- Marian!

J'entends Robin crier. Que s'est- il passé?

Le brouillard se lève et je vois le visage de Robin apparaît au dessus du mien. Ce visage que j'aime tant est déformé par la peur. La peur de me perdre ...

Et alors tout s'éclaire. Je sais ce qui s'est passé. Oh mon dieu pas ça!

Je pense alors au roi. Tu me rassures. Il est à côté. Je lui ai sauvé la vie.

Tu prends mon visage entre tes mains.

Je sens le sable chaud dans mon dos. Je sens aussi le souffle du vent sur mon visage. Le soleil m'ébloui.

Et pourtant, j'ai froid. Et je ne sens plus mes jambes.

Et puis il y a cette chose enfoncée dans mon ventre. Ca fait tellement mal. Je voudrais qu'on l'enlève. Mais tu me dis que tu ne peux pas. Pourquoi? Je lève les yeux vers Djaq qui nous a rejointes. Djaq va sûrement pouvoir me guérir. Mais quand je regarde, je comprends: je vais mourir.

Il y a un moment de silence alors que je réalise. Tu me caresse les cheveux.

C'est donc là, au milieu du désert, loin de mon Angleterre, que je vais mourir.

Mais moi je ne veux pas partir. Je veux continuer à vivre, je veux t'épouser, aimer une famille et vivre dans une Angleterre de paix et de prospérité. J'avais tellement de projets ...

Ensemble je sais qu'ils ne nous restent plus beaucoup de temps à passer. Du moins dans cette vie là. Par ce que dans l'autre je ne cesserais de t'attendre et un jour nous pourrons enfin être ensemble. Ensemble pour l'éternité ...

Je te demande de continuer le combat. C'est important pour moi. Il faut que je saches ... avant de partir ... Tu me le promets. Je suis soulagée. Je sais que se sera difficile mais je sais que tu réussiras à t'en sortir.

Je ferme les yeux. Je sens mes forces m'abandonner mais j'essaye de tenir. Pour toi. Je voudrais tellement rester. J'ai peur. Pas pour moi. Mais pour toi Robin. Je sais que ma mort va te rendre très malheureux et ça ma brise le coeur. J'aurais tellement voulu te dire que j'étais désolée. Désolée de ne pas pouvoir rester avec toi et désolée car tout était de ma faute. J'avais poussée Gisborne à bout.

Je sais ce qu'il me reste à faire. Je sais ce qu'il nous reste à faire tous les deux: nous marier ...

Le roi t'appelle et te tend sa bague.

Et alors, tu commence ...

- Moi robin, je te prends Marian pour ma femme et mon épouse, pour t'avoir et te garder dès ce jour et pour toujours, pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la maladie comme dans la santé, pour t'aimer et te chérir jusqu'à ce que la mort nous sépare ...

Là, au milieu du désert, nous ne sommes plus que tous les deux. Plus rien d'autre ne compte. Je ne vois plus rien hormis ton visage que j'aime tant. Je n'entends plus rien hormis ta voix qui résonne agréablement à mes oreilles. Je ne sens plus rien hormis ton corps tout près du mien comme si nous ne faisions plus qu'un. Et autour, il n'y a plus rien. Tout est noir. Tout est silencieux.

C'est à mon tour. Je ne te quitte pas des yeux:

- Moi Marian je te prends Robin ... merveilleux, merveilleux seigneur de Locksley pour mon mari et mon époux ...

Je m'uni enfin à toi Robin, mon amour. Si tu savais comme j'avais rêvé de cet instant depuis le moment où tu m'avais demandé de t'épouser, là-bas, dans la forêt de Sherwood. Ca me semble si lointain! Bien sûr, jamais je n'aurais imaginé t'épouser dans de si terribles circonstances.

- Je promets de t'aimer et de te chérir sur la terre mais surtout dans le ciel dès ce jour et pour toujours jusqu'à ce que la mort nous sépare ...

Et alors que je prononce les mots, je revois tous les moments que nous avons vécu ensemble. Nous avons vécu tant de choses ensemble et pourtant si peu!

Nous n'avons jamais été aussi aussi proches que cet instant.

Ca y est. Nous sommes mari et femme. Je suis désormais Marian de Locksley. Et rien ni personne, pas même la mort, ne pourra changer cela. Je suis heureuse. Ca va aller ... Oui tout ira bien ...

Tu me passe la bague du roi au doigt. Non. C'est désormais ma bague de mariage, celle qui scelle notre amour.

Et enfin tu m'embrasses. Je savoure cet instant car je sais que c'est le dernier.

- Je t'aime mon époux.

- Je t'aime aussi ma femme.

Je suis fatiguée. Si fatiguée.

Il est temps d'enlever cette chose de mon ventre. Il est temps de partir. Je me saisis du pommeau de l'épée et d'un coup je tire. La douleur se répandue dans tout mon corps. Je pousse un cri. Je te sens me caresse la joue. Et puis plus rien. La douleur a disparu. Ca va mieux. Tu m'appelles. Mais je suis déjà partie. Mon dernier voyage a commencé ...