Shadow : Merci pour cette nouvelle review ! Et ne t'inquiète pas, j'aime trop leur relation à tous les trois pour créer la moindre réelle embrouille entre eux ! Je laisse à Fujimaki le soin de briser ce qu'il a construit T T

CHAPITRE 3

Ils arrivèrent au terrain et Kuroko sortit le ballon de son sac. Il le fit rebondir machinalement sur le sol bétonné. Aomine se plaça alors face à lui en opposition, les bras levés, le surplombant de sa hauteur. Le soleil était haut dans le ciel à présent et Aomine, placé entre l'astre et Kuroko, semblait auréolé de sa lumière. Kuroko fut ébloui et alors qu'il plissait les yeux pour adapter sa vue à cette vision, Aomine avait déjà récupéré la balle et s'élançait vers le panier dans lequel il marqua d'un lay-up. « Trop fort » pensa Kuroko. Cela faisait longtemps maintenant qu'il connaissait Aomine. Mais il avait l'impression qu'il ne se lasserait jamais d'admirer ce mélange de grâce et de puissance qui se dégageait de chacun de ses gestes sur un terrain de basket.

« Ce n'était qu'un échauffement ! cria alors Momoi qui avait récupéré la balle. Tetsu-kun à toi ! »

Elle envoya une passe puissante à Kuroko et le rejoignit en franchissant la ligne des trois points. Une nouvelle fois, Aomine se plaça face à lui. Momoi s'élança alors dans la raquette et quand il estima que le timing était bon, Kuroko lui fit une passe rapide. Elle se saisit de la balle et entama son double pas pour marquer à son tour un lay-up. Mais c'était sans compter sur Aomine qui l'avait déjà rattrapée et s'apprêtait à la contrer. Elle changea alors ses plans et fit la passe à Kuroko en lui criant de shooter. Il s'exécuta mais son tir se heurta à l'arceau et Aomine n'eut aucun mal à récupérer le rebond. Il ressortit de la zone et dribbla derrière la ligne en regardant ses amis avec un air de défi.

Momoi s'approcha d'un air décidé et se plaça en opposition. Mais Aomine, avec une rapidité fulgurante, l'effaça puis fit de même avec Kuroko qui s'était avancé avant de conclure son action par un dunk, qui franchit l'arceau dans un bruit retentissant.

« Depuis que tu arrives à dunker, c'est vraiment plus du jeu, soupira Momoi avec dépit.

- Tu es vraiment incroyable Aomine-kun, ajoute Kuroko. J'ai l'impression que tu sautes encore plus haut qu'avant les vacances. C'est comme si ta progression n'avait pas de limite. »

Aomine sourit. Il pouvait lire l'admiration dans les yeux de Kuroko et cela le grisait. Oui, il deviendrait fort, plus fort que n'importe qui et ainsi Kuroko resterait toujours auprès de lui. Il en était persuadé : plus sa lumière grandirait et plus leur lien s'intensifierait.

Momoi récupéra alors le ballon laissé à terre et s'éloigna au-delà de la ligne des trois points. Elle déclara d'un air décidé :

« Mais ta force ne peut que nous pousser à devenir meilleurs nous aussi. »

Elle s'élança alors vers Aomine d'un pas décidé. Il sourit, excité à l'idée de relever ce défi. Finalement, au moment où elle lançait sa feinte pour contourner son adversaire, elle fit une rapide passe à Kuroko qui la toucha à peine pour la lui renvoyer immédiatement. Elle s'empara de la balle et s'élançant, plaça un lay-up au fond du panier.

« Bravo Momoi-san ! s'exclama Kuroko en s'avançant vers elle la main levée. »

Elle tapa vigoureusement dedans en regardant Kuroko dans les yeux. L'admiration qu'il ressentait pour elle à ce moment, mais aussi la connexion qui avait eu lieu entre eux, sans qu'il y ait eu besoin de se dire le moindre mot, la rendaient étrangement molle. Elle adorait lire cela dans les yeux de Kuroko. Bien sûr, son niveau en basket n'avait rien à voir avec celui d'Aomine mais elle avait bien le droit d'espérer avoir le respect de Kuroko pour son jeu elle aussi, non ?

« Faites pas trop les malins, c'étaient les seuls points que vous marquerez aujourd'hui » dit Aomine en s'éloignant à son tour.

