Présentation

Titre : Tu seras ma femme

Disclaimer : rien ne m'appartient, sauf cette histoire et le personnage d'Alexa.

Bêta : Sakhina

Bonne lecture à tous, anciens comme nouveaux, et n'hésitez pas à laisser une trace de votre passage à l'aide des reviews. Quand on écrit, il n'y a que ce moyen de savoir ce que ressentent nos lecteurs ! J'espère que ce chapitre vous plaira

Je n'ai pas eu le choix de vous faire attendre, je m'en excuse.


Remerciements

Merci à tous ceux qui ont marqué ma fic en favori ou à suivre. Merci à à Guest pour sa review.

RAR anonymes.

Guest : ravie de telire, ta fidélité fait chaud au coeur, je suis ravie que tu apprécies les changements d'écriture, je ne peux que remercier ma bêta qui se donne du mal pour m'aider à donner le meilleur de moi-même ! Et merci à toi d'être là, chapitre après chapitre, je crois que tu es mon moteur dans cette fic, même s'il n'y a que toi qui lit, alors ça vaut le coup de poster ! :) Bonne lecture 3


Chapitre 4 : Qui es-tu ?

Sirius était nerveux, trop nerveux pour un simple soir de buffet d'Halloween du trente et un octobre.

En effet, il n'avait pas le cœur à la fête, car tout ce qu'il retenait de cette soirée était que, dès le lendemain matin, les calèches menées par des sombrals le mèneraient au Poudlard express qui le conduirait directement à son père.

Alors, pour quinze jours, il serait le prisonnier de sa famille, de cette maison, de leurs idées. Et au vu des derniers courriers échangés avec son paternel, Sirius n'avait pas hâte.

- On se prépare, Patmol, faut descendre dîner !

James lui lança un oreiller qui fit à peine réagir Sirius, allongé sur son lit, les bras derrière la tête.

- Allez Pat' ! l'encouragea Rémus qui ajustait son nœud de cravate en se regardant dans un miroir. Ça fait un mois maintenant que tu as reçu cette beuglante, je suis certain que les élèves de Poudlard n'auront pas la tête à se moquer de toi !

Un grognement dubitatif émana du garçon, vexé.

La punition de leur directrice de maison avait été d'un sadisme jamais atteint. Sirius avait dû écrire un parchemin qu'il n'avait pu envoyer à ses parents qu'après l'aval de son professeur, pour leur témoigner de ce qu'il avait commis à Poudlard depuis le début de la rentrée scolaire. Il lui avait fallu pas moins de quatre rédactions pour qu'enfin, McGonagall trouve la missive correcte.

Dès le lendemain matin, Sirius reçut pour réponse de son géniteur une beuglante particulièrement tonitruante et menaçante. Elle avait immédiatement résonné contre les murs de la grande salle devenue l'espace d'un instant silencieuse, avant d'être rapidement couverte par les éclats de rire de l'ensemble de ses camarades, ou presque.

Si les moqueries qu'il recevait depuis régulièrement de la part de ses camarades l'ennuyaient, c'était la promesse de son père dans cette beuglante qui le rendait nerveux. « Tu as dépassé les limites, je vais enfin te faire rentrer dans le droit chemin ! Tu n'as que trop testé ma patience, attends-toi maintenant au pire. »

Il y avait depuis de réguliers paris lancés, des blagues à l'encontre de Sirius pour le tester, voir s'il irait à l'encontre des menaces paternelles qui avait envahi la Grande Salle. Mais non, Sirius avait tenu bon, régi par une peur qui s'était insinuée dans ses entrailles, car les menaces dans la lettre de son père qu'il avait entendues, faisaient directement écho à son été.

Les élèves, notamment des Serpentards, ne manquaient pas d'imagination et avaient quotidiennement des idées pour mettre les nerfs de Sirius à rude épreuve. Heureusement qu'il pouvait compter sur le soutien sans faille de ses amis. A commencer par James qui rétorquait pour lui, quand le crime était signé. Le cerf se sentait en effet coupable de la lettre qu'avait reçue Sirius, puisqu'il était à l'origine de la blague envers Rogue qui avait tout déclenché.

