Hello, je vous retrouve ici pour un nouveau recueil centré sur mon OTP de My Hero Academia : Le HawksDabi ! Dans ce recueil, vous trouvez plusieurs histoires différentes (parfois en plusieurs parties, parfois des OS) dans un style assez varié. Il y aura du canonique, des UA, du HawksDabi, du KeigoTouya, du fluff, de l'angst... Les personnalités des personnages seront donc assez changeantes, elles aussi, en particulier dans les UA où ils ne vivent pas les mêmes évènements que dans le manga. Je pars aussi du principe que la théorie Dabi = Touya est vraie, mais bon, vous me connaissez ;p En général, les textes répondront à un défi d'écriture. Voilà, j'espère que ça vous plaira !

Disclaimer général : Les personnages de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi

Le titre de ce recueil vient de la traduction des paroles de Rolling In The Deep d'Adele : The scars of your love they leave me breathless


Histoire : Le Serpent & Le Lion (Two-shot)

Rating : K+

Genre : Romance entre ado, fluff, XO avec Harry Potter

Défi : Ce texte a été écrit pour les 10 ans du FOF, dans le cadre du jeu AU et XO en folie. Par tirage au sort, je devais écrire un cross-over entre Harry Potter et My Hero Academia.

Résumé : Touya Todoroki, élève en cinquième année à Serpentard, ne pouvait s'empêcher d'être attiré par l'attrapeur de l'équipe de Quidditch des Gryffondor, Keigo Takami. Seulement, voilà, il n'arrivait pas à lui parler. Mais qui sait ? Peut-être que cette année était enfin la bonne...

Merci à Moira-chan pour avoir bêta ce texte et pour m'avoir bien rassurée au passage !

Je vous souhaite une bonne lecture :)


Le Serpent & Le Lion

Partie 1

Assis à l'ombre d'un grand arbre, Touya Todoroki, élève en cinquième année à Poudlard, lisait tranquillement un livre. Ou plutôt, faisait semblant de le lire. En effet, derrière les apparences, il regardait le groupe d'amis qui lui faisait face, un peu plus loin. S'il était venu s'asseoir près du lac, ce n'était donc pas pour profiter du beau temps qui revenait, mais bel et bien pour observer le jeune garçon qui se tenait à quelques mètres de lui. Keigo Takami. Keigo était l'attrapeur de l'équipe de Quidditch chez les Gryffondor. Il était si rapide qu'il n'avait jamais laissé échapper une seule fois le Vif d'or. Il détenait le record des matchs les plus courts. Sa vitesse sur un balai était, en effet, extraordinaire et donnait l'impression que sa place était véritablement dans les airs. Il fonçait toujours à toute allure sur le Vif d'or, comme si c'était une proie. Il volait avec tant d'aisance qu'il ressemblait à un rapace.

Pour toutes ces raisons, Keigo se faisait surnommer Hawks. Et bien sûr, Keigo adorait ça. Il en faisait des tonnes. Il fallait bien dire qu'il était un peu arrogant. Ce qui était un trait typique des Gryffondor, après tout. Mais ça n'empêchait pas Keigo d'avoir un tas d'amis. Il se déplaçait même rarement sans eux. Et, aujourd'hui encore, il rigolait et parlait avec cinq autres Gryffondor, tous membres de l'équipe de Quidditch. Leur groupe semblait uni. Ils avaient l'air de bien s'amuser. Bien qu'il ne soit pas très social, au fond de lui, Touya aurait aimé pouvoir se joindre à eux. Même s'il n'aimait pas les groupes, il voulait être proche de Keigo. Mais Touya, lui, était à Serpentard – la maison rivale. Sans parler du fait qu'il était complètement nul en sport. Il ne pouvait rester longtemps sur un balai sans être malade. Ce n'était pas de sa faute, il avait une faible constitution. Mais ça avait fait beaucoup rire ses camarades de classe, en première année, lors des cours de vol. Heureusement, c'était loin, à présent, et il n'était plus obligé de supporter ces leçons stupides.

Mais ça ne l'empêchait pas d'avoir d'autres problèmes. En effet, la cinquième année rimait avec les BUSE. Ces terribles examens le stressaient. Il savait qu'il devait travailler dur pour avoir de bons résultats. Et c'était pour ça aussi qu'il était sorti avec Le Livre des sorts et enchantements (niveau 5). Il espérait bien réviser un peu, après avoir observé l'attrapeur des Gryffondor. Mais c'était foutu, il le savait déjà. Il n'arrivait pas du tout à penser aux études. Il ne voyait que Keigo. Il était si proche et, à la fois, si loin de lui. Si seulement Touya avait pu être dans une autre maison... Il aurait sûrement pu alors s'approcher de lui. Mais c'était bien connu, les Gryffondor et les Serpentard ne se parlaient jamais de manière amicale. Ah, les Serpentard... Touya aimait sa maison. Enfin, il avait fini par s'y faire. Mais ça ne l'empêchait pas de se sentir encore comme le mouton noir de la famille. Après tout, son père et sa mère avaient tous les deux fait leur scolarité à Gryffondor. Fuyumi, elle, était à Serdaigle et Natsuo venait d'entrer à Poufsouffle. Et nul doute que Shoto, son jeune frère, irait à Gryffondor, lui aussi. Au fond, il n'y avait que lui, l'affreux petit canard, qui avait atterri chez les Serpentard. Une maison à la réputation détestable.

Dire que son propre père était l'un des meilleurs aurors du pays. Touya aurait aimé lui ressembler. Mais sa magie était loin d'être impressionnante. Sans parler de sa mentalité. Son père le jugeait trop fainéant et trop sournois pour arriver à quoi que ce soit de correct. Touya aurait voulu montrer qu'il pouvait être différent. Mais son père ne lui avait jamais accordé la moindre chance. Et peut-être qu'il avait raison, dans le fond... La preuve, la seule fois où Keigo était venu lui parler, Touya avait tout fichu par terre.

Ah... Touya n'aimait pas penser à son père et à Keigo en même temps. Parce qu'il savait que ce dernier était fan de la carrière de son père. Touya l'avait même déjà vu discuter plusieurs fois avec sa jeune sœur, Fuyumi. Le pire, c'était qu'ils avaient l'air de s'entendre un peu trop bien, ces deux-là. Le ventre de Touya ne cessait de se tordre lorsqu'il pensait à l'éventualité que sa sœur sorte avec Keigo. Oh non. Il ne pourrait jamais s'en remettre.

Bon d'accord, il savait qu'il était ridicule, avec son béguin stupide, pour un garçon qui n'était clairement pas pour lui. Enfin, ceci dit, il ne se trouvait, quand même, pas pire que son meilleur ami Tenko. Alors ok, Tenko avait au moins le béguin pour un autre Serpentard. Mais il avait choisi le pire. Tenko craquait pour Kai Chisaki, un Serpentard en sixième année. Touya voulait bien reconnaître que Kai était beau. Mais ça n'avait rien à voir avec Keigo. Kai était froid. Ses yeux reflétaient une lueur dangereuse. Touya était sûr qu'il était un adepte de la magie noire. Peut-être que c'était ça qui attirait Tenko après tout. Parce que Touya ne voyait pas ce qu'il avait d'autre, à part son physique avantageux. De plus, Kai se montrait toujours méprisant avec les gens qui l'entouraient. Même ceux de sa propre maison. Il donnait l'impression de n'avoir que du dégoût pour les autres, et Tenko ne semblait pas y faire exception. Alors oui, Touya estimait que son ami s'était mis dans une situation bien plus compliquée que la sienne. Mais dans tous les cas... cela n'allait pas arranger ses affaires... Il était foutu... Il ne savait même pas comment interagir avec Keigo.

