A/N : Bonjour, bonjour !

C'est moi où le dernier chapitre ne vous a pas beaucoup intéressés ? x) En tout cas, vous me l'avez pas beaucoup montré. Bref, nouvelle façon de procéder : une présentation au début de chaque chapitre/OS.

Personnages : K. Beckett, R. Castle, J. Esposito, K. Ryan, Martha Rogers, Nathalie Rhodes.

Genre : Humour, Romance.

Résumé : Kate pensait passer une journée normale et tranquille, mais c'était sans compter une certaine actrice frustrée, en mal de rôles, et planant complètement qui avait échoué devant le loft de Castle. Comment se débarrasser de cette actrice folle à lier qui comptait bien finir la construction du dernier rôle de sa carrière envolée ?

Bonne lecture !


Kate se réveilla tranquillement de son sommeil léger. Elle eut l'impression que la journée attendait simplement qu'elle ouvre les yeux pour commencer, sans mouvement brusque ni accélération brutale, juste une douce lumière qui l'accueillait.

Elle jeta un coup d'œil vers Castle qui dormait encore profondément. Elle resta quelques secondes à la regarder paisiblement. Elle savourait ces moments qui n'appartenaient qu'à eux et qui lui avaient paru si effrayants auparavant, si inespérés. Mais maintenant, elle y avait accès, elle y avait droit, alors elle profitait de pouvoir apprécier les lignes délicatement endormies de son écrivain. Un visage mi-sérieux, mi-enfantin.

C'était en fait assez amusant à regarder, ce calme qui se posait sur son visage et qui l'immobilisait dans une émotion vide des centaines de nuances qu'il prenait plaisir à afficher en permanence. Le seul autre moment où elle arrivait à le surprendre figé dans une telle expression, c'était quand il était plongé dans ses pensées. Mais c'était un certain type de pensées lequel, elle n'en était pas sûre. Elle se plaisait à imaginer que c'était la tête qu'il faisait quand il était en train d'écrire dans sa tête. Encore qu'elle pourrait sûrement y lire de la concentration, alors qu'endormi, il était seulement apaisé, ailleurs, en sécurité et en confiance auprès d'elle.

Après avoir savouré quelque peu cette situation encore fraiche et délectable, elle fut curieuse de l'heure et regarda son téléphone. Elle s'était encore réveillée avant le réveil. Elle prit soin de l'éteindre afin qu'il ne réveille pas Castle. Après tout, il s'était couché un peu plus tard qu'elle la veille au soir, car il avait besoin d'écrire.

Il avait « pris sa demi-journée » parce qu'il devait finir un chapitre. Le soir, elle était venue le rejoindre au loft, Alexis et Martha étant absentes. Il s'était interrompu pendant un temps pour passer un moment avec elle et satisfaire des besoins primordiaux (et oui, le sexe en faisait partie), puis elle était allée lire un peu (mais avait rapidement été vaincue par la fatigue) alors qu'il était allé écrire. Il l'avait surement rejointe plus tard dans la nuit. Pour cela, il méritait bien de dormir encore un peu.

Alors, elle se leva précautionneusement et alla se faire un café tout en préparant le petit-déjeuner. Elle faisait comme chez elle, il fallait dire qu'elle avait l'habitude. Déjà avant qu'ils sortent ensemble elle avait été habituée au loft à cause de quelques passages plus ou moins longs (elle se souvenait très bien de son appartement réduit en cendres…), mais maintenant il faisait plus ou moins partie de son territoire étendu, et elle aimait bien ça.

Elle aimait être à l'aise chez Castle. Ça n'avait pas toujours été le cas avec les autres hommes qu'elle avait fréquenté. Elle était plus du genre à les ramener chez elle et à les voir se débrouiller dans son environnement à elle. Quand elle allait chez eux, déjà elle n'aimait pas ça, et ensuite elle mettait trop de soin à afficher qu'elle était à l'aise et qu'elle contrôlait tout, sans finalement laisser aucune marque de son passage.

