nda - à chaque fois que je finis une week, je me dis qu'il faut vraiment que je m'arrange pour ne pas me retrouver débordée à la fin comme cette fois-ci.
à chaque fois que je commence une week, je ne le fais absolument pas.

sinon, bonjour ! depuis le temps que je veux poster une nouvelle histoire sur cette plateforme ~ la shin soukoku week m'est apparue comme un excellent moyen d'apporter du sang neuf à mon compte, et j'espère qu'elle vous plaira autant que j'ai aimé l'écrire :3

au programme pour vos petits cœurs bien souvent malmenés : une répartition presque égale de textes fluff et de textes angst. et on commence par un petit univers alternatif peu recherché je l'admets mais terriblement efficace je l'espère :3

bonne lecture !

disclaimer : BSD est à Asagiri.

nb : petit problème de mise en page sur ce premier jour, je règle ça dès que possible-


« Votre Altesse ! »

L'exclamation agacée qui résonna dans le couloir doré figea sur place l'enfant qui essayait de se faufiler discrètement hors de sa chambre. En se retournant, il distingua la silhouette de Doppo, qui se dirigeait vers lui à toute allure, une aura menaçante entourant sa personne. Ses longs cheveux blonds amassés en une queue de cheval volaient derrière lui – et Atsushi resta quelques secondes sans bouger, fasciné par le mouvement, avant de se souvenir en croisant les orbes furieuses du garde qu'il allait avoir de gros, gros problèmes.

« Je vous rappelle que vous ne pouvez pas sortir ! » s'exclama immédiatement le blond de son habituelle voix forte, en agitant un doigt accusateur vers lui. L'enfant aux cheveux argentés fit la moue.

« Je voulais juste aller voir les fleurs ! se défendit-il en désignant les superbes plantes colorées qu'on apercevait de l'autre côté de la fenêtre qui ornait le couloir.

– Une telle excuse ne fonctionnera plus ! » rétorqua le blond.

En effet, Atsushi avait déjà utilisé cet argument à deux reprises en l'espace de quelques jours à peine, simplement pour essayer de quitter l'enceinte du château ensuite, une fois qu'il se serait substitué aux regards des gardes qui patrouillaient un peu partout. Mais il n'en avait pas le droit, et les gardes d'élite dont disposait son père adoptif pour sa propre protection l'avaient rattrapé promptement avant même qu'il n'ait quitté les jardins royaux. Les deux fois.

« Il fait beau dehors ! Je veux sortir ! geignit l'enfant en désignant le soleil étincelant qui filtrait dans le couloir.

– Avez-vous écouté son Altesse Fukuzawa ? soupira Doppo. Il est dangereux pour vous de sortir. Un brigand se balade dans la ville, et il est possible qu'il tente de s'en prendre à vous. »

Atsushi fit une nouvelle fois la moue. Ça, il l'avait bien compris. Mais la ville était loin du château, cet homme n'allait pas venir jusque là quand même. Même s'il se rendait à la ferme un peu plus bas, le brigand ne l'y trouverait sans doute pas. Mais ça, personne n'avait voulu l'entendre. Ils étaient tous focalisés sur une chose : il y avait un brigand qui faisait beaucoup parler de lui en ville, et le jeune prince de dix ans serait probablement une cible facile pour lui.

« Si vous continuez, je serais dans l'obligation de rester devant la porte de votre chambre tout le temps ! » Atsushi allait tenter une défense, quand une autre voix masculine retentit.

« Voyons, Kunikida, tu es trop rude avec lui. Il veut juste découvrir le monde, à son âge, j'étais comme lui.

– Mais tu n'étais pas prince, Nakahara. » soupira le garde blond en se tournant vers son collègue aux cheveux flamboyants.

Chuuya – de son prénom – était de loin le garde que l'enfant appréciait le plus. Son uniforme débraillé, ses manières familières – de roturier, disaient certains en pinçant les lèvres – et sa bienveillance envers le jeune prince le rendait particulièrement populaire auprès de ce dernier qui éprouvait toujours beaucoup de plaisir en le voyant arriver.

« Certes. Et j'en suis bien heureux. » Le rouquin s'approcha des deux individus et sourit au plus jeune. « Je n'aurais jamais supporté ce que vous lui imposez tous. » Atsushi avait presque envie de pleurer : quelqu'un le comprenait et était d'accord avec lui ! Malheureusement, Doppo ne semblait toujours pas prêt à lâcher l'affaire.

« Tu sais que c'est pour son bien, rétorqua-t-il. Le brigand...

– Ne prendra pas le risque de venir aussi près d'un endroit aussi bien gardé, le coupa Chuuya dans un soupir. Laissez-le au moins prendre l'air autour du château. »

Atsushi attendit avec une angoisse grandissante le verdict du blondinet, qui finit par secouer la tête avec agacement et résignation.

