La guerre entre anges et démons avait été déclaré en 1891 et s'était terminée en 1920. Les démons, se pensant plus puissant que Dieu dans un excès d'arrogance, n'avaient pas anticipé que les anges viendrait aux portes de l'Enfer pour les attaquer. Malgré que les sept cercles se soient liés dans le but de repousser l'ennemi rien n'y fit. Et ils perdirent leur royaume. Après que l'Enfer eut été conquis, les démons n'avaient plus nulle part où aller. Ceux encore en vie se réfugièrent sur Terre et furent traqués par les anges et les sorciers pendant des années. Jusqu'à ce que l'on déclare que plus aucun démon n'était en vie...

Mais ça, c'est ce qu'il y a marqué dans les livres d'Histoire.

Pendant cette guerre, en Écosse, un démon blessé tomba près de la forêt interdite de Poudlard. Un petit démon à l'apparence d'enfant grièvement blessé. Il fut découvert par Albus Dumbledore et son ami Gellert Grindelwald l'ayant vu tombé du ciel. Ils découvrirent son corps inerte près d'un vieil arbre et allèrent immédiatement chercher l'aide du professeur de défense contre les forces du mal puis du professeur de transformation. Le professeur de défense contre les forces du mal proposa de l'enfermer à l'abri sans en informer les autres élèves et professeurs. Heureusement, au début de la guerre des prisons spécialement conçu pour contenir les démons et les créatures maléfiques avaient été installées dans beaucoup d'endroit sur Terre et notamment les écoles de magies, y compris Poudlard. Ils l'enfermèrent dans la prison. Elle n'avait encore jamais servi. Alors qu'il était toujours endormi, ils lui coupèrent les ailes en bandant son dos pour empêcher qu'elles repoussent, ils lui limèrent les petites cornes sur sa tête et ses griffes avant de l'enchaîner solidement dans la cage faite exprès pour enfermer les créatures maléfiques avec une bonne dizaine de chaînes trempées dans de l'eau bénite. Ils avaient informé le directeur et créé un passage secret entre la prison où il était enfermé et le bureau du directeur. Ils se relayèrent pour surveiller son réveil tous les deux jours. Il mit longtemps à se reveiller, au point où les quatre hommes commencèrent à penser qu'il ne le ferait jamais. Cependant le démon finit par se réveiller un an plus tard. Lorsqu'il ouvrit les yeux, le démon mutilé et enchaîné paniqua. Il se débattit comme une bête enragée provoquant des tremblements dans toute l'école et alertant les quelques sorciers au courant de son existence qui se précipitèrent dans la prison. Le directeur fut le seul qui osa s'approcher de la créature enragée.

_Arrêtez de vous agiter maintenant ! dit-il impérieusement

Le petit démon se stoppa, immobile comme une statue, seule sa pupille se tourna vers le directeur.

_Bien. Vous êtes à Poudlard, l'école de sorcier la plus renommée d'Angleterre. Ces messieurs vous ont trouvé près d'ici il y a un peu plus d'un an. Pour la sécurité des élèves et du corps enseignant nous vous avons enfermé ici et nous n'avons aucunement l'intention de vous libérer pour le moment.

Les quatre autres sorciers observaient le grand directeur qui s'adressait avec autorité au diable dans la cage. La créature bougea enfin, lentement, faisant reculer les deux élèves de troisième année. Malgré ses yeux rouges et ses oreilles pointues, il semblait être à peu près de leur âge. Il se laissa tomber sur le sol dur de sa cage et se recroquevilla.

_Je comprends...

Il semblait épuisé, presque mourant. Son œil rouge se dirigea vers les humains derrière les barreaux.

_Mais... Pourquoi...

Il plaça ses mains sur sa tête, comme à la recherche de ses cornes, puis il baissa la tête.

_Pourquoi toutes ses mutilations ?... Pourquoi m'avez-vous amputé... Pour m'humilier ?

Cette fois, c'est Albus qui s'avança pour parler.

_Non, nous ne connaissons pas votre puissance, on ne savait pas comment faire donc nous avons pris toutes les précautions... Nous ne pensions en aucun cas vous humilier.

Ciel le dévisagea avec ses deux pupilles rouge brillant.

_Vraiment ? Vous n'avez pas pensé à vous renseigner ? Je peux à peine bouger avec toutes ses chaines...

_Nous vous enlèverons les chaînes si vous répondez à nos questions, déclara le directeur.

Le démon soupira en se mettant en tailleur.

