Je ne possède aucun des personnages de la série ou des films.

L'opération ne paraissait pas plus compliquée qu'une autre. Il suffisait de pénétrer dans l'immeuble pour l'exfiltrer, mais tout ne pouvait pas tout le temps se contrôler.

Première mini-fic dans ce fandom dans le cadre d'une Nuit du FOF

Comme je n'ai pas fini ma fic avec les mots de cette nuit, j'ai tiré au sort des anciens mots des Nuits et le dernier c'est "Ferme".

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


EXFILTRATION

Chapitre 8

Ethan était étendu sur un lit médicalisé, en position légèrement surélevée. Un masque à oxygène était posé sur son visage et son bras droit état bloqué par une attelle. La courbe de son rythme cardiaque fit un léger pic lorsque ses yeux s'entrouvrirent.

Dans un brouillard douloureux, il n'esquissa pas le moindre geste, clignant seulement doucement des paupières le temps que les choses se mettent en place dans son esprit. Est-ce qu'il était tombé dans un piège comme un simple débutant ? Est-ce que c'était bien Donovan Conrad dont il se rappelait ? Ethan referma les yeux et grimaça de douleur. Il avait mal quand il respirait, mal quand il essayait de bouger et il se concentra pour tenter de ne pas le montrer.

Cependant, il y eut un cliquetis et une voix grave lui murmura.

- Je viens de te donner une dose de morphine de plus. Comment tu te sens ?

Ethan frissonna et tenta de relever un peu la tête en direction de la voix. Il croisa le regard sombre et le sourire un peu inquiet d'un ami qu'il pensait avoir perdu et sa main pressa un peu la sienne. Il ne rêvait pas, c'était bien lui et il murmura doucement dans son masque tout en luttant contre ses yeux qui se refermaient malgré lui.

- Luther…

Son ami lui sourit et observa les machines avant de lui retirer le masque prudemment.

- Surtout tu me dis si tu en as besoin, mais c'est mieux pour parler non ?

- Tu es vivant…

La voix d'Ethan était faible, triste et à peine audible. Luther lui serra doucement la main et répondit.

- Oui, je suis vivant.

- Je me rappelle de Benji… murmura Ethan en fouillant dans ses souvenirs.

- Il est vivant aussi.

- Brandt ?

- Il va bien, le rassura Luther.

- Ils m'ont dit que vous étiez morts.

- Oh, ils ont essayé, mais en fait, tout le monde va bien à part toi.

Ethan lui adressa un léger sourire, touché de sentir qu'il avait réellement été inquiet et heureux de savoir qu'ils allaient bien tous les trois. Il s'était senti tellement dévasté lorsque Conrad lui avait fait comprendre qu'il les avait abandonnés et qu'ils étaient morts par sa faute… Il n'était pas sûr qu'il ait pu remonter la pente cette fois.

- Je ne me sens pas si mal, le rassura-t-il.

- Ça me fait plaisir de l'entendre. Tu nous as fait une sacrée peur.

- A ce point.

- Oui. Ça fait quatre jours que tu luttes. Tu as eu des hauts et des bas, alors je suis content de voir ces yeux.

Quatre jours… C'était donc pour ça qu'il se sentait aussi faible et épuisé ? Et soudain une autre image lui revint en mémoire. Ethan frissonna et demanda une inquiétude sincère dans la voix.

- Ilsa ?

- Dans la chambre d'à côté. Ça fait deux jours qu'elle veut sortir. Tu veux que je demande si on peut mettre son lit à côté du tiens ? Lui demanda Luther avec un sourire malicieux, mais il vit une ombre passer dans le regard de son ami.

- Non… C'est mieux comme ça.

Ethan ferma les yeux et Luther lui pressa un peu plus fort les doigts.

- Eh ? Pourquoi tu ne lui dis pas ? L'interrogea-t-il sur un ton sérieux.

Son ami ouvrit les yeux et lui demanda en à son tour en fronçant les sourcils.

- Dire quoi ?

- Ethan… Dès le premier jour j'ai vu comme tu l'as regardé et j'ai vu comme elle t'a regardé. J'ai vu ta réaction quand elle t'a demandé de tout plaquer pour partir avec elle. Dans d'autres circonstances, tu l'aurais fait… Si ça n'avait pas été le Syndicat, si tu n'avais pas compris l'ampleur de la menace que représentait Solomon Lane, tu l'aurais fait. Il y a un passé qui vous rapproche, des fêlures que vous partagez. Elle est toi et tu es elle… Tout le monde le voit autour de vous. Il n'y a bien que vous qui refusiez l'évidence… A moins que vous en ayez conscience et que vous ne vous autorisiez pas à faire ce dernier pas et ça, c'est encore plus triste. Regarde-nous Ethan, rien ne peut garantir que nous ne serons pas morts dans une heure ou dans deux jours. Tu veux vraiment rajouter un regret de plus. Elle tient à toi… et tu tiens à elle… Lâche prise Ethan… Il y a des choses que tu ne peux pas contrôler et qui valent le coup d'être vécu. Lâche prise.

- Drôle de conseil pour son superviseur, répondit Ethan avec un léger sourire en coin.

- C'est normal, lui répliqua Luther. Ce n'est pas à lui que je parle, mais plutôt à mon petit frère.

Ethan ne put réprimer un sourire… 23 ans… C'est vrai que cela créait des liens forts, bien au-delà du simple coéquipier. Il lui sourit, mais une grimace de douleur le traversa et Luther reprit le masque pour lui poser sur le visage.

