Plus tard, elles partagèrent une assiette de spaghetti commandée au service de livraison de l'hôtel, appuyée contre le balcon, les lumières de la ville se reflétant dans le ciel.

Clarke entre deux bouchées : bien sur, tout cela doit rester entre nous.

Lexa : je n'avais aucunement l'intention de prévoir un communiqué de presse.

Clarke : mon beau-père pense que si je sors avec quelqu'un mon premier service se ramollit.

Lexa : on ne gagne pas Wimbledon avec un service ramollit.

Clarke : je sais que tu connais Octavia, je préfère qu'elle n'en sache rien.

Lexa reposa sa fourchette dans l'assiette vide : prête pour un deuxième round ?

Clarke sourit avant de lui saisir le bras.

Le lendemain, Lexa était assise en tailleur sur son lit, son ordinateur portable devant elle, et son carnet à côté, elle notait ce qu'elle voyait du jeu de son adversaire du lendemain. Elle ne voulait rien laisser au hasard. Elle n'avait pas prévu de faire du sport la veille du début du tournoi, si tout allait bien, elle aurait trois matchs sur une semaine, son corps serait assez traumatisé comme ça.

Lincoln proposa une sortie en ville, pour souffler en fin d'après-midi, et contre toute attente, Octavia et Clarke étaient là.

Elles n'avaient pas parlé de cette éventualité qu'elles se retrouvent dans cette situation. Mais Lexa qui compartimentait facilement sa vie privée, fit comme si de rien était. Ce qui étonna énormément Clarke. Lexa resta en retrait avec Lincoln discutant de stratégie ou bien de leur coin d'Irlande.

Octavia : tu es prête pour demain ?

Clarke : oui, Madi est une jeune fille qui a la passion de la jeunesse, mais peu d'expérience dans des tournois de cette envergure, c'est sa première participation à un grand chelem, si je lui mets la pression, elle craquera.

Octavia : tu es une tueuse de bébé.

Clarke pouffa.

Octavia se retourna vers Lexa : je n'aimerais pas vous voir jouer l'une contre l'autre, je ne saurais pas laquelle encourager.

Lexa haussa les épaules comme si c'était quelque chose d'absurde.

Clarke : moi je pense que ça pourrait être intéressant.

Lexa leva un sourcil avant de lâcher un sourire en coin, qui sembla bien mystérieux.

Lincoln vint au secours de son amie : Lex' te découperait en morceaux.

Lexa tapa dans le poing de son ami. Elle pouvait toujours compter sur lui.

Octavia : vous jouez à quelle heure ?

Clarke : 10h.

Lexa : 11h.

Lincoln : vous serez toutes présentes pour moi à 15h, dans ce cas.

Lexa sourit à son ami : compte sur moi bro.

Ils se séparèrent dans le hall de l'hôtel, Octavia et Lincoln voulaient rester tous les deux.

Lincoln prit son amie dans ses bras : donne tout.

Lexa : toi aussi, on se voit demain.

Lexa et Clarke montèrent dans l'ascenseur après la traditionnelle embrassade d'Octavia. Le silence régna quelques secondes.

Clarke : tu veux monter ?

Lexa : je ne suis pas sure que ce soit raisonnable.

Clarke : pas longtemps.

Lexa soupira avant d'accepter. Le sourire de Clarke ne fut pas feint.

Elles s'embrassèrent à peine la porte passée et tout se poursuivit sur le couvre-lit.

Mais à minuit, Lexa se redressa, s'habilla.

Clarke : tu ne veux pas rester ?

Lexa : non, je préfère être seule pour dormir les veilles de match. On se voit demain.

Elle se pencha pour embrasser les lèvres de Clarke avant de filer.

Son cœur palpitait dans sa poitrine. La blonde était si tentante, son filet se refermait autour de l'irlandaise.

Elle se coucha après une douche, enclencha son réveil pour le lendemain matin et s'endormit, sereine. Clarke avait probablement raison, un petit extra avant un match avait du bon. Relâcher la pression était salvateur.

Le lendemain, la pression était là quand Clarke se réveilla, mais la bonne, celle qui donne des ailes. Elle prit un petit-déjeuner léger à 07h, deux bouteilles de powerade, une des tenues que lui avait passé Octavia et son sac. Elle rejoignit son taxi où son beau-père l'attendait.

Marcus : bien dormi ?

Clarke : on ne peut mieux.

Marcus : tu te sens comment ?

Clarke : très bien. C'est une bonne journée.