Chez Castle c'était différent. Même s'il n'y avait pas de signe flagrant que c'était différent parce qu'elle n'était pas du genre à envahir indiscrètement son espace, celui de sa fille ou de Martha, elle le ressentait en elle-même, simplement parce qu'elle y était bien. Peut-être était-ce parce qu'elle avait eu le temps de se faire à l'idée, peut-être que ses sentiments étaient différents et plus forts qu'auparavant, peut-être était-ce cet endroit qui était tout simplement accueillant et chaleureux. Au fond, c'était surement un peu de tout ça, mais elle s'en fichait pas mal. Ça lui donnait simplement l'espoir que cela puisse continuer, que ça puisse être doux et simple, tel un cocon qui ne s'effilocherait pas. Elle avait besoin de ce cocon, de cet autre point d'attache que son job. Cela faisait surement d'elle une meilleure personne, même si elle aurait de la peine à l'avouer.

Quoi qu'il en soit, elle poursuivit sa routine matinale. Café, petit-déjeuner (elle en laissa pour Castle plus tard), douche, habillage, puis il était temps de partir au poste. Elle serait un peu en avance, mais elle avait horreur d'attendre sans rien faire. Elle devait avouer que l'idée de regarder encore Rick dormir ou le réveiller était très tentante également, mais elle savait que les chances qu'elle finisse par rester au lit pendant encore un moment étaient plus grandes que celles d'arriver à l'heure pour le travail, donc elle décida de partir.

Cependant, quand elle s'aperçut de la personne qui se trouvait sur le palier de la porte, elle sut que ses projets pour la journée venaient de se compliquer. Là, juste devant l'appartement, se trouvait son clone préféré (et l'unique, fort heureusement). Elle était assise contre le mur d'en face, la tête rejetée en arrière, les yeux clos, comme si elle était lassée de la situation, ses cheveux étaient teints en brun et elle portait sa soi-disant tenue de flic-Beckett.

Kate prit soin de refermer la porte sans bruit derrière elle, avant de s'occuper de la célébrité dormant devant chez Castle. D'ailleurs, sa présence ne la rassurait guère… Et comment avait-elle fait pour rentrer ? Aucun doute, elle avait dû user de sa notoriété et de ses charmes. Aucune chance que le portier l'ait pris pour elle, n'est-ce pas ?

Elle s'accroupit et posa la main sur l'épaule de l'actrice endormie, la secouant légèrement.

« Nathalie… Nathalie, l'appela-t-elle doucement.

- Ah ! Police de New York ! cria cette dernière en se réveillant dans un sursaut. »

Kate fut tellement déstabilisée qu'elle tomba en arrière. Elle fronça les sourcils en regardant Nathalie Rhodes.

« Ah, c'est vous… souffla cette dernière, semblant presque déçue.

- C'est moi… Euh, Nathalie… Je peux savoir ce que vous faites ici ?

- Ça me paraît évident ! Il faut encore que je bosse mon rôle ! »

Le sang de Kate se glaça. Elle avait un vague souvenir… en fait, un souvenir très précis de ce que « bosser son rôle » voulait dire, et elle était convaincue que quoi qu'elle propose, ça n'allait pas lui plaire du tout. La starlette commençait à se rendormir devant le regard pétrifié de l'inspectrice.

« Hé ! Nathalie ! reprit Kate, en claquant ses doigts à côté d'elle pour qu'elle se réveille et se concentre un peu. Je voulais dire, qu'est-ce que vous faites devant chez Castle ? Et puis, comment vous êtes entrée ?

- Oh, ne faites pas l'innocente, lieutenant. Vous savez très bien ce que je fais là… Et vous, qu'est-ce que vous faites là ?

- Eh bien, je… »

Que devait-elle dire ? Qu'elle habitait ici ? Enfin, même si c'était en alternance… Qu'elle était avec Castle juste avant ?

« Vous venez chercher Castle chez lui parce qu'il ne répond pas au téléphone, c'est ça ?

- Non, en fait, j'étais avec lui… »

À sa plus grande surprise, l'actrice partit dans un fou rire. Kate était de plus en plus perplexe. Cela ne ressemblait pas au comportement de l'actrice qu'elle avait rencontré près de deux ans auparavant. Puis, soudain, elle se rappela d'une discussion qu'elle avait eu avec Castle concernant Nathalie et une cure de désintox. Peut-être qu'elle avait replongé ?

« Dites, vous avez pris quelque chose ?

