A/N : Coucou les amis !

Vous connaissez la chanson : ça fait des mois, je suis horriblement désolée pour le retard. Pour la petite histoire, j'avais vraiment l'intention de continuer plus tôt et j'ai écrit le début du chapitre il y a des lustres. Mais l'année scolaire a été quelque peu épuisante, rajoutez à cela quelques soucis personnels et… je n'arrivais plus à écrire. Enfin bon, je commence à aller mieux, je commence à revouloir écrire un petit peu, donc j'en ai profité. Il n'a jamais été question d'abandonner cette histoire, bien entendu. J'étais juste… vraiment incapable de faire quoi que ce soit.

Comme ça fait longtemps, et en espérant qu'il y ait quelques lecteurs intéressés, voici un très, très bref résumé de la situation : le sauvetage de Future Industries était sur la bonne voie, mais un cliché de Korra et Asami s'embrassant a fait scandale. Suite à cela, il a fallu limiter les dégâts, mais alors que nos deux héroïnes commencent à se tranquilliser, une enquête est lancée mettant en cause Future Industries et le gouvernement de la Tribu de l'Eau du sud. Puis, soudainement, tout s'arrête. Qu'est-ce qui s'est passé derrière la scène ?

Avouez, il est pas mal mon résumé ? Bref, voici un chapitre centré plus sur l'intrigue, un peu moins sur Korra et Asami. Je vous laisse déguster.


Tonraq ne pouvait pas vraiment dire qu'il était surpris quand il apprit que l'enquête était lancée. Ce n'était pas pour ça qu'il était particulièrement ravi. Il était même assez contrarié de ne pas avoir réussi à se protéger à temps. Il fallait donc au moins s'assurer que tout irait bien pour Korra et sa compagne. Sa famille d'abord, sa carrière ensuite.

Il guettait de loin ce qui se passait à Republic City et il était plutôt fier du résultat. Même si la réputation d'Asami n'était bonne à proprement parler, elle n'était au moins pas ciblée spécifiquement. Il se serait senti vraiment coupable si une jeune femme intègre comme elle avait été embarquée dans ses problèmes personnels. D'ailleurs, s'il ne la protégeait pas, il avait peur que sa fille lui en veuille pendant un petit bout de temps dès qu'elle apprendrait la vérité.

« On a connu pire, dit Varrick avec légèreté en voyant sa tête d'enterrement.

- Je sais. J'espère juste qu'il a fait une erreur quelque part.

- On va trouver un truc, t'inquiète. »

C'était une autre chose qu'il espérait. Mais il fallait faire vite. S'ils arrivaient à une forme de procès, ce ne serait pas juste des suspicions et des scandales. Même si la présomption d'innocence existait, ce n'était qu'un idéal de la justice. Les circonstances pouvaient faire qu'il serait condamné.

Quelqu'un frappa à la porte et entra.

« Madame Beifong.

- Tant de formalités, Monsieur le Représentant, railla la journaliste.

- Tu as trouvé quelque chose ?

- Malheureusement, non. Bien que ce soit un paparazzi indépendant qui se fait payer pour des commandes, je n'arrive pas à trouver le commanditaire. Bataar a essayé de remonter la piste informatiquement mais c'était un cul-de-sac. Après, j'imagine que si on l'interroge un peu par force… Enfin, même dans le cas où il parlerait, ce serait sûrement un cul-de-sac. Ils ont probablement utilisé un intermédiaire.

- Ce n'est donc peut-être pas lui, marmonna sombrement Tonraq.

- Évidemment que c'est lui ! s'écria Varrick. Depuis quand il manque une opportunité de nous emmerder, celui-là !

- Ce serait risqué pour sa carrière également…

- C'est pour ça qu'il couvre ses traces ! Mais c'est forcément lui !

- Hum…

- Je suis obligée d'aller dans le sens de Varrick, intervint la journaliste. J'ai fait quelques recherches sur les journaux qui ont jeté de l'huile sur le feu concernant Asami, et ils ne me semblent pas tous très libres d'opinion… Je pense que certains ont été payés comme le commanditaire de la photo.

- Ce qui est encore une fois des spéculations, soupira le dirigeant politique.

