Bonjour! Comment allez-vous? Mal? Alors continuer à lire, ça ne va pas vous aidez :3

Sinon, c'est un OS réalisé dans le cadre du défi la « Pièce de huit » sur le Forum de tous les périls. Le lien du forum est sur mon profil

Je suis un peu en retard sur la date prévue et comme je voulais vraiment participer, j'ai mis quatre heures pour l'écrire. Il est actuellement deux heures du matin et je ne l'ai pas relu. Désolé d'avance pour les fautes x) Et bonne lecture!


La brûlure lui descend dans la gorge, brûlant son œsophage, avant d'atterrir dans son estomac. Un haut le cœur le prend, secouant tout son corps et la brûlure fait sans pitié le chemin inverse jusqu'à rester coincé dans sa gorge. Une violente toux lui arrache son souffle qu'il peine à reprendre. Depuis combien de temps était-il là, à tenter désespérément de changer le mal de place?

Il calma sa respiration, qui exècra un sifflement désagréable dans le silence de la pièce. Un salon, très élégant, qui n'avait pas changé depuis le jour où la marine lui avait donné ces quartiers. Que de fierté que de recevoir le grade de vice-amiral…

Il soupire lourdement et seul le silence lui répond, creusant sa solitude. Le tintement de la bouteille contre son verre résonne désagréablement à son oreille.

- Et puis merde…

Il approche le goulot de ses lèvres et les dernières gorgées d'absinthe ont tôt fait de lui embrumer les pensées tout en ravivant la brûlure de l'alcool. Une seconde toux termine de lui arracher la gorge et déclenche une série de haut le cœur violent. Il se précipite vers les toilettes pour y déverser le contenu de son estomac, malmené depuis… aux moins plusieurs jours.

C'est la démolition de sa porte autant que celle de son crâne qui le réveilla, un temps indéterminé plus tard. Pitoyablement, il tente de bouger mais s'écrase davantage au sol avec un grognement qui ravive la douleur de sa gorge à vif.

Ses lèvres, douloureusement sèches, s'écartèrent pour laisser entrer un filet d'air dans sa bouche pâteuse. Quelque chose suivit le courant d'air jusqu'au fond de sa gorge et il se mit à tousser à nouveau, expulsant l'intrus.

Il eut l'impression que le monde se mit à tanguer et une violente nausée le prit. Un bruit assourdissant retentit à ses oreilles, amplifiant son mal de crâne. Son estomac se contracte à nouveau et tente d'expulser le poison à l'origine de son mal. Seule une bile acide et douloureuse fut expulsée.

Le monde retrouva sa stabilité et reprit contact avec la réalité. Ses repères se firent plus clairs. Il prit conscience qu'une main dans ses cheveux soutenait sa tête. Une autre était posée sur son torse, empêchant sa carcasse de tomber. Quelque chose de dur et sans chaleur appuit contre ses clavicules. Il a froid. Ses vêtements sont humides et poisseux à certain endroit. Le sol glisse sous ses genoux. Il contracta convulsivement ses mains et releva ses bras pour attraper la cuvette vers laquelle était plongé sa tête alors qu'un nouveau haut le cœur le secouait. Un soupir retentit à ses oreilles et le vacarme cessa. La prise contre sa tête et son torse s'affaiblit jusqu'à disparaître. Un instant sembla s'écouler. Un bruit de pas qui s'approche se fit entendre. Une main agrippa son épaule et l'éloigna de la cuvette. Un verre d'eau se présente devant ses yeux, étrangement menaçants.

- Bois tout.

Le verre se pressa contre ses lèvres et la fraîcheur de l'eau lava l'horrible goût envahissant sa bouche. Son estomac appréciait beaucoup moins. L'eau prit presque aussitôt le chemin inverse et éclaircit définitivement ses idées. Il toussa, cracha, reprit sa respiration et grogna en ouvrant les yeux, aveuglés par la lumière crue de la salle de bain.

Il tourna prudemment la tête, son cou protestant contre le traitement. Du blanc. Il plissa les yeux et réussit à distinguer la texture du tissu. Un manteau.

- Ne te force pas.

Sengoku… Péniblement, il tente de se relever, échouant à plusieurs reprises avant de se faire aider par l'amiral en chef de la marine. Il saisit son bras et l'aida à tenir sur ses jambes. Des étincelles dansaient violemment devant ses yeux avant de s'estomper. Le visage inquiet de son supérieur était tourné vers lui.

