Bonjour ou Bonsoir à toutes et tous.
Un petit OS écrit un dimanche après-midi pour un concours entre plusieurs auteurs sur un petit discord sans prétention focus sur HP et ses fanfics.
Mots obligatoires : choc, vampire, volume, papier, princesse.(à choisir parmi eux, le but étant d'en placer le plus possible)
Avec la participation de : LoupSpell (Draco-Luna) / Pakalos (Le vampire et la Princesse) - LicorneDésenchantée (qui n'est pas sur FF)


Lucius Malfoy était médusé. Non, ce mot était encore trop faible. Ce qu'il venait d'apprendre… lui avait causé un véritable choc.

Il n'aimait pas à proprement parler ce qu'il avait eu pour fils, celui-ci n'adhérait suffisamment pas à leurs idéaux, aux idéaux du maître qu'il vénérait. Et lequel lui avait donné une mission.

Et ce bon à rien avait réussi à échouer ! Jetant l'opprobre sur une famille dont le nom perdait en splendeur au fur et à mesure que le temps passait…
Mais s'il s'était attendu à cette punition qu'avait décidé le Maître des Ténèbres pour son fils…
En buvant un verre de whisky sec, il plongea dans ses récents souvenirs.

Son maître avait fait appel à ces créatures méprisées mais pourtant au combien dangereuses.
Le seigneur des Ténèbres comptait nombre de partisans parmi elles. Et les candidatures avaient été nombreuses pour être choisie comme celle qui allait anéantir la lignée Malfoy.
Lord Voldemort les étudia toutes avec soin. Et une semaine après la mort d'Albus Dumbledore, Draco Malfoy se trouvait à genoux dans ce salon, qui était autrefois sien. Tremblant et suppliant. Tournant le dos à une mère dévastée et un père résigné. Un Malfoy doit savoir faire ce qu'il faut. Et son fils n'avait pas réussi.

Devant lui se tenait Ignatius Holst. Ses yeux étaient rouges, sa peau blanche et froide, comme il le pressentait, alors que l'homme venait de l'attraper par le cou pour le dresser sur ses jambes avant de l'attirer à lui dans une étreinte malveillante.

Boire du sang d'un Malfoy, voilà bien un fantasme que le vampire ne pensait pas réaliser un jour. Mais les consignes données par le seigneur des Ténèbres avaient été claires… il ne devait pas le tuer, non, juste boire quelques gorgées, assez pour le vider quasiment de son sang. Assez pour lui laisser un volume suffisant de sang qui se régénérerait envahi d'un puissant poison qui devrait le transformer.

La morsure ne fût pas trop douloureuse, pensa Draco alors que son liquide vital était aspiré goulûment par cet être qu'on lui avait tant appris à mépriser. L'humiliation, elle, fût pleine et totale. Dans ce salon, si familier autrefois, recouvert de marbre noir et gris sur le sol et les murs, il allait être transformé en créature vampirique.

Quelques longues secondes plus tard, il sentait que la poigne le relâchait, ou plutôt le rejetait, car il tomba, épuisé, aux portes de la mort, sur ces dalles trop froides. Sans que personne, pas même sa mère, n'amorce un mouvement pour l'aider.

Sans un bruit, après un claquement de doigts donné par Lord Voldemort, tous quittèrent la pièce, même Nagini ne lui accorda pas un regard en glissant près de lui.

Draco Malfoy expira difficilement. Il sentait brûler en lui un poison qui l'envahissait au fur et à mesure de sa respiration laborieuse. Fermant les yeux, il s'abandonna, ne ressentant même plus le froid mordant du marbre sur sa peau.

Draco Malfoy était en train de mourir, pour n'avoir su tuer.

Lucius Malfoy était là, dans ce salon qui avait cueilli la mort et la pseudo-renaissance de son fils. Qui ne l'était maintenant plus que sur le papier. Dans les faits, Lucius Malfoy ne pouvait plus assumer d'avoir pour descendance une créature, surtout un vampire. C'était des êtres malfaisants, buvant du sang pour survivre et ne tolérant pour lit qu'un cercueil.
Il soupira en vidant son verre, pour la quatrième fois.

Ça faisait trois jours que Draco avait été mordu, et enfin, le Seigneur des Ténèbres l'avait autorisé à le voir.

Il hésita quand il arriva devant la pièce qui avait été la chambre de son descendant. La pièce n'occuperait bientôt plus cette fonction, et son fils… ne l'était déjà plus. Toutefois, Lucius devait aller le voir. Au moins pour aborder avec lui les dispositions qu'il avait décidées.
Alors qu'il allait toquer à la porte, celle-ci s'ouvrit, et une nurse en sortit, les mains pleines d'un plateau, qui vacilla alors qu'elle sursauta à la vue de son Maître qui l'avait embauché, à la naissance de son descendant.
Elle allait perdre son travail, dès que le garçon qui gisait dans ce lit derrière elle, serait guéri.