- Il aura sûrement oublié, d'ici là, tenta James, lui-même pas convaincu par ses propres mots, en s'asseyant sur le lit de Sirius.

- Mon père ? Oublier ? Tu parles, rétorqua-t-il, je suis bon pour une semaine dans les cachots, et l'autre à cirer le parquet d'un bout à l'autre de la maison avec une brosse à dent et des coups de canes chaque fois que je n'irai pas assez vite à son goût, maugréa Sirius avant de soupirer.

Le regard que Peter, James et Rémus échangèrent fut plus parlant qu'un long discours. Orion Black n'était pas un modèle de douceur, ils le savaient, et d'ailleurs, si tous savaient les coups qu'endurait Sirius, ils étaient simplement choqués qu'il en parle, ouvertement et de lui-même. C'était là le signe qu'il devait être réellement nerveux. Rémus se gratta la gorge nerveusement. Que Sirius évoque sa vie au sein de sa famille était véritablement une première et ça rendait ce fait étouffant. Il n'avait que seize ans, et à seize ans, on est encore que trop jeune pour savoir comment sortir son meilleur ami de cette situation.

- Tu pourrais peut-être demander à Dumbledore une dérogation pour rester ici, pendant ces vacances ? proposa sans trop d'espoir Rémus.

Sirius lança à son ami un regard lourd. Cette idée n'était pas mauvaise, en théorie, mais dans la réalité…

- Parce que tu crois que ça changerait vraiment quelque chose ? Je ne vais pas rester terré dans cette école toute ma vie. Je recevrai bien un jour ou l'autre ces coups de canes que je semble tant mériter.

Il avait parlé d'une voix atone, qui renforça l'inquiétude de ses meilleurs amis.

- Cette situation n'est pas normale, persista Rémus, et ton père…

- Mon père, le coupa immédiatement Sirius en levant une main dans l'air, est un connard. Mais je n'ai pas le choix. Je sais que cette situation vous dégoûte, mais croyez-moi, je suis le premier concerné. Toute tentative pour fuir mon paternel ne peut qu'être une mauvaise idée. J'apprécie votre inquiétude, mais essayez de ne pas trop vous en faire, je suis… Sirius hésita, mais était déterminé à rassurer ses amis, coupable de voir leurs mines inquiètes, je suis habitué maintenant. Ça ne pourra pas être pire que ça ne l'ait déjà été.

- Sirius, on essaie juste de t'aider, releva James, cette situation nous fait mal, ce que tu vis n'est pas normal…

- Je sais, soupira Sirius, je sais que vous n'essayez que de m'aider, mais c'est inutile. Lutter contre Orion Connard Black est inutile.

- Alors pourquoi cette fois tu stresses autant à l'idée de rentrer chez toi ? argumenta Rémus

Sirius ne répondit pas, ses amis étaient déjà assez inquiets de ce qu'ils savaient… Se terrant dans le silence, il afficha un sourire vague qui ne rassurait personne dans le dortoir. Mais son attitude avait signé la fin du dialogue. Sirius s'était refermé.

- Tu as toujours le miroir double-face ? intervint une dernière fois James.

Il vit Sirius hocher la tête. Et soupira.

- Si tes vacances vont être pourries, peut-être vaut-il mieux essayer de ne plus y penser pour ce soir et profiter de ta soirée d'Halloween correctement, Patmol, proposa Peter qui était bien malheureux devant la détresse de son ami.

Sirius posa sur lui deux yeux brillants, et James vit apparaître une flamme malsaine qui ne lui présageait rien qui vaille.

- Tu as raison Peter, descendons et tâchons de profiter de cette soirée. Ce n'est pas comme si le buffet allait nous attendre, dit alors Sirius en sautant sur ses pieds, et ajustant sa chemise.