- Oh, si peu ! »

Elle prendrait ça pour un oui. Donc, en résumé, elle avait une actrice droguée qui planait encore devant l'appart de son petit-ami, et elle avait l'intention d'en finir avec le rôle de Nikki. D'ailleurs, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi, parce que dans ses souvenirs, le film était tombé à l'eau… Qu'est-ce qu'elle allait faire avec ça ?

Beckett se mit à réfléchir. Elle ne pouvait pas la laisser là, dans le couloir. Et d'ailleurs, que faisait-elle dans le couloir ? Si elle voulait voir Castle, elle aurait dû toquer ! Mais elle ne l'avait pas fait… Elle lui tendait une embuscade ?... Bref.

Elle ne pouvait pas l'emmener au poste, et encore moins dans cet état, ça allait faire du bruit, attirer les médias, et elle n'aurait d'autres choix que de la faire emprisonner le temps qu'elle soit de nouveau claire.

Il ne restait donc qu'une solution — solution qui était loin de lui plaire… Il fallait qu'elle l'emmène à l'intérieur du loft, où Castle dormait. Et si Nathalie était là pour « bosser son rôle » et que ses soupçons étaient fondés, elle ne pouvait définitivement pas quitter le loft. Elle faisait confiance à Castle, mais pas à cette copie défoncée.

Néanmoins, les deux autres options n'étaient clairement pas envisageable, donc elle aida l'actrice à se relever et la fit pénétrer dans l'appartement. Cette dernière arrivait à peine à tenir debout, ou du moins ne marchait-elle pas droit. Alors, dès qu'elle put, Kate la fit basculer sur le canapé. Elle souffla et mit ses mains sur ses hanches en regardant la femme qui se rendormait entre deux mouvements hystériques.

« Wow… Je dois encore être en train de dormir, parce que je vois double. »

Kate releva la tête pour voir Castle en pyjama la regarder avec des yeux ronds. Elle le rejoignit, pensant en profiter pour faire du café leur hôte impromptue.

« Tu es parfaitement réveillé, lui dit-elle en lui soufflant un baiser sur les lèvres. Je pensais te laisser dormir.

- Me sentais seul. Alors, qu'est-ce qui se passe ?

- Nathalie était sur le palier de ta porte ce matin, donc je l'ai faite entrer.

- Nathalie ? Comme Nathalie Rhodes ?

- Mmmm…

- Qu'est-ce qu'elle fait là ? Et comment elle a réussi à entrer ?

- C'est là toute la question. »

Elle finit de faire les deux cafés. Elle en posa un devant le nez de Castle et apporta le deuxième à l'actrice qui, sentant l'odeur alléchante de la boisson, s'éveilla un peu et réussit à se redresser assez pour tenir en position assise. Elle commença à siroter le café et ses yeux s'ouvrirent un peu plus. D'ici quelques minutes, elle serait peut-être assez cohérente pour tenir une conversation. Il fallait l'espérer.

Sauf qu'à ce moment précis, Castle arriva et se positionna à côté de Kate, qui était elle-même accroupie devant l'actrice. Cette dernière le reconnut immédiatement et se mit à s'écrier :

« Vous ! Vous ! C'est de votre faute si le film a coulé !

- Moi ? Pourquoi ? demanda Castle, incrédule.

- J'ai pas pu faire Nikki correctement à cause de vous ! Vous auriez dû coucher avec moi ! Vous couchez bien avec elle ! »

Beckett se sentit presque vexée par le ton qu'elle employait. Presque. Parce qu'elle disait clairement n'importe quoi. Castle, lui, levait un sourcil, perplexe.

« Tu as oublié de me dire qu'elle était clairement défoncée, murmura-t-il à sa muse.

- Ça me paraissait assez évident. »

Ils laissèrent l'actrice vociférer à tout va sur sa carrière brisée à cause de ce film qui aurait dû être un succès et aurait redoré son blason. Ils s'éloignèrent un peu d'elle comme d'un enfant qui faisait un caprice et finalement, malgré le café, elle se rendormit.

« Bon, on fait quoi d'elle maintenant ? Je dois vraiment aller au poste…

- On a qu'à appeler Ryan. Il se fera un plaisir de faire sa baby-sitter.

- J'en suis pas si sûre… Après tout, c'est rude d'assister à la chute de nos idoles, et vu son état…

- C'est vrai… »

Un silence s'étendit sur quelques secondes, puis l'écrivain reprit la parole.

