Fandom : Merlin

Niveau de spoil : ça vient du premier épisode, donc nul

Âmes soeurs : Merlin et Athur

Bonne lecture !

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Merlin avançait lentement dans la cité de Camelot, cherchant encore à se repérer dans ce nouvel environnement. L'exécution du matin et la menace pesant sur sa vie tournaient dans son esprit, l'inquiétant largement.

Cependant, des éclats de voix le sortirent de ses pensées. Il réalisa qu'il arrivait tout près d'un espace où de nombreux hommes d'armes semblaient s'entraîner.

Un jeune homme courait, tenant une cible trop grande pour lui, alors qu'un grand dadais blond s'amusait à lui tirer dessus. Le pauvre serviteur eut la malchance de trébucher, et le bouclier qu'il tenait tomba au sol, et se mit à rouler.

Le jeune magicien savait que c'était une mauvaise idée. Il savait qu'il aurait dû passer son chemin et faire profil bas. Mais il détestait les injustices. Et les crétins.

De son pied, il arrêta le bouclier.

-Hé. Ça suffit.

Le blond qui semblait en tête le regarda droit dans les yeux, l'air prêt à lancer une pique. Merlin eut tout juste le temps de noter la beauté de ses yeux bleus, qu'une musique s'élevait déjà dans l'air.

Il s'agissait d'un rythme de tambour entraînant. La mélodie était hypnotisante… Et connue. Alors qu'il tentait de faire taire son mauvais pressentiment, il se dépêcha de regarder autour de lui, priant pour trouver deux personnes en train de se regarder amoureusement.

Un Pangolin marchait sur l'herbe. Ou plus exactement, il dansait, enchaînant les pas sautés et les pirouettes en rythme avec la musique, avec un rictus ressemblant à un sourire collé sur sa gueule.

Dans ses pattes, une banderole flottait au vent, sur laquelle s'étalaient les lettres du mot « Félicitations ».

Une fois de plus, Merlin regarda autour de lui, en priant, mais non. Tout le monde le regardait, lui et le crétin blond, l'air bouche bée, alors que la bestiole venait se placer entre eux dans un final acrobatique.

-Eh bien, il semblerait, commença le blondinet…

-Non. Non, hors de question que je sois l'âme sœur de cette espèce de crétin, et…

Alors que ce qui devait lui servir d'homme de sa vie s'offusquait, le Pangolin laissa tomber sa banderole, pour mettre ses poings sur ce qui devait être ses hanches, se tournant vers Merlin. Ses yeux le fusillaient du regard, et si le jeune sorcier n'avait encore aucune idée de ce qu'était un fusil, l'image lui était cependant déjà très parlante.

Puis, la bestiole divine se mit à parler. Dans une langue qui lui était inconnue, mais qui semblait sacrément violente. L'animal avait un débit de parole assez impressionnant.

Ayant fini son monologue, il referma la bouche, attrapa sa banderole et se mit en position, tout en lançant des regards noirs aux concernés, qui se dépêchèrent d'aller se serrer la main, peu désireux de se faire (encore) disputer par leur Pangolin.

Dès que l'animal s'en alla, ils se lâchèrent, et une discussion assez violente s'engagea. Autour d'eux, les habitants de Camelot restaient bouche bée, ne sachant comment réagir. Mais Merlin ne s'en souciait pas. S'il devait passer sa vie avec une brute, autant mettre les points sur les i tout de suite, au risque de repartir pour passer sa vie seul.

Le brouhaha discret qui s'était élevé autour d'eux se tut brusquement. Le jeune sorcier ne le remarqua pas immédiatement, occupé à lancer une pique au blond, mais lorsqu'un homme d'un âge mur, la démarche noble, s'approcha d'eux, il se figea.

Pourquoi le roi s'était-il déplacé ?

-Arthur ? Peux-tu m'expliquer l'origine de… tout ceci ?

-J'ai, euh, rencontré mon âme sœur ? Mais ce n'est qu'un paysan, et…

-Pardon ? Je suis peut-être un paysan, mais tu n'es qu'un rustre ! Et…

-Il suffit ! Arthur, tu sais qu'on ne peut rien dire contre les Pangolins ! Aussi diabolique soient-ils, quand ils ont dansé, on doit obéir. J'avais espéré que tu n'aies jamais à en croiser un… Quant à toi… qui es-tu ? Et comment oses-tu parler à mon fils, ton prince ?

-Je m'appelle Merlin, et je suis l'apprenti de Gaïus. Et, excusez-moi, mon seigneur, je ne savais pas que c'était votre fils… Mais il maltraitait son serviteur, et…

-Il n'y a pas de « et ». Tu as de la chance d'être l'âme sœur d'Arthur, tu échappes à la punition que tu mérites. Tu vas avoir à apprendre un certain nombre de choses pour prétendre pouvoir être le consort de mon fils. Tu n'as pas l'air doué pour le combat, aussi, tu passeras tout ton temps avec Arthur, à l'exception de ses heures d'entraînement, où tu seras libre de rejoindre Gaïus. Je vous conseille cependant de ne pas vous revoir avant demain. Et je ne veux plus jamais vous voir vous donner en spectacle ainsi !

Le roi parla, le prince et le sorcier n'eurent d'autre choix que d'écouter.

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Le soir même, Merlin parla au grand dragon de Camelot. Son destin était irrémédiablement lié à Arthur, que cela lui plaise ou non. Au fond de lui, il le sentait. C'était vrai. Arthur était le Roi qui fut et sera, et il serait son protecteur et amant.

Mais pour cela, il allait falloir qu'il aide le crétin royal à changer un peu.