Passion

Chapitre 6


Deux jours avant.

Le soir venu, comme convenu, Catherine arriva dans la chambre d'Henri. Elle y entra et un Henri tout excité de partager son idée arriva devant elle, avec un grand sourire.

-Nos relations en ce moment sont plutôt tendues, je voulais vous proposer un voyage, vous vous souvenez du tour de France que nous avions fait plus jeunes ?

-Oui..?

-Je veux le refaire avec vous.

-Avec..Moi?

On pouvait entendre qu'elle se retenait de rire dans sa voix.

-Vous êtes ma femme après tout.

-Une femme que vous méprisez.

-Vous êtes mon adversaire de joute verbale favorite, ce n'est pas toujours désagréable de vous parler.

-Contente qu'au moins une chose chez moi vous plaise.

-Il y a pleins d'autres choses.

Il aimait des choses à propos d'elle ? Catherine décida de ne pas dériver sur ce sujet là, elle changea donc de sujet pour éviter de passer par une chemin bien trop de fois engagé mais ayant toujours la même destination : la souffrance.

-Bon, quand partons-nous, dans une semaine ?

-Demain.

-Pardon ?

-Vous avez quelques chose de prévu ?

-Non, absolument pas.

-Mh, couchez vous dans le lit.

-Non.

Henri s'approcha doucement de Catherine et mit sa main sur sa joue, elle recula.

-Qu'est-ce que vous pensez pouvoir fai..

-Réparer mes erreurs.

-Vous n'êtes qu'un idiot.

-Catherine ?

-Vous essayez juste de me mettre dans votre lit, je suis la seule femme qui ose refuser de coucher avec vous, cela touche votre ego ? Vous êtes toujours cet homme infidèle et qui ne tient pas ses promesses envers sa femme, envers celle à qui il a juré fidélité. Le pire, parce que oui, il y a pire, c'est que vous savez très bien ce qu'il m'est arrivé et vous osez encore m'inviter dans votre lit ?!

-Vous savez que c'est difficile pour moi.

Catherine rigola nerveusement.

-Vous croyez que je le vis comment moi ? Je me réveille tout les matins dans la chambre où ça s'est produit, je revois leur tête et je les sens me toucher et j'en passe sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Je vous vois coucher avec d'autres femmes, et finalement vous intéressez à moi, en tant qu'objet qu'on possède. Je n'ai même plus envie de vous voir, de vivre dans ce château en votre compagnie. Vous me dégoûtez, Henri. Si l'idée de m'aimer correctement vous serez venu à l'esprit, je n'aurai peut-être pas eu à endurer ça.

Il resta un moment silencieux face à Catherine.

-Vous ne savez pas ce que vous dites.

-Laissez tomber, vous ne changerez pas. J'ai beaucoup trop essayé de parler avec vous.

Catherine se leva de sa chaise et se dirigea vers la porte.

-Allez-y rejetez-moi, encore.

Catherine se retourna furieusement et d'une traite tout ce qui traînait sur le bureau de son mari avait été projeté au sol.

-Sei solo uno sciocco !

-Je ne suis pas un imbécile.

-Si vous l'êtes ! Si, vous n'arrêtez pas de me faire souffrir, qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?!

-Vous m'avez trompé !

-Je n'ai..

-Ne niez pas. Vous l'avez fait. Avec Richard Delacroix.

-Vous allez enfin vous débarrasser de moi hein ?

-Pourquoi ? Vous avouez cet adultère ?

-Je me sentais seule et..

-Vous vous sentiez seule, Henri rigola, donc pour vous venger de mes infidélités vous avez cou..

Des larmes commencèrent à couler sur les joues de Catherine.

-Vous ne comprenez rien de rien, vous n'étiez jamais là pour moi, donc Richard est venu me voir, nous avons discuter et.. Je me morfondais, nous avons passé la nuit ensemble, il était tellement doux et compréhensif avec ma douleur, vous me trompiez en toute impunité et je ne devais pas avoir ne serait-ce qu'un moment de douceur ? Quelle injustice. Je voulais juste ressentir quelque chose.