- Comment va-t-il ? s'enquit Lucius sans même la regarder
- Il a reprit des forces, Monsieur, répondit avec humilité la domestique, je pense que Monsieur votre Fils sera…

- Ce n'est plus mon fils, persiffla Lucius avec colère, faisant trembler la pauvre femme face à lui.

- Pardon Monsieur, bredouilla-t-elle, émue du sort de cet enfant qu'elle avait vu grandir sans amour.

Après avoir éclairci sa gorge, elle reprit :

- Il accepte déjà le sang animal et il garde conscience plusieurs heures par jour désormais.

D'un geste de la main, Lucius indiqua qu'il en avait assez entendu et qu'elle pouvait disposer.

En s'inclinant, la nurse quitta la chambre et disparut dans l'angle du couloir.

Lucius Malfoy hésita légèrement, mais finalement entra dans la pièce, dont les volets avaient été fermés, laissant dans la pièce une pénombre approximative dissoute par quelques bougies disposées ça et là.

- Comment vas-tu ? demanda le père au fils sitôt qu'il fût assez proche du lit pour constater la pâleur et l'amaigrissement de son unique descendant.

Pas de réponse, aussi, Lucius trouva enfin le courage en lui pour plonger son regard sur le visage de Draco qu'il détailla. Les joues étaient creusées, pâles, le front moite, la bouche était un peu blanche, la seule touche de couleur sur ce dessin monochrome était les yeux. Deux rubis trônaient en lieu est place des orbes grises dont la couleur était unique à la famille Malfoy.

C'était acté, Draco Malfoy n'était plus, seule la créature existait. Et ça répugnait son père d'autant plus que sa colère se ravivait. Si son fils avait su obéir, si son fils avait pu n'écouter que ce qu'on lui disait de faire, plutôt que son cœur, s'il avait eu un poil plus de courage et moins d'empathie.

Alors rien de tout ceci n'aurait eu lieu, aujourd'hui. La famille Malfoy n'aurait pas eu à subir le courroux de leur maître, Draco n'aurait pas subi cette punition des plus terribles et le projet mariage avec Astoria, fille de bonne famille, aurait été encore d'actualité.

Mais son fils avait été ce qu'il avait toujours été, décevant, pathétique, faible, et avait ainsi condamné sa famille. Ne lui offrant plus aucune possibilité de descendance, condamnée à mourir, le jour où Lucius connaîtrait son dernier souffle.

- Tu ne veux pas me parler ? Lucius renifla avec dédain, humilié de n'éveiller que si peu l'intérêt de cette créature que l'on disait très fière, pas de souci, j'ai assez à dire pour meubler la conversation pour deux, rassure-toi ça ne sera pas très longtemps.

Il laissa un silence s'installer.

- Je la trouve bien chère payée, cette tentative de rébellion, commença Lucius après s'être assis sur un fauteuil positionné près du lit, tu auras, j'imagine, toute l'éternité pour repenser à ton acte, j'imagine que ce ne sera pas assez pour le regretter, tandis que tu verras notre nom, celui auquel tu n'as jamais fait honneur, disparaître.

Le visage de Draco se tourna vers lui, un air triste voilant ces rubis étincelants. Il avait envie de tuer son père pour ses mots, il n'en avait pas la force, pas le courage. Et il avait cette petite voix en lui qui lui murmurait qu'il méritait son sort.

- C'est pourquoi, j'ai décidé, …

Draco nota qu'il n'avait nullement écouté ce qu'avait dit son père qui l'avait amené ici, il s'était perdu dans ses ruminations dès qu'il avait ouvert la bouche, aussi il s'obligea à reporter son attention sur celui que lui considérait encore comme son père

- Que tu irais passer le reste de ton éternité, Lucius eut un rictus moqueur, chez ton oncle éloigné, il habite en France, dans un château perdu en pleine forêt. Idéal pour toi, tu seras autorisé à sortir chasser comme l'animal que tu es pour ensuite revenir passer le temps qui te sera long dans une tour qui te seras dédiée. Nous ne voulons pas que tu deviennes un danger pour quiconque, comprends-tu ?

Oh oui, Draco comprenait son avenir. Seul dans une tour, où personne ne viendrait le visiter. On ouvrirait les barreaux de sa cage de temps à autre pour qu'il aille tuer pour se nourrir et reviendrait se faire enfermer. Pour l'éternité. Ce sort lui rappela avec aigreur ces quelques contes que sa mère lui lisait le soir, lorsqu'il était enfant.
Mais dans sa destinée, nul dragon cracheur de feu, nul prince charmant qui viendrait le délivrer, juste lui, transformé en princesse de conte de fée que personne ne lirait jamais.


J'espère que vous aurez eu plaisir à lire ce petit OS, si vous suppliez pour une suite, alors on verra ce qu'on peut faire et je vous invite à aller lire les OS des écrivaines citées plus haut !
A vot' bon coeur, une petite review ? :)
Des bisouilles