_Je vous écoute, sorciers...

_Vous ne ressemblez pas aux autres démons. Vous êtes plus petit, plus...

_Je ne suis pas petit ! S'emporta le démon, Je suis tout aussi puissant que les autres démons.

Le directeur continua malgré cette interruption.

_Vous ne semblez pas être un démon banal. C'est ce que je voulais dire. Qui êtes-vous ? si vous avez un nom, quel est-il ? Je veux savoir ce qui cloche avec vous.

Le démon plissa les yeux.

_Appelez-moi Ciel. Je suis un démon tout ce qu'il y a de plus normal aux niveaux des capacités. Je ne suis pas un démon ordinaire pour deux raisons. Je suis très jeune et je ne suis pas né démon. Je n'ai pas particulièrement envie de parler de mon passé donc vous devrez vous contenter de ça. Maintenant retirez moi ces chaînes.

Le directeur observa le petit démon dans la cage.

_Qui me dit que vous n'allez essayer de nous tuer si on vous enlève ces chaines ?

A peine eut-il fini de parler que le démon s'écroula sur le sol. Il ne bougeait plus mais semblait toujours conscient. Il décida d'enlever deux des chaînes grâce à un sort à distance. Le petit démon tenta de se relever mais retomba sur le sol, comme si ses bras était trop faible pour supporter le poids de son corps. Ses ongles s'enflammaient dans un réflexe mais s'éteignirent aussitôt à cause du manque d'énergie. Il referma les yeux et arrêta de respirer, inconscient.

_Monsieur je pense que nous devrions lui enlever les chaînes et n'en laisser qu'une à chaque cheville, dit Albus, il a l'air vraiment mal en point.

_C'est vrai qu'il est très maigre, constata le professeur de transformation, il a presque l'air mourant.

_Ne nous fions pas trop à son apparence, fit le professeur de Défense contre les forces du mal, ce genre de créature peut modifier son apparence à volonté, même si je pense qu'il s'agit là de sa vraie apparence. Il peut jouer la comédie, et nous mener en bateau pour mieux s'en prendre à nous. Sans ses chaînes, il pourrait nous tuer en un claquement de doigt.

_Mais, interrompit le directeur, nous en savons encore trop peu sur les diables. En capturer un et le garder en vie est bien plus difficile que simplement le tuer. Et ils ne sont pas du tout coopératif lorsqu'il s'agit de dévoiler le fonctionnement de leur espèce ou de l'enfer.

_Vous voulez dire que l'enfer existe vraiment ? demanda l'un des deux élèves

Le directeur hocha la tête.

_Oh oui, il existe, comme le paradis. Mais nous savons très peu de choses sur ces deux mondes. Ni les anges, ni les démons ne parlent de cela avec les humains, qu'ils soient moldus ou sorciers. Même contre une âme, les démons ne veulent pas dévoiler leurs secrets. Celui-là semble différent, peut-être sera-t-il plus bavard ?

_Il a dit qu'il n'était pas né démon, souleva le vieux professeur, ce qui veut dire qu'on peut le devenir mais que ce n'est pas quelque chose de courant.

L'autre enseignant hocha la tête.

_C'est une information intéressante. Mais de là à risquer nos vies et celles de toute l'école...

_Il faut qu'on le garde en vie, au moins pour un moment. Déclara le directeur, Après, nous aviserons.

Le directeur enleva les chaînes, n'en laissant qu'une à la cheville droite.

_Monsieur, fit Albus, je croyais que les démons ne dormaient pas, alors... pourquoi est-il inconscient ?

_Je n'en sais rien Dumbledore. Nos connaissances sont assez limitées, j'en ai bien peur...

_Ne devrions-nous pas lui accorder au moins un lit pour qu'il puisse se reposer ?

_Non, fit le professeur de Défense, les bêtes comme lui n'ont pas besoin de lit ni de quoi que se soit. Une fois que nous aurons pu tirer ce qu'i tirer de lui, nous le tuerons. C'est une créature mauvaise Albus, si il gentil avec toi c'est pour te tromper. Tu n'es qu'un repas, un insecte à ses yeux, ne l'oublie pas.

Le garçon hocha la tête, peu convaincu en voyant le démon dans la cage.

_Nous continuerons de nous relayer pour voir son état, déclara le directeur, en attendant remontons avant qu'on s'aperçoive de notre absence.