- Disons qu'on a pu remonter discrètement au même compte… On a juste voulu vérifier, donc on est pas allé bien loin, histoire de ne pas nous attirer encore plus de problèmes.

- Il nous faut du concret. Et pas des choses obtenues illégalement. Sinon l'enquête sera faussée…

- C'est déjà faussé ! s'emporta l'homme d'affaires. Il n'y a aucune base concrète pour qu'on nous attaque ! Même si on avait fait quelque chose de répréhensible, ça impliquerait qu'on ait manipulé ou acheté tout le conseil ! Et ils savent pertinemment que c'est impossible !

- C'est bien ce qui me rend perplexe… dit Tonraq , en fronçant les sourcils. »

Ça allait trop vite. Il y avait eu un léger scandale, mais c'était parce que ça faisait remonter à la surface les problèmes d'Asami. Lui n'avait pas vraiment de passé problématique. Ça n'aurait pas dû aller aussi vite. Mener une enquête présupposait que leur système politique entier avait été corrompu et non une seule personne, ce qui est une sérieuse accusation, or il n'y avait aucune base pour ces suppositions. Il n'y avait pas eu de coup d'éclat, d'enquête journalistique, de débat médiatique sur la question… Non, il y avait quelque chose qui ne collait pas.

« Je ne suis pas une experte, intervint Opal, mais pourquoi ne pas commencer par porter plainte pour diffamation ?

- Je ne suis pas sûr que ça ait un quelconque effet…

- C'est vous qui choisissez. Bon, je vous laisse. Je vais continuer mes recherches. Et rappelez-vous, je veux l'exclusivité !

- C'est Korra qui t'a promis ça, pas nous, dit ironiquement Tonraq.

- C'est tout pareil pour moi ! »

Puis, elle partit sur ces mots.

« Je suppose que ce sera tout pour aujourd'hui ? demanda le Représentant de la Tribu de l'Eau du Sud.

- Tout est ok pour moi. Rentre chez toi et tâche de te détendre un peu.

- Ouais, je vais faire ça.

- Je serai toujours derrière toi.

- Merci, Varrick. »

Il posa sa main massive sur son épaule en signe de gratitude, puis quitta lui aussi la salle. Il prit la direction de chez lui, où sa femme l'attendait. Pendant le trajet, il tenta de ne pas trop songer à tous ces soucis. Parfois, il avait besoin d'une pause et il tâchait de la prendre au moins quand il rentrait chez lui. Il ne pouvait pas dire que ces dernières années de Représentant du sud avait été de tout repos. Il avait dû s'adapter au stress, le tenir, mais il avait ses limites, d'autant plus lors de temps troublants comme les leurs.

Une fois chez lui, il posa ses affaires et vint embrasser sa femme.

« Déjà rentré ? demanda Senna, surprise de le voir arriver si tôt.

- J'avais une réunion avec Varrick et Opal, on a fini plus tôt.

- Je devrais demander des détails ou il ne vaut mieux pas ?

- Eh bien, il n'y a pas grand-chose à dire. On est dans un cul-de-sac. Des nouvelles des filles ?

- Korra voulait t'appeler ce soir.

- Elle ne m'a pas envoyé de message…

- Je crois qu'elle est un peu nerveuse à cause de tout ce qui se passe. Elle ne veut pas t'embêter. »

Tonraq poussa un léger soupir. Sa fille l'impressionnerait toujours.

« Je vais lui envoyer un message, déclara-t-il.

- Tu ferais bien, oui. »

Senna souriait malicieusement. Elle préférait ne pas trop s'inquiéter de la présente situation et s'occuper de sa famille. Quand Tonraq envoya un message à Korra, il eut une réponse dans la seconde. Ils convinrent de s'appeler après dîner. En attendant, Senna et lui mangèrent et parlèrent de leurs journées respectives. Ils évitaient généralement de trop parler de leurs problèmes à la maison. Enfin, des problèmes sensibles, surtout quand cela touchait à une légalité toute relative.

Puis, il fut l'heure de l'appel. Korra demanda à voir Naga, comme d'habitude. La chienne était bien entendu ravie de voir et d'entendre sa maîtresse même si c'était à travers un écran, si bien que Senna eut du mal à la calmer et dû la trainer dans une autre pièce. Pendant ce temps, Tonraq demanda, comme à son habitude, comment elles allaient et si elles arrivaient à tenir le coup. Korra évoqua quelques désaccords qu'elles avaient eu d'un air nonchalant et elle reçut un coup de torchon sur la tête en tant que représailles.