- Garp…

- C'- HURM!- C'est rien.

- Ça fait un mois.

Le vice-amiral grogna mais ne tenta pas de se dégager de la prise de son ami. Ses jambes le soutenaient à peine. Il baissa la tête, tentant d'affermir sa prise sur le sol. Il garda un silence choqué durant plusieurs secondes devant le spectacle pitoyable au sol. La voix de Sengoku vint aviver sa honte.

- Commence par te doucher.

Incapable de tenir sur ses jambes, il se laisse guider par Sengoku jusqu'à la douche. Il se déshabille tant bien que mal, aidé par son ami malgré sa fierté qui en prit un grand coup. Pas qu'il lui resta beaucoup de fierté…

Sengoku insistait pour qu'il s'assoit au fond de la baignoire, craignant pour son équilibre, mais Garp resta têtu. Pourtant, dès que le rideau de la douche fut tiré, il s'accroupit lentement et laissa l'eau chaude nettoyer son corps sans atteindre son esprit.

L'arrêt du jet d'eau brûlant le sortit de sa bulle de morosité. Une main tendit une serviette à une extrémité de la baignoire et il l'attrapa tant bien que mal. Il lui fallut un temps fou uniquement pour se relever mais il avait déjà la tête plus claire. Il accrocha la serviette autour de ses hanches et la maintint d'une main tout en s'appuyant contre un mur de l'autre.

Le cocon d'humidité de la baignoire le quitta et il dû affronter la fraîcheur du reste de la salle de bain. Une forte odeur de produit nettoyant lui agressait le nez. Il se débarrassa de sa serviette et enfila le peignoir mit à disposition. Le miroir au-dessus de l'évier lui renvoyait l'image d'un fantôme.

Gardant son appui sur le mur, il rejoint le salon. Les rideaux étaient hermétiquement fermés et la pièce semblait à peine éclairée. Sengoku remplissait un sac poubelle de tous les cadavres de bouteilles d'alcool qui jonchent l'appartement et Garp hallucinait devant la quantité qui s'accumulait. Il croisa le regard de son ami et baissa le sien. Un soupir fendit l'air.

- Je comprends.

Un silence lui répondit puis la voix de Garp, tenu, se fraya un chemin pour sortir.

- Comment tu… Laisse tomber.

Le vice-amiral se traîne vers le sofa et s'y effondre. Ses yeux se perdirent dans le vague. Sengoku prit place face à lui.

- Tu devrais au moins arrêter de boire, ça va te ruiner la santé.

- Ça ne va pas me tuer…

- Laisse-moi en douter.

Le regard de Garp se fixa sur le manteau de la marine de son ami. Ses yeux s'embuèrent aussitôt.

- Ce gamin… Si seulement il était devenu marine comme je lui avais demandé!

Un sanglot l'interrompit et vida ses poumons fatigués de leur air. Haletant, il reprit sa respiration et continua.

- Je… Il n'aurait pas eu à c-crever comme un chien, exécuté par un chien! Je-je ne voulais pas prendre cette décision!...

Garp baissa la tête et courba le dos, tentant d'étouffer ses sanglots de plus en plus incontrôlable. Il lui fallut plusieurs minutes pour retrouver un semblant de calme et regarder à nouveau Sengoku. Celui-ci lui rendit son regard et secoua imperceptiblement la tête.

- Je comprends.

- Non. Je dois ignorer l'homme qui a tué mon petit-fils. C'est…

- Exactement, je comprends.

Garp lui jeta un regard d'incompréhension puis son visage se voila de honte.

- Rossinante… Je… Désolé.

- Ce n'est rien, je te l'ai dit, je comprends.

- Comment fais-tu pour ne pas tuer Doflamingo à chaque fois que tu le vois?

- Je suis l'amiral en chef, Garp. Si mes actes étaient guidés par la vengeance, la marine s'effondrerait. Et je n'ai pas eu le loisir de faire mon deuil comme tu le fais.

Garp émit un grognement et s'appuya contre le dossier du sofa. Les larmes continuaient de tracer des sillons sur ses joues, soulignant à quelle point celles-ci étaient creuse et blafarde.