« Tu le surveilles, Nakahara. S'il échappe à ta vigilance et que quelque chose lui arrive... Ce sera toi qui en répondras devant le roi. » L'enfant retint de justesse un cri triomphal en voyant son aîné hocher la tête en guise d'assentiment.

« Pas de problème. »

Le rouquin entraîna son cadet en direction du jardin. Atsushi resta silencieux quelques minutes, le temps qu'ils arrivent dans le jardin, puis s'exclama :

« Merci, merci, merci ! » Chuuya rit légèrement devant sa fougue. Il lui frotta la tête affectueusement en répondant :

« De rien. Tu me faisais de la peine, caché derrière ta porte pour échapper à Kunikida. Et puis, entre nous, je trouve vraiment qu'ils en font trop. Tu ne vas pas t'envoler parce que tu as mis un pied dehors. Je suis là de toute façon. » Il offrit au petit garçon un sourire rassurant puis reprit son sérieux. « Mais ne t'avise pas d'essayer de me semer ou tu auras affaire à moi ! »

Son ton était légèrement menaçant, et le jeune garçon sut qu'il avait meilleur temps de l'écouter. Chuuya était certes le plus gentil de tous les gardes du palais avec lui, mais il était aussi l'un des plus craints pour son mauvais caractère et ses coups de sang parfois brutaux – toujours justifiés mais jamais très paisibles.

Il fit quelques pas hésitants dans le jardin, admirant les fleurs de mille couleurs qui le peuplaient. Elles venaient de nombreuses régions du royaume, et étaient toutes cultivées avec passion par le jardinier en chef, Ryurô Hirotsu. Il était souvent difficile de croire que ce quinquagénaire à la mine sombre et au goût un peu trop prononcé pour le tabac aimait s'occuper avec des tâches aussi simples que l'entretien des fleurs exotiques du palais, mais c'était pourtant bien le cas.

Alors qu'il observait avec intérêt de grandes fleurs rouges dont il trouvait la nuance superbe, toujours sous le regard attentif de Chuuya qui s'était adossé à un mur du palais, un bruissement dans les buissons un peu plus loin attira son attention. Il s'en approcha après une petite hésitation mais ne perçut rien entre les feuilles. Alors qu'il se décidait à reculer pour rejoindre les plus hautes fleurs, il entendit l'exclamation à la fois stupéfaite et furieuse de Chuuya résonner dans le calme du jardin.

« Dazai ?! »

Atsushi se tourna vers son aîné, curieux de connaître la cause de son agacement et l'apparence de celui qui venait d'être appelé ainsi et qu'il ne se souvenait pas connaître, mais ne l'aperçut pas. Ni lui, ni l'inconnu dont il venait de crier le nom. Il se demanda un instant s'il avait rêvé – mais dans ce cas, où était passé le garde aux cheveux roux ? Désormais un peu inquiet, il décida de revenir sur ses pas pour regagner les murs rassurants du château, et alors, il l'aperçut.

Une petite silhouette sombre se faufilait vers l'entrée la plus proche du château, visiblement dépourvue de gardes – où étaient-ils passés eux aussi ? –, une silhouette qui devait appartenir à un autre enfant, vraisemblablement un autre garçon. Soudainement bien moins effrayé, le petit prince se dirigea vers lui, déterminé. Il l'interpella lorsqu'ils ne furent plus qu'à quelques mètres de distance l'un de l'autre :

« Eh ! Toi ! »

Ignorant le nom de l'individu, il ne pouvait le qualifier avec un meilleur terme. Le susnommé sursauta et se tourna vers lui, faisant étinceler par la même occasion la lame qu'il tenait dans la main droite. En l'apercevant, Atsushi sentit tout son courage fondre comme neige au soleil. Mais, à bien y regarder, le couteau tremblait, et l'autre enfant ne semblait pas si agressif qu'il ne voulait le faire croire. Le prince décida de poursuivre en se rapprochant encore de quelques pas :

« Qui es-tu ? » Il pouvait désormais distinguer les traits de son interlocuteur : des cheveux noirs aux pointes blanches ébouriffés et des vêtements rapiécés noirs et gris. Deux orbes ternes se posèrent sur lui tandis qu'une voix cassée répliquait avec hargne :

« Dégage ! » Atsushi tressaillit devant le ton incisif, et recula de quelques pas. Il ne s'attendait pas à autant de mépris et de violence dans un garçon de son âge apparemment – peut-être un peu plus âgé.

« Tu n'as rien à faire ici, lâcha-t-il malgré tout sur un ton rempli d'hésitation. Si les gardes te tombent dessus...