Depuis quand, y avait-il une telle connexion entre eux deux dans le jeu, se demandait-il avec une pointe de jalousie.

Momoi s'avança et se plaça en face de lui d'un air résolu. Mais il eut vite fait de la passer grâce à un dribble rapide. Il n'avait pas vu Kuroko arriver juste derrière Momoi et il le heurta violemment entraînant leur chute à tous les deux.

Aomine se retrouva couché sur Kuroko. Il avait pu amortir sa chute avec ses mains sans dégât mais il s'inquiéta pour Kuroko :

« Est-ce que ça va ? Je ne t'ai pas fait trop mal Tetsu ?

- Est-ce que tu ne me vois plus sur le terrain Aomine-kun ? » demanda Kuroko avec une pointe de tension dans la voix.

Sentir le corps brûlant et humide de Kuroko sous le sien était plus troublant qu'Aomine ne se l'avouerait jamais. Leurs jambes entrelacés, son torse contre celui de Kuroko, c'était à la fois terriblement gênant et la sensation physique la plus agréable qu'il avait jamais ressentie. Bien sûr, il fallait se relever à présent mais Aomine n'était pas si pressé que ça finalement. Il écarta alors de ses doigts une mèche de cheveux que la sueur avait collé sur le front de Kuroko et lui dit dans un murmure :

« Je te vois Tetsu, je te vois très bien. »

Puis comme troublé par les mots et les gestes qu'il avait eus, il détourna le regard d'un air gêné et se redressa vivement, tendant la main à Kuroko pour l'aider à se relever à son tour. Kuroko saisit cette main et se leva, un peu sonné. Était-ce à cause de la violence du choc ou des mots d'Aomine et de l'empreinte de son corps sur le sien ? Il n'aurait su le dire.

Il s'assit sur un banc pour récupérer et ouvrit une bouteille d'eau pour boire. Il avait terriblement soif et son avidité couplée à sa maladresse, firent qu'ils laissa couler de l'eau sur son menton alors qu'il buvait.

Momoi et Aomine le regardaient tous deux. Sentant leurs yeux posés sur lui, il leur dit :

« Je vais bien, ne vous inquiétez pas. »

Tous deux détournèrent alors les yeux d'un air gêné, puis leurs regards se croisèrent et Momoi déclara avec vigueur :

« Maintenant c'est toi contre moi Aomine-kun ! Et tu peux être sûr que je ne te laisserai pas me battre sans rien faire. »

Aomine ramassa le ballon et Momoi se plaça devant lui les dents serrées. Il s'élança et la passa d'un dribble rapide.

« Tu ne vas t'en tirer comme ça » cria-t-elle.

Elle se jeta alors sur son dos, serrant son cou entre ses bras et s'agrippant à ses hanches avec ses jambes. Aomine était neutralisé.

« Je te signale qu'il y a faute Satsuki.

- Eh oui Dai-chan, qu'est-ce que tu veux, dans certaines situations, tous les coups sont permis. »

Aomine lâcha le ballon et se mit à rire. Il saisit fermement les cuisses de Momoi et en tournant rapidement sur lui-même essaya de la déstabiliser. Cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas laissé aller au point de l'appeler ainsi. Et cela le rendait étonnamment heureux.

Elle éclata de rire à son tour. Depuis qu'ils avaient grandi, elle avait cessé de le tenir par la main, de l'étreindre comme elle le faisait innocemment quand ils étaient enfants. Peut-être parce qu'elle avait conscience que ces contacts physiques pouvaient être mal interprétés par les autres et peut-être aussi parce que même pour elle, ces gestes n'étaient plus aussi innocents.

Il finit par la reposer à terre :

« C'est bon, je suis vaincu. J'accepte ma défaite ! »

Il s'approcha alors du banc et prit la bouteille des mains de Kuroko avant de boire goulûment dedans.

« Eh mais c'est ma bouteille Aomine-Kun… » objecta mollement Kuroko.

Il se tut et regarda Aomine, son corps brûlant et frémissant sous la caresse désormais violente du soleil. Il agissait toujours comme si le monde entier lui appartenait. Et au fond de lui, Kuroko devait admettre que lui aussi avait l'impression d'être à lui. Il fut tiré de sa rêverie par une voix :

« Eh les gosses, vous nous laissez la place maintenant ? »

Cinq jeunes hommes, certainement des lycéens, avait pénétré sur le terrain.