Shadow : Merci pour ta gentille review ! En fait ce n'est pas un OS, elle sera composée de 7 courts chapitres comme celui-ci. J'espère que les suivants te plairont aussi !

CHAPITRE 2

Il était à peine un peu plus de 9h mais le soleil brillait intensément et illuminait les villas blanches du bord de mer et leur toits bigarrés. Momoi se mit à courir dans la rue en direction d'un muret en pierre. Elle fut bientôt rejointe par Kuroko et Aomine et ils contemplèrent la vue de la ville qui s'étendait jusqu'à la mer. La journée était superbe. Le soleil se réfléchissait sur les murs blancs et faisait briller la mer en contrebas.

« Quand on regarde le ciel et la mer d'ici on y voit toutes les nuances de la couleur de vos yeux » dit Momoi avec un sourire.

Kuroko croisa le regard d'Aomine. Il ne s'était jamais vraiment posé la question de savoir de quelle couleur étaient ses yeux. Mais maintenant qu'il regardait c'est vrai qu'ils avaient le bleu sombre des profondeurs de l'océan. Aomine perçut ce regard inquisiteur et contemplatif et détourna le sien d'un air un peu gêné. Il avait parfois l'impression que les yeux de Kuroko le transperçaient et même si cela le grisait toujours étonnamment, cela le mettait aussi un peu mal à l'aise. Kuroko pouvait parfois se montrer tellement déroutant par la franchise de ses mots et de ses regards. Il posa sa main sur la tête de Momoi et lui dit :

« Allez, on y va maintenant ! J'ai trop envie de me baigner ! »

Ils dévalèrent rapidement la côte et pénétrèrent dans la ville. Momoi courait d'un endroit à l'autre, s'extasiant de tout, avec une joie communicative. Alors qu'ils parcouraient la ville pour atteindre la plage, Kuroko la regardait faire. Il ne pouvait s'empêcher de voir à quel point elle était belle, dynamique, brillante, à quel point elle avait le pouvoir de transmettre son enthousiasme. Il se sentait infiniment heureux et reconnaissant de pouvoir avoir une amie comme elle, lui qui n'était qu'un garçon insignifiant. C'était pareil pour Aomine, il n'en avait jamais assez de le regarder. Aomine était tout ce qu'il ne serait jamais : charismatique, sûr de lui. Il attirait tout le monde à lui. Et Kuroko le premier, avait parfois du mal à croire qu'il avait la chance d'être son ami. Pourtant il ne pouvait déjà plus imaginer que cette amitié pourrait se briser un jour.

« Allons nous baigner ! » s'exclama joyeusement Momoi.

Il était encore tôt et il y avait peu de monde sur la plage. Momoi enleva ses baskets en toile et se mit à courir sur le sable. Alors qu'Aomine et Kuroko, assis sur le muret s'employaient à défaire leurs lacets, elle s'interrompit et leur cria :

« Mais dépêchez-vous !

- C'est bon Satsuki, la mer ne va pas s'en aller ! » répondit Aomine.

Kuroko sourit de sa plaisanterie. Aomine était satisfait d'avoir pu faire naître en lui ce sentiment. Kuroko avait souvent un air impénétrable et il adorait quand il arrivait à rendre ses émotions lisibles sur son visage. Il ne pouvait que partager avec Momoi cette impatience de vivre, cette sensation incompréhensible que chaque seconde de son temps qu'il partageait avec Kuroko était essentielle, devait être vécue dans un état d'urgence qui en décuplait le plaisir. Son cœur battait plus vite et il profitait de chacun de ces sourires, de ces mouvements du vent dans ses cheveux.

Ils rejoignirent finalement Momoi au moment où, ayant rapidement enlevé son t-shirt et son short, elle s'élançait vers la mer. Aomine jeta son sac par terre et se dépêcha de se déshabiller à son tour. Il courut alors à travers les vagues pendant quelques mètres avant de plonger dans l'eau. Il en ressortit rapidement la tête en poussant en cri. Elle était fraîche. Momoi, elle, avait désormais de l'eau jusqu'à la taille. Elle s'écria :

« Dépêche-toi Tetsu-kun ! L'eau est trop bonne. »

Kuroko s'approcha de l'eau et y entra d'un pas calme mais décidé. Quand il eut atteint Momoi, elle commença à l'asperger. Il tenta de se protéger de ses bras en riant. Mais Aomine saisit alors Momoi entre ses bras puissants et la jeta dans l'eau sans ménagement.

Quand elle ressortit, les cheveux trempés, elle lui cria dessus :

« Espèce d'abruti, j'ai les cheveux mouillés, Tetsu-kun va me trouver horrible maintenant par ta faute.

- Non, tu es toujours aussi belle, Momoi-san » objecta Kuroko.

Momoi rougit instantanément et tenta de cacher sa gêne en plongeant sa tête sous l'eau. C'est vrai que Kuroko avait le don pour dire les choses qu'il pensait de façon terriblement gênante mais il avait surtout dit qu'elle était belle. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Bien sûr, on le lui avait déjà dit, à plusieurs reprises, et cela la flattait. Mais ce n'était pas pareil quand c'était quelqu'un qu'on aimait, constatait-elle.

Quand elle ressortit la tête de l'eau, elle constata que Kuroko s'était un peu éloigné pour nager. Aomine lui dit :

« Eh remets-toi.

- C'est bon monsieur l'insensible, j'aimerais t'y voir si quelqu'un que tu aimes te disait un truc pareil.