« Bon, j'imagine que c'est moi qui m'y colle ? Je vais rester ici aujourd'hui, toi tu vas au poste et tu me téléphones si on a un meurtre intéressant. »

Kate grimaça, ce qui ne passa pas inaperçu.

« Quoi ?

- Rien du tout.

- Ah non, pas rien du tout. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Mais rien, c'est juste que l'idée de te laisser avec une hystérique en puissance ne m'est pas exactement agréable. »

Il la regarda, plissant légèrement les yeux. Il n'y avait pas que ça. Il connaissait ce petit ton et ça ne pouvait vouloir dire qu'une chose.

« Me dis pas que tu es encore jalouse ?

- Je ne suis pas jalouse. Et encore moins encore. C'est juste que la dernière fois, elle t'a embrassé en pleine possession de ses moyens juste pour un rôle, alors je n'ose même pas imaginer ce qu'elle pourrait faire pour te mettre dans son lit dans l'état actuel des choses.

- Euh, rien ? Pour rappel, la dernière fois, on était pas ensemble.

- Ça ne change rien ça !

- Ça change tout, tu veux dire. Elle n'est pas si bête que ça, tu sais. Elle ne va pas s'attaquer à un homme engagé.

- Castle… Si mes souvenirs sont bons — et il me semble bien qu'ils le sont — tu t'étais remis avec ton ex-femme à l'époque, tu te souviens ? Tu crois que ta situation amoureuse l'intéressait un tant soit peu ?

- Kate, faut vraiment que tu te détendes. Je ne lui avais pas cédé la première fois, je ne vais pas lui céder maintenant. Encore moins maintenant.

- Oui, seulement parce que c'est « malsain ».

- Et ça l'est toujours. Tu vois, elle n'a aucune chance. »

Elle lui jeta un regard noir.

« … Mais c'est aussi parce que maintenant que je suis vraiment avec toi, je n'ai aucune raison de la laisser approcher à moins d'un mètre. Je veux dire, je suis avec la plus belle femme du monde, la plus merveilleuse, la plus…

- C'est bon. Arrête-toi là, s'exaspéra-t-elle. »

Secrètement, elle se réjouissait de le voir rattraper ses âneries.

« Bon, je vais y aller, décida-t-elle. Mais je te préviens, si j'ai vent de la moindre histoire de flirt, tu vas me le payer très cher. C'est bien clair ?

- Très clair, lieutenant.

- Parfait. »

Elle commença à se diriger vers la porte.

« J'ai pas le droit à un bisou ? se plaignit-il.

- Non ! »

Elle sortit et referma la porte sans un autre regard vers lui.

« Méchante », bouda-t-il, même si elle ne l'entendait pas.

Bon, maintenant il était seul. L'actrice dormait à poings fermés, il pouvait bien se préparer pour la journée…

Il se faufila sous la douche, pensant enfin se débarrasser de son manque de sommeil, même si ce n'était que momentané. Il avait passé plus de deux heures et demi sur la fin du chapitre qu'il n'avait cessé de reprendre tant elle ne lui convenait pas. Trouvant finalement un compromis avec lui-même, il était allé se coucher à presque deux heures du matin, donc autant dire qu'il n'était pas frais.

Cette petite aventure matinale l'avait bien distrait pendant un temps, mais il devait avouer qu'il ne serait pas contre une bonne sieste. Sauf qu'il ne pouvait pas faire la sieste. Nathalie était imprévisible, et Beckett le traiterait de tous les noms si elle apprenait qu'il avait commis une telle imprudence. Il n'était prêt à affronter ni l'une, ni l'autre.

Il laissa l'eau chaude lui désengourdir les traits du visage, puis quand il retourna dans sa chambre, une serviette autour de son corps, ce fut pour y retrouver le clone envahissant de sa partenaire. Il ne put s'empêcher de pousser un cri très aigu, puis il se maudit de ne pas avoir pris des vêtements avec lui dans la salle de bain. (Mais il était chez lui aussi, alors bon !) Apparemment, le café avait plus fait effet que ce qu'ils avaient pensé…

« N-Nathalie… Si vous cherchez les toilettes, je dois vous informer que vous êtes dans la mauvaise pièce », tenta-t-il désespérément avec un sourire charmeur au bout des lèvres.