Quelques semaines s'écoulèrent et le démon ne se réveilla toujours pas. Parfois il bougeait dans son sommeil et murmurait des choses qui ressemblaient à un mélange de fourchelangue et d'une autre langue inconnue. Ses cornes et ses ailes commençaient à repousser mais aucun signe de réveil. Cette fois c'était autour d'Albus de descendre...

Albus descendit les escaliers dans le bureau du directeur pour se rendre à la prison. Ça faisait quelques jours que personne n'était venu. Albus, lui, continuait de faire son tour, il était le seul avec le directeur à continuer.

Lorsqu'il arriva devant la cage il remarqua un changement. Le démon n'était plus allongé sur le sol, il était assis, au fond de sa cage, les jambes repliées contre son torse. Lorsqu'Albus s'approcha, il vit deux grands yeux rouges qui le fixaient sans jamais cligner. Il le regardait comme s'il l'attendait.

Albus ravala sa salive. Le démon était caché dans la pénombre de la prison. Ils restèrent tout les deux immobiles. Albus ne sachant pas quoi faire ou dire, et Ciel attendant sagement qu'on s'adresse à lui. Le jeune sorcier était mal à l'aise devant son regard. Il finit par dire.

_Heu... Hum... Bonjour ?...

_Bonjour.

Albus se sentait idiot. Il voulait parler, en savoir plus sur le démon mais n'avait pas la moindre idée de comment s'y prendre. Le démon finit par demander.

_Tu ne vas pas prévenir tes professeurs de mon réveil ?

_Heu...

_Sais-tu ce qu'ils comptent faire de moi... ?

La voix teintée d'inquiétude du diable ramena Albus à la réalité. Il finit par répondre.

_Ils veulent en savoir plus sur vous et sur les démons.

Ciel soupira tristement.

_Je vois...

Albus resta silencieux un moment hésitant à remonter. Mais des questions lui brûlaient les lèvres.

_Est-ce vrai que... vous mangez des âmes ?

Ciel hocha la tête. Albus ravala sa salive.

_Oui. Les âmes humaines de préférence.

_Pourquoi les âmes humaines plutôt que les autres ? demanda timidement le sorcier

Le démon soupira regardant au loin.

_Sais-tu pourquoi vous n'arrivez pas à en savoir plus sur les démons, l'enfer, Dieu, le paradis et toutes ces choses ? C'est simplement que c'est trop compliqué à expliquer à de simples humains. Vos esprits ne sont pas faits pour comprendre notre fonctionnement. Ça dépasse ce que vous appelez la logique et entraîne des paradoxes. Mais pour répondre simplement à ta question, vous avez des âmes plus... nutritives ? Vos émotions, vos sentiments, vos expériences, vos désirs, vos regrets, vos souvenirs, votre regard sur le monde, votre compréhension du monde, votre essence, tout cela forme votre âme. Les animaux et les plantes aussi ont une âme mais c'est... différent. Ils n'ont pas ces désirs ardents, cette considération si particulière du monde, toutes ses émotions qui se chevauche entre elles. C'est bien plus fade, sans saveur, moins attrayant. Il est impossible de décrire le goût et la sensation de manger une âme à un humain. C'est quelque chose qui se ressent. Les âmes se ressentent elles ne se décrivent pas. Pourquoi les démons préfèrent les âmes humaines aux autres ? Elles nous confèrent plus de saveur, de plaisir et surtout de force. Les âmes humaines nous sont nécessaires pour survivre.

Albus cligna des yeux plusieurs fois.

_Donc... Vous ne pouvez pas répondre aux questions que l'on vous pose ?...

_Disons que c'est compliqué. Vous n'êtes pas fait pour comprendre, alors arrêtez de chercher à le faire... ça ne vous avancera à rien.

_Mais nous sommes en guerre ! s'exclama Albus, comprendre son ennemi est la base pour le vaincre.

Le petit démon secoua la tête.

_Ce que vous savez est bien assez. Vous savez nous tuer et nous garder prisonnier. Vous savez qui appeler pour espérer nous éradiquer, et vous pourriez y arriver. Les archanges parcourent la Terre entière, et... l'Enfer n'est plus un endroit sûr depuis des années. Les anges sont partout, prêt à nous tuer dès que l'occasion se présente, et vous, vous êtes capables de nous enchaîner et de faire mourir dans les souffrances les plus atroces qui soient... En plus de ça les shinigamis, même s'ils agissent peu, restent de votre côté. L'issue de cette guerre est prévisible...

Une certaine tristesse transparaissait dans sa voix. Albus la remarqua.

