Voilà donc le dernier chapitre !

Je voulais vraiment te remercier Shadow pour tout ce que tu as pu me dire. Ça m'a vraiment touchée. Et savoir que quelqu'un apprécie ce que l'on fait, ça donne vraiment un sens à tout ça. Merci infiniment !

Je ne sais pas trop si je traiterai de la dégradation de leur amitié plus tard dans une autre histoire, c'est vraiment trop la déprime ! Mais ce n'est pas exclu !

CHAPITRE 7

Le train était bondé ce soir là et alors que les jeunes gens circulaient dans les couloirs à la recherche de places, Aomine trouva finalement des sièges libres et fit signe à Kuroko et Momoi de le rejoindre. Au moment où Kuroko arrivait à son niveau, un homme s'avança dans le couloir en sens inverse. Aomine, déjà installé sur une place vide, le tira par le bras pour l'attirer à côté de lui. Déséquilibré, il bascula, son dos heurtant le torse d'Aomine. Il entendit alors la voix d'Aomine chuchoter dans son oreille :

« Je te tiens Tetsu. »

Kuroko se sentit rougir mais n'esquissa pas un geste pour se redresser et s'installer sur son propre siège. La tête de Momoi surgit soudain de l'appui tête posé devant lui :

« Non ! Je voulais être à côté de Tetsu-kun. C'est pas juste. »

Kuroko se redressa et lui dit avec douceur :

« La prochaine fois, je me mettrai avec toi, c'est promis.

- Eh c'est bon Tetsu n'est pas à toi, il faut partager » dit Aomine avec un sourire narquois.

Momoi lui tira alors la langue et sa tête disparut derrière le siège. Le train ne tarda pas à démarrer. La journée avait été longue et fatigante. Kuroko étendit ses jambes lasses devant lui en soupirant. Aomine regardait le paysage défiler, le menton appuyé sur sa main. Sentant le regard de Kuroko posé sur lui, il le regarda et sourit. Il y avait tant de douceur dans ce sourire que Kuroko en fut ébloui. Il sentit battre son cœur fort, trop fort dans sa poitrine. Il ferma alors les yeux, pour conserver plus longtemps cette image dans son esprit alors que le mouvement du train le berçait imperceptiblement. Kuroko se sentit s'affaisser doucement et sa tête finit sa lente course sur l'épaule d'Aomine qui ne se dégagea pas.

Kuroko sentit au contraire sa main, d'abord frôler puis toucher plus distinctement la sienne. Kuroko n'osa pas bouger de peur qu'Aomine retire finalement sa main. Mais il ne semblait pas le vouloir. Leurs auriculaires restaient bien soudés l'un à l'autre. Kuroko leva alors délicatement son petit doigt et le posa sur celui d'Aomine. Ils restèrent ainsi longuement. Kuroko sentait l'épaule musclée d'Aomine sous sa tête et la chaleur de son bras contre le sien. Il sentait son odeur, celle de sa peau et de sa sueur mais cela ne le dérangeait pas. Il en avait l'habitude pendant les matches et dans les vestiaires. Pourtant ce jour-là, cette odeur l'enivrait. Malgré sa fatigue, il ne pouvait dormir : être aussi proche d'Aomine faisait battre son cœur bien trop violemment pour cela. Il resta ainsi jusqu'à la fin du trajet qui lui parut étonnamment court.

Juste avant d'arriver à la gare, Aomine bouscula légèrement la tête de Kuroko de son épaule et dégagea sa main. Kuroko n'eut pas d'autre choix que de se redresser. Aomine le regardait avec chaleur et lâcha dans un souffle :

« Tu es vraiment trop mignon quand tu dors Tetsu. »

Il se leva alors et passa alors par dessus Kuroko. Puis il s'approcha du siège de Momoi placé devant eux. Kuroko lui emboîta le pas. Elle dormait la bouche ouverte et un léger filet de bave coulait de sa bouche.

Aomine sortit son téléphone pour immortaliser ce moment.

« Tu es méchant Aomine-kun lui fit remarquer Kuroko.