- Je te signale que pour Kuroko, ça n'engage à rien ce genre de propos. Il a dit ça parce qu'il se contente juste de dire ce qui lui passe par la tête, et puis aussi parce que c'est vrai. »

A peine Aomine eut-il fini sa phrase qu'il se jeta dans les flots pour rejoindre Kuroko, qui nageait un peu plus loin. Momoi sourit, Aomine avait le chic pour dire des choses gentilles de façon toujours indirecte. Mais elle ne retenait que le compliment, tant elle avait l'habitude de lire entre ses lignes.

« Ces garçons me rendront folle » dit-elle à voix basse en les regardant évoluer dans l'eau.

Ils venaient à présent vers elle. Quand ils l'eurent rejointe, elle s'approcha de Kuroko et sauta brusquement sur son dos en serrant son cou entre ses bras.

« Je vais te couler ! » s'exclama-t-elle joyeusement.

Kuroko se débattit mais assez mollement. Il sentait la poitrine de la jeune fille qui touchait son dos nu et ses jambes qui enserraient sa taille. Et cela le troublait bien plus qu'il ne le montrait. Il sentait comme des décharges électriques lui parcourir le dos et tous les endroits sur lesquels elle imposait l'empreinte de son corps, le touchait de sa peau si douce. Cette sensation s'intensifia encore quand Aomine plaça ses mains autour de sa taille et les projeta tous deux dans l'eau. Quand Kuroko sortit la tête de l'eau, il regarda Aomine.

« Tu vas payer Aomine-kun, dit-il d'une voix neutre.

- Et que vas-tu faire Tetsu, me rattraper à la course, nager plus vite que moi peut-être ? dit-il d'un air arrogant et provocateur.

- Non je pensais plutôt à autre chose... »

C'est alors que Momoi sauta sur le dos d'Aomine qui déstabilisé, ne put résister à l'assaut de Kuroko qui le projeta dans l'eau. Quand il en sortit sa tête, son visage était étonnamment proche de celui de Kuroko qui finit alors sa phrase :

« Le travail d'équipe. »

Aomine ne put s'empêcher de sourire. Il sentit alors la main de Kuroko qui toucha négligemment son torse sous l'eau, de façon involontaire. Kuroko le regarda d'un air effrayé.

« Pardon » bredouilla-t-il en rougissant.

Aomine ne répondit rien. Il avait saisi cette main sous l'eau et la tenait par le poignet sans la lâcher. Il se délectait de cette gêne sans la partager vraiment. Et pourtant une étrange chaleur montait dans son ventre alors qu'il restait immobile près de Kuroko sans qu'aucun des deux n'esquisse le moindre geste pour s'éloigner.

« Je commence à avoir froid : je sors, s'écria Momoi. »

Aomine lâcha alors la main de Kuroko et lui emboîta le pas. Kuroko les regarda s'éloigner puis il sortit sa main de l'eau et l'observa. Il n'y avait aucune marque bien évidemment, Aomine n'avait pas serré son poignet et l'avait au contraire tenu avec une délicatesse qu'il ne soupçonnait pas chez lui, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir presque un regret. Il sentait encore la sensation du contact des doigts d'Aomine sur sa peau et se concentrait pour essayer de graver dans son esprit cette sensation fugace.

Kuroko rejoignit rapidement Aomine et Momoi qui s'étaient déjà couchés sur leurs serviettes. Il s'étendit à son tour et put alors sentir la caresse du soleil sur son corps humide. Allongé sur le dos, il plongea ses mains dans le sable. La sensation de cette douceur sur ses doigts était délicieuse.

« Tu penses à quoi Tetsu-kun » demanda Momoi ?

Il se tourna sur le côté et regarda la jeune fille couchée près de lui. Elle était étendue sur le flanc, la tête nonchalamment posée sur son bras tendu. Kuroko détailla les cordons qui nouaient les côtés du bas de son maillot de bain et restait fixé dessus sans s'expliquer pourquoi.

« A rien » répondit-il finalement en appuyant son regard contre le sien.

Momoi entreprit alors de recouvrir la main de Kuroko de sable. Elle en prenait des petites poignées dans sa main serrée et ouvrait progressivement ses doigts pour en faire tomber les grains doucement sur celle de Kuroko. Mais le sable finissait toujours par couler le long de ses doigts entrouverts. Elle changea alors de tactique et poussa plus franchement de sa paume le sable sur la main de Kuroko, pour la recouvrir. En faisant cela, leurs doigts s'effleuraient doucement. Quand elle eut fini, elle posa sa main sur le tas de sable, comme pour le tasser, avec un air satisfait. Mais le sable sec coula alors de plus belle et sa main se retrouva finalement sur celle de Kuroko, séparée d'elle seulement par une très fine pellicule de sable. Elle ne la retira pas.

Kuroko non plus ne bougeait pas. Il croisa le regard de Momoi et plongea ses yeux dans les siens. Les joues de son amie étaient rosées sans qu'il sache si c'était dû à la chaleur ou à la gêne. Il se sentait lui-même troublé. Son ventre se serrait alors qu'il regardait les lèvres entrouverte de Momoi. Il se rendait compte que son cœur battait anormalement vite.

« Eh ça vous dit qu'on bouge ? »

C'était la voix d'Aomine. Il s'était redressé brusquement et assis sur sa serviette, les observait du coin de l'œil. Kuroko se redressa à son tour et lui demanda :

« Tu as une idée ?

- Bien sûr, il y a un terrain de street-basket dans une rue pas très loin, je vous prends tous les deux et je vous explose. »

Kuroko se releva et commença à plier soigneusement sa serviette mais Momoi restait couchée, tapotant le sable à côté d'elle avec dépit :

« Imbécile, grommela-t-elle à voix basse.

- Tu te défiles ou quoi ? insista Aomine d'un air provocateur.

- Jamais ! Allez viens Tetsu-kun, on va lui montrer à ce frimeur ce que c'est que jouer au basket ! »