Marcus : j'ai bien regardé les vidéos de Madi Heda, son revers n'est pas super et son service laisse à désirer.

Clarke : j'ai vu tout ça, tout ira bien.

Elle plaça ses écouteurs dans ses oreilles et laissa la musique emplir son esprit.

À 09h elle était dans le vestiaire, prête pour son échauffement d'avant match.

Qu'elle remporta en 2 set, 6-3, 6-2. En rentrant au vestiaire, elle constata que Lexa était en plein match, 1 set remporté 6-1 et le deuxième venait de commencer. Elle se rendit sous la douche, avant de prendre place dans les gradins vers l'escalier central. Marcus lui avait donné rendez-vous une demi-heure plus tard pour déjeuner et débrieffer. Le jeu de Lexa était fluide, ses mouvements étaient contrôlés et précis. Elle jetait la balle qui tournait comme au ralenti avant de traverser le terrain à pleine vitesse. Elle ne laissait pas une chance à son adversaire. La pauvre était abattue. Elle quitta le gradin sur un 5-1 pour Lexa, elle allait la massacrer sur le dernier jeu. Elle se rendit au restaurant, zieutant les écrans qui diffusaient en direct le match de Lexa Wood, jeune irlandaise de 23 ans, contre son adversaire allemande de 25 ans, au visage déconfit. Dommage pour elle qu'elle ait rencontré Lexa au premier tour.

La victoire en 2 set 6-1, 6-1 fut incontestable. Installée à table avec Marcus, ils repassèrent sur les écrans des éléments de son match, puis de celui de Lexa, et de ceux des hommes qui avaient passé le premier tour avec succès. Des interviews viendraient après le déjeuner.

Marcus : tu t'es sentie comment ?

Clarke : fluide et sans problème.

Marcus : pas de douleur ?

Clarke : non, je suis fraîche.

Marcus vit son regard tourné vers l'écran où une interview de Lexa repassait : tu la connais ?

Clarke tourna son regard vers lui : oui, vaguement.

Marcus : espérons que tu ne la rencontreras pas de sitôt, car il semble que ce soit une adversaire confiante.

Clarke : elle l'est.

Marcus : tu rencontres Raven Reyes au deuxième tour, elle a joué ce matin à 8h, je vais récupérer son match, j'analyserais ça durant tes interviews de cet après-midi et je te ferais un topo vers 17h.

Clarke : super, merci.

Marcus : reste calme, s'ils viennent à parler de Niylah. Tu sais qu'ils ne font que leur travail.

Clarke : je sais. Elle n'a cessé de m'appeler depuis deux jours. J'ai bloqué son numéro.

Marcus : je l'ai croisée hier, j'ai refusé toutes ses demandes d'interviews te concernant. Sa chaîne n'aurait pas du l'envoyer.

Clarke : beaucoup trop tentant pour avoir du sulfureux. Mais merci.

Marcus : finis ton lunch et vas te reposer un peu avant de passer sous les caméras.

Clarke lui sourit : tu as eu des nouvelles de maman ?

Marcus : oui, elle m'a appelé. Elle t'a regardé, elle dit que tu as l'air en forme. Elle te souhaite d'aller jusqu'au bout.

Clarke : je l'appellerais plus tard.

Clarke entra dans la zone des entretiens journalistiques à l'heure de son rendez-vous. Lexa était là aussi, avec un jeune homme asiatique qui souriait à quelque chose que la jeune femme venait de dire. Elle croisa son regard une seconde, sans aucune réaction. Elle était celle qui voulait le cacher et pourtant elle était très étonnée et un peu déçue que la brune ne montre rien en sa présence. Pourtant leurs échanges sur l'oreiller étaient intense et prenant. Lexa qui perd le contrôle dans la jouissance était quelque chose de magnifique. Elle aimait la tenir contre elle, caresser sa peau et se laisser envahir par son odeur et son goût, et puis elle lui rendait au centuple. Elle n'avait jamais connu ce partage et cette communication sensorielle avec aucun de ses anciens partenaires, pourtant elles ne se connaissaient que très peu.

Clarke s'installa autour de la table avec un journaliste de la chaîne sport des états-unis et donna le meilleur d'elle-même. Son image était importante, ça lui rapportait. Grâce aux sponsors qui la faisait apparaître dans des publicités, avec les produits dérivés. Elle gagnait sa vie comme ça. Et à 20 ans elle pouvait se vanter de vivre de sa passion sans se préoccuper de son compte en banque qui était déjà bien plein.