-Je suis désolé, Catherine. Mais vous savez que je ne fais pas dans l'exclusivité.

-M'avez vous aimé ?

-Quoi ?

-Est-ce qu'un jour dans votre foutu vie, vous m'avez vous aimé ?

-Je..

-C'est bien ce que je pensais.

-Je vous ai toujours aimé, mais vous êtes tellement..comment dire, vous savez pendant ces dix ans où nous avons tenté de concevoir un enfant. Un homme n'aime pas que sa femme se serve de lui comme d'un étalon pour engendrer sa progéniture.

-Je cherchais à sauver ma vie, pendant dix années durant je n'avais pas réussir à vous donner d'héritiers ! Combien de reines ont été répudiées ou pire, décapitées pour cela ?

-Vous m'avez envoyé tout les pires charlatans d'Europe pour que je sois plus performant, vous n'avez jamais ressenti de plaisir et ne m'avez jamais témoigné aucune tendresse.

-Donc vous avez cherché ça ailleurs.

-Oui, j'aurai préféré ne pas vouloir aller voir ailleurs, mais j'étais malheureux et Diane était là, alors..

-Je vois, nous avons donc tout les deux commit des erreurs.

-Essayons de faire la paix, je n'ai pas envie de finir ma vie comme cela.

-Je veux bien partir avec vous pour ce périple.

Il la regarda tout sourire.

-Je vais retourner dans mes appartements.

-Je n'aurai pas du vous proposer de rester ici, c'était malsain de ma part.

-Disons que c'est presque pardonné, ne vous avisez plus de me refaire ce genre de choses.

Elle sortit finalement de la chambre d'Henri et se dirigea vers la sienne.

Le lendemain allait être ou bien compliqué ou bien parfait. Elle se leva et une fois prête, elle se dirigea là où elle déjeunerait, mais aperçu Narcisse au bout du couloir, elle voulait l'éviter mais il l'avait déjà vu.

-Catherine, comment allez-vous ?

-Bien et vous ?

-Oui, j'avais pensé à vous voir dans la salle de musique plus tard..

-Uh..Je pars en..En voyage.

-Je pourrais venir avec vous, j'ai toujours aimé faire ça en carrosse.

-Vous êtes le chancelier, vous devez rester ici. Ce qui s'est passé entre nous ne se reproduira plus et mon voyage ne vous concerne pas.

-Mais Cath..

-C'est votre Majesté, au revoir Seigneur Narcisse.

Avant qu'elle ne puisse sans aller, Narcisse lui attrapa le bras et l'emmena un peu plus loin.

-Vous me jetez, c'est bon ? Je sais qu'hier vous êtes allée dans la chambre votre mari.

Elle se dégagea de son emprise et lui lança un regard noir.

-Quoi ?! Peu importe, vous et moi c'était une erreur. Nous n'aurions pas dû, vous étiez là et moi j'étais seule et désemparée et je..

-Catherine..

-Je ne sava.. Quoi ?

-Si c'était réellement une erreur, pourquoi êtes vous entrain d'argumenter ?

-Je..

Il l'a plaqua contre le mur pour que personne ne les voient et il l'embrassa, elle répondit mais se recula vite.

-Je ne peux pas. Vous avez entendu ce que j'ai dit quand Henri est venu dans ma chambre la dernière fois.

-Pourtant vous en avez envie.

-Oui. Je..Alors je veux que nous ralentissions dans ce cas. Je n'étais clairement pas prête et je ne le suis toujours pas.

-Je saurai attendre.

-Merci.

Elle lui sourit puis se retourna pour se diriger enfin vers là où elle allait pouvoir déguster ses fameuses pâtisseries. Un jeune servante arriva vers elle et lui tendit une lettre.

-Votre Altesse.