Bonjour !

Ce texte est un post-série. Merci à mon Poulpe/Hannibalette/Miss Amande pour la relecture !
Je l'ai écrit en pensant beaucoup à "Beacome the Beast" de Karliene.

Bonne lecture !

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Dans le sang nous nous découvrons

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L'odeur du sang était omniprésente. Il n'y avait qu'elle, pesant dans l'atmosphère, semblant imprégner chaque objets de la pièce, et se graver à jamais dans ses narines, comme si elle ne le lâcherait plus jamais.

Mais c'était déjà le cas.

Cela faisait longtemps que Will la sentait toujours, vicieuse et insidieuse, se réveillant dans des moments incongrus. Depuis la mort de Garrett Jacob Hobbs, l'odeur du sang le suivait.

Mais elle semblait différente aujourd'hui. Il pouvait presque... L'apprécier.

Reprenant doucement son souffle, l'ancien profileur cherchait à analyser ce qu'il y avait autour de lui, à reprendre conscience de la réalité.

La première chose qu'il nota, c'était le regard d'Hannibal braqué sur lui.

Vêtu d'un costume noir à la coupe comme toujours impeccable, les jambes croisées, une main sous le menton, il le regardait avec une intensité qui lui était propre. Un sourire flottait sur ses lèvres, semblant à la fois doux, appréciateur et prédateur.

La seconde chose qu'il réalisa, c'était le cœur encore chaud et sanglant, qui reposait sur sa paume.

Sans prendre le temps de s'occuper du reste de la scène, il contourna quelques chose pour s'approcher de son amant. Celui-ci décroisa les jambes et se redressa, avec un sourire plus franc.

-C'est magnifique.

-C'est pour toi. J'ai tué pour toi. Je...

Perdu, Will se contenta de déposer le cœur dans les mains d'Hannibal. Ce dernier l'embrassa doucement, dans un baiser lui aussi imprégné du goût du sang.

-Je connais une excellente recette. Tu as grandement besoin de reprendre des forces !

Will fronça les sourcils, l'air perdu. Son amant perdit son sourire, et le regarda avec attention.

-Qui a-t-il ? Demanda d'une voix douce, presque un murmure.

-Que m'as tu fais ? Que suis je devenu ?

-Ce que tu aurais dû être depuis toujours. J'ai fait ressortir ton vrai potentiel, ton vrai toi. Ne les écoute pas. Tu es exactement ce que tu devrais être. Ils ont tenté de t'aseptiser, te domestiquer. Je t'ai libéré.

-C'est toi qui m'a fait ça qui m'a...

-Qui t'a libéré.

Le regard du cannibale était toujours braqué sur lui, et il s'y sentait piégé, telle la biche prise dans les phares d'une voiture. Ou peut être était il la biche perdue dans le regard du cerf ?

Avec Hannibal il ne savait jamais ce qu'il était vraiment. Proie, égal, amant,… Leur relation était si compliquée, si…

Il ne savait pas y mettre de mots.

Loin de le laisser se perdre dans ses pensées, le sourire d'Hannibal se fit doux, rassurant.

-Vas prendre une douche, Will. Tu es couvert de sang, tu ne peux pas passer à table ainsi. De même, tu seras plus à l'aise après.

L'ancien profileur acquiesça, et s'en alla suivre le conseil de son… le conseil d'Hannibal.

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L'eau ruisselait sur son corps. D'immaculé, elle se souillait, emportant avec elle le sang qui couvrait Will. Toujours perdu dans ses pensées, il leva les mains, et les creusa en vasque. Le liquide s'y accumulait, perdant sa transparence pour un rouge sombre et sale.

Un instant, l'ancienne vie de Will lui revint en mémoire, et alors qu'il parcourait ses souvenirs, il lui semblait qu'ils se troublaient dès lors qu'Hannibal entrait dans sa vie.

Il écarta les mains, et l'eau sembla redevenir un instant transparente, avant de tomber. Et l'ancien profileur ferma les yeux, et bascula la tête en arrière, pour laisser l'eau s'abattre sur son visage.

Le choc le ramena à cette chute de la falaise, après ce premier meurtre partagé. À toutes ces émotions qui l'avaient traversées. À l'évidence de son amour pour Hannibal, l'horreur et la passion du meurtre, de ce sentiments de puissance, de domination, de contrôle.

Leurs vies étaient si étrange, depuis cette chute. Une fuite constante, sans fin, nageant dans l'amour et le sang. Une passion dévorante, l'un pour l'autre, et pour leurs victimes.

Quelque fois, il s'y perdait. Il ne savait plus où l'influence du cannibale commençait et s'arrêtait, s'il était totalement lui, ou si une part de lui était devenue Hannibal.

Lorsqu'il se regardait dans le miroir, il avait peur d'y croiser les yeux de son amant.

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Il se retrouvèrent à table, quelques heures plus tard. Devant eux, une multitudes de plats avaient été disposés, tous composé d'un morceau de la victime de Will, cuisinée avec amour et talent par Hannibal.

Ils étaient chacun assis à un bout de la table, se faisant face. Séparés par le meuble en bois, relié par un chemin de table d'un blanc immaculé, qui les liait d'une façon aussi évidente que ces regards qu'ils se lançaient depuis toujours.

La pièce était plongée dans les ombres qui planaient au dessus d'eux, comme un rappel à leurs âmes et leurs vies.

Seuls les chandelles les illuminaient, l'obscure flamme de leur amour brillant dans le néant de leur actes. Accrochant la lumière, les couverts disposés avec élégance la reflétaient doucement par mille reflets orchestré par le sens de la mise en scène d'Hannibal.

Ce dernier avait dressé les assiettes, et, d'un geste ample, les présenta à Will.

-Brochettes de cœur et foie au chutney de betterave.

Puis, il déploya sa serviette pour la disposer avec élégance, et regarda son amant avec un de ces sourires dont il avait le secret.

-Bon appétit.

Une fois de plus, Will se laissa happer par l'expression de son amant, et sourit. Ses doutes et ses peurs lui revinrent telle une vague, et il ferma les yeux.

Le noir se condensa en une forme aux multiples bois, cet être qui le terrifiait, autrefois. Lorsqu'il ouvrit ses paupières, la forme noire se fit pâle, et la créature qui hantait son esprit devint l'être qui sublimait ses jours.

Le coin des lèvres de l'ancien profileur se soulevèrent.

-Bon appétit.

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Chat et souris, chasseur et cerf, psychiatre et patient, autorité et criminel. Leur danse malsaine c'était arrêtée. Il ne restait que deux être se fondant ensemble dans les ténèbres.