Et ce ne serait pas aujourd'hui qu'il y parviendrait. Tandis que le ciel commençait à s'assombrir, Touya décida de ranger ses affaires. Puis, il remontait la pente, à contrecœur, laissant derrière lui les cris joyeux de Keigo. Son estomac grondait. Il se rendit donc dans la Grande Salle, où il retrouva Tenko, déjà à table. Il se laissa glisser à côté de lui et commença à remplir son assiette de nourriture, l'esprit ailleurs.

Tenko, lui, l'observa, tout en grattant son cou.

« Laisse-moi deviner, t'es encore allé le mater.

—Chut ! s'agaça Touya. Tu ne veux pas non plus que toute l'école soit au courant ?

—Toute l'école est déjà au courant. »

Tenko étira ses lèvres en un sourire moqueur, tandis que Touya se sentit rougir.

« Il ne m'a même pas regardé, souffla-t-il au bout de quelques minutes. Il se fiche de moi.

—Est-ce qu'il sait, au moins, que tu existes ?

—On est dans la même année ! On a des cours en commun ! Comment pourrait-il l'ignorer ? »

Tenko haussa les épaules. Lui-même ne connaissait pas la moitié des élèves de cinquième chez les Serpentard, alors...

« Tu es beaucoup trop dramatique, Touya, s'agaça Tenko. Va lui parler une bonne fois pour toutes, qu'on arrête avec toutes ces conneries.

—Ah oui ? Comme toi, tu vas parler à Kai peut-être ? »

Ce fut au tour de Tenko de rougir. Il ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Il finit par grogner, par dépit.

« Je peux lui parler quand je veux ! lâcha-t-il alors.

—Oh vraiment ? se moqua Touya. Je demande à voir !

—J'y arriverai sûrement avant toi, le lâche !

—Ah oui ? Et on parie combien ? »

D'accord, c'était complètement puéril. Mais dès qu'il était question de jeux, rien n'arrêtait ces deux-là.

« Très bien, sourit Tenko d'un air mauvais. Celui qui se déclarera en premier pourra donner un gage à l'autre. On ne peut pas se défiler. Ça te convient ?

—Ça me convient. »

Bon, il ne suffit que de quelques minutes pour que Touya regrette son pari, mais c'était trop tard. Il ne pouvait pas perdre la face devant Tenko. Il finit alors son repas, tout en songeant à un plan. Tenko avait beau fanfaronner, Touya était persuadé qu'il allait avoir du mal à parler avec Kai. Ce qui lui laissait donc un peu de temps. Touya avait, au moins, un avantage sur Tenko. Contrairement à lui, il voyait Keigo toutes les semaines lors de leurs cours en commun. C'était bien plus simple de tenter une approche dans ce cadre-là, plutôt que dans leur salle commune, où Kai ne s'attardait jamais, d'ailleurs. En plus, contrairement à Kai, Keigo était quelqu'un d'ouvert et de très social. Il suffisait d'arriver à lancer la conversation et c'était quasi-assuré que Keigo lui parlerait plus longuement.

Oui. Il suffisait. Mais il était là, tout le problème. Touya n'avait jamais réussi à trouver la bonne approche avec lui. À chaque fois que l'occasion se présentait, il se renfermait et se montrait très froid. Le pire, ça avait été en troisième année. Keigo lui avait adressé la parole, dans la cour de récréation, pour savoir ce qu'il lisait. Et Touya... lui avait répondu sèchement que ça ne le regardait pas. Keigo avait été surpris par son ton et l'avait laissé tranquille... Il l'avait même si bien laissé tranquille que, deux ans plus tard, il ne lui avait toujours pas adressé la parole à nouveau. Touya s'en était terriblement voulu pour ça. Ça avait été plus fort que lui, comme un mécanisme de défense. Réussir à aborder Keigo sans être froid ou sur la défensive, ça s'annonçait donc compliqué. À vrai dire, au plus il y pensait, au moins il y croyait... Ah, comme s'il allait pouvoir parler avec Keigo juste à cause d'un bête pari... Pourtant, il en rêvait. Il voulait au moins tenter de l'approcher... Réussir à passer ce cap... Mais il sentait bien qu'il n'y parviendrait pas.

Les jours qui suivirent furent donc semblables aux précédents. Touya travaillait, tout en observant Keigo de loin. Il n'osait faire aucune avancée et il se désespérait lui-même. Il était si stupide de ne même pas oser lui parler ! À ce rythme-là, Tenko pouvait se déclarer dans un an qu'il gagnerait quand même son pari...

Pourtant, la donne changea un peu lorsque mardi arriva. En effet, ce jour-là, il avait un cours de potions avec les Gryffondor. Quand ils arrivèrent dans la salle de classe, Tenko le surprit en ne se dirigeant pas vers leur place habituelle. D'un mouvement nonchalant, il s'assit juste derrière Keigo. Touya n'en revenait pas ! Tenko le regarda alors, tout en haussant les sourcils. D'accord... C'était clairement un autre défi. Bon, au moins, celui-là n'était pas trop compliqué à réaliser. Touya le rejoignit donc, un peu nerveux. Il espérait quand même que Tenko serait assez fair-play pour ne pas intervenir. Mais son attitude était quand même bizarre.

« Tu m'aides maintenant ? demanda Touya à voix basse, tout en sortant ses affaires.

—Si je veux un peu de concurrence pour notre défi, je n'ai pas le choix, répondit Tenko d'un ton moqueur. Ton cas est tellement désespéré. »

Touya n'eut pas l'occasion de lui répondre puisque le cours commença – et, de toute façon, que pouvait-il répondre ? C'était totalement vrai. Leur professeur, Shouta Aizawa, leur expliqua alors leur potion – le philtre de paix – d'une voix terne, puis les laissa travailler. Touya commença ensuite à préparer ses ingrédients, tout en observant le dos de Keigo. D'accord, l'idée de Tenko était peut-être bonne en théorie, mais là, s'il ne se lançait pas, ça ne servait surtout à rien. Tout en réfléchissant à un moyen de l'approcher, Touya pouvait l'entendre parler avec son amie, Rumi.

« Notre prochain match va tellement être génial ! s'exclama cette dernière. J'ai hâte remettre à sa place cet enfoiré de Geten. T'as vu comment il nous regarde de haut ?

—Oui, j'ai vu, rigola Keigo. C'est hilarant.

—Tu vas voir, je vais marquer plusieurs fois d'affilée. Sa tronche va se décomposer en moins de deux ! Je te jure, le mec, il croit trop qu'il est le meilleur gardien du monde, ha ha !

—On verra si tu en as le temps, je compte bien attraper le Vif d'or rapidement. »

Rumi ricana, avant de lui donner une tape amicale sur l'épaule.

