonnement, bien et utile. C'était bien là, la première fois qu'il ressentait ce sentiment face à une telle situation. Aucun des deux semblait vouloir combler le silence ou bouger, de peur de faire éclater cette bulle rassurante qui s'était formée autour d'eux.

Hermione devinait la curiosité du dragonnier face à son état et sa désolation – sa pitié, peut-être – pour elle. Charlie restait toutefois muet. Il attendait. Il ne forçait pas les choses. Il respectait son rythme. La jeune femme sentit une vague de reconnaissance envers lui l'envahir.

Ils n'auraient pu dire combien de temps ils restèrent ainsi. Après un long moment, Charlie recula et sembla être sur le point de partir. Dans un pur réflexe, Hermione attrapa sa main et l'enferma dans la sienne.

« Tu peux rester avec moi? » demanda-t-elle, en essayant de ne pas avoir l'air de le supplier. « S'il te plaît? »

Le dragonnier hésita. Il entendait, déjà, la voix de sa mère hurler que c'était inconvenant – en plus d'être une mauvaise idée. Ce n'est pas comme ça que je t'ai élevé, Charlie Weasley!

Il poussa un soupir.

Il allait, assurément, avoir de la difficulté à se rendormir, de toute manière. Pourtant, ce fut le fond de peur qu'il détecta dans le ton de la voix d'Hermione qui le décida. Il devait se détendre. Ce n'était pas comme si elle l'attirait ou quoi que ce soit. Elle avait l'âge de sa petite sœur. Il opina précautionneusement de la tête, plusieurs fois, et Hermione le lâcha afin de se repousser dans le lit pour lui faire de la place. Il s'allongea maladroitement à ses côtés.

Aucun des deux ne dormirent, le reste de cette nuit-là. Ils n'écoutèrent que le bruit apaisant de la respiration de l'autre et en attendant que l'aube se lève.