Il resserra la serviette autour de sa taille et déglutit quand il vit les yeux de folle de la femme en face de lui. Il fallait à tout prix qu'il s'échappe ! N'importe quel subterfuge ferait l'affaire !

« Mais je serais ravi de vous indiquer où les trouver ! continua-t-il tout en sachant que ça ne marcherait pas.

- Vous savez très bien ce que je cherche, Jameson Rook…

- Alors, là, il y a erreur sur la personne… »

Elle commençait à s'avancer dangereusement vers lui, alors il reculait, redoutant le moment où il buterait contre un mur.

« Non… Je sais qui vous êtes, vous savez qui je suis, et ce que nous voulons tous les deux…

- Nathalie…

- Qui est cette Nathalie ? Il n'y a que vous et moi ici, et je vais vous faire passer l'envie de penser à d'autres de vos conquêtes. »

Ouh, c'était mauvais, très mauvais ! Il lui restait à peine un mètre pour être collé complètement contre le mur et elle était toujours plus proche de lui.

« C'est que je… suis avec quelqu'un. C'est dommage, hein. Une autre fois !

- Je peux vous la faire oublier. Elle n'est pas de taille face à moi… Personne ne l'est… »

Oh bon sang ! Elle se rapprochait ! Beaucoup trop !

Castle sentit le mur froid derrière son dos. Super… Une idée, vite, une idée !

Il pouvait bien tenter de l'immobiliser, mais en serviette, avec une seule main de libre, ça s'annonçait compliqué, et nul doute qu'elle profiterait de la situation. Il tenta une nouvelle fois de la raisonner, pensant gagner du temps, mais il voyait seulement ses yeux et sa bouche se rapprocher. Il fallait faire quelque chose… Vite, vite, vite !

Puis, soudain, il percuta.

« Non, non, non et non ! On coupe, voyons ! Nathalie, vous devriez connaître votre personnage maintenant ! Et vous savez très bien que Nikki ne se comporterait pas de la sorte ! Elle sait se rendre désirable, c'est une allumeuse de première, mais elle ne ferait pas un pareil rentre-dedans ! Elle est beaucoup plus subtile que ça !

- Rah ! Encore raté ! ragea l'actrice en s'éloignant. »

Castle ne put retenir un léger soupir de soulagement. Il profita du tourment de l'actrice qui se lamentait sur ses échecs succesifs pour prendre des vêtements et son portable, puis retourna s'enfermer dans la salle de bain. Là, il serait en sécurité… pour le moment…


Journée paperasse… C'était génial… Ça ne lui faisait pas du tout penser à ce qui pouvait bien se tramer dans le loft avec Castle et Nathalie. Elle n'était pas tranquille du tout. Ce n'était pas une histoire de jalousie, juste une histoire de… Nathalie Rhodes quoi ! Elle avait déjà évoqué le fait qu'elle finirait pas être son double, par lui piquer son petit-ami et la tuer dans son sommeil. C'était à cause de la frustration, bien sûr. Mais cette fois, le petit-ami en question, c'était Castle ! Ça donnait une dimension encore plus dramatique à ces vieilles affirmations…

Alors qu'elle soufflait pour la troisième fois de la matinée, Ryan et Esposito relevèrent la tête vers elle. On pourrait croire que trois soupirs, c'était assez peu, mais quand il s'agissait de Beckett, ça voulait dire beaucoup.

Le latino fit rouler son fauteuil jusqu'à sa collègue.

« Yo, Beckett. Un problème ?

- Non, aucun.

- T'es sûre ? On t'entend soupirer depuis ce matin. »

C'est là qu'elle remarqua le regard inquiet de ses deux amis la scruter. Il fallait croire qu'elle n'avait pas été très discrète. Mais elle ne pouvait définitivement pas évoquer ce qui l'énervait tant.

« Rien d'important, réaffirma-t-elle.

- D'accord… Ça a un rapport avec ton écrivain ?

- Ouais, Beckett, pourquoi Castle est pas là ? s'enquit Ryan.

- J'ai de la paperasse et il a travaillé tard hier soir. Pas besoin qu'il vienne au poste.

