Bonjour, me voilà de retour avec un one-shot sur Prison Break. J'ai dévoré les cinq saisons d'affilées et je n'en reviens toujours pas.

Kellerman est un de mes personnages préférés avec Mahone (je vènère l'acteur en ce moment) et je voulais absolument lui rendre hommage.

J'espère que vous aimerez. Je vous souhaite une bonne lecture et n'oubliez pas de laisser un commentaire pour me faire part de votre avis !


Paul Kellerman descendait les marches de l'escalier deux par deux, un sourire sur le visage. La réunion qui venait de s'achever avait été constructive et sa collègue l'avait encouragé à ne pas dévier des objectifs qu'il s'était fixés, les trouvant intéressants, réalistes et souhaitables pour le futur. Il arriverait à faire du monde un endroit meilleur, il se l'était juré. Et savoir que d'autres personnes partageaient sa vision lui donnait la force de continuer. Alors qu'il arrivait à la voiture qui l'attendait en bas des marches, sa collègue prit congé. Il la salua brièvement en la remerciant et allait continuer sur sa lancée quand une jeune femme se posta devant lui, le faisait stopper net.

- Vous vous souvenez de moi, Paul ?

Il la regarda droit dans les yeux, fouillant dans ses souvenirs. Même si rien ne lui venait, il sentit son cœur s'emballer sans qu'il n'arrive à savoir pourquoi. Comme si son inconscient lui criait la réponse mais que celle-ci n'avait pas encore atteint la surface. Mais la jeune femme ne lui donna pas le temps de pousser ses réflexions plus en avant.

- Je suis la veuve de Danny Hale.

Elle laissa un blanc d'une seconde à peine avant de continuer sur sa lancée, assez pour remarquer l'effroi qui avait pris place sur le visage de son vis-à-vis alors qu'il réalisait qui elle était.

- Vous vous souvenez de Danny ?

Elle était sûre que oui mais le fait qu'il essaye de rester maître de lui-même pour faire bonne figure devant les électeurs et les journalistes l'agaça.

- Bien sûr, Danny était un vrai héros.

Serrant les poings face à une réponse aussi dénuée d'émotions, elle lui cracha au visage. Alors qu'il levait une main pour se protéger et que ses gardes du corps se mettaient devant lui pour faire barrage, elle en profita pour s'éclipser en le contournant rapidement.

Un peu sonné, Paul s'efforça de sourire pour se donner contenance. Après un dernier signe de la main pour rassurer les témoins de la scène, il s'enfonça dans la voiture et ferma la porte. Une fois à l'abri dans l'espace réduit de la berline, son visage se ferma et ses traits de crispèrent. Qui essayait-il de tromper ? Il avait beau avoir essayé d'arranger les choses, de faire amende pour toutes les horreurs qu'il avait faites, jamais il ne pourrait les effacer. Danny... Comment pourrait-il l'oublier ? Il avait été son meilleur ami depuis leur première année à l'académie de police. Et il l'avait trahi, après tout ce temps. Et pour quoi ? Pour qui ?

Perdu dans ses pensées et dans ses souvenirs, il ne réalisa pas tout de suite ce qu'il se passait. La voiture venait de stopper. Il devait pourtant ne s'être passé que cinq à dix minutes pas plus. Et il n'habitait pas aussi près de son lieu de travail que ça, à son grand désarroi ainsi qu'à celui de sa femme.

- Veuillez descendre monsieur. Son chauffeur s'était à demi retourné mais pas assez pour qu'il puisse lire l'expression sur son visage.

- Que se passe-t-il, Adam ?

Il avait beau connaître le jeune chauffeur depuis quatre ans, cette situation le mettait mal à l'aise. Ça lui rappelait quand il avait été dans le fourgon de police pour être transféré et que le véhicule s'était arrêté sous un pont, loin de la foule et de tout regard indiscret. A ce moment-là aussi, il avait cru que son dernier moment était arrivé.

Se retournant complètement face au volant, le chauffeur l'agrippa fermement des mains, les doigts crispés. Il avait l'air de lutter contre lui-même.

- Je ne peux rien vous dire d'autre monsieur. S'il vous plaît, veuillez sortir de la voiture.