« C'est tout vu, ouais. Et, au fait, c'est vrai ce qu'on raconte ? demanda-t-elle, en changeant brusquement de sujet. Il paraît que tu as un rancard avec Tensei ce weekend, à Pré-au-Lard ?

—Pff, se moqua Keigo, tu es déjà au courant, hein ? Bah, je ne sais pas encore ce que ça va donner. Mais il me plait bien, c'est vrai.

—Je le trouve bizarre, perso, mais si c'est ton style. »

Rumi sourit et Keigo rigola, à nouveau. Derrière eux, Touya les entendait à peine, tant son cœur martelait sa poitrine. Keigo avait un rancard... Ce... Ce n'était pas possible. Il ne savait pas que Keigo était attiré par quelqu'un... Pourtant, ça aurait dû être évident... Touya se sentait juste pitoyable. Enfin, au moins, ce n'était pas Fuyumi... C'était déjà ça... mais la douleur n'en restait pas moins forte.

« Il est un peu trop sérieux, avoua Keigo, mais il est gentil.

—En même temps, c'est un Serdaigle. Il est sans doute trop intello pour toi, hein ?

—Je m'en fiche de sa maison, sourit Keigo.

—Ouais, enfin, tant que ce n'est pas un Serpentard, comme Geten ! »

Ils se marrèrent tous les deux. Touya, lui, se sentit encore plus mal. Dans un mouvement d'inattention, il fit glisser son couteau sur sa paume et se blessa. Il laissa alors échapper un cri de douleur. Sa main saignait, à présent. Une large entaille déchirait sa peau. Des larmes de douleur apparurent dans le coin de ses yeux. Ça faisait mal. Merde...

Tenko lui attrapa aussitôt la main, tandis que Keigo et Rumi se tournèrent vers lui. Pour la première depuis bien longtemps, les yeux de Keigo croisèrent ceux de Touya. Ce dernier sentit son cœur rater un battement. Les yeux de Keigo étaient si beaux. Touya aurait aimé qu'ils se posent sur lui dans d'autres circonstances. Il devait avoir l'air complètement stupide, là...

Le professeur Aizawa finit par venir vers eux, attiré par le bruit, et soupira devant tant de bêtises.

« Todoroki, allez à l'infirmerie. Les autres, reprenez le cours. Allez, on se concentre ! »

Touya se sentit encore plus ridicule. Il quitta la classe, sans regarder personne, et se dirigea vers l'infirmerie. Lorsqu'il fut arrivé sur place, Chiyo Shuzenji inspecta sa blessure et vérifia qu'aucune toxine n'était entrée dans la plaie. Elle insista pour faire plusieurs tests. Selon elle, on n'était jamais trop prudent avec le cours de potions. Puis, elle la referma, grâce à la magie. Touya se sentit un peu étourdi. L'infirmière lui conseilla alors de se reposer un peu. Sa magie faisait toujours cet effet-là, il ne devait pas s'en inquiéter.

« Bien, tout est en ordre, lui dit-elle plusieurs dizaines de minutes plus tard. Tu peux retourner en classe. Tiens, un bonbon pour la route. »

Touya hocha la tête et prit le bonbon. Vu l'heure, il pouvait directement se rendre à son prochain cours de métamorphose. Mais il avait oublié toutes ses affaires. Quel idiot ! Et il ne fallait pas compter sur Tenko pour ce genre de choses. Alors, à peine après avoir quitté l'infirmerie, il se mit à courir pour aller les récupérer. Il était à mi-chemin, lorsqu'il aperçut Keigo au bout du couloir. Il se stoppa aussitôt. Mal à l'aise, il tenta de reprendre une marche plus normale. Mais Keigo venait clairement dans sa direction, tout en affichant un large sourire. Touya finit par voir qu'il transportait son sac. Il se sentit rougir.

« Eh, Touya, c'est ça ? sourit Keigo. J'ai ramassé tes affaires. Je crois que ton ami a oublié. »

Touya ne put que hocher la tête. Il récupéra maladroitement son sac lorsque Keigo le lui tendit. Leurs doigts se frôlèrent et il se sentit étrange.

« Ça va, ta main ?

—... Oui. »

Il ne savait rien répondre d'autre... Touya se maudit lui-même. Pourquoi était-il incapable de tenir une conversation avec lui ? Bon, au moins, il ne l'avait pas envoyé balader. C'était le plus important. Surtout, surtout, il ne devait pas se mettre sur la défensive.

« Tu as cours de quoi, maintenant ? relança, heureusement, Keigo.

—Métamorphose... Et toi ? »

Bien, au moins, il avait réussi à lui retourner la question. C'était déjà ça.

« Histoire de la magie, soupira Keigo. Ça va être d'un ennui... Je trouve ça dingue qu'on laisse un fantôme continuer à donner cours, tu ne trouves pas ?

—Euh, si. »

Touya ne savait pas pourquoi l'autre garçon continuait à lui parler. Il n'en revenait pas. Son cœur battait si fort qu'il avait peur que Keigo puisse l'entendre.

« Dis, tu ne serais pas le frère de Fuyumi ? » reprit alors ce dernier.

Ah. D'accord. Il avait fait le lien entre lui et sa famille... Génial...

« Si, répondit-il plus froidement.

—Oh, c'est incroyable ! C'est la première fois que j'entends parler de trois frères et sœurs qui sont dans trois maisons différentes ! En plus, ton père était à Gryffondor, non ? »

Touya n'appréciait clairement pas le sens dans lequel allait cette discussion. Il pouvait faire tous les efforts au monde, pour le coup, la froideur lui semblait justifiée.

« Oui et alors ?

—C'est un auror hyper talentueux ! s'écria Keigo, des étoiles plein les yeux. J'aimerais tant devenir comme lui. Dès que j'ai fini mes études, je fais la formation d'auror et j'espère bien me retrouver sous ses ordres. »

Touya n'eut même pas envie de lui répondre. Il sentait la colère monter en lui. Si Keigo venait lui parler uniquement à cause de son père, il préférait encore son indifférence. Sans dire un mot, il fit alors demi-tour, ignorant les paroles du Gryffondor, et se dirigea vers sa classe. Derrière lui, Keigo fut stupéfait. Mais, heureusement, il n'essaya pas de le rattraper et finit par partir rejoindre son propre cours.

Touya était énervé. Il ne supportait pas qu'on vienne lui parler juste parce qu'il était le fils d'Enji Todoroki. Ça arrivait sans cesse... D'accord, son père était un sorcier très important. Il le savait, merci bien ! Mais tous ces fanboys du dimanche n'avaient aucune idée de la façon dont il le traitait. Enji n'avait rien d'un père héroïque. Vu que Touya n'avait pas une aisance naturelle avec la magie, il l'avait mis de côté. Purement et simplement. Enji ne s'intéressait pas à ses enfants faibles. Tout ce qu'il voulait, c'était former le prochain grand auror. Un sorcier si puissant qu'il parviendrait même à surpasser la popularité de Toshinori. Toshinori avait été un auror exceptionnel, en son temps. Il avait arrêté tous les mages noirs avant qu'ils ne commettent trop de dégâts et le pays s'était toujours senti en sécurité avec lui. Avec quelqu'un comme lui à la tête des aurors, il y avait peu de risque qu'un terrible mage noir sévisse à nouveau, comme ça avait pu être le cas un siècle plus tôt. Personne n'avait oublié l'ascension du terrible Lord Voldemort. Le récit du combat, qui s'était déroulé ici même, faisait l'objet de plusieurs cours d'histoire. Ça avait été si violent que tout le pays s'était dit : plus jamais ça.