- Apparemment, il a changé d'avis… »

Kate fronça les sourcils et se retourna vers l'ascenseur, vers lequel les regards d'Esposito et de Ryan étaient braqués. En effet, Castle venait d'en sortir. Elle reconnaissait sa tête un peu affolée, un peu pressé mais qu'est-ce qui avait bien pu se passer ?

« Hey, bro ! le salua le latino.

- Salut, les gars, répondit Castle avec un petit sourire forcé. »

Il se retourna ensuite vers Kate qui était toujours perplexe et le questionnait des yeux.

« Tu veux un café ? » lui demanda-t-il.

Elle regarda sa tasse : elle était presque pleine, elle venait de se resservir. Ça allait faire suspect. Néanmoins, elle la prit et Castle la suivit dans la salle de repos. Pendant qu'il se faisait également un café, elle buvait le sien.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle. Et t'as fait quoi de notre… invitée ?

- Oh, je l'ai enfermée dans mon bureau.

- Tu as fait quoi ?!

- Relax. J'ai appelé ma mère, je me suis dit qu'entre actrices, elles se comprendraient, mais l'autre est complètement barge.

- Elle… Elle a tenté quelque chose ?

- Tu veux vraiment que je réponde à cette question ? »

Beckett le dévisagea, se demandant réellement si elle devait savoir ou pas. Une voix dans sa tête lui soufflait d'apprendre la vérité, une autre voix lui disait que ce n'était pas nécessaire. Elle finit donc par grogner.

« Elle n'a pas réussi de toute façon, si ?

- Non, bien sûr que non.

- Très bien, je ne veux pas savoir, sinon elle va finir avec une balle entre les deux yeux. »

Il lui sourit, à la fois fier, attendri et désolé.

« Bon, on fait quoi maintenant ? reprit-elle.

- On appelle son agent pour qu'il vienne la chercher ?

- Je pensais plus à une injonction d'éloignement… grogna-t-elle. »

Il sourit brillamment. Malgré lui, il adorait la voir dans cet état. S'ils n'étaient pas au poste, il la prendrait dans ses bras et la couvrirait de baisers pour lui prouver qu'elle n'avait aucune raison de s'en faire, et aussi parce qu'il la trouvait mignonne et qu'il ne pourrait pas s'en empêcher. Mais lieu de travail oblige, il se tint à carreau.

« Je me charge de contacter les studios pour trouver son agent et tu trouves un juge ? » plaisanta-t-il.

Il parvint à lui arracher un léger sourire.

« Oui, on a qu'à faire comme ça, tiens, soupira-t-elle, amusée.

- Ok, je t'informe dès que je l'ai. »

Il regarda autour de lui, puis, comme personne ne les regardait, déposa un furtif baiser sur son front. Elle eut d'abord la manie de se tendre à cause du lieu dans lequel ils se trouvaient, puis relâcha la pression en un léger souffle au contact de ses lèvres. Et dire qu'elle devait se contenter de ça jusqu'à ce soir… Si l'indésirable était partie, cela était ! Ils pouvaient toujours s'enfuir dans son appartement à elle… Et laisser Martha Rogers avec Nathalie Rhodes ? Nah, mauvaise idée.

Castle sortit du poste pour passer ses coups de fil, elle retourna à sa paperasse.

« Alors… qu'est-ce qu'il voulait, Castle ? demanda Esposito, dès qu'il la vit revenir.

- Rien de très sérieux.

- Allez, Beckett, c'est nous ! On sait quand quelque chose ne va pas ! insista son coéquipier.

- Les gars, je ne crois pas que ce soit vos affaires.

- Oh, un problème de couple, très bien. Qu'est-ce que ça pourrait bien être de si gênant ? Moi, je dis, il n'y a qu'une seule chose qu'un homme ne dit pas à ses potes et ça concerne… sa virilité. »

Kate leva les yeux au ciel. Comme s'ils allaient lui faire cracher le morceau avec des trucs pareils.

« Laissez sa virilité tranquille, vous voulez bien.

- On peut peut-être demander à Lanie de jeter un coup d'œil, comme elle est médecin… D'ailleurs, je suis sûr qu'elle adorerait ce genre d'informations.

- Bon, très bien, vous avez gagné, s'exaspéra-t-elle. On a juste un problème au loft. Un nuisible qui apparemment s'est faufilé dans les mauvais tiroirs.

- T'as entendu comme moi, bro ?