_Pourquoi êtes vous si triste ?

Ciel lui lança un regard noir.

_ Je ne suis pas triste.

_Mais... C'est juste une simple question.

Ciel ne répondit rien. Il se leva et s'approcha des barreaux. Il s'arrêta lorsque sa cheville tendit au maximum sa chaîne. Il entrait à peine dans la faible lumière de la seule torche de l'endroit. Les démons pouvaient voir dans le noir, il était donc inutile d'équiper la pièce de plus de lumière. Mais ça permettait à Albus de mieux discerner la créature face à lui. Le premier mot qui lui vint à l'esprit en le voyant était : maigre. Malgré tout ce que lui avait dit les adultes, malgré ce qu'il savait sur les démons, et malgré les quelques aspects menaçants de son corps, Albus ressentait de la pitié pour ce monstre. Il était tellement maigre et pâle qu'il ressemblait plus à un squelette qu'à un être humain. Sa chemise sale flottait sur son corps et semblait presque trop lourde pour ses petites épaules. Deux petites cornes noires émergeaient sur son crâne petit à petit provoquant quelques saignements. Les moignons de ses ailes coupées étaient cachés par la chemise mais il y avait quelques plumes dans la cage. Il approcha sa main du barreau froid. Ses mains couvertes d'une peau blanche tirant presque sur le bleu semblaient un peu écailleuses et se terminaient par des petites griffes noires. Grâce à la lumière de la torche, Albus put voir que ses cheveux n'étaient pas noirs comme il le pensait au début mais d'un gris bleuté semblable à la couleur d'un ciel orageux. Ses grands yeux étaient d'un rouge foncé, comme le sang dans les veines. Ils ne brillaient pas, ils auraient presque pu sembler normaux si la pupille n'était pas fendue, même si, à cet instant, elle était légèrement arrondie à cause de l'obscurité. Aucune expression, aucune émotion ne se lisait dans ces yeux à part peut-être de la tristesse et de la résignation. Au moment où il ouvrit la bouche, Albus put discerner d'immense crocs blancs dans sa petite bouche d'enfant.

_Je ne suis pas triste car je n'ai pas d'émotion, je suis un démon. Même un enfant de votre genre devrait savoir ça. Toutes vos questions sont vaines, les réponses ne vous apporteront rien, vous serez toujours incapable de comprendre les anges et les démons, l'enfer et le paradis. Mais si vous tenez à ce point à acquérir ces connaissances sachez ceci : Tout à un prix. Même les informations. Si vous voulez mon aide, vous devrez payer d'une manière ou d'une autre.

Albus ravala sa salive et recula d'un pas.

_Et... qu'est-ce que vous voulez ?...

Ciel pencha la tête et dévoila l'intégralité de ses dents au sorcier.

_Des âmes.

Albus se sentit entouré d'ombres venant de la cage. Ciel tira sur sa chaîne.

_Je meurs de faim, Monsieur Albus Dumbledore.

La main autour du barreau se resserra comme s'il cherchait à la briser.

_J'ai besoin de manger... Une âme, n'importe laquelle...

Il retenta de tirer sur sa chaîne.

_Tch... Si ça continue comme ça je ne pourrais même plus avoir le contrôle de mon propre corps. J'ai besoin d'une âme.

Albus voulut s'enfuir mais il se sentit paralysé par le regard brûlant de Ciel.

_Approche petit...

Albus regarda ses jambes avancer, tentant de freiner mais sans parvenir à quoi que se soit. Il se retrouva presque nez à nez avec le démon. Un sourire se dessina sur les traits de la créature, glaçant le sang du sorcier.

_Bien. Tu es assez obéissant.

Il rit légèrement alors qu'il saisit le visage d'Albus dans sa main. Albus frissonna. La main était plus froide que de la glace et les griffes du démon perçaient sa chair.

_Ne fais pas cette tête, je ne vais pas te manger. Sauf si c'est vraiment ce que tu souhaites...

Il pencha la tête sur le côté, dévisageant le jeune sorcier méticuleusement.

_Dis-moi Albus Dumbledore, quel est ton plus grand rêve ?... Hum...

Les yeux du démon pénétrèrent en lui comme deux clous perçant ses orbites. Albus se sentait déposséder de tout son corps et de toute son âme.

_Devenir le sorcier le plus puissant, devenir une légende, n'est-ce pas ? Je m'attendais à mieux avec toi mais au moins tu ne manques pas d'ambition. Très bien...