TSMFTSMFTSMFTSMFTSMFTSMFTSMFTSMFTSMFTSMFTSMFTSMF

- Je ne suis plus si sûr que cela soit une si bonne idée que ça, Sirius, chuchota James sous sa cape d'invisibilité

- Aïe, mais arrête de parler et avance, tu m'as écrasé le pied ! répondit son ami

- Pardon.

Ensemble, ils descendirent jusque dans la grande salle. Les décorations étaient encore en place, donnant un air presque lugubre à la pièce maintenant que les festivités étaient terminées et que tous les élèves étaient partis se coucher, le ventre bien plein de tarte à la citrouille, pintade aux marrons et autre île flottante.

Tous, sauf James et Sirius, ils avaient quitté leur dortoir, une fois certains que le château tout entier était endormi, recouverts de la cape d'invisibilité de James et venaient d'arriver dans la grande salle où ils se débarrassèrent de la cape.

- Honnêtement, Sirius, reprit James qui s'inquiétait pour leur ami, alors que ton père…

- Mon père ne m'impressionne, il doit apprendre à se détendre et à s'amuser… contra Sirius, l'air bien trop déterminé.

Il fit le tour des décorations et se mit à compter les citrouilles dans la salle.

- A ton avis, on déclenche ça pour quelle heure ?

James le regarda circonspect, sans répondre.

- Allez James, ça les fera tous rire, j'en suis sûr. Et après quoi, je gagnerai un coup de canne ou deux de plus ? Quitte à être puni, autant que je les mérite, ces coups de cannes, son air se fana lorsqu'il ajouta tout bas, peut-être même ces doloris …. , alors pour quelle heure ? répondit-il finalement après avoir soupiré comme pour chasser des pensées négatives.

- Qu'est-ce-que tu cherches à prouver ? lui demanda James, sans cesser de murmurer.

- Je ne cherche rien à prouver, Sirius se retourna vers lui, la mâchoire serrée et l'air furibond, dis-moi James, tu trouves ça normal ? La vision de mon père je veux dire ! Depuis que j'ai trois ans, je mène une vie d'enfer à respecter des codes vieux comme le monde, désuets, délétères, pernicieux que je méprise, je prends des coups de cannes et des sortilèges à longueur de temps parce que je ne suis pas et ne serai jamais le fils idéal. Je m'y suis fait, et tu sais quoi James, qu'est-ce-qu'il pourrait bien faire de pire ? M'affamer ? Sirius commençait à énumérer à l'aide de ses doigts, déjà fait, me frapper ? déjà fait, m'humilier ? pareil, me torturer ? J'ai subi mon premier Doloris à huit ans, alors quoi ? J'ai mérité ça peut-être ? Je ne suis pas né dans la bonne famille, mais ça ne fait pas de moi un coupable pour autant. Alors quitte à subir peut-être tout ça en même temps, autant que je le mérite au moins un minimum !

Et essoufflé de son speech, il sortit rageusement des petites pépites noires de sa poche et commença à les compter.

- M'en manquera quelques-unes, James, tu en as combien encore ? Allez, ensemble, faisons de cette halloween, un souvenir qui marquera l'histoire de Poudlard.

James l'étudia un moment, il était toujours prêt pour les bêtises, les petites blagues, c'était après tout une question d'honneur pour ce Gryffondor. Mais il ne pouvait s'empêcher de commencer à avoir peur pour son ami. Son père était un tordu, un tordu sadique…. Mais en vrai, cette blague n'était pas vraiment méchante, il n'était après tout question que de citrouilles….

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Alors qu'il venait d'arriver dans la demeure Black, Sirius fût immédiatement accueilli par son père, en haut de l'escalier qui dominait l'entrée, appuyé sur la rambarde, l'air engoncé dans ce costume strict qu'il ne quittait jamais.

- Bonjour fils, susurra-t-il d'une voix emplie de fiel.

- Bonjour père, répondit avec méfiance Sirius.