- Ça lui apprendra à se moquer sans cesse de ma tendance à m'endormir n'importe où. Je pourrai la lui montrer quand elle me prendra la tête à cause de ça. »

Entendant le bruit alentour, Momoi se réveilla doucement. Elle eut le temps de voir le téléphone d'Aomine qu'il cachait rapidement derrière son dos.

« Tu fais quoi là ? protesta-t-elle.

- Aomine-kun a pris une photo de toi pendant que tu dormais.

- Saleté, tu paieras ça » dit-elle en se levant et en cherchant à attraper son téléphone.

Aomine se contenta de lever la main en la narguant d'un sourire.

« Je vous signale que tout le monde nous regarde » dit lentement Kuroko d'un air détaché.

Puis il récupéra son sac et s'avança vers la porte du wagon alors que le train commençait à ralentir. Aomine et Momoi le rejoignirent et ils descendirent pendant que Momoi cherchait toujours à se venger d'Aomine, en le martelant de coup de poings. Kuroko les suivait et les regardait faire. Aomine et Momoi étaient vraiment familiers l'un avec l'autre. Pourrait-il un jour partager lui aussi ce niveau d'intimité avec quelqu'un ? C'est vrai aussi qu'ils étaient bruyants, tout le contraire de lui qui était si discret. Mais c'était ce qu'il aimait, cette impression d'avoir trouvé des gens différents de lui, qu'il pouvait compléter. Un peu comme l'ombre et la lumière, songeait-il alors qu'il s'amusait discrètement à rester dans l'ombre d'Aomine qui avançait devant lui, face au soleil couchant. Comme Aomine était grand, la forme lui paraissait gigantesque, démesurément allongée par rapport à lui, songea-t-il avec un pincement au cœur.

Ils arrivèrent finalement au point de leur itinéraire où leurs chemins se séparaient. Kuroko s'inclina légèrement :

« Merci de m'avoir invité Momoi-san. C'était une bonne journée.

- T'es trop bête Tetsu, arrête de la remercier pour quelque chose qu'elle a fait uniquement pour elle, le reprit Aomine.

- Et je te signale que toi aussi t'étais bien content. Tu t'es accaparé Tetsu-kun toute la journée en plus ! » protesta Momoi d'un air faussement boudeur, en croisant les bras.

Elle se retourna alors vers Kuroko et s'inclina à son tour :

« Merci d'être venu Tetsu-kun. »

Elle esquissa alors un geste de la main vers lui mais s'interrompit finalement et se contenta de lui sourire chaleureusement.

« Il reste encore quelques jours avant la reprise des cours, dit finalement Aomine. On n'a qu'à se refaire ça. »

Tous acquiescèrent. Aomine regarda Kuroko et eut une sensation étrange : c'était comme une gêne mais aussi l'impression que la journée qu'il avait vécue était un peu hors du temps, une sorte de parenthèse dans leurs existences. Mais la réalité reprenait doucement ses droits. Pourtant alors qu'il regardait son ami, éclairé par la lumière à la fois douce et incandescente du soir, il ne pouvait s'empêcher de chercher à graver cette vision dans sa mémoire, le cœur battant. Il tendit le poing vers lui. Kuroko y joignit le sien puis il s'éloigna.

Momoi regarda partir Kuroko le cœur serré. Elle avait passé une journée merveilleuse. Mais sans pouvoir se l'expliquer, elle se sentait triste. Elle soupira doucement.

« Il te fait fait vraiment craquer Tetsu, hein, dit Aomine avec douceur. »

Elle ne répondit rien et prit le bras de son ami :

« Allez viens on rentre. »

Kuroko se retourna et put voir les silhouettes de ses amis disparaître en se fondant dans la lumière du soir. Il soupira alors sans réellement comprendre lui-même si c'était de soulagement ou de regret.

Le lendemain, il plut toute la journée. Le jour suivant aussi. Tout trois regardaient le ciel avec l'espoir d'y voir briller le soleil mais il ne revint plus.

Ils ne devaient plus retourner à la plage tous les trois.

L'été était bel et bien fini.