– Tu vois des gardes ici ? renifla avec mépris le jeune garçon. Dégage maintenant ! Tu le regretteras si tu me gênes. »

Malgré la menace, Atsushi ne se sentait pas particulièrement effrayé, parce que derrière le ton brusque et le regard glacé, il avait l'impression que son interlocuteur jouait un rôle. Il essayait de se persuader lui-même qu'il était dangereux, mais cela ne sonnait pas très convainquant à ses yeux. Aussi, il ne se laissa pas faire et répliqua :

« Je ne veux pas avoir à appeler mes gardes pour te forcer à partir, alors pourrais-tu quitter le château s'il te plaît ? » Le mépris dans les yeux du jeune garçon s'intensifia.

« T'as pas compris que je suis pas venu pour faire ami-ami ? Je suis là pour voler des trucs, pas visiter. »

Donc l'enfant était bien un brigand, conclut en son for intérieur Atsushi, même s'il espérait le contraire. Il s'était d'abord dit qu'une personne aussi jeune ne pouvait pas être méchante... Et il le pensait encore, tout bien réfléchi. Il refusait de considérer son interlocuteur comme une menace, même s'il avait une lame aiguisée dans la main et un regard menaçant, et il ne voulait pas appeler les gardes – il était persuadé qu'en criant, il serait capable de rameuter à peu près tous les gardes en faction dans l'aile où ils se trouvaient actuellement, mais s'il le faisait, l'enfant face à lui serait arrêté et traîné devant la justice du roi. Il savait que son père adoptif était quelqu'un de bon, mais quand même... Cette affaire poursuivrait l'autre toute sa vie ensuite.

Chuuya lui avait une fois raconté que la même chose était arrivée à bien des habitants de la petite ville située en contrebas du palais royal. Ils n'avaient commis que des crimes mineurs – vols, rackets, menaces – qui leur avaient été pardonnés par le roi, mais au final, personne ne leur avait plus jamais fait confiance et ils avaient été obligés de s'exiler loin du royaume. C'est arrivé à l'un de mes amis, avait-il ajouté avec un sourire triste qui avait marqué le petit prince.

« Pourquoi veux-tu voler ce qu'il y a ici ? demanda-t-il ensuite avec candeur.

– Ça se voit pas ? » L'autre était de plus en plus méprisant. « Tout le monde ne vit pas dans le même univers doré que toi. C'est même l'inverse.

– Mais voler n'est pas la solution ! protesta Atsushi en se souvenant des enseignements de son précepteur. Cela ne vous protège pas.

– Tu ne peux pas comprendre ! cracha l'autre. Je vis dans un univers que tu ne pourrais même pas imaginer.

– Alors montre-moi ! »

La demande autoritaire du jeune garçon eut le mérite de laisser son interlocuteur sans voix. Atsushi le pensait sincèrement : il voulait découvrir le reste du monde. Il ne connaissait de l'extérieur du palais que les environs proches, et quelques autres grands châteaux et parcs appartenant à d'autres seigneurs auxquels son père adoptif allait parfois rendre visite. Mais il voulait connaître le moindre recoin de ce royaume qu'il dirigerait peut-être un jour.

« Ben voyons, un prince de sang royal en ville, reprit l'autre, visiblement remis de sa stupeur. Je pense que tu te fais des idées.

– Toi aussi ! répliqua avec assurance le jeune garçon. Je suis aussi né dans un simple village. Juste parce que je vis aujourd'hui dans un château, ça ne veut pas dire que ça ne me concerne plus ! » Si le roi Fukuzawa ne l'avait pas recueilli, il serait resté un petit garçon sans titre ou fortune, comme celui qui se tenait devant lui. « J'aiderais ceux qui en ont besoin, qu'ils soient riches ou pauvres, titrés ou non ! » s'exclama-t-il avec détermination.

Le jeune garçon le dévisagea encore de ses yeux gris, sans exprimer d'émotion précise sur son visage. Alors qu'il ouvrait la bouche pour répondre quelque chose, des bruits de course précipitée résonnèrent derrière eux. Atsushi se retourna, s'attendant presque à voir l'intégralité des gardes du palais arriver, mais il n'aperçut que deux personnes : un premier homme qu'il ne connaissait pas, aux cheveux bruns et au sourire malicieux, poursuivi par un deuxième homme : Chuuya. Ils passèrent en trombe sans prêter attention aux deux enfants, mais aussitôt, l'inconnu déguerpit à leur suite avant qu'Atsushi n'ait pu le retenir.

Il le regarda s'éloigner quelques secondes avant que les autres gardes ne rappliquent, attirés par le bruit de la cavalcade. Le jeune prince fut ramené illico dans sa chambre, mais son esprit ne quittait plus ce couloir, et ce jeune garçon aux cheveux bicolores.