L'autre n'ajouta rien. Alors, doucement Sirius récupéra sa valise que l'elfe de maison avait déposé à ses côtés et tenta de monter la première marche de l'escalier qui devait le mener à sa chambre.

- Je peux savoir où tu comptes aller ? demanda le paternel qui lança un sort de barrage au-delà de cette marche sur lequel son fils se tenait.

Sirius hésita, maintint son pied droit sur la marche et répondit sans le regarder :

- Je vais aller me faire oublier dans ma chambre pour les quinze jours que je dois passer ici, Père…

Un rire doux et malsain naquit chez Orion Black qui descendit avec une lenteur exagérée les quelques quinze marches qui séparaient le fils du père.

Arrivé à hauteur de son fils, il le toisa avec mépris, avant de murmurer quelque chose.

Arrivé à hauteur de son fils, il le toisa avec mépris, avant de murmurer quelque chose.

Sirius écarquilla les yeux, réalisant trop tard le sortilège qui avait atteint sa poitrine. La douleur maintenant si connue se répandit insinueusement en lui, brûla les chairs, cassa les os, explosa les organes. Il connaissait les effets du Doloris, par cœur. Aussi, par un réflexe acquis, il attrapa la rambarde de l'escalier, l'enserrant dans sa main, comme si elle seule pouvait le maintenir en vie, tandis que son corps était soumis à l'impardonnable. Le doloris arrachait sa peau à vif, ses yeux semblaient plein de lave et sa tête, … sa tête menaçait d'exploser. Il retint à peine un cri qu'il transforma en une complainte pathétique qui ne fût bientôt que grognement. Avec la pratique, il avait appris à ne plus hurler. Il savait le plaisir qu'il donnerait à l'homme s'il se laissait aller à emplir la maison de son désespoir hurlé. Alors, Sirius serrait les dents, laissait échapper à l'occasion un gémissement aigüe, s'accrochant à la rambarde comme unique contact avec la réalité.

Le temps semblait suspendu, ivre de douleur, et quelques trop longues secondes plus tard, son père leva le maléfice et Sirius pût reprendre son souffle.

Il vit, la tête appuyée contre le tapis austère de l'entrée, les chaussures trop bien cirées de son père se poster près de lui. Et la voix implacable de celui-ci retentit dans l'entrée :

- Pas de chambre pour toi, fils, dit-il d'une voix qui contenait toute la froideur de sa haine, les cachots t'attendent.

Un claquement de doigt résonna et Sirius se sentit atterrir dans l'un d'eux, au plus profond de la demeure Black.

- Fait chier ! ragea le jeune homme qui donna un coup de poing inutile dans l'un des murs.

Ce cachot… il ne le connaissait que trop bien, chaque fois le même, à moins qu'en réalité, chaque pièce dans ces oubliettes ne se ressemblent, Sirius n'en savait rien, s'en fichait même… Des grilles rouillées, un lavabo émaillé d'où coulait de l'eau trouble à la teinte qui n'inspirait pas la confiance, et ce mobilier : une unique chaise de bois qui trônait au milieu de la pièce et un matelas troué recouvert d'une couverture rapiécée.

Il faisait noir et froid dans ces cachots, seule la légère lueur des bougies disposées dans les couloirs offrait au prisonnier un peu de lumière, de réconfort, quand les elfes de maison n'avaient pas oublié de les changer. Alors il s'assit, contre le mur froid, le sol humide, et glissa sa tête dans ses genoux. Comptant déjà les secondes qui s'égrenaient dans un silence assourdissant.

Quelques jours venaient ainsi de s'écouler, Sirius n'aurait pu dire combien exactement. Il n'avait pas accès à une vue sur l'extérieur pour distinguer du jour et de la nuit. Il tentait alors de garder la conscience du temps qui passe grâce aux ersatz de repas fournis par Kreattur. Mais les repas étaient distribués à des horaires variés, comme si l'elfe de maison les lui donnait quand il y pensait ou en avait envie, alors cela faussait beaucoup le garçon dans sa quête du temps.