Plus de cent ans s'étaient écoulés depuis lors. Et de nombreux aurors avaient brillé. Avec Harry Potter à leur tête, c'était devenu le métier à la mode. Même lorsque le Sauveur avait fini par s'éteindre, sa popularité, elle, n'avait pas faibli. Les aurors populaires avaient continué à se succéder. Jusqu'à l'arrivée de Toshinori, qui les avait tous éclipsés. Désormais, Toshinori était à la retraite. Il avait pris un sale coup face à un grand mage noir. Il avait gagné, bien entendu, le mage noir se trouvait à Azkaban désormais. Mais Toshinori ne pouvait plus exercer la magie comme avant. Et c'était donc Enji Todoroki qui était devenu chef des aurors. Enji était beaucoup moins populaire que Toshinori et beaucoup de gens critiquaient son caractère un peu trop brusque. Mais il avait quand même des fans. Et Touya détestait les rencontrer.

Pourquoi fallait-il que Keigo en soit un ? Et pourquoi Keigo ne pouvait-il pas le remarquer sans ça ? Touya était-il à ce point insignifiant ? Cette rencontre, qui aurait dû le remplir de joie, le déprimait. Il était clair que Keigo n'était pas quelqu'un pour lui. Ça avait toujours été évident, à vrai dire. Alors pourquoi s'obstinait-il ? Il était ridicule... D'autant plus que Keigo avait un rancard lors de la prochaine sortie à Pré-au-Lard... Touya était vraiment pathétique d'espérer encore quoi que ce soit de sa part.

Dépité, il finit par rejoindre le cours de métamorphose et arriva juste à temps. Il alla s'asseoir au fond de la classe, aux côtés de Tenko. Il s'effondra presque sur sa chaise et resta silencieux. Son ami lui jeta un drôle de regard.

« T'as pas osé lui parler ? se moqua-t-il.

—De quoi tu parles ?

—De Keigo. Je l'ai vu ramasser tes affaires. »

Tenko prenait une voix dégagée, mais Touya voyait bien qu'il était curieux, malgré tout. Il soupira.

« Il n'y a que mon père qui l'intéresse, alors... »

Il n'avait pas besoin d'en dire plus. Tenko afficha un air dégoûté sur son visage. Il savait à quel point Enji était un enfoiré de première. Et il n'avait jamais remis en cause les dires de son ami. C'était bien l'un des seuls d'ailleurs.

« Si c'est le cas, envoie le bouler. Tu trouveras d'autres mecs. De toute façon, c'est un connard de Gryffondor, alors... »

Vu comme ça... Mais Touya se sentait quand même mal. Il aurait voulu que les choses se passent autrement.

« Et toi, avec Kai ? finit-il par demander, histoire de changer de sujet.

—Je le vois ce week-end...

—Quoi ? Comment t'as réussi ?

—Silence M. Todoroki ! le coupa le professeur Kayama. On est dans une salle de classe ici, pas dans un zoo. »

Touya fit la moue et sortit son manuel de classe. Il commença à faire les exercices enseignés, l'esprit ailleurs. Heureusement, le cours passa rapidement. Ils retournèrent dans la salle commune après ça. Touya s'installa auprès de Tenko.

« Alors, raconte-moi.

—Il n'y a rien à dire, marmonna Tenko. Je l'ai croisé, je lui ai demandé si on pouvait se voir et voilà... On va à Pré-au-Lard ensemble. »

Touya le regarda, avec de grands yeux. Comment c'était possible ? Tenko l'avait ensorcelé ou quoi ? Kai ne lui avait jamais parlé et là, il acceptait un rancard ? C'était louche. Plus que louche. Mais Tenko refusa de lui en dire plus. Touya laissa alors tomber.

Les jours suivants passèrent à une vitesse folle. Touya n'eut plus de contact avec Keigo et Tenko resta toujours aussi mystérieux. La sortie à Pré-au-Lard approchait, à présent. Touya déprimait un peu. Il avait toujours bien aimé ces sorties, mais vu qu'il n'avait pas beaucoup d'amis, ça ne l'enchantait pas d'y aller tout seul. Pourtant, c'était mieux ça que de rester au château. Au moins, il pourrait s'acheter quelques friandises...

Dommage que Natsuo soit trop jeune pour s'y rendre. Fuyumi lui proposa de rejoindre son groupe d'amis, mais finalement, Touya préféra refuser. Ce serait un peu la honte quand même, pour lui, de trainer avec le groupe de sa jeune sœur.

Le jour venu, il rejoignit donc les autres élèves à Pré-au-Lard. Curieux, il ne put empêcher son regard de suivre Tenko et Kai. Ils marchaient côte à côte, à quelques mètres de lui, et semblaient se parler calmement. C'était tellement étrange ! Dommage que Touya ne puisse pas entendre leur conversation.

Arrivé dans le village, Touya finit par flâner ici et là, sans réel but. Il se racheta quelques affaires et composa un grand sachet de bonbons qu'il se promit de partager avec Natsuo. Puis, alors qu'il marchait dans les ruelles, il aperçut Keigo, seul, à quelques mètres de là. Son cœur se serra aussitôt. Est-ce que son rendez-vous avec Tensei avait déjà eu lieu ? Ah... qu'importe... Keigo n'était pas pour lui, de toute façon. Il voulut bifurquer sur la droite et penser à autre chose, mais il entendit soudain son prénom.

« Eh Touya ! Attends ! »

En quelques enjambées, Keigo le rattrapa. Touya le regarda, surpris. Qu'est-ce qu'il lui voulait ?

« Tu vas bien ? demanda Keigo d'une voix douce.

—Euh oui...

—Ah, je voulais te dire pour l'autre jour, désolé si je t'ai blessé. »

Touya cligna des yeux, de plus en plus surpris.

« Rumi me le dit tout le temps, je suis trop insolent, rigola Keigo.

—Tu ne m'as pas blessé.

—Ah ? Alors pourquoi est-ce que tu es parti ?

—J'avais un cours. »

Keigo semblait plus que sceptique. À raison d'ailleurs. Touya se sentait mal à l'aise. Pourquoi fallait-il que Keigo se montre aussi gentil et vienne lui reparler ? Enfin, au moins, il n'avait pas encore mentionné son père...

« Tu ne devrais pas être avec tes amis ? demanda Touya, sur la défensive.

—Oh, je viens de quitter un ami et là je traîne un peu. Je ne sais pas où sont les autres, ha ha. C'était censé durer plus longtemps. »

Ah bon ? Est-ce qu'il parlait de Tensei ? Le cœur stupide de Touya se mit à battre plus fort. Peut-être que son rendez-vous s'était mal passé...

« On peut marcher un peu ensemble, proposa Keigo. T'as déjà été chez Zonko ? »

Touya fut pris de court. Il ne savait pas du tout quoi lui répondre. Mais Keigo n'attendit même pas d'avoir une réponse. Il le prit par le bras et l'entraîna vers le magasin. Touya n'arrivait plus à réfléchir. Il ne sentait que ses doigts sur lui.