Sa dernière phrase n'était plus qu'un murmure. Sa gorge semblait s'être nouée et refusait d'émettre le moindre autre son. Paul comprit alors qu'il ne servait à rien de discuter. Le jeune homme avait-il été menacé ? Il porta donc son attention sur l'extérieur et essaya d'analyser les alentours. Seule une camionnette noire à quelques mètres en retrait se distinguait sur ce terrain vague abandonné. Fermant les yeux cinq secondes, il les rouvrit avec une lueur de détermination dans le regard qu'il était loin de ressentir. Calmement, il posa sa main sur la poignée de la porte et fit jouer le mécanisme jusqu'à entendre le claquement de l'ouverture. Inspirant à fond, il la fit finalement pivoter et se redressa pour sortir du véhicule. Il n'eut pas le temps de faire le moindre geste qu'un coup violent sur la tête le fit sombrer dans l'inconscience la plus totale.


Paul se réveilla en sursaut, tous ses sens en alerte. Il avait beau avoir les yeux grands ouverts, il était comme aveugle. Il essaya de bouger, éprouvant le besoin de passer ses mains sur ses yeux pour vérifier d'où venait le problème mais ses poignets étaient liés dans son dos. Il remarqua alors qu'il était en position assise et que ses pieds étaient également reliés ensemble. Agitant sa tête, il ressentit ce qu'il identifia comme étant un tissu épais recouvrir son visage de la racine de ses cheveux jusqu'au niveau du col de sa chemise, pesant sur ses épaules. Encore une fois, il voyait bien qu'il ne servait à rien de tenter de se détacher. Les liens étaient trop serrés et il ne pouvait même pas appréhender son environnement. Il s'exhorta donc au calme alors même que cela allait contre sa volonté, contre son instinct d'agent spécial, qui bien qu'il ne le fût plus depuis des années, revenait parfois dans des situations stressantes ou désespérées. Les deux éléments étaient maintenant réunis, ce qui n'était pas pour faciliter les choses. Prenant sur lui, il s'ordonna d'inspirer profondément puis d'expirer à fond. Une fois, deux fois. Jusqu'à ce que son rythme cardiaque ralentisse puis se stabilise. Une fois les bruits de son souffle se faisant de moins en moins forts et pressants, il put capter des sons extérieurs, bien que ceux-ci ne soient atténués. Il n'eut pourtant pas le temps d'essayer de les analyser qu'une main empoigna le sac qui recouvrait sa tête pour le retirer violemment. Il ne put s'empêcher de grogner, une bonne poignée de ses cheveux s'étant fait prendre dans le processus. Reprenant son souffle, il put enfin ressentir de l'air frais envahir ses poumons. Il était néanmoins toujours aveugle, un bandeau recouvrant ses yeux. Il avait au moins l'avantage de ne plus étouffer.

- Identité : Paul Kellerman. Correct ?

Cette question sortit de nulle part le prit au dépourvu et il ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Elle semblait provenir du même niveau que lui. Sans doute l'homme était-il lui aussi assis sur une chaise, face à lui.

- Correct ? Répéta la voix qui semblait perdre patience.

- Correct, parvint-il à articuler. Il dut cependant se racler la gorge, sa voix étant devenue rauque après ses exercices de respiration qui avaient asséchés sa gorge.

- Vous souvenez-vous de Danny Hale ?

Encore cette question... Instinctivement, il ferma les yeux bien que cela ne soit inutile à cause du bandeau.

- Où suis-je ?

Il n'avait aucune envie de parler de Danny. De se replonger à nouveau dans ses souvenirs douloureux. Répondre ne le ramènerait pas.

- C'est nous qui posons les questions, Paul.

Il n'était en effet pas en position de force mais sa réticence à parler était plus forte que sa raison. C'est alors qu'un détail lui revint à l'esprit, détail qu'il avait occulté plus tôt parce qu'il avait la tête ailleurs.

- Vais-je devoir me trouver un autre chauffeur ?

Pendant le trajet, il avait été tellement absorbé par ses pensées qu'il n'avait pas prêter attention au conducteur. Maintenant, sa conversation lui revenait clairement :

- "Vous m'aviez demandé d'appeler si besoin. ... Oui, je peux vous le confirmer maintenant."

Alors même celui qui était le plus proche de lui, celui qui avait été à ses côtés pendant quatre ans, n'était pas digne de confiance ? Mais après tout, que savait-il de lui ? Ils avaient déjà discuté ensemble, sur le ton de la conversation, plus pour parler du beau temps que d'autre chose, mais rien de plus. Jamais ils n'avaient parlé de leur famille, de leurs rêves ou de leurs aspirations. Jamais ils ne s'étaient rencontrés après le travail pour boire une bière ou avait passés un repas de famille chez la famille de l'autre… Il n'avait rien fait de cela. Pas depuis…

- Ne vous inquiétez pas, Paul, vous vous rendrez compte que cela ne sera pas un problème, repris la voix de l'inconnu.