- C'était clair comme de l'eau de roche.

- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?

- Non, mais rien, c'est juste que vous avez un problème au loft de Castle.

- C'est pas mignon ça, papa et maman qui s'occupent de leur petit chez eux.

- Dis, à quand le mariage, Beckett ?

- La ferme, Espo ! dit-elle en lui lançant un crayon au visage. »

Ils rirent et c'est dans cette ambiance bon enfant qu'ils reprirent le travail.

Une vingtaine de minutes plus tard, Castle revenait ayant accompli sa mission. Il ouvrit la bouche pour l'annoncer à Kate, mais elle prit les devants en lui disant :

« Alors, ce dératiseur ? »

Il eut l'air confus pendant un instant, puis sentant le regard inquisiteur des gars sur lui, il comprit que Beckett avait menti pour dissimuler la présence de l'actrice chez lui.

« Malheureusement pas disponible avant demain, dit-il grimaçant.

- C'est une blague ?

- Tu crois quoi, Beckett, ils ont du boulot ces mecs-là, intervint Esposito. Ils viennent pas sur demande. »

Elle soupira. Ils allaient devoir trouver un autre moyen de se débarrasser d'elle. À ce moment-là, son téléphone personnel sonna. Elle le prit pour regarder le nom de l'appelant et fronça les sourcils.

« C'est Martha, déclara-t-elle avant de répondre. Beckett !

- Kate, bon sang ! Ça fait vingt minutes que j'essaie de joindre Richard, et ça sonne toujours occupé !

- Oui, il était, hum… occupé. »

Finement placé ça, Kate, se dit-elle mentalement.

« Peu importe, mais il faut que l'un de vous deux revienne au loft, je ne sais plus quoi faire avec votre amie moi ! »

Elle grimaça.

« On arrive tout de suite ! »

Elle prit son manteau et se dirigea à grands pas vers l'ascenseur, Castle sur ses talons.

« Mais, euh, Beckett ! se plaignirent les gars, ne comprenant rien à rien à la situation.

- Couvrez-moi ! Merci, les gars ! Je vous revaudrai ça !

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Problème de canalisation ! À plus ! »

Les portes de l'ascenseur se refermèrent et Kate souffla.

« Des fois, je trouve ta capacité à mentir déconcertante, lui avoua l'écrivain.

- Tu crois que c'est pourquoi que je te bas au poker au juste ?

- Humpf, parce que tu me distraits, bien évidemment. On sait que je suis le maître du jeu.

- Vraiment ? Mais je ne demande qu'à voir moi… »

Il fit la moue et elle esquissa un sourire moqueur.

Une fois arrivés au loft, ils avaient repris leur sérieux. Apparemment, Nathalie avait éliminé les drogues dans son organisme, mais elle était dorénavant en pleine crise de manque. Elle respirait lourdement, transpirait abondamment, et son regard hagard avait du mal à rester sur un point fixe.

« Oh, grand dieu, vous voilà ! s'exclama Martha, reconnaissante. Je ne sais pas où vous êtes allés chercher une actrice pareille. C'est quand je vois son état que je peux pleinement me remercier de n'avoir jamais touché à ce genre de choses. »

L'inspectrice ignora l'actrice de théâtre et se dirigea vers Nathalie Rhodes pour constater les dégâts. Il semblait qu'ils n'avaient plus le choix… Ils allaient devoir appeler quelqu'un à l'aide.

« Nathalie, Nathalie, vous m'entendez ? C'est Kate.

- Je suis indigne de porter l'insigne, n'est-ce pas ?

- Nathalie, vous n'êtes pas Nikki, ni moi. Vous n'êtes pas flic. C'est fini maintenant, le film n'a pas marché. Il est temps de prendre soin de vous.

- Désintox ?

- On peut commencer par ça, oui…

- Ça m'aide à rentrer dans mes personnages… Je peux enfin être eux, comme ça.

- Vous vous en sortez très bien sans. J'ai été très impressionnée de tous les détails que vous avez pu repérer et imiter à la perfection la dernière fois qu'on s'est vues. Vous êtes une actrice formidable, vous n'avez pas besoin de drogues pour ça. Ni de coucher avec Castle.