À 15 heures, Lexa parvint à se départir des journalistes, après avoir consulté sa montre de nombreuses fois, elle ne voulait pas rater le match d'ouverture de son meilleur ami. Elles n'auraient probablement pas le loisir de voir les suivants. Elle serait trop prise dans son tournoi, mais voir le premier était devenu un rituel pour eux deux. Il était là le matin même avec Octavia, dans les tribunes pour la soutenir.

Lexa devait aussi faire un compte-rendu de ses nouveaux vêtements dont elle avait vanté la marque auprès des différents journalistes qui l'avait interrogé. Elle avait quelques bons sponsors qui payaient ses déplacements, quelques apparitions dans des publicités en Europe. Elle n'avait pas à se plaindre, son train de vie n'était pas le plus coûteux. Elle était propriétaire de son terrain d'entrainement, de sa maison et de la plage en contrebas. Elle avait investi une somme assez importante pour aider la municipalité à rendre la ville plus attrayante aux touristes et chaque année, la mairie lui reversait des ares. Elle n'était pas à plaindre. Alors aider son amie à faire décoller sa petite entreprise, c'était dans ses cordes.

Elle passa devant Clarke pour sortir de la zone consacrée aux journalistes, elle jeta un regard dans sa direction, laissant un petit sourire traverser son visage. Qui ne passa pas inaperçu pour la blonde dont les yeux pétillèrent en réponse. Elle lui montra sa montre pour lui indiquer qu'il était l'heure, mais Clarke fit la moue. Elle n'était pas prête de terminer, mais elle les rejoindrait quand elle pourrait.

Octavia retira sa veste du siège inoccupé à côté d'elle quand Lexa s'assit, une casquette sur sa tête : tu as failli être en retard.

Lexa : je sais, mais les entretiens n'en finissaient pas.

Octavia : tout s'est bien passé ?

Lexa : oui, et je voulais te féliciter pour les vêtements, ils sont top. Comme une seconde peau. Tu avais raison pour la brassière intégré, c'est super agréable.

Octavia l'embrassa sur la joue : merci, je suis contente qu'ils te plaisent.

Lexa : j'en ai parlé lors de mes 3 interviews.

Octavia : toi, Clarke et Lincoln, vous devez aller le plus loin possible pour que ça me rapporte un max.

Lexa : tu sais que Clarke et moi concourons dans la même catégorie ?

Octavia : oui, mais je ne peux pas vous départager, je vous aime toutes les deux.

Lexa sourit : le coup d'envoi va être donné.

Elles se concentrèrent sur le jeu de Lincoln. Le jeune homme était en forme, tout irait bien pour lui s'il restait concentré.

Clarke put assister au dernier set depuis le balcon derrière l'adversaire de Lincoln. Elle vit dans la foule au bord du terrain Lexa et Octavia qui souriaient.

À la fin du match, les trois victorieux du jour souriaient, le deuxième tour était pour le lendemain et ils avaient des devoirs pour connaître le concurrent. Clarke rejoignit Marcus dans sa chambre, ils devaient décortiquer le jeu de son adversaire.

Lexa et Octavia attendirent Lincoln pour le féliciter avant de se séparer pour faire leurs propres recherches. Ils avaient promis de se retrouver à 20h au restaurant de l'hôtel pour un dîner léger avant une bonne nuit de sommeil.

Lexa rencontrerait à 12h l'ancienne championne Melissa Barnett une américaine qui avait gagné i ans l'US open. Elle était une grande challengeuse, même si une blessure à la cheville l'avait immobilisée pendant un an.

Elle prit des notes sur son match du jour, et sur ceux de la saison en cours. Elle avait une faiblesse dans ses déplacements latéraux, probablement du à sa blessure à la cheville. Alors si elle jouait sur la mobilité, elle pourrait la fatiguer et prendre l'ascendant sur elle. Elle poursuivit ses recherches jusqu'à l'heure du dîner.

Lexa : hey.

Lincoln : tu affrontes qui demain ?

Lexa : Melissa Barnett !

Lincoln : du lourd.

Lexa : oui, mais rien d'insurmontable, je me sens en pleine forme.

Lincoln lui sourit : tu l'es c'est sur.

Octavia : Clarke ne nous rejoins pas, elle dîne avec Marcus.

Lexa : allons-y, j'ai faim.

Une fois installé :

Lexa : et toi ton adversaire ?

Lincoln : un australien contre qui j'ai joué à l'open d'Australie.

Lexa : tu avais gagné ?