Paul ne put s'empêcher de ricaner nerveusement.

- Serait-ce parce que vous prévoyez de me tuer avant que cela ne devienne justement un problème ?

Le ravisseur soupira.

- Paul… Plus vite vous répondrez à nos questions, et plus vite nous pourrons mettre fin à cette parenthèse dans nos vies.

L'ancien agent tiqua face à ces mots soigneusement choisis. Pouvait-il vraiment croire qu'il n'avait rien à craindre ? Qu'il lui suffisait de répondre pour reprendre sa vie comme si rien ne s'était passé ? Encore une fois, la même question lui revenait à l'esprit : avait-il vraiment le choix, de toute façon ?

- Bien sûr que je me souviens de Danny.

Il regrettait déjà de s'être lancé.

- De quoi vous souvenez-vous ?

- Absolument de tout.

Il avait enfoui tout ce qui concernait Daniel Hale au plus profond de sa mémoire pendant des années. Mais la rencontre avec Allison et sa situation actuelle avaient tout ramené à la surface et il sentait que ce trop-plein risquait de l'engloutir s'il ne le partageait pas. Les yeux dans le vague, il commença son histoire :

- Nous nous sommes rencontrés à l'académie de police, nous étions en première année en même temps. Des binômes ont vite été formés pour favoriser l'entraide et le travail d'équipe. Et bien sûr, nous nous sommes retrouvés ensemble. Pour être honnête, les débuts n'ont pas été faciles. Danny était quelqu'un de réservé et peu sûr de lui. Quant à moi, j'étais tout l'inverse : extraverti et arrogant. Je n'ai pas compris tout de suite. Pour moi, il n'était qu'un boulet, me ralentissant et nous empêchant de réussir mutuellement. Nous étions la risée des premières années. Je le détestais pour ça. Et je ne voyais rien, aveuglé que j'étais par le mépris. Et pourtant, il travaillait plus dur que n'importe qui. Et alors que je restais sur mes acquis, pensant que jamais il ne pourrait devenir meilleur que moi, il m'a surpassé. C'est alors qu'il a commencé à me sauver la mise et pas qu'une fois. Je me suis mis à réaliser tout le chemin qu'il avait parcouru, complètement seul. Et j'ai passé toutes les années suivantes à essayer de faire amende, de me rattraper. Je l'ai même aidé à se rapprocher d'Allison, qui allait devenir sa future femme. Nous nous complétions l'un l'autre, tant au niveau du caractère que des connaissances. A la fin de l'académie, nous étions major de la promo. Vous pouvez rire… Finalement, il semblerait que je n'ai jamais appris de mes erreurs.

La gorge de Paul s'était nouée sur cette dernière phrase qui lui laissait un goût amer. Cette époque lui semblait si lointaine. Tout était si simple, tout bien considéré. Il donnerait tout pour pouvoir revenir en arrière. Ce jour-là où tout avait basculé.

- Votre histoire ne s'arrête pas là, n'est-ce pas ?

Entendre de nouveau la voix de l'inconnu mit Paul mal à l'aise. Il avait eu l'impression d'être seul avec ses souvenirs.