- Ah ! rit Nathalie. Ne vous inquiétez pas, Kate, je vous le laisse. C'est Nikki qui veut coucher avec Jameson, pas Nathalie. Je m'en voudrais de séparer l'écrivain de sa muse…

- Si au passage vous pourriez arrêter de tenter d'être moi ou Nikki et reprendre les films d'horreur, ça m'arrangerait, sourit-elle timidement.

- Je crois que je vais devoir mettre ma carrière en pause de toute façon… Le temps de régler… tout ça.

- Ce serait peut-être plus sage, en effet.

- Si je puis me permettre, intervint Castle, ne vous effacez pas au profit de vos personnages, Nathalie. Je mets toujours un point d'honneur à comprendre mes personnages, la preuve, je suis Beckett partout. Mais même si j'aime prétendre entrer dans sa tête, jamais je ne pourrais m'effacer au profit de Nikki, parce que le livre perdrait alors la moitié de ce qu'il est : une œuvre littéraire. Après, je ne suis pas acteur…

- Mais moi, si ! interrompit sa mère. Et laissez-moi vous dire que vous êtes sotte de croire que vous pouvez juste être un personnage ! C'est tout l'intérêt de jouer un rôle ! Le personnage est vide sans l'acteur qui lui donne forme. Au fond, un personnage, c'est bien un écrivain et l'incarnation faite par l'acteur, c'est un être unique et absolument temporel, comme un être humain. Nous ne sommes pas juste la chair, nous sommes l'âme qui éveille l'esprit du personnage !

- Mère, je pense qu'elle a compris, dit Castle en tendant de ralentir ses ardeurs lyriques.

- Oh… Oui… »

L'actrice hollywoodienne la regardait avec des yeux ronds, mais elle reprit finalement contenance et éclaira son visage transpirant d'un sourire confiant.

« Je savais que j'avais bien fait de venir, même si c'est Nikki qui m'a guidée ici ! Je vais reprendre ma cure et la prochaine fois que vous me verrez, ce sera sur le grand écran !

- On y compte bien !

- Non pas que je n'aime pas New York, mais ce n'est pas vraiment ma ville.

- Et L.A. n'est pas vraiment la mienne, répondit Kate. »

Finalement, ils purent conduire Nathalie Rhodes dans un hôtel proche où elle avait décidé de se terrer, tout en continuant à se sevrer. Elle y attendrait son agent et une nouvelle cure de désintoxication.

Ils durent partir en vitesse, un meurtre avait eu lieu, pourtant ils avaient l'impression d'avoir atteint le quota de choses à gérer pour la journée.

C'est pourquoi Kate et Rick furent soulagés quand ils rentrèrent enfin au loft. Seule Martha s'y trouvait, et elle était dans sa chambre en train de dormir. Ils étaient presque sûrs que Nathalie Rhodes ne reviendrait pas à la charge et avec un peu de chance, elle pourrait mettre ses talents au service de sa notoriété et être très occupée pour les prochaines années.

« Promets-moi que si on te propose de nouveau de faire un film sur les Nikki Heat, tu refuseras, demanda Kate, fatiguée.

- Tu plaisantes ou quoi ? Vu comment ils ont massacré le premier, je ne suis pas près de les laisser toucher à mes histoires et à mes personnages de nouveau !

- Et moi, je suis pas près de laisser une autre célébrité me suivre de partout… Un écrivain, c'est déjà beaucoup.

- Hé ! L'écrivain te rappelle qu'il ne voulait pas que l'actrice te suive et qu'il t'ait d'ordinaire très utile.

- Mmm, mmm… J'aimerais bien qu'il soit utile à me détendre après une longue journée là…

- À vos ordres, lieutenant ! »


A/N : Alors, qu'en avez-vous pensé ? Il était un peu long celui-ci, mais j'ai eu du mal à le freiner. J'espère que vous l'apprécierez quand même. En espérant que le personnage de Nathalie Rhodes était pas complètement massacré, mais vous conviendrez que c'est assez difficile de la garder telle qu'elle est dans la saison 3 au vu des informations que l'on a après.

Bref, oubliez pas de mettre des follows et des favorites pour être tenus au courant des petits OS de ce recueil et surtout, je vous recommande vivement de laisser une review. Je repasserai plus ou moins vite en fonction des reviews, parce que j'ai une autre histoire à finir autre part. Donc, à une prochaine fois !

Lion