Titre : L'une ou l'autre
Auteur : ylg/malurette
Base : Gunnerkrigg Court
Personnage(s) : court!Annie & forest!Annie
Genre : gen/charac study?
Gradation : PG / K-plus
Légalité : propriété de Tom Siddell, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.

Prompt : "hey you're me" pour LadiesBingo
Continuité/Spoil éventuel : chapitres #69-70
Note : l'original était une narration à la 2nde personne, adressée à Annie, mais FFN n'est pas d'accord avec ce format alors hop, 3ème personne banale et ennuyeuse ici et démerdez-vous pour comprendre qui chaque "elle" désigne
Nombre de mots : 700+

oOo

Annie a passé toute sa enfance dans un hôpital. Sa mère était malade, son père était médecin, et leur famille ne supportait pas d'être séparée, du coup elle a grandi entre la chambre d'hôpital de sa mère et les leçons des enfants malades. L'éducation à la maison la plus bizarre qui soit !
Sa mère s'est affaiblie de plus en plus, pourtant son amour est resté fort et stable jusqu'à la fin. Envers elle, envers son père, envers la famille qu'ils formaient tous ensemble.
Et à la fin, c'était juste elles, toutes les seules seules face à la mort. Son père était déjà en deuil longtemps avant sa mort. Il est devenu froid et distant, comme s'il avait peur de quelque chose.
Quand sa mère est morte elle a perdu son père en même temps. Il a disparu de la circulation, ayant tout réglé pour qu'elle aille suivre une scolarité dans un pensionnat. La voilà brusquement orpheline et étrangère dans un endroit étrange. Encore heureux que son enfance bizarre l'ait préparée à la bizarrerie, même d'un type différent, et à la solitude.

Elle passe plusieurs années ici, s'adaptant lentement à une nouvelle façon de vivre. Et elle se fait des amies ! elle était heureuse...
Elle a eu le temps et la prise de distance nécessaire pour en venir aux termes avec la mort de sa mère, le sort qui fut le sien, sa responsabilité ou non dedans, le ressentiment puis l'indifférence de son père, et son propre sort.
Jusqu'à ce que son père revienne. Et elle craint qu'il lui reproche encore de ne pas être elle. Mais il reste son père, sa famille, tout ce qui lui en reste désormais.
Elle a fait de son mieux pour regagner ses bonnes grâces. Couper les liens qu'elle pouvait avec la Forêt, avec l'Éther, avec les Psychopompes, jusqu'à sacrifier ses cheveux longs, renoncer au maquillage de sa mère, ce lien avec elle, cet héritage. Et la charge que Coyote lui a confiée, d'être un lien entre la Cour et la Forêt, ces deux mondes qu'elle aime tout autant? Peut-elle vraiment en négliger un en faveur de l'autre ?
Elle croyait le pouvoir. Elle l'a fait.

Et voilà que quelqu'un débarque, qui lui ressemble exactement, parle comme elle, se comporte comme elle. Ça ne peut être qu'une imposteure ! un piège tendu par la Forêt à la Cour ! mais... elle partage la même connexion envers Renard... elle est elle . Simplement, sans les faveurs de son père.
Elle est elle ... en plus libre.
Oh, la jalousie qui la saisit !
Et elle doit bien admettre... elle est elle. En plus chanceuse ? difficile à dire. Et si elle est jalouse en retour de la relation qu'elle a avec son père et pas elle ? on ne peut pas tout avoir, apparemment.
Elle est elle et elle n'est pas elle. Elle sait tout ce qu'elle sait jusqu'au jour où l'une est revenue à la Cour alors que l'autre est restée dans la Forêt. Elle ressent les mêmes choses qu'elle , toutes les choses.
Elles ont vécu la même enfance, la même jeunesse. Elle raisonne et fonctionne de la même façon qu'elle . Mais elles sont en passe de devenir des jeunes femmes et sont à même de devoir faire des choix difficiles qui affecteront leur vie et celles de leur entourage, et tout à coup la moindre différence est démultipliée. Malgré tout elle comprend toujours comment et pourquoi l'autre a fait un choix différent du sien, et de la même façon l'autre la comprend.

Elle n'est plus seule, tout à coup. Pas de la même façon qu'avec une meilleure amie, pas comme avec Kat. Alors... est-ce que c'est comme ça, d'avoir une sœur ? C'est... chouette. Et à côté, c'est inquiétant de se dire qu'il y a peut-être, du coup, une autre réalité sans Annie du tout, où aucune d'elles n'est jamais revenue, et qu'il faudrait réparer ça, mais... mais en attendant, oui, c'est chouette d'être deux et elles n'ont pas tant envie de se précipiter pour se retrouver seule à nouveau.
(Mais peut-être, si elles finissent par s'agacer mutuellement à ne plus savoir partager de façon civile le même espace de vie, les mêmes objets quotidiens, la même garde-robe et qu'elles découvrent la fameuse rivalité entre sœurs, alors là, oui... Bon. Elles verront bien.)