- Le jour de la remise des diplômes, nous ne sommes pas passés inaperçus. Tous nous prédisaient un avenir brillant si nous restions ensembles. Et ce ne sont pas les offres de postes qui manquaient. Mais comme souvent quand nous avions des choix à faire en commun, c'est moi qui ait le plus influé sur notre décision finale. Parmi tous les représentants des différentes institutions policières et judiciaires qui voulaient nous recruter, un en particulier a retenu mon attention. Il disait que nous pourrions aider à changer le monde. Que si travaillions pour lui, nous pourrions vraiment faire la différence. Je ne voulais qu'une chose à l'époque, que mes actions aient un sens, un impact. Cela me semblait être une opportunité en or. Mais Danny n'avait pas les mêmes aspirations. Il venait de se marier avec Allison et elle attendait déjà leur premier enfant. Il voulait donc un poste stable avec des horaires fixes pour pouvoir profiter au maximum de sa famille. Alors je me suis en tête de le convaincre à tous prix. Nous n'étions bons qu'ensemble et jamais ils ne m'auraient embauché sans lui. Après tout ce que je viens de dire sur Danny et moi, vous pourriez croire que j'aurais eu plus de considération pour lui. Je ne lui ai pas menti. Je l'ai manipulé. Je lui ai fait croire que nous avions les mêmes ambitions. Il était réticent au début. Mais il était plus un ami pour moi que je ne l'ai jamais été pour lui. Alors il a fini par céder. Plus pour me faire plaisir que par réelle conviction. Je me suis détesté pour ça. Je n'arrivais plus à dormir. Mais je serais mort avant de pouvoir avouer cela à quiconque. Mais pour être honnête, les premières assignations étaient plus qu'ennuyeuses et banales pour moi. Danny se sentait néanmoins soulagé, ce que je pouvais comprendre. Pour ma part, je n'avais pas signé pour ça et je me suis juré de démissionner si ça continuait comme ça au bout d'un an. Le temps que je m'étais accordé était pratiquement écoulé quand une nouvelle cliente a fait son apparition. A vrai dire, c'est la compagnie qui l'avait approché du fait de sa popularité grandissante. N'étant plus des bleues et ayant fait nos armes, nous avons été recommandés pour devenir les hommes de main de Caroline Reynolds. Le but était simple : lui faciliter l'ascension de député à Vice-Présidente puis à Présidente. Je pouvais enfin prendre part à l'action, comprendre le rôle de la Compagnie à une plus grande échelle. Pourtant, même si je comprenais leur intérêt pour sa politique, ils n'avaient aucune vision d'ensemble. J'ai lu et appris tous ce que je pouvais sur la députée Caroline Reynolds, sur son programme, sur ses projets, même sur sa vie personnelle et sur les choix qui l'avait poussé dans cette carrière politique. Et plus j'en apprenais, plus je comprenais qu'elle et moi avions les mêmes ambitions. J'aurais fait n'importe quoi pour elle.

- Et c'est ce que vous avez fait, n'est-ce pas ? Vous avez donc tué Daniel Hale pour les beaux yeux de la Vice-Présidente et non pour la Compagnie.

Un air de dégoût passa sur le visage de Paul, vite remplacé par une colère sourde. Après tout ce qu'il avait dit, l'autre n'avait donc rien compris.

- Je n'ai jamais pensé à Caroline de cette manière ! Je l'admirais parce qu'elle voulait changer le monde, pour ses idéaux. Je n'avais pas le temps pour une aventure. Je n'arrivais déjà pas à avoir une seule relation amicale sincère alors amoureuse…

Son emportement fut néanmoins de courte durée. L'inconnu avait parlé de la mort de Danny et lui montait sur ses grands-chevaux parce qu'on avait mal interprété sa relation avec Reynolds. Pouvait-on faire plus pathétique ?

- Pour ce qui est de Danny, je n'ai honnêtement aucune excuse. J'étais en colère à cause de sa trahison et découvrir qu'il avait balancé mon nom a été la goutte d'eau. C'est du moins ce que je me répète à chaque fois que j'y pense. Mais au fond de moi, je sais qu'il ne méritait pas de mourir… Il me faisait confiance. Ce que je lui ai fait, toutes les souffrances que sa mort a causé à sa femme et à ses enfants, tout cela restera mon plus grand regret...

- Pourtant vous vous êtes racheté depuis.

Une affirmation, pas une question.

- Peut-être. Mais ça ne s'est pas fait du jour au lendemain. Après la mort de Danny, j'étais dans un sale état. C'était lui qui me gardait dans le droit chemin, il était la voix de la raison. Je me suis alors retrouvé en pilote automatique et ça n'a été qu'un mauvais jugement après l'autre. L.J. Burrows s'est retrouvé en prison alors qu'il tentait de me tuer. J'avais moi-même tué sa mère, ce qui rendait son acte d'autant plus légitime. Pourtant je n'ai rien fait. J'ai ensuite élaboré un plan pour supprimer Lincoln Burrows en permettant son transfert pour qu'il puisse voir son fils. Le convoi a été percuté et j'ai essayé de l'éliminer. Je n'ai néanmoins pas pu aller jusqu'au bout car son père l'a retrouvé à ce moment-là. Après tout, peut-être que c'était le destin. Peut-être s'était-il déjà mis en marche pour m'éviter d'alourdir le sac de regrets qui me pesaient déjà sur les épaules.

- Pourtant il y a bien quelque chose qui a dû vous faire changer d'avis ?

Un sourire triste, nostalgique, s'installa sur le visage de Paul.