Son visage reprit une expression sérieuse alors que ses griffes s'enfonçaient de plus en plus dans le visage du sorcier.

_Voilà ce que je te propose Albus. Porte moi à manger, animaux ou humains qu'importe, je suis tellement affamé que je mangerais même une mouche. En échange, je ferais de toi le plus grand sorcier que ce monde ait connu. Qu'en dis-tu ?

Albus grimaça de douleur et soutint le regard du démon dans un air de défi.

_Pourquoi ferais-je ça alors que je risque la peine de mort si on découvre que j'ai passé un marché avec un démon ?

Ciel ricana.

_Bonne question en effet. Mais réponse simple; si tu es le plus grand sorcier du monde, qui sera au dessus de toi pour te condamner ? Qui oserait s'en prendre à Albus Dumbledore, le sorcier le plus puissance d'Angleterre ? Tu seras craints et respectés. Et le temps que les gens découvrent notre petit marché, tout le monde aura oublié les démons et la guerre. à moins que tu sois incapable de garder un secret aussi peu difficile à cacher ?

Ciel resserra sa prise.

_Alors ? Qu'en penses-tu ? Je ne te demande même pas ton âme, seulement une âme peu importe laquelle.

Albus tenta de se dégager, mais c'était vain. La prise du démon était bien trop forte.

_S'il vous plaît... Lâchez moi...

Ciel soupira et le relâcha. Le garçon tomba lourdement sur le sol et reprit son souffle.

_Je veux une réponse Albus, fit la créature derrière ses barreaux.

Albus accorda un regard meurtrier au démon.

_Je ne veux pas faire de marcher avec vous... Vous n'avez que ce que vous méritez ! vous et tous les autres !

Ciel le fixa du regard, neutre, inébranlable.

_Bien. Si tu changes d'avis sache que cette proposition tient toujours.

_Jamais !

Albus se leva et sortit en courant du cachot haletant.

Les jours et les semaines passèrent. Albus ne redescendit pas voir le démon durant toute son année scolaire. Néanmoins plus le temps passait plus il repensait à cette proposition. Le pouvoir lui donnait vraiment envie. Il voulait être plus puissant. C'était peut-être dû à une certaine fougue adolescente, ou à une mauvaise influence de son ami Gellert, mais le jeune Gryffondor finit par revenir voir le démon dans le cachot. Ciel le reçut avec un regard malicieux, comme s'il l'attendait.

_Tu as changé d'avis Albus.

Le sorcier hocha la tête n'accordant qu'un regard dur au petit prisonnier.

_Je veux devenir le meilleur sorcier de toute l'Angleterre. Et je suis prêt à tout pour y arriver.

Le démon lui accorda un large sourire.

_Bien... Approche. Allez...

Albus hésita mais obéit. Le démon lui saisit la main.

_Dis-moi Albus, sais-tu comment sont né les sorciers ? Ce sont les démons qui leur ont accordé leurs pouvoirs... Ce n'était que des moldus, mais qui ont échangé leurs âmes contre des pouvoirs, ils voulaient être forts, comme toi, mais au final, ils n'ont connu que malheur pour eux, et toute leur descendance de sorcier... Si les autres de mon espèce ont pu accorder tant de pouvoir à de simples mortels, il est facile de les amplifier, même pour un démon affaibli comme moi. Ne t'inquiète pas, ça ne va pas faire mal.

Ciel serra sa main dans la sienne, ses ongles noirs longs comme des griffes de rapace s'enfoncèrent dans sa chair.

Albus gémit de frayeur alors que des veines noires parcourraient sa main puis son bras. Un pentagramme se dessina au creux de son coude avant de s'estomper.

_Qu'est-ce que c'est ?...

Il leva les yeux vers ceux du démon qui brillaient intensément.

_Ce n'est rien d'autre que de la force. Du pouvoir. Je peux même te rendre immortel si tu le souhaites. Rien de plus simple que d'arrêter ton vieillissement. Même si j'aurais besoin d'un peu d'énergie pour faire ça.

_Non... Non je ne veux pas l'immortalité...

Ciel haussa les épaules.

_Sage décision. L'immortalité est une malédiction.

Il retira sa main et se retira dans sa prison.

_Va-t'en. Et ne parle à personne de notre marché, veux tu ?

Albus hocha vivement la tête et partit. Ciel resta dans sa cage, pensif sur son avenir proche. Le jeune sorcier pourrait le maintenir en vie le temps que la guerre se termine, après ça, il pourrait tenter de sortir de là...