Les vacances ne lui avaient jamais parues aussi longues. Il détestait être ici. Chaque seconde passée, comme à chaque fois, lui semblait une éternité, il n'avait à sa disposition rien pour se distraire, vivait dans une pénombre relative, et rien pour se réchauffer. Mais le pire restait les visites, son géniteur considérait comme loisir de venir, à l'occasion, dégourdir sa baguette et sa langue à coup de maléfices et d'humiliations. Orion était déjà venu cinq fois. De trop pour Sirius qui, chaque fois, se vengeait sur le matelas en lui octroyant un nouveau trou duquel il extrayait le rembourrage.

Dans son bureau, après le repas familial où une place était libre, Orion Black réfléchissait. Il était excédé. Les méthodes éducatrices de l'homme d'âge mûr étaient les mêmes qu'il avait reçues, en beaucoup moins drastiques. Lui avait adhéré naturellement aux idées que la famille Black défendait : l'honneur, la fierté, la supériorité de par leur sang. Il se demandait souvent ce qui avait failli chez sa descendance pour que son aîné humilie son nom, dès son plus jeune âge. A huit ans, il avait proposé de l'aide aux elfes de maison ! Assis sur sa chaise, les bras sur les accoudoirs, Orion grogna à ce souvenir. Il se rappelait avoir dû sévir sur son fils. Mais c'était comme si depuis ce doloris, il avait perdu toute autorité sur cet enfant qui n'avait alors plus jamais cessé de le défier. Sa rentrée à Poudlard, cette maison Gryffondor, et ce qui lui servait d'amis.

Et alors que son fils était sous son toit, il avait trouvé moyen de faire parler de lui à Poudlard. Orion Black tenait dans ses mains le parchemin de son directeur exposant son dernier méfait en date. La veille des vacances. Un attentat commandité par son fils qui avait fait exploser, à l'heure du déjeuner, toutes les citrouilles de la grande salle, recouvrant élèves, professeurs, murs, tout ce qui pouvait être recouvert, d'une gelée épaisse et odorante de citrouille. Un des morceaux avait fini dans l'œil d'un premier année, qui avait eu le malheur de ne pas rentrer chez lui pour les vacances, le conduisant droit à l'infirmerie. Cela n'avait pas du tout fait rire le directeur de l'école, mais c'était encore Orion Black qui s'amusait le moins de cette honte.

Mettre l'opprobre sur la famille, voilà la seule chose que son aîné était capable de faire. Âgé de seize ans, Sirius n'avait, aux yeux de son père, acquis aucune sagesse, ne disposait d'aucun honneur auquel les Black tenaient tant. Pureté, sagesse, fierté, Sirius ne possédait aucun de ses attributs. Il était le vilain petit canard de la famille. Trafiquer des citrouilles, voilà bien des occupations indignes de notre famille ! pensait Orion en froissant dans son poing la lettre marquée du sceau de Poudlard, Ces misérables goujateries sont dignes de sang-de-bourbe, et mon fils en se prêtant à exploits salit notre notre nom, notre réputation…

Orion ne comprenait définitivement pas pourquoi ses méthodes n'avaient pas fonctionné sur son aîné là où elle réussissait parfaitement sur Régulus, rigueur, discipline, autorité… Il était, à chaque soirée mondaine, la risée de ses pairs, qui avaient eu vent par leurs enfants des frasques de son héritier. Et pour Orion Black, c'était là un affront qu'il ne pouvait plus supporter. Son fils allait définitivement retrouver le droit chemin. Il en avait longuement discuté, avec l'un de ses plus proches amis, depuis cette pathétique blague qu'il avait réalisé contre ce Serpentard, qu'Orion ne connaissait maintenant que trop, et pour cause, Severus Rogue était la victime préférée de son fils et de sa bande.

Avec cet ami du ministère, il avait trouvé la solution si ultime et redoutable qu'il savait qu'il allait, par ce moyen, mettre son fils à terre. Son ami n'attendait qu'un mot de sa part. Orion avait gardé l'espoir de le faire rentrer dans le droit chemin autrement, mais il n'avait plus le choix s'il voulait retrouver un certain honneur dans les soirées mondaines ou au Ministère. Ce qu'il avait mis en place était un piège particulièrement Serpentard, que Sirius n'allait pas voir venir.