« Aïeuh ! se plaignit la jeune femme en se frottant la tête. Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Ce n'était pas de ma faute, ça, répondit Asami au loin.

- Enfin bref.

- Visiblement, vous n'êtes toujours pas d'accord sur ce sujet… commenta Tonraq.

- Ça arrive de temps en temps. Mais si c'était pas une tête de mule aussi, marmonna-t-elle.

- Tu disais ?

- Rien du tout ! Nooooon, pas le torchon, pleurnicha-t-elle en voyant arriver Asami. »

Cette dernière fit semblant de la menacer puis passa ses bras autour de son cou, avant de l'embrasser sur le côté de la tête.

« Parfois, tu mériterais. »

Ce à quoi Korra répondit par une langue tirée. La jeune femme d'affaires leva les yeux au ciel. Elle s'adressa ensuite à Tonraq.

« Opal m'a dit qu'elle revenait sur Republic City demain. Apparemment elle était dans la Tribu de l'Eau du sud. Elle voyage beaucoup ces derniers temps. »

Tonraq sourit. Sa belle-fille était vive d'esprit ! Il comprenait très bien la question implicite. Elle devait vouloir trouver des réponses à sa situation même si on lui avait dit de ne pas chercher à trop en savoir.

« La famille Beifong a toujours été d'un grand soutien dès qu'ils se mettent à s'intéresser à quelque chose, répondit-il tout simplement.

- Je vois, répondit-elle. »

Elle ne chercha pas à en savoir davantage et s'il crut percevoir une lueur de curiosité et de réprobation dans les yeux de sa fille, celle-ci ne creusa pas non plus. Après tout, il lui avait déjà dit qu'il ne lui donnerait pas de réponse. La conversation continua joyeusement pendant quelques minutes supplémentaires.

Quand Tonraq raccrocha, puis décida d'aller se coucher, il espéra simplement que ce qu'il avait dit était vrai : que la famille Beifong serait d'un grand soutien et qu'Opal trouverait quelque chose au plus vite.


« Opal… Ça fait des heuuuuures que ça dure, se plaignit Huan en soufflant sur une de ses mèches de cheveux, les bras croisés.

- Et alors, t'as plus de batterie ? demanda-t-elle, pianotant sur son téléphone.

- Si, si. Elle est branchée sur secteur pendant qu'on filme, tu sais.

- Super, je voudrais pas rater quoi que ce soit.

- Tu ne regardes même pas ce qu'on filme.

- Pas besoin, puisqu'on filme. »

Il soupira dramatiquement et se remit à regarder par la fenêtre pendant que sa sœur rigolait à un de ses messages.

« Pfff, haha ! Asami n'a pas perdu son sens de l'humour. Même s'il se fait un peu moins fréquent. Ah, vivement qu'on en finisse… Je l'inviterais bien à dîner avec Korra… Je pourrai les taquiner autant que je veux. »

Huan se tourna, juste pour voir le sourire satisfait de sa sœur. Il allait pousser un autre soupir et la réprimander sur sa conduite quand cette dernière se jeta à la fenêtre.

« Là ! C'est ça qu'il nous faut ! Tu vois que tu regardes rien !

- Comment ça moi je regarde rien ?!

- Tais-toi et regarde ! »

Huan tourna la tête et il vit seulement un homme se disputer avec une femme. Enfin, c'était plutôt la femme qui se disputait avec l'homme et l'homme qui la regardait froidement.

« Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse de ça ? C'est pas du tout un indice.

- Non. Mais elle pourrait bien être la solution pour qu'on le trouve… Je ne suis pas sûre que Tonraq va approuver le plan, ceci étant. »

Huan haussa un sourcil mais ne dit rien.

« Continue de filmer ! Je vais la suivre ! »

Opal sortit en trombes du véhicule pour suivre la femme qui fuyait, en larmes et à pied, la scène de dispute. Elle avait besoin d'un levier mais d'abord elle devait en apprendre un peu plus sur cette femme…


Tonraq se pinça l'arête du nez. Que venait-il d'entendre au juste ?