« Ah, j'adore le printemps ! s'exclama Keigo, sans remarquer son trouble. C'est ma saison préférée ! Tu sais que c'est le meilleur moment pour voler ? Je te jure, avec ce vent et la chaleur qui revient, ça donne une sensation incroyable ! »

Touya l'écoutait, tout en étant perdu. Keigo lui parlait avec une telle facilité. C'était déconcertant. Mais sa façon d'être détendait un peu Touya. Peut-être que ce n'était pas si compliqué de parler avec lui... Le plus dur était fait, après tout. La conversation était lancée. Et aucun sujet épineux n'avait été abordé. Allez, il pouvait le faire ! Malgré la nervosité, il pouvait y arriver. C'était maintenant ou jamais... Il essaya alors de lui répondre le plus normalement possible.

« Je te crois sur parole, souffla-t-il enfin.

—Quoi... attends... Ne me dis pas que tu ne voles jamais ?

—Jamais, avoua Touya. Et je n'aime pas le Quidditch. »

Keigo le regarda avec de grands yeux, aussi choqué que si Touya s'était révélé être un partisan du régime de Lord Voldemort. Cette réaction fit sourire Touya et permit à la tension de s'envoler un peu plus. Keigo réagissait de façon si naturelle avec lui que Touya ne pouvait que se laisser aller.

« Je ne te crois pas ! C'est impossible !

—Et pourtant, répondit Touya, un peu plus à l'aise.

—Mais... comment ça se fait ? » demanda Keigo, de plus en plus abasourdi.

Touya se sentit un peu gêné. Mais sous le regard insistant de Keigo, il finit par céder.

« J'ai le vertige... »

Keigo ouvrit grand les yeux et tâcha très clairement de ne pas se moquer. Touya roula des yeux. Keigo en faisait trop. C'est bon, ce n'était qu'un sport...

« Tout le monde n'aime pas être dans les airs, sans filet de sécurité ! répliqua-t-il d'un ton blasé.

—Mais quand même, le Quidditch... »

Keigo n'en revenait toujours pas. Puis il mit son index sur son menton et sembla se plonger dans une profonde réflexion.

« Peut-être que c'est parce que tu es tout seul sur le balai.

—Je ne vois pas ce que ça change, répondit Touya, méfiant.

—Mais on pourrait essayer ! Qu'est-ce que tu en penses ?

—Qu'est-ce que j'en pense de quoi ? »

Touya avait peur de comprendre.

« Monte sur un balai avec moi. Je te promets que tout se passera bien. »

Il avait bien compris. Eh merde. Son cœur commença s'emballer dans sa poitrine. D'accord. Ok. Il fallait qu'il soit sincère avec lui, là. Bien sûr qu'il avait une folle envie de se retrouver seul avec Keigo. Il en mourait même d'envie depuis bien trop d'années. Mais. Pas. Sur. Un. Balai ! Il allait être malade. Là, c'était clair qu'il allait ruiner toutes ses chances s'il lui vomissait dessus.

« Tu laisserais un Serpentard monter sur ton balai ? se moqua-t-il, histoire de donner le change.

—Oui, si c'est toi. »

Le sourire de Keigo était rayonnant. Touya se sentit fondre. Non. C'était n'importe quoi. Pourquoi Keigo se montrait-il aussi amical envers lui ? Il ne comprenait pas ses approches, mais il savait aussi qu'il était en train de céder. Après tout, pouvait-il réellement passer à côté de sa chance ? Il inspira profondément. La réponse était, malheureusement, évidente.

« Bien. Pourquoi pas, souffla-t-il sans motivation. À l'occasion.

—Demain, si tu veux ! lui répondit aussitôt Keigo. Je m'entraîne en solo vers onze heures. Tu n'auras qu'à me retrouver sur le terrain de Quidditch ! »

Touya se crispa. Demain ? Mais pourquoi aussi vite ? Se sentant déjà malade, il ne put pourtant qu'acquiescer. Keigo sembla aux anges. D'accord... Juste pour ça, il ne regrettait pas d'avoir accepté.

Ils rentrèrent alors dans le magasin où Keigo le conseilla dans ses achats. Il était si ouvert avec lui... C'était tentant de se perdre dans cette familiarité. Mais Touya connaissait bien Keigo, à force de l'avoir observé. Il savait qu'il était comme ça avec tout le monde. Il se montrait gentil avec toutes les personnes qu'il abordait et il se comportait comme un ami avec elles à une vitesse ahurissante. C'était un côté qui l'avait toujours attiré et, en même temps, il restait lucide. Si Keigo appréciait tout le monde, c'était un peu comme s'il n'appréciait personne. Enfin, au moins, pour une fois, c'était avec lui que Keigo se montrait amical et Touya ne le repoussait pas. Il ne s'était pas montré froid, il ne s'était pas mis sur la défensive. Il avait même réussi à tenir toute une conversation avec lui ! Et c'était déjà toute une victoire, en soi.

Lorsqu'ils sortirent du magasin, plusieurs minutes plus tard, Keigo aperçut Rumi. Il lui fit signe, puis se tourna vers Touya.

« J'y vais, mais si tu veux, tu peux te joindre à nous. »

Touya hésita un instant. Rien ne lui ferait plus plaisir que de passer encore du temps avec Keigo, mais être avec tout un groupe de Gryffondor qu'il connaissait à peine... non, il ne le sentait pas. Il ne saurait pas quoi leur dire. Il savait bien qu'ils le trouveraient bizarre. Il secoua alors la tête.

« Je dois aller rejoindre un ami.

—Ok, très bien, sourit Keigo. On se voit demain alors. Onze heures sur le terrain d'entraînement ! N'oublie pas ! »

Il lui fit un signe de la main, avant de s'éloigner. Touya le regarda partir, voyant bien que ses amis lui jetaient des regards curieux. Heureusement, ils ne le regardèrent pas longuement. Touya partit ensuite dans une autre direction. Il se demandait où était Tenko, à présent. Etait-il toujours avec Kai ? Il aurait bien aimé le rejoindre...

Touya marchait lentement, pas très motivé. Pré-au-Lard était moins amusant quand on était seul, même si la solitude ne l'avait jamais beaucoup dérangé. C'était juste qu'il ne savait pas quoi faire dans ce village. Il se promena alors, ici et là. Puis, il finit par apercevoir Tenko et Kai dans un magasin. Il les observa de loin. Ils ne semblaient pas se parler beaucoup, mais Tenko avait l'air calme. Ce qui était suffisamment rare que pour être signalé. Et Kai le regardait d'un air relativement neutre, sans aucun dégoût apparent. En fait... contre toute attente, ça avait l'air de fonctionner entre eux deux. Touya supposait qu'il allait perdre son pari. Bah, qu'importe... Si Tenko parvenait à approcher Kai, il était content pour lui. En plus, Touya aurait sa chance, lui aussi, demain... s'il parvenait à retirer le balai de l'équation bien sûr... Mais dans quoi est-ce qu'il s'était encore fourré, lui ?