- Garp, ne te torture pas avec le passé. Même en donnant le meilleur à nos gamins, ce ne se passe pas toujours pour le mieux

- Je sais… Mais je n'aurais pas eu à devoir choisir. Je crois en la marine, je crois que la justice peut faire de grande chose mais…

- Ce « mais » est là raison pour laquelle tu as toujours refusé le grade d'amiral, n'est-ce pas?

- Ça ne te dégoûte pas de servir ces enflures de Dragon céleste?

- Si mais je crois en la justice absolue, tout comme toi.

Garp étouffa un rire cynique et se pencha vers l'avant, le regard brillant d'une lueur mauvaise.

- Cette justice a condamner un gosse avant sa naissance et a tuer des centaines de femme et d'enfants pour y parvenir. Je peux comprendre pourquoi Dragon a voulu créer sa justice…

- Garp…

Celui-ci garda le silence et soupira.

- Désolé. N'empêche, c'était mon fils que je croyais voir mourir en premier.

Sengoku grogna. Garp continua.

- Lui, au moins, a fait un pas dans la marine avant de changer de profession. Le massacre de Baterilla a dû le dégoûter plus que je ne le croyais.

- Et il a décidé de créer une révolution qui engendre et engendrera bien plus de victime?!

- La marine n'est pas mieux, Sengoku.

Il grogna à nouveau, agacé, puis soupira de dépit.

- Il faut quand même garder une justice dans ce monde pour le maintenir un peu en ordre.

- Je suis au moins d'accord avec toi sur ce point.

Ils soupirent en cœur.

- Je suis vraiment trop vieux pour ces conneries.

- Un autre point point sur lequel nous sommes d'accord.

Ils échangèrent un sourir fatigué et Sengoku prit un air soucieux.

- Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant?

- Je ne sais pas… Je pensais qu'en restant dans la marine, je pourrais protéger Ace et Luffy mais…

- Un criminel reste un criminel, même s' il fait partie de ta famille Garp. Tu ne peux pas l'oublier.

- Je sais. Faire une exception, c'est la porte ouverte à la corruption et la marine n'a pas besoin d'aide pour l'être. Je… Je ne t'en veux pas.

Pourtant, la voix de Garp transpirait le reproche et Sengoku ferma les yeux sous le regard détruit de son ami. Quelle monde de merde.

- Je sais, je sais… Tu n'aurais pas exécuté Ace si il n'avait pas vécu comme un pirate. Et révéler son identité n'a été qu'une manœuvre pour affirmer la position de la marine. Tuer le fils de Gold Roger… Pareil pour Luffy.

- Ça marque les esprits, effectivement. Ta famille est déjantée, on te l'a déjà dit?

- Bwahahaha! Les autres l'insultent et veulent sa mort.

Sengoku leva les yeux au ciel, désespéré par sa nonchalance. Son expression se fit plus sérieuse et il se pencha vers l'avant, ce qui capta l'attention de Garp. De nouvelles larmes allaient régulièrement rafraîchir les sillons parcourant le visage du vieil homme,

- Tu devrais prendre ta retraite. Luffy et Dragon sont encore dans la course, mieux vaut te retirer maintenant plutôt que de finir sur la potence pour avoir essayer de les protéger. Surtout que Luffy serait bien capable d'essayer de venir te sauver le cul quand même. Et même s' il réussit… Tu comptes vivre comme un fugitif?

Une chape d'abattement courba davantage les épaules du vice-amiral. Son regard se perdit dans le vide. Simplement habillé de son peignoir, il ressemblait à n'importe quelle vieil homme tourmenté. Plusieurs minutes s'écoulèrent et Sengoku s'apprêtait à insister quand Garp se mit à parler du bout des lèvres.

- Oui… Je vais prendre ma retraite. J'en ai vraiment assez de ces conneries.

Il garda un instant de silence et releva la tête pour regarder son vieil ami. Un sourire lasse étira ses lèvres.

- Tu devrais peut-être suivre ton propre conseil. Laisse la relève faire ses preuves, ce sera moins compliqué. Je crois que je vais aller la former. Ce sera une façon bien moins compliquée de guider le monde, tu ne crois pas?

Sengoku referma la bouche, surpris qu'il se laisse convaincre si facilement. Puis, l'idée de la retraite commença lentement à le séduire et il renvoya un regard songeur à son ami.

- Ce serait pas mal.

Il garda le silence puis reprit.

- Mais ça ne va pas soigner tes remords, tu le sais?

- Crois-moi, je le sais. Tout a un goût de cendre quand le feu est éteint.


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