« Moi, ça me va », dit Varrick.

Évidemment que ça lui allait. C'était dans l'ordre de ses magouilles habituelles ! Et lui qui pensait au moins faire confiance à Opal pour garder un peu de sérieux dans leur plan d'action.

« Ça ne me va pas du tout, dit-il. Ce n'est absolument pas honnête.

- Techniquement, c'est légal, fit remarquer l'homme d'affaires.

- Et concrètement, on a pas trop le choix si on veut en finir au plus vite avec ce problème, souligna Opal.

- C'est de la folie. Ça pourrait nous retomber dessus.

- Oh, arrête, on lui paye des vacances ! intervint Varrick.

- Tonraq, je sais que c'est vraiment limite mais tous les signes sont là. Il n'y a pas d'autre moyen d'accéder à son compte. Tout le monde verra que c'est un coup monté et ça arrêtera de prendre des proportions monstrueuses. La seule personne qui mérite une enquête et de la prison, c'est celle qui est derrière tout ça !

- Ce n'est absolument pas garanti d'avoir son identité de cette manière… C'est peut-être un compte qui n'est pas traçable comme les autres… On ne sait même pas si le pot-de-vin y est.

- Mais tous les signes sont là ! s'emporta Opal. Ce scandale arrive juste avant des pourparlers entre la Tribu de l'Eau du sud et celle du nord, qui demande plus d'indépendance pour le sud. Qui est-ce que ça desservirait ? Le nord ! Oh et surprise, Unalaq a rencontré l'actuel procureur de la République de Republic City pendant ses études. Et oh, encore surprise, il essaie constamment de vous mettre des bâtons dans les roues. Puis, ils se sont rencontrés avant que toute cette histoire commence. Sans compter qu'il n'y a aucune raison qu'il y ait une enquête et que c'est allé beaucoup trop vite. Surtout pour une histoire d'ampleur internationale comme ça ! Il y a forcément un pot-de-vin. Et s'il n'y a pas de pot-de-vin, au pire, c'est bien fait pour lui vu tout ce que cette fille raconte sur ce type…

- Sa vie privée ne nous regarde pas…

- Écoutez, on a pas quinze mille solutions. Je peux entrer dans son bureau, voler son téléphone et chercher des infos, Bataar peut également entrer sur son compte, mais je croyais qu'on devait se la jouer réglo ? Faire disparaître sa maîtresse pendant un petit moment, juste le temps que la police cherche ses comptes, c'est quand même pas si mal que ça. »

Tonraq ne répondit pas. Il avait envie de soupirer lourdement. Peut-être même de hurler. Mais, contrairement à sa fille, il savait se tenir. Le problème était le temps. Combien de temps avaient-ils avant que les preuves soient rassemblées ? fabriquées peut-être ? Est-ce qu'ils pouvaient vraiment se permettre de la jouer réglo quand l'ennemi utilisait des moyens aussi malhonnêtes ? Bien sûr, cela restait à prouver mais il y avait trop de choses qui ne coïncidaient pas, que ce soit la photo d'Asami et Korra juste après le passage d'Unalaq, l'ampleur que ça avait pris ou cette enquête rapide et intrusive. Enquête qui devrait d'ailleurs viser Future Industries mais qui semblait lui être plus destiné.

« Je suppose que Lin est dans le coup ? commenta-t-il.

- Elle ne sera.

- Pas encore informée ?

- Eh bien, elle préfère ne rien savoir mais superviser les choses. Je pense qu'elle saura sans même que je lui explique.

- Je pense aussi…

- Alors, on est d'accord ?

- Dans la mesure où je n'ai pas d'autre solution, oui, on est d'accord. Est-ce qu'on est vraiment sûrs de la fiabilité de cette femme ?

- Elle est très rancunière. Et je ne l'ai pas informée de toute la situation. D'ailleurs, elle s'en fiche éperdument. Je lui dirai que c'est pour un scoop. On ne remontera jamais jusqu'à vous.

- Sauf que tout le monde sait que tu es liée à Asami, donc par conséquent à moi.

- Comme tout le monde sait que Unalaq utilise ces journaux à scandales pour diffuser ses daubes et pourtant personne ne le met en cause.