- Respire doucement et ferme les yeux. Tu peux dormir tu sais. On reste là… On se relaye, tu n'es jamais seul.

Jamais seul… Ethan lui adressa un regard reconnaissant et eut le temps de murmurer avant qu'il ne pose le masque sur son visage

- Conrad ?

- Il nous filé entre les doigts avec la toxine, mais on va le retrouver. Tu sais bien qu'on les retrouve toujours.

Ethan sourit. Oui, ils finissaient toujours par les rattraper, comme le sommeil le rattrapa à cet instant. Il referma les doigts sur la main de Luther et se laissa aller. Il se sentait tellement épuisé.

OoooO

Lorsqu'Ethan ouvrit les yeux de nouveau, c'était bien parce qu'il avait senti une présence à ses côtés, mais elle était différente. On lui caressait le front, la tempe, la joue avec une douceur toute féminine. Alors, il fit l'effort d'ouvrir les yeux plus grands et reconnut tout de suite, le visage au-dessus de lui.

- Ilsa ?

La jeune femme lui sourit, continuant doucement à lui caresser la joue.

- Bonjour bel endormi.

- Tu n'es pas sensée… être dans un lit, toi aussi ?

- Je me suis échappée, répondit-elle malicieusement.

Ethan ne dit rien et Ilsa continua à caresser sa joue, le regardant lutter comme il pouvait pour garder les yeux ouverts, cachant son inquiétude derrière son sourire. La jeune femme avait discuté avec Luther, il lui avait bien donné des nouvelles, mais elle voulait le voir et elle avait raison. Elle le trouvait tellement livide et épuisé, encore à bout de forces…

- Tu as l'air si épuisé.

Ethan sentit son inquiétude et lui murmura en retard.

- Tu ne devrais pas être là…

- Pourquoi ? Demanda-t-elle étonné.

- Parce que je…

Ethan prit une inspiration et murmura.

- Pardonne-moi…

- Te pardonner, mais…

- Oui Ilsa. Pardonne-moi… Pour ne pas avoir comprit… pour les avoir laisser te prendre… Pour ne pas t'avoir protégé… Pour les avoir laissés te torturer, je…

- Chut, le coupa Ilsa en posant un doigt sur ses lèvres subitement trop blanches. Nous nous sommes tous fait piégés, cela n'incombe pas qu'à toi et tout va bien… N'use pas tes forces pour ça…

- Tu es sûr… Tu…

- Chut, répéta Ilsa en effleurant de nouveau ses lèvres avec un doigt. Tu ne peux pas tout anticiper, surtout pas quand quelqu'un prépare sa vengeance depuis 17 ans. Ne t'en fais pas, tout le monde va bien et je vais bien…

Ethan ne dit rien, mais gratifia la jeune femme d'un sourire sincère. Il se sentait épuisé, il savait qu'il avait besoin de repos, mais il se souvenait aussi des mots de Luther et il leva sa main valide pour lui caresser la joue avant de laisser ses doigts se glisser sur la nuque et de la ramener doucement vers lui. Ilsa se laissa faire et se pencha même un peu pour l'aider avant de fermer les yeux.

Le contact de ses lèvres la fit frémir, mais Ilsa se laissa aller. Elle le laissa l'embrasser avec douceur, devenant de plus en plus passionné et elle lui rendit avec autant de tendresse et de fougue. Elle avait l'impression que cela faisait des années qu'elle attendait ce premier baiser et c'était réellement le cas, alors elle se laissa aller.

Ethan se sentait toujours mal, mais faire ce dernier geste, casser cette barrière pour se laisser aller, lâcher prise, cela lui redonnait de la force. Pour la première fois depuis longtemps, il appréciait de suivre ce qu'il avait envie de faire et quand leurs lèvres se séparèrent les deux restèrent de longues secondes silencieux, les yeux plongés dans le regard de l'autre.

Puis Ethan murmura en pensant à cette étrange vision qui revenait par moment et à la ferme de Middlefield dans l'état de New York, cette ferme qu'il avait fuie à 18 ans et à laquelle il ne cessait de penser sans trouver le courage d'y retourner. Avec elle, il aurait la force de sauter le pas, de se rendre là-bas et peut-être même d'aller se recueillir sur la tombe de ses parents…

- Tu ne voudrais pas qu'on s'échappe tous les deux d'ici. Je connais un endroit calme, paisible, idéal pour se reposer loin de tout ça,

Ilsa sourit et lui caressa de nouveau le front.

- Avec plaisir, mais quand tu seras en état de sortir de ce lit, ce qui n'est pas le cas pour le moment.

Ethan sourit. Il devait bien reconnaître qu'il n'était pas sûr que ses jambes le portent, alors il changea d'idée et lui demanda avec un sourire narquois.

- Dans ce cas, tu crois que tu pourrais leur dire de mettre ton lit dans cette chambre ?

Ilsa rit doucement et se pencha pour lui donner un baiser sur la joue.

- Ça je pense que c'est négociable.


Alors voilà comme c'est une fic que j'ai écrite pour la Nuit, je ne voulais en faire un texte trop long. Tout le monde est donc sain et sauf, mais Conrad est toujours en fuite... La Suite de cette fic est donc en préparation et elle sera un peu plus longue ;) Au programme, la vengeance de Conrad qui ne va hésiter à remonter dans le passé d'Ethan pour l'atteindre ... A très vite !