La journée finit par passer et, le soir même, Touya et Tenko se retrouvèrent dans le dortoir, tandis que leurs camarades profitaient de la soirée dans la salle commune.

« Alors ? sourit Touya. Comment ça s'est passé pour toi ?

—Bien, répondit simplement Tenko. Je crois que je l'intrigue.

—Vraiment ? »

Tenko hocha la tête, souriant légèrement. Il semblait un peu ailleurs. Et, l'espace d'un instant, Touya l'envia.

« Ça s'est si bien passé que ça ?

—Oui... Enfin, il est bizarre et désagréable ! Tu le connais ! Mais... oui, j'ai passé un bon moment. »

Tenko semblait gêné. Touya rigola. C'était tellement amusant de voir son ami comme ça.

« Et toi, t'as traîné où ?

—Partout et nulle part, répondit Touya d'une voix paresseuse. J'ai été acheter des bonbons pour Natsuo... Et j'ai croisé Keigo.

—C'est seulement maintenant que tu me le dis ? grogna Tenko. Et alors ? »

Touya soupira. Il savait d'avance que Tenko allait se moquer de lui. Mais peut-être... peut-être qu'il pourrait l'aider, également.

« Il m'a proposé de voler avec lui demain matin, sur son balai. »

Il tenta de garder une voix dégagée. Mais clairement, il n'était pas à l'aise. Et le regard médusé de Tenko ne l'aida en rien.

« Attends... quoi ?!

—T'as très bien entendu, grogna Touya.

—Et tu as dit oui ?! »

Touya haussa les épaules, sans même lui répondre. Comme prévu, Tenko lui envoya un regard moqueur.

« Je veux voir ça.

—Sûrement pas ! paniqua Touya. Ne viens pas ! »

Tenko rigola longuement, avant de secouer la tête.

« T'inquiète, je préfère faire la grasse mat'. Mais tu devras tout me raconter. Surtout si tu vomis.

—Merci de ton soutien. »

Evidemment. Qu'est-ce qu'il avait imaginé ? Tenko ne l'aiderait jamais. Il préférait se moquer de lui ! Mais lui aussi pensait qu'il allait vomir. Ah, c'était mauvais... très mauvais... Il allait se planter en beauté. Peut-être qu'il vaudrait mieux annuler. Il pouvait survivre à l'indifférence de Keigo, mais pas à ses moqueries ou, pire, son dégoût. Pourquoi avait-il accepté ? Il se sentait complètement stupide.

« Eh, ça va, souffla Tenko. Ne te mets pas dans un état pareil, sinon c'est maintenant que tu vas vomir. Et je préférerais éviter ça. »

Tenko avait l'air ennuyé. Mais Touya pouvait voir au-delà de son ton qu'il s'inquiétait vraiment pour lui. Touya soupira. Ce qu'il pouvait être bête ! Ce n'était qu'un bête rendez-vous, après tout ! Non, ce n'était même pas un rendez-vous. Keigo avait juste voulu se montrer gentil avec lui, comme il l'aurait fait avec n'importe qui d'autre. Il y avait une chance sur deux pour que Keigo ait oublié cette proposition, déjà. Touya sentit son estomac se nouer. Il ne supporterait pas de voir Keigo surpris, demain... Mais pourquoi avait-il dit oui ? Stupide cœur ! Touya s'exaspérait lui-même.

Agacé contre lui-même, il finit par souhaiter bonne nuit à Tenko et ferma les rideaux de son lit à baldaquin. Tracassé par les événements à venir, Touya mit un temps fou à s'endormir. Et lorsque le sommeil, clément, l'emporta enfin, sa nuit fut parsemée de cauchemars et de chute dans le vide...

Le lendemain arriva, malgré tout, trop tôt à son goût. Lorsque Touya se réveilla en sursaut aux alentours de dix heures, l'angoisse le saisit aussitôt. Il se sentit, à nouveau, complètement ridicule. Pourtant, il se força à se lever et alla s'apprêter dans le plus grand silence, pour ne pas réveiller Tenko. Il descendit ensuite jusqu'au hall d'entrée et évita sciemment la Grande Salle. Il ne faisait pas confiance à son estomac pour oser manger quoi que ce soit ce matin. Les jambes lourdes, il sortit dans le parc et marcha jusqu'au terrain d'entraînement. L'angoisse montait en lui, de plus en plus. Et si Keigo s'était juste moqué de lui ? Et si toute l'équipe de Gryffondor attendait, planquée dans un coin ? D'accord, ça n'aurait aucun sens, mais c'était quand même possible ! Touya se sentait si mal. Il avait foiré. Il n'aurait jamais dû dire oui. Et pourtant, il continuait de marcher jusqu'au terrain.

Une fois sur place, ce ne fut pas difficile de repérer Keigo. Il était déjà dans les airs, volant comme s'il n'avait aucun support. Touya l'admira, un instant. Il était si beau lorsqu'il volait. Il inspirait la liberté. Et Touya ne pouvait que l'envier. Il aurait pu l'observer comme ça un long moment, mais dès que Keigo s'aperçut de sa présence, il redescendit au sol et s'avança vers lui, avec un large sourire. Ok. Au moins, il n'avait pas l'air de l'avoir oublié.

« Salut Touya ! Je suis super content que tu sois là, j'avais peur que tu ne viennes pas. »

Il rigola doucement. L'estomac de Touya, lui, avait déjà du mal à tenir en place. Génial.

« Tu peux continuer à t'entraîner si tu veux, dit-il alors d'une voix lente. Je peux me poser quelque part, ça ne me dérange pas.

—Ha ha, bien essayé, mais non, sourit Keigo. Allez, ne t'en fais pas, tout va bien se passer !

—... Tu as déjà fait ça au moins ? demanda Touya, de plus en plus sceptique.

—Fait quoi ? Monter à deux sur un balai ? Oui, bien sûr. C'est très drôle. »

Il semblait de plus en plus amusé, à l'inverse de Touya qui pâlissait de minute en minute. Keigo remarqua vite son malaise et s'approcha de lui.

« Eh, t'inquiète. Je t'assure que ça va bien se passer. Je ne te le proposerais pas si c'était dangereux. Tu ne tomberas pas, je te le jure. »

D'accord, c'était facile à dire ça. Mais il ne le sentait toujours pas. Pourquoi fallait-il qu'il se laisse convaincre malgré tout ? Maudit Keigo. Si seulement Touya n'était pas attiré par lui...

« Allez, on se lance ? Je n'irai pas haut, si ça peut te rassurer.

—Et pas trop vite non plus ?

—Promis. »

Keigo semblait de bonne foi. Bon... Il fallait juste se lancer maintenant. Touya jeta un regard mauvais au balai. Ce n'était rien. Ce n'était pas parce que ça s'était mal passé les autres fois que ce serait forcément pareil aujourd'hui. Il inspira profondément.

« Allons-y alors. »

Keigo mit sa main devant sa bouche pour s'empêcher de pouffer, mais c'était peine perdue. Touya lui envoya un regard noir.

« Ha ha, désolé, désolé ! Mais on dirait que tu acceptes d'aller sur le bûcher sans potion de protection. C'est hilarant. »

Touya soupira. Ok, c'était un peu vexant, mais c'était si proche de la réalité qu'il ne pouvait rien dire. Keigo finit par se calmer et lui tendit le balai.