- Moi je trouve que c'est un excellent plan, commenta Varrick. »

Les deux autres le regardèrent soudainement. Ils avaient presque oublié sa présence. Il sirotait un cocktail devant son écran, l'air tout à fait satisfait. Tonraq soupira.

« Tenez-moi au courant tous les deux. »

Une fois qu'ils eurent hoché la tête, il coupa la communication. Il se laissa tomber contre le dossier de sa chaise. C'était toujours comme ça dès que ça concernait Unalaq. Il fallait toujours mettre en place des plans toujours plus abracadabrantesques pour s'en sortir. Il commençait à en avoir assez. Il s'était déjà fait avoir la première fois. Depuis, il avait tissé un réseau et des relations importantes, mais cela ne suffisait pas toujours. Il suffisait qu'il y ait une faille, en l'occurrence Asami cette fois-ci, et il fallait redouter des retombées. Si seulement il n'était pas passé ce jour-là… Mais c'était sûrement son objectif : trouver une faille.


« Alors, tu les as ? Tu les as ?

- Opal, tu devrais rendre encore plus évident le fait que je t'aide dans ton enquête. Je pense que quelques personnes dans ce poste de police n'ont pas entendu.

- Je suis désolée, tante Lin, mais c'est trèèèès important. Et puis on est dans ton bureau.

- Justement. C'est inapproprié. Mais les voici… »

Opal arracha les relevés de compte de la main de la chef de la police qui grommela un « pourquoi je me suis réconciliée avec ma sœur si c'est pour être le larbin de service ? » La jeune journaliste ne l'écouta pas. Elle était bien trop concentrée à chercher l'information qu'elle voulait.

« Ici ! J'avais raison ! Il y avait forcément un pot-de-vin ! »

Elle prit une photo rapidement, puis redonna les papiers à sa tante.

« Je te conseillerais d'enquêter là-dessus.

- J'enquête sur une disparition, pas sur un pot-de-vin.

- Dans le cas où la fille réapparaîtrait, je pense que ce serait prometteur de vérifier cette entrée d'argent très suspecte, probablement en lien avec une certaine enquête impliquant Future Industries… »

Lin regarda les papiers, les bras croisés sur sa poitrine, le regard froid. Elle soupira simplement.

« Je vais voir ce que je peux faire… Et cette fille ferait bien de réapparaître !

- Haha, oui… Ça ne saurait tarder. »

Opal sourit en guise d'excuses.

« Je ne veux surtout pas savoir les détails.

- C'est… pour la justice ! »

La chef de la police se contenta de lui faire signe de s'en aller et Opal s'échappa après un dernier sourire. Elle était vraiment reconnaissante envers Lin, malgré son comportement plus que revêche. Ils étaient sur la bonne voie pour résoudre cette histoire !


« … et c'est ainsi que suite à la disparition de Madame Shu, des éléments compromettants sont apparus, notamment la présence de sommes correspondant à des pots-de-vin, ce qui remet en cause la fonction de notre procureur, voire la question de la justice de notre système. »

Raava, qu'elle détestait les conférences de presse…

« Ainsi, de plus profondes investigations ont montré que ces pots-de-vin étaient destinés à engager des poursuites, voire à monter un faux dossier, contre Future Industries et le gouvernement de la Tribu de l'Eau du sud. Quant au commanditaire, les investigations sont encore en cours. Au vu des circonstances et en l'absence d'un référent, il a été décidé que la police était libre d'enquêter pour démêler cette histoire au plus vite. De plus, les investigations sur le dossier Future Industries/Tribu de l'Eau du sud ne reposant sur aucun critère objectif autre que des rumeurs sont suspendues jusqu'à nouvel ordre. Je n'ai plus rien à ajouter. »

Et voici ce qu'elle détestait encore plus que les conférences de presse : les journalistes qui voulaient leur morceau de viande. Sincèrement, elle adorait sa nièce mais il n'y avait rien qu'elle détestait plus que de répondre à ces stupides questions. Elle avait des enquêtes à mener ! Pas du temps à perdre !

« Commandant Beifong ! Une question, s'il vous plait ! Ne serait-ce pas un traitement de faveur envers Future Industries ? D'autant plus quand on sait de quel côté se place le clan Beifong. C'est quand même un scandale d'une grande ampleur, une ampleur internationale. Si les rumeurs étaient avérées ?