En soupirant, il attrapa une plume et de l'encre, il voyait bien, malgré les punitions toutes plus inventives et douloureuses les unes que les autres, briller dans le regard de son fils une étincelle d'entêtement qui ne faiblissait pas au fil du temps, bien au contraire. Et il avait espéré pouvoir le briser sans en arriver à cet extrême, mais son fils était borné, aussi borné que pouvait l'être un Black. Il ne défendait cependant pas les bons idéaux, et sa solution allait enfin remédier à cela. Il entreprit alors d'écrire à ce même ami, un aristocrate travaillant avec lui au ministère de la magie pour convenir dès ce soir d'un rendez-vous.

Il était temps. Sa patience n'avait été que trop étirée. Les rouages de son plan diabolique étaient prêts, tout n'avait plus qu'à s'enclencher, et enfin, il tiendrait son fils dans le creux de sa main.

En attendant, Sirius allait devoir s'expliquer, et l'explication allait devoir être particulièrement convaincante pour apaiser la fureur paternelle.

- Bonjour Sirius !

La masse informe, recouverte de ce vieux plaid sale et déchiré sur ce matelas éventré, ne bougea pas.

- Tu n'as toujours pas appris le respect à ce que je vois ? releva Orion, en tirant doucement sa baguette de son fourreau.

Si, le respect Sirius l'avait appris, et l'appliquait envers ceux qui le méritaient, mais surtout, il était actuellement trop faible pour répondre. Engourdis, le corps transis de froid, le ventre tiraillé par la faim et la soif, mais surtout la douleur, cruelle et mordante qui ne le quittait plus. Les doloris avaient été trop longs, trop nombreux, les sorts de brûlure et autres maléfices avaient eux aussi été distribués trop généreusement. Et Sirius n'avait même pas pu appeler à l'aide car son père avait confisqué toutes ses affaires, son miroir à double-sens était enfermé dans sa malle qu'il avait dû entreposer sous clé quelque part.

- Tu ne me réponds pas ? retenta Orion dans un souffle.

Quelques secondes plus tard, Sirius hurlait, son honneur vaincu par k.o par ce traitement infâme qu'il vivait ces derniers jours et il finit par bouger, mué par la douleur.

- Bonjour Père, grinça-t-il quand celui-ci ait mis fin au supplice.

L'ait satisfait, Orion sortit de sa poche la missive rédigée par Dumbledore, et commença à lire d'un ton trop lourd.

« Cher Monsieur Black,

C'est avec regret que je vous écris cette fois encore. Nous sommes pendant les vacances scolaires, je le sais bien, mais je tenais à vous informer de ce que votre fils, en compagnie de Monsieur James Potter, avait organisé pour ce midi, alors que beaucoup d'élèves avaient déjà regagné leur domicile pour les vacances scolaires. Les citrouilles installées dans la grande salle pour la période d'Halloween ont explosé. Elles auraient été remplies de pépites explosives qui ont entraîné leur déflagration. Je vous envoie ci-joint la liste du matériel endommagé, ainsi que le coût pour leur remise en état. En comptant sur votre coopération pour remédier à cette problématique coûteuse à l'école. Il semblerait que les pépites explosives utilisées mélangées aux citrouilles n'aient eu pour résultat que de faire fondre les textiles… Aussi, les uniformes trop détériorés auront été rajoutés à la liste. Je vous informe que cet acte aura aussi eu pour conséquence d'envoyer l'un de nos élèves à l'infirmerie pour soigner son œil blessé. J'ai communiqué à ses parents vos coordonnées afin qu'au besoin, ils puissent vous écrire. Concernant votre fils, les dispositions qui s'imposent seront discutées avec lui, dès son retour.