« Vas-y, enjambe-le. »

Touya inspira profondément, mais fit quand même ce qu'il lui demandait. Il tint à deux mains le manche et l'enfourcha. Son cœur se mit à battre plus vite. L'appréhension montait de plus en plus dans son corps. Mais ce n'était rien comparé à ce qui l'attendait. Keigo prit place derrière lui, collant son torse à son dos. Ses mains frôlèrent les siennes, tandis qu'elles se posaient juste au-dessus. Les battements de cœur de Touya n'avaient jamais été si rapides.

« T'es prêt ? »

La voix de Keigo résonna dans ses oreilles. Il était si proche que Touya pouvait sentir son souffle sur ses cheveux. Il frissonna. Non, il n'était pas prêt, mais il ne se voyait pas reculer. Encore moins maintenant. Il se força à hocher la tête. Keigo donna alors une impulsion sur le sol. Touya ferma aussitôt les yeux. Son ventre se contracta, tandis que ses pieds ne touchaient plus la terre, à présent. Ça n'allait pas. Ça n'allait vraiment pas.

Keigo, en bon conducteur de balai, monta lentement dans les airs et s'arrêta à une bonne hauteur. Il pouvait sentir à quel point Touya était tendu sur le balai. Ce n'était vraiment pas le but. Il fallait qu'il trouve un moyen pour qu'il se détende. Il commença alors à faire doucement le tour du terrain. Il n'avait jamais volé aussi lentement. Ça aurait pu être frustrant, mais avec Touya juste contre lui, rien ne pouvait réellement le frustrer.

« Ouvre les yeux. »

Il chuchota ces mots à son oreille. Touya hésita, mais finit par le faire. Son ventre était toujours serré et son cœur battait très fort, mais... mais il devait reconnaître que c'était mieux que ce à quoi il s'attendait. À cette vitesse, c'était presque agréable. Presque. Et c'était uniquement grâce à la présence de Keigo.

« Ça va ? lui demanda ce dernier.

—Oui... »

Touya ne parvint qu'à lâcher ce mot. Son estomac ne le vivait vraiment pas bien. Pourtant, le vertige lui semblait moins important que la dernière fois qu'il était monté sur un balai. Au lieu de se concentrer sur le sol en contrebas, il ne faisait attention qu'à la chaleur du corps de Keigo.

« On peut monter un peu plus haut ? » demanda ce dernier, au bout d'un moment.

Touya hésita, mais il finit par acquiescer. Son ventre protesta aussitôt que le balai grimpa dans les airs. Ok, peut-être pas aussi haut ! Heureusement, Keigo finit par stabiliser le balai et continua de faire le tour. La vitesse augmenta petit à petit, mais ça allait... Touya tenait toujours le coup. Même si ses mains s'agrippaient de plus en plus fort sur le manche. La poigne de Keigo, elle, semblait beaucoup plus souple. Il était tellement à l'aise. Touya pouvait sentir son corps relâché contre le sien. Et, quelque part, ça le rassurait.

Touya n'aurait su dire depuis combien de temps ils volaient, mais, au bout d'un moment, il commença à se sentir mieux. Il pouvait presque apprécier l'effet du vent dans ses cheveux. Mais c'était surtout la chaleur rassurante de Keigo qui lui plaisait de plus en plus. Jamais ils n'avaient été aussi proches et... et ça faisait battre son coeur si fort ! Il était ridicule ! Stupide ! Heureusement que Tenko n'était pas là pour le voir. À tous les coups, il se serait moqué de lui. Mais peu importe... Au moins, il était seul avec Keigo et il pouvait en profiter.

Lorsque ce dernier finit par se poser au sol, Touya se sentit presque déçu. Presque, parce que la sensation de tournis lui fit vite penser à autre chose. Il descendit du balai d'un geste tremblant et tituba sur quelques mètres. Il manqua de tomber. Heureusement, Keigo l'attrapa par le bras. Touya aperçut alors son sourire étincelant.

« Eh, reste avec moi, rigola-t-il. Tout va bien ? »

Il eut, au moins, la décence de paraître un peu inquiet. Touya secoua la tête. Non... Maintenant qu'il était de retour sur le sol, ça n'allait plus du tout. Il avait la très nette impression que son estomac n'avait pas apprécié le voyage dans les airs. Sa vision devint floue. Il s'accroupit alors sur le sol et respira profondément. Keigo s'abaissa vite à sa hauteur.

« Tu veux que j'appelle l'infirmière ?

—Non, surtout pas ! »

Il n'était quand même pas faible à ce point ! Il allait s'en remettre ! Il lui fallait juste... un peu de temps...

« D'accord, répondit Keigo d'une voix douce. Désolé, je ne pensais pas que tu le vivrais aussi mal. »

Touya se maudit lui-même lorsqu'il entendit cette phrase. Non ! Ce n'était pas ce qu'il voulait !

« Je, souffla-t-il d'une voix tremblante, j'ai bien aimé.

—Tu le penses vraiment ou tu dis juste ça pour me faire plaisir ? demanda Keigo, qui ne prit même pas la peine de cacher son large sourire amusé.

—Je le pense ! Laisse-moi juste... une minute... »

Keigo ne dit rien, se contentant de sourire. Son regard était toujours aussi doux. Puis, d'un geste un peu hésitant, il avança sa main vers lui et la posa dans ses cheveux. Le coeur de Touya sembla s'arrêter net ! Keigo, lui, commença à caresser en douceur ses mèches rebelles.

« J'aime beaucoup la couleur de tes cheveux, avoua Keigo d'une voix moins assurée que d'habitude. Elle se marie si bien avec tes yeux. »

Touya le regarda, choqué. Mais... Qu'est-ce qu'il racontait ? C'était n'importe quoi ! Touya, lui, n'avait jamais aimé ses cheveux blancs. Ils lui donnaient un air bizarre ! Quand il était petit, il avait réussi à se les colorer en roux, comme ceux de son père, grâce à la magie. Malheureusement, cela n'avait tenu qu'une journée. Enfin... Touya ne voulait plus ressembler à son père désormais ! Mais il n'aimait toujours pas ses cheveux pour autant !

« Ne dis pas ça, murmura-t-il alors. Je sais que c'est faux. C'est super moche et j'ai l'air super bizarre.

—T'es dingue ? s'exclama Keigo. Tu ressembles à un ange. »

Keigo rougit fortement. Visiblement, les mots lui avaient échappé. Touya rougit à son tour. Il ne s'était clairement pas attendu à ça. Pourquoi... Pourquoi est-ce que Keigo agissait comme ça ? C'était juste... étrange... Son cœur battait si fort maintenant qu'il s'entendait à peine penser.

Perdu, Touya finit par se redresser, s'éloignant du toucher de Keigo. Ce dernier ricana et passa une main derrière son crâne, comme si ça pouvait cacher son embarras.

« Tu sais, finit par se lancer courageusement Keigo, ça fait un moment que je t'ai remarqué. »

Touya renifla, dédaigneux. Ce qu'il ne fallait pas entendre ! C'était assez évident que c'était faux. Touya craquait sur lui depuis des années, il l'aurait quand même vu.