- Vous n'avez qu'à aller fouiller, ce n'est pas mon travail. En ce qui me concerne, la présomption d'innocence existe et je n'ai aucune preuve que Future Industries ou le gouvernement du sud ait fait quelque chose de compromettant. Si c'était le cas, cependant, je n'hésiterais pas une seule seconde à jeter des criminels, quels qu'ils soient, en prison, comme je l'ai déjà fait avec Hiroshi Sato. Plus de commentaires. »

Évidemment, quand on leur disait « plus de commentaires », ils se mettaient tous à vouloir en avoir. C'était insupportable. Et elle avait un commanditaire à trouver.


« Sympa l'appart. »

Opal entrait pour la première fois chez Korra et Asami. Elle les avait contactées une fois que l'enquête s'était arrêtée et qu'elle avait obtenu ce qu'elle voulait de Tonraq. Pour finir son article, il ne lui manquait qu'une chose : la réaction des deux concernées ! Il se trouvait qu'elles avaient elles-mêmes beaucoup de questions à lui poser, donc elles avaient convenu d'un petit dîner entre amies.

« Je te fais visiter ? » proposa Korra.

Ce n'était pas un très grand appartement mais il y avait quand même quelques pièces. Et la moindre des choses était de montrer les toilettes.

« Vous faites chambre à part ? se moqua Opal, après avoir vu leurs deux chambres. Je ne vous savais pas aussi… chastes.

- On ne fait pas chambre à part, merci bien, répondit Korra en essayant de ne pas être embarrassée. On aime juste avoir notre espace de temps en temps et on a pas pris le temps de bouger tous nos trucs.

- Ça me semble plus plausible, en effet, gloussa-t-elle. Si je me fie à Asami quand elle était plus jeune…

- Opal ! une voix résonna de l'autre bout du couloir. L'appartement n'est pas si grand que ça, je t'entends. Ne commence pas à raconter des bêtises à Korra.

- Je ne raconte pas des bêtises ! C'est la vérité. »

Elles étaient retournées au salon où Asami venait de finir de leur servir leurs verres pour un rapide apéritif.

« Oh, une époque où tu utilisais tes talents de femme fatale, je présume ? dit Korra, en regardant la femme aux cheveux de jais de façon suggestive.

- Tu es au courant ? minauda Opal.

- Je n'ai pas de talents de femme fatale. Arrêtez.

- Je les ai vus en action, commenta la femme aux yeux bleus.

- C'était… un cas de vie ou de mort.

- Je veux tout savoir ! intervint la journaliste.

- Mmmm… Je ne sais toujours pas si je peux te faire confiance, chère amie journaliste. Après tout, il s'agit d'un secret avec des affaires d'État et de corruption.

- Tu te rends compte que je suis juste plus intéressée maintenant ? »

Asami rit un peu.

« On fait un truc. Peut-être que je te dirai si tu nous parles un peu de ce qui se passe, parce qu'on est perdues. »

Ainsi, les trois jeunes femmes partagèrent leurs informations et leur ressenti sur le présente situation, ce qui dura un bon moment.

« Voilà, vous savez tout ! annonça la jeune journaliste.

- Donc, c'était un coup monté… dit Asami, songeuse. Et le coupable court encore, donc on est pas forcément au bout de nos peines.

- Pour ma part, je pense qu'il est un peu trop sous le feu des projecteurs actuellement pour faire quoi que ce soit. Il doit être trop occupé à couvrir ses traces. Mais ce n'est pas impossible que d'autres problèmes surviennent dans le futur si on ne l'arrête pas.

- Argh, Unalaq ! grogna Korra. J'ai jamais pu le voir ! Et dire que c'est juste à cause de cette foutue visite à l'improviste !

- Je suppose qu'on aurait pu être plus discrètes…

- Oh, arrête, on s'est très bien tenues !

- Oui, jusqu'au boucan dans ta chambre…

- C'était… Juste… On s'amusait, ok ? Si on peut même plus vivre sous son propre toit… »

Asami prit la main de Korra dans la sienne.

« Je suppose que ça a eu du bon. Je veux dire, il nous a rendu un petit service.

- Lequel ?