Lincoln : ça avait été serré, il est bon.

Lexa : il était chez lui, tu sais que ça aide.

Lincoln acquiesça d'un mouvement de la tête.

Ils ne parlèrent plus de tennis pour le reste du repas, voulant penser à autre chose.

Lexa sortit faire un tour après le dîner, elle voulait prendre l'air, avant d'aller se coucher. Elle reçut un message de Clarke, qui lui demandait si elle pouvait la rejoindre.

Lexa lui indiqua où elle se trouvait, elle était assise sur un banc dans un parc, une fontaine diffusait un air frais en face d'elle.

Clarke s'assit à côté d'elle moins de 10 minutes plus tard : 'soir.

Lexa se tourna vers elle : tu vas bien ?

Clarke : oui, mais je voulais te voir.

Lexa lui sourit doucement.

Clarke : tu sais, que tu me rends dingue. Tu es si détachée en public, comme si tu ne ressentais rien du tout. Alors que dans l'intimité, c'est si passionnel.

Lexa soupira : c'est ce que tu voulais. Qu'on ne dise rien à personne. Je sais juste compartimenter. On couche ensemble c'est tout.

Clarke : c'est tout.

Lexa : l'amour c'est pour les faibles.

Clarke : tu le penses vraiment ?

Lexa : si tu veux tout arrêter, on peut.

Clarke : non.

Lexa se tourna vers la blonde : tu ne serais pas sortie avec cette journaliste Niylah ?

Clarke soupira : si, une vraie catastrophe, ma pire relation.

Lexa : elle fait dans les tabloïds, c'est la pire personne avec qui avoir une relation, je suis désolée de te le dire.

Clarke : je l'ai appris à mes dépends. Je l'ai quitté quand j'ai compris qu'elle convoquait la presse à chacune de nos sorties. Tout était fake. J'essaie de fuir la presse, pour vivre une vie normale, mais elle m'a propulsé dedans sans que je ne puisse avoir aucun contrôle.

Lexa : ma dernière relation était aussi très malsaine.

Clarke : qui ?

Lexa : Costia, une arbitre de WTA.

Clarke ouvrit la bouche toute grande : elle est là ?

Lexa : oui, mais elle n'a pas le droit de m'arbitrer.

Clarke : vaut mieux.

Lexa : elle voulait plus que ce que je ne pouvais lui donner. J'ai essayé de me laisser porter, mais quand je me suis rendue compte que des sentiments entraient en jeu de son côté, j'ai du y mettre fin. Je ne ressentais pas la même chose qu'elle, je ne voulais pas lui mentir. Mais elle n'a pas très bien accepté notre rupture.

Clarke sourit : on devrait créer un club des ex relous.

Lexa ria : bonne idée.

Le cœur de Clarke battit dans sa poitrine au son du rire de la brune.

Clarke : j'aime bien ton accent.

Lexa plongea son regard émeraude dans celui couleur de ciel de la blonde : je n'ai pas d'accent.

Clarke pouffa.

Lexa : on rentre ?

Clarke se mit debout et elles marchèrent côte à côte dans le noir des allées. La main de Clarke vint saisir les doigts de Lexa, qui ne la repoussa pas. C'était accueillant et chaud dans la main de la blonde. Elle referma ses doigts autour des siens et serra sa paume contre la sienne. Clarke sourit de ce contact intime et précieux.

Elles se séparèrent devant l'hôtel, redevenant en apparence de vague connaissance.

Lexa : tu joues à quelle heure ?

Clarke : 14h. Et toi ?

Lexa : midi.

Clarke : tu veux monter ?

Lexa sourit avant d'appuyer sur le bouton de l'ascenseur du 10ème étage.

Lexa : tu joues contre qui ?

Clarke : une anglaise.

Clarke grimaça. Elle n'appréciait pas plus que ça jouer contre une native du pays d'accueil du tournoi. Le public est toujours présent et bruyant pour soutenir le joueur.

Clarke : j'ai mon soutien aussi, ne t'inquiètes pas.

Lexa prit le temps de réfléchir à cette phrase que venait de dire Clarke, s'inquiétait-elle vraiment pour sa concurrente. Et la réponse était oui. Pourtant elle ne devrait pas, elles allaient se rencontrer à un moment où un autre si les deux continuaient à progresser dans ce tournoi. Ou même dans les suivants. Et s'attacher n'était pas la bonne solution.

Elle préféra fermer son esprit à ces réflexions et profiter de l'instant présent avec Clarke.