« Tu te souviens de notre répartition ? demanda Keigo. Je suis passé juste avant toi. Mais je t'avais déjà aperçu dans le train. Tes yeux bleus et tes cheveux blancs m'avaient frappé. J'ai pensé que tu avais l'air sympa. Surtout que tu semblais très stressé ! J'ai été déçu que tu sois envoyé à Serpentard. Je pense qu'on se serait bien amusés, ensemble ! »

Touya n'en revenait pas. Keigo... Keigo avait fait attention à lui lorsqu'il n'avait que onze ans ? Non... c'était... impossible...

« Mais... tu ne m'as adressé la parole qu'une seule fois, murmura-t-il. Et tu... tu ne m'as jamais vraiment regardé... »

Le nombre de fois où leur regard s'était croisé en l'espace de cinq ans n'était pas très élevé. Keigo haussa les épaules, un peu incertain.

« Tu avais l'air tellement indifférent à tout ce qui t'entourait, lui répondit-il. Je ne voulais pas te déranger. Je n'ai jamais eu l'impression que tu voulais qu'on t'approche, alors... Je t'ai laissé tranquille... Mais cette année... je ne sais pas... J'ai bien aimé réussir à enfin te parler. Tu as un plus mauvais caractère que ce que je pensais. Mais j'aime ça. À vrai dire... j'aime beaucoup ça... »

Touya eut l'impression que son esprit était complètement vide. Entendait-il bien ? Comment... ? Pourquoi... ? Hein... ? Son coeur battait la chamade. Il se concentra alors sur l'information qui avait le moins d'importance.

« Comment ça, j'ai un mauvais caractère ? se défendit-il. Tu ne t'es pas regardé ? »

Il s'enfonçait là... Keigo était le garçon le plus facile à vivre qu'il connaissait. Rah ! Mais pourquoi fallait-il qu'il raconte n'importe quoi ! Que quelqu'un appuie sur le bouton stop, là ! Heureusement, Keigo éclata de rire et ne parut pas du tout vexé.

« Tu vois, c'est tout à fait ce que je disais, sourit-il. J'adore ça, chez toi. »

Touya rougit encore plus. Keigo, lui, semblait ravi.

« Je suis content de te revoir prendre des couleurs. Alors, tu as vraiment aimé cette balade dans les airs ? »

Il changeait de sujet aussi aisément, comme si ce n'était rien. Le coeur de Touya, lui, ne s'en était clairement pas encore remis. Pourtant, il se força à acquiescer.

« Oui... Mais ne prends pas cet air supérieur ! Je n'aime toujours pas voler ! »

Keigo rigola. Il semblait de plus en plus amusé. Touya finit par se détendre légèrement. Il lui sourit alors avec douceur, même s'il n'oubliait pas les phrases que Keigo lui avait dites pour autant... Avait-il seulement bien entendu ? Il avait du mal à réaliser que pendant tout ce temps... alors qu'il l'observait au loin, sans y croire... Keigo l'avait déjà remarqué. Touya l'avait vraiment repoussé sans le vouloir... Il se maudit lui-même. Mais il y penserait plus tard. Parce que là... Le plus important, c'était que les yeux de Keigo étaient posés sur lui et ne semblaient pas vouloir le quitter. Et ça lui procurait une sensation enivrante.

« Merci pour le vol..., marmonna-t-il alors, encore un peu perdu dans ses pensées. Mais la prochaine fois, je préfère quand même qu'on reste sur le sol.

—La prochaine fois ? » répéta Keigo, avec un large sourire.

Touya sentit qu'il perdait, à nouveau, ses moyens. Il s'éloigna alors de l'autre garçon, d'une démarche encore un peu incertaine. Mais, évidemment, Keigo le rattrapa bien vite, portant tranquillement son balai sur son épaule. Sa présence à ses côtés réchauffa le cœur de Touya.

« Ça me va, lui dit alors Keigo sans l'embêter davantage. On peut se retrouver pour la prochaine sortie à Pré-au-Lard, mais c'est dans longtemps... Hmm... Tu viendras me voir au prochain match ?

—Je ne sais même pas quand c'est.

—Touya ! »

Keigo paraissait sincèrement scandalisé. Mais Touya, lui, ne retenait que la façon dont il venait de prononcer son prénom. Ça lui avait semblé si familier. Il savait déjà qu'il voulait encore l'entendre de cette façon-là dans la bouche de Keigo. Encore et encore.

« Désolé, sourit-il. Je ne m'intéresse vraiment pas à ça.

—On joue contre Serpentard en plus ! bouda Keigo. C'est vendredi prochain.

—D'accord, rigola Touya. Je viendrai te voir jouer. »

Ce n'était pas comme s'il avait déjà manqué l'un de ses matchs, de toute façon. Même s'il n'aimait pas le Quidditch, voir Keigo voler, ça en valait toujours la peine.

« Quand j'aurai attrapé le Vif d'or, on fera sûrement la fête avec les Gryffondor. Mais on peut se voir après ? »

Touya sourit, amusé. Keigo était tellement présomptueux. Mais ça lui allait. Il hocha alors la tête. Ils repartirent ensuite tous les deux vers le château. L'un à côté de l'autre. Comme si c'était naturel. Peut-être que ça l'était, dans le fond ? En tout cas, Touya se sentait bien, auprès de lui. Et tous les mots de Keigo résonnaient encore dans son esprit. Qu'est-ce que ça voulait dire, exactement ? Est-ce que Keigo s'intéressait à lui ? Sans doute qu'il était juste un peu intrigué par ce garçon solitaire... Touya gardait ses doutes à l'esprit. Et il n'oubliait pas, non plus, à quel point Keigo admirait son père... Ça n'avait rien de très positif. Mais cette balade dans les airs... D'accord, il voulait bien reconnaître que le moment avait été parfait...

Arrivé dans le hall d'entrée, Touya salua alors maladroitement Keigo et repartit, à regret, en direction de la salle commune des Serpentard. Il aurait bien voulu rester encore auprès de lui, mais il ne voyait pas quelle excuse trouver. En plus, il fallait vraiment qu'il réfléchisse calmement à tout ce que Keigo venait de lui dire... Il n'en revenait toujours pas ! Il fallait qu'il en parle à Tenko ! Sans doute que son ami pourrait l'aider à y voir plus clair !

D'un pas plus rapide que d'habitude, Touya se hâta alors de le retrouver. Son cœur battait toujours aussi fort. Allez, il fallait qu'il se concentre sur le positif ! Ça s'était bien passé ! Il avait volé avec Keigo sur un balai et... et tout s'était bien passé... En plus, Keigo l'avait remarqué. Peu importe les doutes de Touya, c'était un fait qu'il ne pouvait pas nier. Keigo l'avait remarqué et il trouvait qu'il ressemblait à un ange... C'était incroyable... Il avait vraiment beaucoup de mal à y croire. Il y avait eu tant de changements en si peu de temps... Jamais Touya n'aurait cru qu'accepter cette invitation de Keigo déboucherait là-dessus... Touya avait juste l'impression de rêver... Et il espérait bien que ce rêve durerait encore longtemps...


Et voilà, j'espère que ça vous a plu. Merci de m'avoir lu ! Et à tout bientôt pour la deuxième partie ! (Elle est presque entièrement écrite).