- Eh bien, on a plus à garder le secret sur notre relation et à nous cacher et ça nous évite de nous disputer à ce sujet.

- J'imagine, oui. »

Mais Korra était quand même tendue. Alors, Asami se contenta de garder sa main dans la sienne et de la regarder, puis au bout d'un moment elle soupira, comme vaguement apaisée. Opal ne put qu'observer avec une certaine fascination. Elle avait déjà vu Asami en couple, mais c'était souvent pendant des soirées barbantes avec une certaine étiquette, pas dans l'intimité. Et elle avait rarement vu ce niveau de complicité. Peut-être chez ses parents ?... Elle se sentait drôlement seule maintenant… Parfois, elle aimerait que son boulot ne soit pas aussi prenant et qu'elle ne soit pas aussi célibataire. Puis, après elle se rappelait qu'elle adorait son boulot et ce pour quoi elle se battait. En parlant de boulot…

« Bon, maintenant, j'ai le droit à mes petites infos ? Qu'est-ce que vous avez ressenti en apprenant la nouvelle ? Où étiez-vous ? Que faisiez-vous ? Je veux tout savoir.

- Tu vas pas filmer, hein ?

- Nan. Juste enregistrer. »

Elle désigna son petit enregistreur.

« Parce que j'ai la flemme de prendre des notes, précisa-t-elle. Je veux dire, je suis invitée chez des amies quand même.

- En parlant de ça, si on continuait autour du dîner ?

- Ça me va très bien !

- Je meurs de faim.

- Tu as tout le temps faim, Korra.

- D'autant plus aujourd'hui, puisque c'est toi qui cuisines.

- Ne me fais pas passer pour la fille qui cuisine jamais.

- Je dis juste qu'on va se régaler. »

Elle embrassa Asami sur la joue en se levant et la tira vers elle pour qu'elle fasse de même.

« Bien rattrapé.

- Je sais.

- Tu m'aides quand même à faire le service.

- Zut.

- Je suis pas intervenue parce que vous me faites rire, mais vous savez que j'ai aussi enregistré ça, pas vrai ?

- Mais éteins-le ! Pas la peine de tout enregistrer.

- J'ai posé une question, il attend ma réponse. »

Asami leva les yeux au ciel et Korra gloussa.

« Enfin bref… »

Opal alla se mettre à table, puisqu'on lui avait ordonné. Elle plaça son petit enregistreur où elle voulait. Puis, elle attendit que ses deux amies viennent la rejoindre. Elles racontèrent leur journée de ce jour-là et surtout leur période de confinement viral, ce qui leur permirent de continuer la conversation sur les symptômes et les dernières nouvelles concernant ce sujet. Ça en devenait presque une obligation sociétale d'en parler, tellement le sujet semblait se présenter de lui-même. Puis, entre discussions, taquineries et curiosités journalistiques, le dîner prit fin. Les deux femmes proposèrent à Opal de rester mais elle dit avoir un vol le lendemain. Et elle n'avait toujours pas fait sa valise !

« Tu ne t'arrêtes jamais… fit remarquer Asami.

- En fait, si. Je rentre à la République de la Terre. Je finis l'article sur toute cette histoire et après je vais me reposer un peu. Ça fait des semaines que je fais des allers-retours aux Tribu de l'Eau du sud pour cette enquête et j'avoue avoir besoin de lever le pied.

- Ça arrive même aux plus grands journalistes alors ? ironisa Korra.

- Ouais, ouais. En tout cas, c'était sympa de vous voir toutes les deux. Et pas séparément pour une fois. Je suis contente d'avoir décidé de prendre votre parti. Mon intuition me trompe rarement. Ne vous inquiétez pas, on va continuer à vous protéger.

- Si je croise Unalaq, je jure que…

- Ah oui, de la part de ton père, Korra : il m'a autorisé à t'en parler, mais il compte sur toi pour ne pas faire plus de remous et le laisser régler cette histoire. »

La fille du sud ne put que grogner, les bras croisés.

« Je vais la surveiller, promit Asami. J'ai déjà provoqué beaucoup d'ennuis à Tonraq…

- Ce n'est pas ta faute, dirent Opal et Korra en même temps.

- En plus, tu devrais être sacrément en colère, ajouta cette dernière.