En vous remerciant par avance, mes respects,

Albus Dumbledore »

Il termina sa lecture en ajoutant :

- Quelque chose à dire pour ta défense ?

Sirius le regarda, pris entre l'envie de rire et la peur des conséquences. Son père semblait complètement furieux…

- Ce ne sont que des citrouilles qui ont explosé, trouva-t-il finalement à dire sous le regard lourd de son père, il n'y a pas mort d'homme !

- 1872 gallions Sirius, rugit Orion.

La somme pour la fortune de l'homme était modique mais il était furieux d'avoir à payer pour réparer les dégâts causés par sa progéniture

- Voilà ce que nous allons faire, Sirius, expliqua-t-il à voix basse, la tête proche des barreaux qu'il n'allait pas s'abaisser à toucher, je vais retirer cet argent de ton compte, et puisque tu n'as pas su prendre au sérieux mes menaces, je vais de ce pas les appliquer. Attends-toi au pire, mais dis-toi que ça sera toujours moins grave que ce qui t'attend. Tu as définitivement dépassé les limites cette fois-ci !

Alors que Sirius s'était redressé pendant le laïus de son père, celui-ci quitta précipitamment la pièce après lui avoir jeté la lettre chiffonnée dans la cellule.

Sirius n'avait pas dormi de la nuit, il avait lu plusieurs fois, à la lueur des bougies que Kreattur avait changé plus tôt rendant un peu de luminosité à ces cachots, la missive que son directeur avait envoyée. Il n'aurait jamais pensé que ces quelques pépites auraient un si grand effet. Bon, s'il l'admettait, le vendeur de la boutique les avait bien mis en garde, mais il avait pensé l'homme un peu trop anxieux… Il regrettait qu'un morceau de peau de cucurbitacée durcie ait atterri dans l'œil d'un élève, même s'il pouffait à l'idée du nombre d'uniformes qu'aucun sort n'avait pu rétablir à l'état d'origine.

Son estomac grommela un peu, et quand quelques longues minutes plus tard, la serrure grinça dans la porte d'entrée, il se réjouit à l'idée d'avoir quelque chose à se mettre sous la dent, enfin. Mais point d'elfe de maison ou de plateau repas. La carrure de son père se dessina dans l'entrée et il descendit rapidement les marches qui le séparaient de la cellule de son fils.

- Tu vas être heureux, commença-t-il, je pense que la solitude doit te peser ?

Intrigué, bien qu'épuisé, Sirius l'étudia avant de répondre :

- Comment ?

Mais son père ne le laissa pas parler plus que cela.

Il leva la main dans l'air et claqua des doigts.

La porte menant aux cachots se ré-ouvrit, laissant pénétrer un Kreattur à l'air bien trop heureux. Qu'est-ce que son père avait-il bien pu lui promettre pour mettre son elfe dans cet état de joie ? Au final, Sirius se dit qu'il ne préférait tout bonnement pas savoir, tout le monde était trop tordu dans cette famille pour qu'il y comprenne quelque chose.

Il semblait tirer quelque chose, ou plutôt quelqu'un, réalisa bientôt Sirius. Qui fût projeté dans la cellule face à la sienne sans ménagement.

- Amusez-vous bien, fit Orion Black, avant de partir, laissant la porte éclairer suffisamment la pièce pour que Sirius distingue les cheveux bruns de ce qui semblait être une jeune fille tremblante.

La porte claqua et la pénombre ambiante les envahit de nouveau. Seul le silence n'était plus. De rares et discrets sanglots étaient venus le chasser.

Sirius n'en revenait pas, que faisait cette jeune femme chez son père, dans ses cachots ? Malgré l'obscurité régnante, il tâchait de l'étudier pour voir si les traits de l'ingénue lui disaient quelque chose…

Non, la faible lueur des bougies avait suffi pour qu'il comprenne qu'il n'avait jamais croisé l'être qui partageait désormais sa situation.


Je serai ravie d'avoir des reviews sur ce chapitre pour savoir ce que vous en avez pensé ! :)