Ecrit pour Kujaku pour un mème d'Halloween sur le thème "poison"


"Ne touche pas à cette plante !" ordonne Wen Qing. "Et à ces feuilles non plus. C'est du poison. Si tu te mets les doigts dans la bouche ensuite tu tomberas malade. Celle-là tu peux toucher, mais surtout, ne mange pas les baies ! Et n'utilise pas les branches pour faire du feu !"

"Tu prends les mêmes pour faire des médicaments !" proteste Wen Ning. Il a déjà dix ans, et Wen Qing n'est pas une adulte non plus, alors il est vaguement vexé, même si elle a raison. Il est venu pour l'aider, et elle ne lui laisse rien faire !

"Oui, mais je les mélange, et je les dose avec soin ! Tout ce qui est puissant est du poison à trop forte dose. Et aussi, tout ce qui est du poison peut guérir, si on en applique la bonne quantité au bon moment."

Wen Ning retient la leçon, même s'il voudrait être traité comme un grand, ou peut-être pour cela.


Des années après, il se rappelle, et alors que les soldats ont frappé et tué une des tantes devant A-yuan, il met les herbes et les baies qu'il reconnaît dans ses poches. Ceux-la ressemblent à une mort naturelle. Il se rappelle de ne pas se lécher les doigts ensuite.

Wen Qing est loin, au chevet d'un malade des Jin, trop brillante pour être utilisée seulement pour des travaux forcés, même par mesquinerie. Elle ne pourra pas le juger, clamer qu'ils n'ont jamais eu de sang sur les mains pendant toute la campagne et que ce n'est pas le moment de commencer. Elle ne pourra pas être injustement accusée.

Les gardes croiront que c'est l'esprit de la tante qui se venge, se dit-il, alors qu'il prend son expression la plus docile pour leur apporter la soupe. Ils ne pourront blâmer personne. Wen Ning a volé des épices, pour camoufler le goût des herbes.

Les hommes meurent dans la nuit. Le camp est mis en quarantaine pendant quelques jours. Wen Ning serre A-yuan dans ses bras, et lui promet qu'il ne tombera pas malade et ne mourra pas. Que tout va bien.

C'est plus plus proche qu'il donnera d'une confession, j'ai tué quelqu'un et je ne regrette rien. C'était exactement la bonne quantité de poison, au bon moment.