- Eh bien… Je le suis… quelque part. Mais il vaut mieux un plan avant d'agir. Et pour le coup, je ne crois pas qu'on puisse faire grand-chose.

- Je vous promets de vous tenir au courant. Mais vous avez déjà fait beaucoup, vous savez. La presse, la police, votre transparence… ça a joué. Il y aura toujours des sceptiques mais avec le temps, tout ce que vous avez fait portera ses fruits, j'en suis sûre.

- Merci, Opal. Pour tout. »

Finalement, la journaliste partit et les deux jeunes femmes fermèrent la porte de leur appartement.

« Alors, tu te sens mieux maintenant que tu sais tout ou c'est le contraire ? demanda la jeune femme aux yeux verts.

- Pour être tout à fait honnête… Je ne sais pas. Je suis soulagée de comprendre comment ça a fonctionné, que c'était un piège du début à la fin et qu'on a vraiment rien à se reprocher. Mais je suis un peu frustrée et en colère contre mon père. Est-ce qu'on peut si peu me faire confiance que ça ?

- D'un autre côté, si on avait su et comme on se sentait tellement impuissantes, on aurait pu prendre des décisions inconsidérées.

- Et par « on », tu veux dire moi.

- Pas forcément… Le désespoir nous fait faire des choses redoutables parfois… Mais c'est vrai que tu es… pas forcément très patiente.

- Oui, bah, hein ! Au vu de la situation aussi ! Mais je suis contente que ce soit fini… Toi aussi, tu te sens mieux ?

- Mmmm… Oui. Oui, je me sens mieux. Mais j'avoue que ça me rend un peu fébrile…

- Pourquoi ?

- Ton oncle court toujours. Et ce n'est pas juste ton oncle. Si ton père à d'autres ennemis, actuellement je… ne peux pas faire grand-chose. Je pensais que je devais juste redouter la presse et ma mauvaise réputation, mais pour toutes les personnes d'influence, on est des cibles faciles. Je dois rebâtir Future Industries. Ne serait-ce que pour nous protéger. »

Korra sourit légèrement. Elle passa ses bras autour de la taille de sa compagne.

« Je suis sûre que tu vas y arriver. Mais en attendant… on est bien protégées, non ?

- Mmmm, j'imagine, oui.

- Mais tu n'aimes pas l'idée.

- Pas des masses.

- Bon, oublions pour ce soir alors ! J'ai pas envie d'être en colère. On pourrait juste aller au lit et se faire des câlins.

- Mmmm… On pourrait, oui. Mais on finit de ranger d'abord.

- Je ne suis pas ravie, mais d'accord. »

Ainsi, le programme de fin de soirée fut décidé. Ce n'était rien de très flamboyant ou très excitant. C'était simplement – enfin – un moment de relâchement pour deux personnes qui avaient été sous pression depuis un moment. Et oui, peut-être que ce n'était pas vraiment fini, mais en attendant, elles pouvaient faire comme si et au moins protéger leur petit cocon.


A/N : Alors cette lecture ? Petite review ? (Oui, j'ose en demander une quand même xD)

Petite note sur le système judiciaire et l'ensemble de ce bordel. En fait, ce chapitre était un peu délicat à écrire parce qu'on a pas vraiment d'informations sur le système judiciaire de LoK. Je suppose qu'il est calqué sur celui des États-Unis, or je suis Française, donc ça devient tout de suite compliqué. Finalement, j'ai entremêlé des faits réels et de la fiction pour que ça roule bien comme il faut mais c'est probablement pas hyper réaliste. Tout ce que je peux vous dire c'est que les enquêtes de police sont (en France) ordonnées par le procureur de la République. Elle s'impose en cas de crime (meurtre, etc.) d'où la disparition. Et quant à la police qui se gère elle-même, j'y crois moyen, mais on va dire que dans LoK, Beifong a l'air d'avoir une sacrée autonomie ^^' Je me suis dit que je pourrais lui rendre. Les délais pour la justice sont bien plus longs dans la réalité que dans la fiction. Après c'est pas forcément le cas dans tous les systèmes non plus… J'espère néanmoins que vous avez compris et que ce chapitre était assez satisfaisant !

Pour le prochain chapitre, j'hésite encore mais ce sera peut-être un épilogue.

À plus !

Lion