- Pas quelque chose… Quelqu'un. Après l'évasion des huit de Fox River, je me suis mis en tête d'attraper Michael Scofield et Lincoln Burrows. L'agent Mahone était déjà sur leur piste, j'ai donc décidé de prendre une approche moins directe. Sara Tancredi faisait l'objet d'une enquête pour avoir laissé la porte qui leur a permis de s'échapper ouverte. J'avais l'intime conviction que Sara et Michael tenteraient de rentrer en contact l'un avec l'autre. J'ai alors fait ce que je savais faire le mieux. J'ai approché Sara et je l'ai manipulé pour qu'elle me croit être son ami, pour qu'elle me fasse confiance. Pour finir, tout cela n'a servi à rien car ma mission a changé. Je devais récupérer un objet que son père lui aurait donné avant de se faire assassiner et pour ce faire, j'ai dû bousiller ma couverture. Je me rappellerai toujours son regard blessé quand elle a découvert que je l'avais trompé à propos de mon identité. C'était le même que celui de Danny cette fameuse nuit dans cette allée. Et le parallèle de la situation m'a sauté aux yeux. J'ai manipulé et trahi Sara de la même manière que j'avais manipulé et trahi Danny. J'ai réalisé cela alors même que je l'avais laissé se noyer dans la pièce juste à côté. C'est à ce moment précis que j'ai commencé à me remettre en question, à douter. Seulement je ne saurais jamais ce qui serait sorti de mon combat intérieur. J'aurais dû savoir qu'elle n'avait pas besoin de moi pour s'en sortir. Elle a réussi à s'enfuir tout en me marquant à vie - que ce soit par rapport à la marque qu'elle a gravé sur ma peau au fer rouge ou par rapport à son caractère inébranlable qui m'a enfin ouvert les yeux. Tout s'est ensuite passé très vite : j'ai tiré sur l'agent Mahone pour aider les deux frères fugitifs, je les ai aidés à mettre la main sur Terrence Steadman puis a rentré en contact avec Sara et a récupéré la clé USB contenant des informations décisives sur Caroline Reynolds. C'est à ce moment-là qu'ils se sont débarrassé de moi. Pouvais-je vraiment les en blâmer ? J'aurais certainement fait la même chose à leur place.

Paul s'arrêta alors de parler, semblant peser le pour et le contre de sa prochaine révélation. Il n'avait parler de cela à personne. A quoi bon puisqu'il avait de toute façon échoué ?

- Il n'y avait qu'un seul moyen d'en finir avec tout cela. Je pensais qu'en l'éliminant, je serais libéré. Je me suis placé sur un lieu en hauteur, armé d'un fusil de sniper. J'avais la vue dégagée, l'angle parfait. Mais encore une fois, le destin en a voulu autrement et Michael Scofield est intervenu, ce qui m'a empêché de mener mon projet à bout. Pour être honnête, j'étais au plus bas. Je pensais n'avoir aucune échappatoire après tout ce que j'avais fait. Aucune à part une seule.

· Pourtant, encore une fois, le sort en a décidé autrement, n'est-ce pas ?

Paul ne put s'empêcher de sourire à cette remarque.

- C'est vrai. J'ai pu aider Sara à être complètement disculpée et j'ai blanchi Michael, Lincoln, Sucre, Mahone et Franklin. Pourtant je ne pense pas que la balance pourra un jour pencher de l'autre côté…

C'était une affirmation plutôt qu'une question mais le silence qui s'en suivit le mis mal à l'aise. Pourquoi était-il là finalement ? Pourquoi venait-il de raconter en détail la dernière décennie de sa vie à des inconnus ? Il entendit alors des murmures inaudibles puis un bruit de chaise et enfin un bruit de pas à ses côtés. Après quelques secondes, il sentit qu'on empoignait les liens qui retenaient ses poignets puis plus rien. Il essaya de ramener ses mains en avant et comprit alors que la corde venait d'être coupée.

- Alors c'est tout ? Je m'apitoie sur mon sort et vous me laissez partir ? C'est aussi simple que cela ?

Tout cela n'avait aucun sens. Se massant doucement ses poignets endoloris, il hésita avant de remonter ses mains au niveau du bandeau qui lui cachait toujours les yeux. Au ralentie, il l'agrippa et le tira vers le bas, évitant de grands gestes à ses épaules. Après plusieurs heures dans le noir, il fallut quelques secondes à sa vision pour se stabiliser et s'habituer de nouveau à la lumière des lampes. Pourtant, ce qu'il vit faisait encore moins de sens. Sous le choc, il mit un moment à comprendre ce qu'il voyait. Qui il voyait.

- Danny ?

Des larmes se mirent à couler sur ses joues sans qu'il ne s'en rende compte.

- Oui, Paul. C'est aussi simple que cela, lui sourit Daniel Hale.